Ravi Shankar (musicien)

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Ravi Shankar

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Pandit Ravi Shankar en 1988.

Informations générales
Nom Robendra Shankar
Naissance
Vârânasî (Benares),
Inde britannique Inde britannique
Décès (à 92 ans)
San Diego, Californie, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Compositeur, musicien
Genre musical Musique hindoustanie
Instruments Sitar
Années actives 19382012
Site officiel www.ravishankar.org

Robendra Shankar dit Ravi Shankar (né le à Vârânasî, alors dans les Indes britanniques, et mort le à San Diego[1],[2],[3],[4],[5]) est un musicien sitariste et compositeur indien, de notoriété internationale depuis les années 1960. Son nom est souvent précédé du titre honorifique de Pandit.

Il est le père de Norah Jones et d'Anoushka Shankar, le frère du danseur Uday Shankar (en) et l'oncle d'Ananda Shankar, fils de ce dernier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le Dr Shyama Shankar, son père, était fils de Barapa Shankar, riche propriétaire terrien, dont il hérita des terres dans l'est du Bengale. Il avait suivi des études brillantes d'avocat, et se retrouva ministre (diwan) du Maharajah de Jhalawar. Sa femme, Hemangini, accoucha d'un cinquième et dernier fils le 7 avril 1920, qu'ils appelèrent Robendra, surnommé d'abord Robu, puis plus tard Ravi. Robu Shankar est né dans la ville de Vârânasî (Bénarès), haut lieu de pèlerinage pour les hindous.

Shyama, son père, faisait partie de la caste sacerdotale des brahmanes, la plus haute dans la hiérarchie hindoue, mais n'exerçait aucune fonction religieuse. Shyama Shankar partit très tôt exercer à Londres en tant qu'avocat, puis à Genève, à la Société des Nations. Puis il alla enseigner à l'Université Columbia à New York. Il est mort lorsque Robu avait 15 ans. Mais Uday, le frère aîné, dirigeait alors une troupe d'artistes, et engagea le petit Robu comme danseur. Lui voulait être acteur, mais danser dans une troupe qui l'emmena de Bénarès à Bombay, puis à Venise, Paris et Londres lui semblait un bon début de carrière. La famille s'installa même quelque temps à Paris, en 1930. Uday voulut alors pour sa troupe un des meilleurs musiciens indiens et fit venir l'illustre Ustad Allauddin Khan. Robu fut très impressionné par son talent, lui qui s'essayait déjà depuis quelques années à la vînâ, à l'esraj et au sitar, en plus de la danse et du chant. À la mort de son mari, Hemangini Shankar confia Robu au guru musicien, qui le prit sous son aile, comme un fils. Mais seulement après que ce dernier eut décidé de tout quitter pour son enseignement.

C'est lorsque son frère décida d'arrêter la troupe et de rentrer en Inde, que Robu prend la grande décision. Il se rase la tête, enfile des vêtements très simples, rejoint Ustad Allauddin Khan, et reste sept années auprès de lui dans la tradition du Guru Kul, c’est-à-dire une initiation dans des conditions parfois très dures, surtout pour un petit dandy habitué aux hôtels de luxe. Il apprend le sitar, le surbahar, le style et la technique de la vînâ, du rabâb et du sursingar. Robu Shankar était très doué et, après ses études, il se fait vite remarquer par de grandes personnalités musicales indiennes.

Ce n'est qu'en 1956, à l'âge de 36 ans, qu'il se produit en Amérique pour la première fois, et qu'il commence sous le nom de Ravi Shankar sa « mission » de vulgarisation de la musique indienne en Occident. Pourtant, lors du début du concert donné en 2000 au Carnegie Hall de New York et distribué sous le titre Full Circle, il affirme avoir joué sur cette même scène en 1938, en tant que danseur et musicien.

Le son particulier du sitar, avec tous ses effets de résonance sympathique, attire très vite les musiciens rock des années 1960, en pleine recherche d'originalité, d'effets exotiques mystérieux et psychédéliques. En 1966, George Harrison, des Beatles, devient son élève et joue du sitar sur Norwegian Wood, puis sur d'autres titres par la suite. Brian Jones, des Rolling Stones, utilise également le sitar sur Paint It, Black. Collin Walcott, qui fondera le groupe Oregon), est le premier musicien occidental à intégrer le sitar et les tablâs dans la plus grande partie de ses compositions, après avoir été roadie sur une tournée de Ravi Shankar.

En 1967, Ravi Shankar fonde son école Kinnara à Los Angeles. La même année, il joue au Monterey Pop Festival, à Montréal, lors de l'exposition universelle de 1967, où il offre un concert intime dans le pavillon indien (devant une foule d'à peine vingt personnes, étonnées), en 1969 à Woodstock et en 1971 au concert pour le Bangladesh (organisé par George Harrison). Durant cette période, les rencontres se multiplient et donnent lieu à des collaborations inattendues, comme avec le violoniste classique Yehudi Menuhin ou le flûtiste Jean-Pierre Rampal sur l'album West Meets East. John Coltrane, par admiration, prénomme son fils Ravi.

George Harrison, le Président des États-Unis Gerald Ford et Ravi Shankar dans le bureau ovale en décembre 1974.

Pendant les années 1970 et 1980, son emploi du temps est partagé entre l'enseignement, la scène et les enregistrements. Il donne des concerts dans toutes les grandes villes du monde. Il joue en 1968 au Festival d'Avignon, quand une troupe d'« intellectuels contestataires » monte sur la scène pour crier des slogans poing levé et Ravi continue à jouer, comme si de rien n'était, les yeux perdus dans le vague, assis en tailleur au milieu des gens debout qui gesticulent. Il compose des musiques de films pour Satyajit Ray et celle de Gandhi de Richard Attenborough. À noter quelques albums durant cette période : Concerto for sitar avec André Previn, en 1971, Shankar Family en 1974, ou sa collaboration avec des musiciens japonais (East greets East), ou ses duos au sarod avec Ali Akbar Khan, le fils de son gourou. En 1987, il signe chez Private Music, le label de Peter Baumann (du groupe Tangerine Dream), et enregistre Tana Mana, avec pour la première fois des synthétiseurs, et de nombreux invités de tous horizons (le Ravi Shankar Project), dont à nouveau George Harrison. Un album suit très vite au cours de sa tournée en URSS : Inside the Kremlin. Puis Passages, en collaboration avec Philip Glass. En 1989, Ravi Shankar monte le projet scénique Ghanashayam - a broken branch, qui mêle musique, théâtre et danse des traditions orientales et occidentales, un spectacle présenté en Angleterre par le City of Birmingham Touring Opera.

Il revient dans l'actualité en 1997, en sortant l'album Chants of India (produit par Harrison), constitué uniquement de chants religieux, pour la plupart védiques, ou des compositions restant complètement dans cet esprit. Il ne produit ensuite qu'une série de rééditions ou de compilations, sauf pour sa fille et élève, Anoushka Shankar, qui a sorti plusieurs albums. Elle l'accompagne désormais toujours en tournée. Son autre fille, Norah Jones, a préféré le jazz et la pop et est devenue une star dans ce domaine. Son neveu, Ananda Shankar (1942-1999), fils de Uday Shankar, explora le métissage de la pop électro avec la musique indienne ; il joua également du sitar d'une façon plus occidentale mais très entraînante.

Peu à peu rejoint dans la notoriété par la jeune génération de virtuoses, comme les percussionnistes compositeurs Zakir Hussain et Trilok Gurtu par exemple, il demeure le musicien indien le plus renommé au monde et le premier ambassadeur de la musique indienne.

Ravi Shankar pendant le Shiraz Arts Festival (en) (Iran) dans les années 1970.
Il est accompagné aux tablâs par Alla Rakha.

Accompagnateurs[modifier | modifier le code]

Au cours de sa longue carrière, ses principaux accompagnateurs aux tablâs ont été : Chatur Lal, Alla Rakha et Kumar Bose.

Dans les années 1980, son fils, Shubbo Shankar, vient souvent l'accompagner.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est commandeur des Arts et des Lettres et détenteur de la Bhârat Ratna ; il a reçu le Prix de la culture asiatique de Fukuoka.

Discographie partielle[modifier | modifier le code]

  • Portrait of Genius
  • Three Ragas
  • Ragas & Talas
  • India's Master Musician
  • Sound of the Sitar
  • Räga-Mälä
  • Improvisations
  • A Morning Raga / An Evening Raga
  • At the Monterey International Pop Festival
  • San Francisco
  • In New York
  • In New York
  • In Concert
  • West Meets East: The Historic Shankar / Menuhin Collection

(tous les albums ci-dessus sont issus de la collection The Ravi Shankar Collection).

  • The Spirit Of India (1980)
  • The Doyen of Hindustani Music
  • From India (1995)
  • Chants Of India
  • Raga Mishra Piloo (Meets Ali Akbar Khan)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Ravi Shankar : l'extraordinaire leçon, film réalisé par Frédéric Le Clair, Accords croisés, ADAV, Paris, 2010, DVD : contient le documentaire Une masterclass de Ravi Shankar (53 min 20 s) et le Festival Ravi Shankar Centre (32 min 52 s), avec brochure (32 p.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Ravi Shankar obituary », sur the Guardian,‎ 12 décembre 2012 (consulté le 12 décembre 2012)
  2. (en) « Sitar maestro Ravi Shankar dies », sur BBC News,‎ 12 décembre 2012 (consulté le 12 décembre 2012)
  3. (en) Hindu Net Desk, « Pandit Ravi Shankar passes away », sur The Hindu,‎ 12 décembre 2012 (consulté le 12 décembre 2012)
  4. romandie.com, 12 décembre 2012 (avec mention d'une source de l'AFP).
  5. RTL.fr, 12 décembre 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

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