Le Périple de la mer Érythrée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Carte ancienne (XVIe siècle) reprenant les toponymes cités dans le Périple de la mer Érythrée. La carte est rédigée en latin.

Le Périple de la Mer rouge ou Périple de la mer Érythrée (en grec polytonique : Περίπλους τῆς Ἐρυθρᾶς θαλάσσης / Períplous tî̄s ̓Erythrâs thalássīs ; en latin : Periplus maris Erythraei) est un « périple » (récit d'exploration maritime) rédigé en grec décrivant la navigation et les opportunités commerciales depuis les ports romano-égyptiens comme Bérénice le long de la côte de la mer Rouge, alors appelée mer Érythrée (Ἐρυθρος, « rouge » en grec ancien), et d'autres le long de l'Afrique orientale et de l'Inde.

Origine et éditions[modifier | modifier le code]

Le texte exploité actuellement provient d'un manuscrit byzantin du Xe siècle appartenant au fonds de la bibliothèque universitaire d'Heidelberg[1] et d'une copie de celui-ci datant du XIVe ou XVe siècle appartenant au British Museum[2]. Le Périple a connu sa première édition moderne par Sigismund Gelenius en 1553.

On le date aujourd'hui généralement de la première moitié du Ier siècle. Bien que l'auteur en soit inconnu, sa lecture indique qu'il s'agit d'une description de première main d'un familier de cette zone géographique et une source quasiment unique de renseignements concernant le monde antique dans les régions qui bordent l'océan Indien. En effet, bien que mer Érythrée soit la dénomination grecque antique de la mer Rouge, le texte inclut la description de l'océan Indien et du golfe Persique, partant de l'île de Dioscoride (aujourd'hui Socotra).

Description de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre se compose de soixante-six chapitres, la plupart d'entre eux consistant en un long paragraphe.

La première partie, chapitres un à dix-huit, décrit les routes maritimes suivant l'axe Nord-Sud depuis l'Égypte le long de la côte d'Afrique jusqu'à ce qui correspond probablement à l'actuelle Tanzanie.

Le reste du texte suit un axe Ouest-Est, depuis l'Égypte, en faisant le tour de la péninsule Arabique et du golfe Persique jusqu'à la côte de Malabar.

Le court chapitre cinquante-quatre, par exemple, dit dans sa totalité :

« Tyndis appartient au royaume de Cerobothra ; c'est un village bien visible depuis la mer. Muziris, du même royaume, abonde en navires envoyés ici avec des cargaisons depuis l'Arabie et par les Grecs ; la ville est située sur un fleuve, éloigné de Tyndis de cinq cents stades par fleuve et mer, et en remontant le fleuve de vingt stades depuis le rivage. Nelcynda est éloigné de Muziris par le fleuve et la mer d'environ cinq cents stades, et appartient à un autre royaume, celui des Pandya. Cet endroit est également situé sur un fleuve, à environ cent vingt stades de la mer. »

Reconstitution des routes maritimes d'après Le Périple de la mer Érythrée, début du Ier siècle

Interprétation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Dans un grand nombre de cas, la description est suffisamment précise pour pouvoir identifier les emplacements actuels correspondants, tandis que pour d'autres, les hypothèses sont très nombreuses.

La ville de « Porto » est vraisemblablement l'actuelle Aden au Yémen.

Le lieu dénommé « Rhapta » est mentionné comme étant le marché le plus lointain le long de la côte africaine « d'Azania » ; des chercheurs ont reconnu au moins cinq endroits correspondant à la description, dans une zone s'étendant du sud de Tanga jusqu'au delta de fleuve Rufiji.

La description de la côte indienne mentionne le Gange tout à fait clairement, puis le périple perd beaucoup en précision lorsqu'en décrivant la Chine, il cite comme une « grande ville intérieure », « Thina qui est une source de soie brute ».

Une autre caractéristique du Périple est que certains des mots décrivant les marchandises n'apparaissent dans aucun autre texte de la littérature antique, obligeant à faire des conjectures sur leur signification.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CPG 398 : 40v-54v
  2. B.M. Add 19391 9r-12r

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Manuscrits
Éditions et traductions du texte grec
  • The Periplus Maris Erythraei, éd. et trad. angl. par Lionel Casson, Princeton (NJ), 1989 (ISBN 0-691-04060-5) (trad. partielle en ligne).
  • The Periplus of the Erythraean Sea ; with some extracts from Agatharkhides "On the Erythraean Sea" [De mari Erythraeo], éd. et trad. angl. par George Wynn Brereton Huntingford, Londres, 1980 (ISBN 0-904180-05-0) (Works issued by the Hakluyt society. Second series, 151).
  • The periplus of the Erythræan sea : travel and trade in the Indian Ocean, trad. angl. par Wilfred Schoff, New York, 1912 (en ligne ; num., bis) ; repr. 1995 (ISBN 8121506999)
  • Anonymi [Arriani, ut Fertur] Periplus Maris Erythraei, dans Geographi Graeci minores, vol. 1, éd. grecque et trad. latine par Karl Müller, Paris, 1855, p. 257-305 (en ligne).


Autres documents
  • Felix Chami, The Early Iron Age on Mafia island and its relationship with the mainland, dans Azania : Journal of the British Insitute of History and Archaeology in East Africa, 34, Londres, 1999, p. 1-10.
  • Gérard Fussman, Le Périple et l'histoire politique de l'Inde, dans Journal Asiatique, 279 (1-2), Paris, 1991, p. 31-38.
  • Christian Robin, L'Arabie du Sud et la date du Périple de la mer Érythrée (nouvelles données), dans Journal Asiatique, 279, Paris, 1991, p. 1-30.
  • Jehan Desanges, Les relations de l'Empire romain avec l'Afrique nilotique et érythréenne, d'Auguste à Probus, dans ANRW, II. 10.I, Berlin, 1988, p. 3-43 (ISBN 0899252281) (extraits).
  • James Innes Miller, The spice trade of the Roman Empire: 29 B.C. to A.D. 641, Oxford, 1969 ; repr. 1998 (ISBN 0-19-814264-1).
  • Raymond Mauny, Le périple de la mer Erythrée et le problème du commerce romain en Afrique au sud du Limes, dans Journal de la Société des Africanistes, 38-1, Paris, 1968, p. 19-34 (ISSN 1957-7850) (en ligne).
  • Albrecht Dihle, Umstrittene Daten : Untersuchungen zum Auftreten der Griechen am Roten Meer, Cologne et Opladen, 1965 (Wissenschaftliche Abhandlungen der Arbeitsgemeinschaft für Forschung des Landes Nordrhein-Westfalen, 32) .
  • Jöns Ivan Hjalmar Frisk, Le Périple de la Mer Erythrée, Göteborg, 1927 (Goteborgs högskolas ärsskrift, 33).
  • Joseph Toussaint Reinaud, Mémoire sur le Périple de la mer Erythrée et sur la navigation des mers orientales au milieu du troisième siècle de l'ère chrétienne, d'après les témoignages grecs, latins, arabes, persans, indiens et chinois, Imprimerie impériale, Paris, 1864 Texte

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]