Bouchard Père & Fils

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Bouchard Père & Fils

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Château de Beaune, siège de « Bouchard Père & Fils »

Création 1731
Dates clés 1785, dénomination sociale officielle "Bouchard Père & Fils"
1789, extension du Domaine
1820, installation au château de Beaune
1995, rachat par la famille Henriot
Fondateurs Michel Bouchard
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Grand Vin de Bourgogne depuis 1731
Siège social Drapeau de France Beaune (France)
Direction Joseph Henriot (Président)
Christian ALBOUY (LEJAY LAGOUTE)
Activité vins
Produits vins
Société mère Maisons & Domaines Henriot
Site web www.bouchard-pereetfils.com[1]
Fonds propres 31 millions d'euros en 2013[2]
Chiffre d’affaires 30 millions d'euros en 2011, 33,2 millions d'euros en 2012, 33,5 millions d'euros en 2013[2]
Résultat net 3 millions d'euros en 2012, 1,3 millions d'euros en 2013[2]
-59,77%

Bouchard Père & Fils est un domaine viticole en Bourgogne de 130 hectares[1] qui s'étend le long de la Côte et une maison de négoce dont le siège, bureaux et chais sont implantés à Beaune dans les fortifications et bastions des restes de l'ancien[3] château de Beaune construit par Louis XI en 1482[4] et à Savigny-lès-Beaune pour sa dernière cuverie en 2005, hors des vignes, contrairement à la notion de domaine en Bordelais qui se fond souvent dans le terme château et qui regroupe l'ensemble[5].

En 1731[4], Michel Bouchard, marchand drapier du Dauphiné près de Briançon, effectue ses tournées sur toute la côte de Beaune[6], en plus de ses articles il vend aussi du vin à ses clients et décide d'installer un dépôt et commerce à Beaune. Il s'y établira définitivement avec sa famille en quittant le Dauphiné en 1738. En 1746, il associera officiellement[7]à son commerce son fils Joseph habitué d'effectuer ses tournées avec lui dès l'âge de quinze ans, donnant la naissance de l'entité commerciale "Bouchard Père & Fils", ainsi considérée comme l'une des plus vieilles institutions de Bourgogne. Elle a été rachetée par la famille Henriot (Champagne Henriot[8]) en 1995, et est dirigée depuis le 1er décembre 2014 par Monsieur Christian ALBOUY, Directeur Général de LEJAY LAGOUTE - crème de cassis de Dijon - dont la la famille Henriot est actionnaire majoritaire depuis 2004, en remplacement de Christophe Bouchard, dernier des dirigeants Bouchard, de la 9ème génération installée à Beaune en 1738.

Aujourd'hui le domaine de 130 hectares est le plus grand domaine viticole de la Côte d'Or devant celui des Hospices de Beaune de 60 hectares[9].

Présentation[modifier | modifier le code]

Bouchard Père & Fils 005.jpg

Bouchard Père & Fils s’est constitué au fil du temps avec différents membres de la famille Bouchard, selon les règles qui obéissent à une certaine loi successorale de primogéniture, aux liens matrimoniaux, aux successions et partages, aux orientations stratégiques et économiques au sein de la société civile tout au long de l'histoire sur près de deux siècles et demi, avec de multiples acquisitions en créant un des plus grands domaines de Bourgogne, très diversifié : il compte aujourd'hui près d’une centaine de « climats » différents, dont de prestigieuses exclusivités, comme le Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus ou le Beaune du Château. Il existe également une partie négoce pour laquelle la maison Bouchard Père & Fils a des accords de longue date avec les viticulteurs de la région et des domaines.

En 1731, Michel Bouchard(°1692[10] †1755), marchand drapier en gros du Dauphiné, avec son associé et beau-frère Joseph Gaillard[4], installent un commerce de draps à Beaune[11] et dépôts à Dijon et Chalon-sur-Saône.

En 1738, quittant le Fressinet, dans les Hautes-Alpes près de Briançon, il s'y établit définitivement[4] avec Marie Gaillard[10] (°1689,†1776), sa femme et les deux seuls enfants qui lui restent, Joseph[10] (°1720,†1804) âgé de dix-huit ans et Antoinette[10] (°1723,†1826) de quinze ans[4] ; Joseph connaissant déjà fort bien la région depuis son plus jeune âge, étant avec son père pour apprendre "Lart de marchandize" sur les foires et marchés dès l'âge de 15 ans[12].

En 1746, Joseph prend une participation égale à la moitié de l'affaire de son père qui lui cèdera la totalité de ses parts en 1750[13]. Marquant ainsi avec le commerce de marchand drapier en gros, le début de la famille BOUCHARD dans le commerce des vins, qu'il initia officieusement au temps de son père ; Joseph privilégie les vins de Vollenay déjà très réputés[4], son livre d'inventaire de 1746 laisse pour la première fois apparaître après les toiles et rubans des dépôts et magasin, un stock de vins de Vollenay, dont «  5 queu de vin de Vollenay de Rossignol à 360 livres - 6 pièces 1 feuillettes jacques Grozelier Vollenay à 340 livres..  »[13].

En 1775, Joseph Bouchard acquiert une maison et un fort beau domaine de vignes sur VOLLENAY et à BEAUNE, premières vignes du domaine Bouchard Père & Fils[4].

En 1791, Pendant la Révolution française, avec la confiscation des biens ecclésiastiques par la Révolution et la vente de ces biens, Antoine-Philibert-Joseph (1759-1860) fut un des plus gros acheteurs de biens nationaux pour le compte de son père Joseph Bouchard. Le domaine s’agrandit d'une manière très significative[4].

En 1820, Bouchard Père & Fils installe ses caves dans les bastions et souterrains des restes de l'ancien[3] château de Beaune, site inscrit aux « monuments historiques » en 1937[4]. Au cours du XXe siècle, le domaine continue de s’étendre et à la veille de la Première Guerre mondiale la maison Bouchard Père & Fils possède un patrimoine réparti dans plus de 35 climats pour une surface totale supérieure à 50 hectares.

En 1995, la famille Bouchard passe le flambeau à une très ancienne famille champenoise qui poursuit la stratégie mise en place depuis neuf générations avec la même politique d’achats choisis.

En 2005, elle ouvre sa nouvelle cuverie Saint-Vincent à Savigny-lès-Beaune[1].

Historique[modifier | modifier le code]

"L'aventure de Michel Bouchard" du Dauphiné à la Bourgogne[4].

Origines du nom Bouchard Père & Fils[modifier | modifier le code]

1731 - 1746 : Michel Bouchard (1692[10]-1755) et Joseph Gaillard[13],[4]

1751 - 1785 : succession de diverses associations commerciales[5],[13],[4],:
- Joseph Bouchard et Germain Gaydet en 1751
- Joseph Bouchard et Nicolas Tainturier de 1761 à 1771
- Bouchard & Patriarche en 1772
- Bouchard et Compagnie de 1772 à 1784
- Joseph Bouchard Père et Fils et Patriarche de 1780 à 1784
- Bouchard Père & Fils en 1785 - dénomination officielle -

Premières acquisitions de vignes[modifier | modifier le code]

1760 : naissance de Rose Judith Théodorine Dechaux qui se mariera avec Antoine-Philibert Bouchard, fils de Joseph. Lors de cette alliance, le Centenaire héritera des armes du grand-père de Rose Judith Théodorine, Gaspard Maufoux. Celles-ci sont en partie à l'origine du blason de la maison Bouchard Père & Fils actuel[4].

1775 : Joseph Bouchard achète un domaine à Volnay et une maison à Beaune en 1769[11],[4]. Les vignes sur Volnay comprennent entre autres certains climats toujours célèbres aujourd'hui dont : Les Caillerets, Les Chanlins et Les Taillepieds.

C'est avec le fils de Joseph Bouchard, Antoine-Philibert-Joseph Bouchard dit le Centenaire (1759-1860) que la maison prendra son véritable essor.

1779 : Antoine-Philibert-Joseph Bouchard se voit remettre quelques ares par son beau-frère dans le lieu-dit des Cent Vignes, aujourd'hui premier cru de beaune. À partir de 1785 : concentration des affaires autour du commerce des vins provenant du domaine acquis à Volnay, mais aussi avec des vins achetés à d'autres propriétaires. Bouchard Père et Fils s'installe rue Saint-Martin à Beaune.

Révolution française ; confiscation des biens ecclésiastiques ; opportunité d'extension du domaine avec l'acquisition de vignes[modifier | modifier le code]

En 1789, la Révolution française engendre le morcellement de la propriété viticole en Bourgogne. À cette occasion, Les possessions de l'Église ayant été déclarées biens nationaux par le décret du 2 novembre 1789, Antoine-Philibert-Joseph saisit l'occasion et fut un des plus gros acheteurs pour le compte de son père. Il acquit de nombreuses parcelles de vignes, confiscation de ces biens ecclésiastiques[4].

1791 : vente des biens possédés par l'abbaye de Maizières dans le finage de Beaune dans les parcelles du Clos Landry, des Avaux, des Theurons entre autres. Le lot fut adjugé à Bouchard Fils et l'acte de vente fut signé « Bouchard fils pour mon père » par Antoine Philibert Joseph Bouchard. C'est dès cette époque que le Clos Saint-Landry devient monopole de la maison Bouchard Père & Fils[5],[4]. Acquisition d'autres possessions ecclésiastiques : - propriété des Chartreux de Beaune avec certaines de ses terres - vignes situées dans les beaunes Marconnets, provenant des religieuses de la Visitation[5]. - vignes situées dans les beaunes Avaux, ancienne propriété de la Chapelle Saint-Honoré[5].

XIXe siècle : intensification de l'implantation à Beaune et scission de la Maison[modifier | modifier le code]

Vers 1809 : la famille Bouchard abandonne définitivement le commerce d'étoffes pour se constituer un domaine viticole important à Volnay et à Beaune[4].

1810 : Antoine-Philibert-Joseph BOUCHARD se brouille [14] avec son premier fils Joseph-Théodore âgé de vingt-quatre ans, tous deux membres de la Loge de la Bienfaisance à l'Orient de Beaune[4], qui épousa en 1813 la fille de Simon MAIRE, négociant à Beaune, lui aussi franc-maçon et membre de la Loge des Amis de la nature et de l'Humanité[4]. La rupture avec son père fût définitive en 1810 et entraînant en 1828 la scission de l'affaire familiale en deux maisons de négoce de vins distinctes, dirigées d'une part par l'aîné, Joseph-Théodore BOUCHARD, en prenant comme dénomination en 1828 - BOUCHARD AÎNÉ & FILS - et d'autre part par son frère, Bernard BOUCHARD, conservant depuis 1785 la dénomination - BOUCHARD PÈRE & FILS -[4].

1811 : acte d'association entre Antoine Philibert Joseph Bouchard et son second fils, Bernard (1784-1866). La raison sociale « Bouchard Père et Fils » est officialisée avec, au bas de l'acte d'association, les signatures des deux contractants « Bouchard Père » pour le Centenaire et « Bouchard Fils » pour Bernard Bouchard[5].

1820 : Bernard Bouchard ayant acquis, de par son beau-père Simon-Etienne-Hugues MORELOT, docteur en médecine, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu et de la Charité et administrateur des Hospices de Beaune, les deux grosses tours à l'est, tour Saint-Jean et tour Madeleine, aliénées le 24 Brumaire an V (1796) avec les restes de l'ancien château, à Antoine MARTINON, entrepreneurs[4], achète le reste des anciennes fortifications à la municipalité de Beaune[11]. Les salles sous les bastions transformées en caves fournissant d'excellentes conditions pour faire épanouir et conserver les plus beaux crus. Le siège de la société sera transféré définitivement en 1872 par son fils aîné Antonin.

1826 : l'épouse de Bernard Bouchard, Théodorine Morelot hérite de son père, le docteur Morelot, des biens immobiliers et un domaine de plus de trois hectares situés sur le finage de Beaune[4],[5], comprenant entre autres quelques ares sur les climats des Aigrots, du bas des Teurons, des Bressandes, du Clos de la Mousse, du Clos du roi, des Sizies et des Tuvilains[11].

1829 : la maison Bouchard Père & Fils achète, une parcelle de vigne sur Beaune dans le climat en Chazeau à Ferdinand Marey (1802-1869), petit-fils du mathématicien beaunois qui fut le fondateur de l'École polytechnique et ministre de la Marine sous la Convention : Gaspard Monge.

Acquisition sur le grand cru le montrachet[modifier | modifier le code]

1838 : sous le règne de Louis-Philippe, acquisition par Bernard et son frère cadet Adolphe (1795-1877) de 45 ouvrées d'une des meilleures parcelles du « plus excellent vin blanc d'Europe » (selon l'abbé Courtépée), le montrachet qui appartenait au comte André Adolphe François de Bataille de Mandelot [5]. le montrachet classé en 1861 en première classe par le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune avec le Chevalier-montrachet et une partie du bâtard-montrachet, ce cru prestigieux étant détourné au profit d'autres vins. Un procès fut intenté pour délimiter strictement l'appellation et pour défendre l'unicité de ce terroir, il fut gagné par Joseph, fils aîné d'Antonin Bouchard, et Julien Bouchard, frère cadet d'Antonin Bouchard, avec d'autres grands propriétaires le 12 mai 1921 [5].

1846 : le second fils de Bernard Bouchard, Antonin (1826-1917), entre dans la direction de la maison, puis prend la tête de Bouchard Père & Fils tandis que son frère aîné Théodore, s'installe à Paris. Avec Antonin, la politique d'achats de vignes de la maison Bouchard Père & Fils va de plus en plus répondre à une orientation particulière. Il s'agit de rassembler différentes parcelles dans les entités les plus pratiques du point de vue de l'exploitation et de la gestion des domaines. D'où une constante recherche d'acquisition de parcelles contiguës dans le but de façonner de véritables clos d'un seul tenant.

1849 : création à Bordeaux d'un établissement similaire à celui de Beaune avec Théodore Bouchard (1812-1889), fils aîné de Bernard Bouchard [5] qui en sera le dirigeant jusqu'en 1852.

Acquisition des premières vignes sur le grand cru Chevalier-montrachet[modifier | modifier le code]

1850-1856 : acquisition par Bernard Bouchard en 1850 de 15 ares 85 centiares ; en 1852 de 11 ares 77 centiares ; en 1856 acquisition par Bernard et Adolphe de 50 ares 3 centiares[5].

1852 : Julien Bouchard (1833-1921), fils cadet de Bernard Bouchard, dès lors âgé de 19 ans prend la direction de l'établissement à Bordeaux en remplacement de Théodore qui part à Paris. Pourvu de stocks importants en vins de Bourgogne mais aussi en bordeaux, Julien lança le développement du commerce à l'export dont la Grande-Bretagne facilité par l'ouverture de la cité bordelaise sur le commerce maritime. Cet établissement bordelais situé des n°115 à 127 rue de Turenne à Bordeaux perdura jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale [5], en 1944 après liquidation de cette succursale, les immeubles seront vendus à la maison Albert BICHOT en 1958 par un des petits-fils de Bernard Bouchard, fils aîné de Julien Bouchard.

1853 : Antoine Philibert Bouchard dit le Centenaire cède gratuitement son commerce et sa clientèle à ses trois fils ; Joseph Théodore BOUCHARD (1783-1848), Bernard BOUCHARD (1784-1866), Adolphe BOUCHARD (1795-1877)[5].

1854 : achat d'une parcelle dans le premier cru de beaune Grèves.

1858 : Antonin Bouchard (1826-1917) et son frère, Julien (1833-1921), s'associent dans le cadre de la raison sociale Bouchard Père & Fils ayant pour objet le commerce des vins de Bourgogne et de Bordeaux[5]. Achat des premières vignes en Grèves Enfants-Jésus[5].

1859 : achat de vignes sur le terroir du premier cru des Teurons à Beaune[5].

1860 : acquisition par Bernard Bouchard de 14 ares 99 centiares de nouvelles parcelles en Chevalier-montrachet.

1864 : achat de vignes sur le finage de Beaune, dans le premier cru Clos du Roi.

1865 : Bernard Bouchard achète des vignes sur Chassagne-Montrachet au sein du premier cru En Remilly.

1872 : Antonin Bouchard transporte le siège de la société[5] rue du Château.

Acquisition du monopole Beaune Clos de la Mousse[modifier | modifier le code]

Le docteur Simon-Etienne-Hugues Morelot, grand-père maternel d'Antonin possédait 32 ares et 14 centiares du climat Clos de la Mousse ; dont l'origine est attestée en 1220 par son leg au chapitre de Note-Dame de Beaune par le chanoine Edme de Saudon[5] ; lors du partage de ses biens en 1868 Antonin en pris possession, puis par des rachats successifs entre 1863 et 1872 Le Clos de la Mousse le 13 avril 1872 fut entièrement rassemblé et devint le premier cru de Beaune Clos de la Mousse monopole[5] de Bouchard Père & Fils.

1886 : mariage de Joseph Bouchard et de Marthe Saverot-Carnot, fille de Judith Carnot.

Finalisation de l'acquisition en Chevalier-montrachet[modifier | modifier le code]

1888 : Julien et Antonin Bouchard achètent plus d'un hectare supplémentaire en Chevalier-montrachet. Avec plus de deux hectares dans ce climat, la maison Bouchard Père & Fils avec Antonin et Julien Bouchard, chacun propriétaire pour moitié, devient l'un des principaux propriétaires en Montrachet et Chevalier-montrachet pour un total de plus de trois hectares, fait souligné en 1894 par messieurs Danguy et Aubertin dans leur livre, "Les Grands Vins de Bourgogne : étude et classement par ordre de mérite" p.61;

1889 : la maison Bouchard Père & Fils devient une société en nom collectif entre Antonin et Julien Bouchard[15] qui associèrent chacun leur fils aîné Joseph (1862-1941) pour Antonin et Bernard (1863-1955) pour Julien.

Héritage de la famille Carnot origine du Volnay Caillerets Ancienne Cuvée Carnot, et l'extension du domaine[modifier | modifier le code]

1889 : naissance de l'« ancienne cuvée Carnot »[5] après l'achat d'un domaine par Joseph Bouchard à Judith Carnot, héritière de ses parents les Carnot-Perret. Cette acquisition comporte entre autres des vignes situées à Volnay dont une parcelle dans chacun des premiers crus suivants : Caillerets, Fremiets, Taillepieds et Chanlins.

Acquisition du monopole Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus[modifier | modifier le code]

Le 30 janvier 1889, le domaine Bouchard Père & Fils fit l'acquisition moyennant 18 000 francs de la totalité du domaine Pommier qui avait rassemblé le domaine des Carmélites de Beaune suite à la ventes des biens du clergé en 1791, celui-ci comportant plus d'un hectare de vignes en Grèves dont la Vigne de l'Enfant Jésus qui devint par la suite l'un des monopoles de Bouchard Père & Fils avec l'achat en 1909 du restant de cette vigne à Lucien Edouard et François Groffier [5].

Par ailleurs Bouchard Père & Fils achète quelques vignes supplémentaires dans les premiers crus de Beaune comme dans les climats des Avaux, des Cent Vignes, des Bélissands, des Marconnets, des Teurons, des Tuvilains, des Toussaints, des Champ Pimonts.

1890 : Judith Carnot partage ses biens entre ses filles. À cette occasion, Marthe Saverot-Carnot-Bouchard héritent des domaines de Pommard et celui de Bouzeron, propriété des Carnot composés de : 66 ares sur Pommard situés dans les climats des Rugiens et des Combes et de 9,60 hectares sur Bouzeron [5]. Antonin Bouchard se porte seulement acquéreur d'une parcelle située aux Cent-Vignes et d'une autre aux Avaux car celles-ci touchaient son domaine. Mais il refuse d'acheter le reste du domaine d'Edmond Naigeon qui lui propose alors d'acquérir l'ensemble de son vignoble de Beaune provenant de la succession de Philibert Naigeon et Françoise Champy, ses parents. Ainsi les Bouchard n'achètent pas forcément ce qui se trouve sur le marché mais uniquement des parcelles qui leur semblent les mieux situées[5].

1891 : Acquisition de plus de 6 hectares dans les premiers crus de Beaune, domaine appartenant à la Ville de Beaune[5].

1891 : Philippe Bouchard (1866-1916), 2e fils aîné de Julien entre dans la société[5].

1894 : Etienne Bouchard (1867-1958), 2e fils d'Antonin entre dans la société[5].


XXe siècle[modifier | modifier le code]

Globalement, durant le vingtième siècle, les Bouchard s'attachent surtout à exploiter leur domaine plutôt qu'à l'agrandir. Et, bien que soumise comme toute la France aux drames du XXe siècle (Première Guerre mondiale, crise des années 1930 et Seconde Guerre mondiale), la maison Bouchard Père & Fils préserve dans son intégrité le patrimoine constitué par neuf générations familiales.

Début XXe siècle : après la mort de Marthe Saverot-Bouchard, Joseph Bouchard se marie en secondes noces à la nièce de sa première épouse : Marie Perruche de Velna. Cette dernière apporte au domaine Bouchard Père & Fils un vignoble situé sur Volnay dont on peut citer : des vignes sur les climats de Fremiets, des Chanlins, des Caillerets et des Taillepieds.

1903 : dissolution de la société en nom collectif Bouchard Père & Fils et constitution d'une nouvelle société, en nom collectif Bouchard Père & Fils, entre Antonin avec ses deux fils, Joseph (1862-1941) - Etienne (1867-1958), et Julien avec son fils aîné Bernard Bouchard (1863-1955)[5].

1909 : retrait d'Antonin et de Julien Bouchard de la société en faveur de leurs fils, qui sera dirigée par Joseph Bouchard, fils aîné d'Antonin[5].

1909 : Antonin Bouchard achète un domaine de plus de 7 hectares au lieu-dit du grand cru corton à Aloxe-Corton[5], classé en cuvée hors ligne par le docteur Lavalle dans son livre de 1855 (P. 126). Selon Joseph Bouchard et en fonction des sols, sous-sols, altitude, ce climat pouvait produire du corton mais aussi du corton-charlemagne dans les parties les plus hautes de la parcelle. Extension du domaine sur Savigny-lès-Beaune avec l'acquisition de presque 4 hectares de vignes sur le premier cru des Lavières. A la veille de la Première Guerre mondiale, après presque trois siècles d'existence, Bouchard Père & Fils possède un patrimoine exceptionnel sur le finage de Beaune répartis dans plus de 35 climats différents pour une surface totale supérieure à 50 hectares dont quelques monopoles :

  • Les Grèves Vigne de l'Enfant-Jésus
  • le Clos de la Mousse
  • le Clos Saint-Landry

1932 : Création de la Société Civile Immobilière des Domaines du Château de Beaune regroupant toutes les vignes en actifs immobiliers et transformation en Société Anonyme.

1950-1960 : Plusieurs échanges de vignes entre la maison Bouchard Père et Fils et d'autres propriétaires sont effectués avec cette constante volonté pour la Maison de rassembler différentes parcelles contiguës dans les endroits les mieux situés.

1955 : Apport et Fusion entre la S.A. Immobilières des Domaines du Château de Beaune et la S.A. B.P&Fils.

À partir de 1969 : la politique d'achats choisis reprend son essor. Le domaine s'enrichit alors de parcelles à Meursault, Chambolle-Musigny et Gevrey-Chambertin.

1972 : acquisition d'une parcelle sise au chambertin, grand cru qui « possède au plus haut degré toutes les qualités qui constituent le vin parfait, corps, couleur, bouquet, finesse »[16].

1976 : achat des premières vignes dans le premier cru Genevrières à Meursault.

1995 : la famille Bouchard passe le flambeau à une très ancienne famille champenoise, la Famille Henriot, qui poursuit la stratégie mise en place depuis neuf générations. Le domaine Bouchard Père & Fils s'enrichit de parcelles dans deux grands crus en côte de Nuits : bonnes-mares et clos-vougeot.

1996 : le domaine Bouchard Père & Fils continue son extension en côte de Nuits en acquérant quelques vignes situées à Gevrey-Chambertin dans le premier cru des Cazetiers. La maison Bouchard Père & Fils reprend l'exploitation puis la commercialisation de l'un des plus anciens et de plus célèbres domaine de Meursault : le domaine Ropiteau Mignon qui comprend environ 30 hectares[réf. nécessaire]. Ce domaine s'étend entre autres dans les premiers crus suivants :

  • à Meursault : Les Perrières, Les Genevrières, Les Charmes, Les Gouttes d'Or, Les Poruzots, Les Bouchères,
  • à Volnay : Le Clos des Chênes,
  • à Monthélie : Les Champs Fuillots, Les Duresses,
  • à Pommard : Les Chanlins,
  • ainsi que dans les grands crus suivants : échezeaux et clos-vougeot

1998 : achat du domaine William Fèvre[17] à Chablis. La marque sera commercialisé indépendamment.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

2005 : inauguration de la Cuverie Saint-Vincent, implanté à Savigny-lès-Beaune.

2010 : Christophe Bouchard, de la 9e génération de la famille Bouchard depuis Michel, devient le nouveau directeur général.

2014 : Christian ALBOUY, Directeur Général de LEJAY LAGOUTE - crème de cassis de Dijon - devient le nouveau directeur général.

Domaine[modifier | modifier le code]

La maison Bouchard Père & Fils possède aujourd’hui le plus grand vignoble de la Côte d'Or : 130 hectares (dont 12 classés en grand cru et 74 en premier cru). C’est un patrimoine unique en Bourgogne de par sa diversité et ses appellations prestigieuses : montrachet, Chevalier-montrachet, corton, corton-charlemagne, clos-vougeot, chambertin, beaune Grèves Vigne de l'Enfant Jésus, volnay Caillerets, meursault Perrières…

Travail de la vigne au domaine[modifier | modifier le code]

Sur le domaine, est recherché un équilibre entre l’intervention humaine et le cycle biologique de la vigne, afin de permettre à chaque terroir de révéler ses nuances. Le Domaine est depuis 2009 classé "Agriculture Raisonnée"[réf. nécessaire].

Le Domaine est entretenu par des vignerons et des tâcherons, selon un calendrier strictement établi. Un carnet de santé recense, pour chacune d’entre elles, toutes les informations et observations permettant de mesurer leur évolution dans le temps[réf. nécessaire].

La Maison Bouchard Père & Fils possède un laboratoire d'analyse en interne[réf. nécessaire], ce qui lui permet de faire de multiples prélèvements avant les vendanges afin de déterminer au mieux les dates qui permettront à chaque parcelle, d'être récoltée au sommet de leur maturité. Les raisins sont récoltés à la main, en petites caisses plastiques de 12 kilogrammes pour éviter d'écraser les baies[réf. nécessaire]. Elles sont ensuite acheminées le plus rapidement possible à la cuverie Saint-Vincent où un dernier tri (pour écarter les feuilles et les grains insuffisamment mûrs ou abîmés) est effectué[réf. nécessaire].

Vins du domaine[modifier | modifier le code]

Grands crus[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grand cru (Bourgogne).

Premiers crus[modifier | modifier le code]

Article connexe : Premier cru (Bourgogne).

Villages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c www.bouchard-pereetfils.com
  2. a, b et c Site de Société.com, maison Bouchard père et fils
  3. a et b [Les Remparts de Beaune au temps des Valois - Association des Amis des Remparts de Beaune avec la collaboration du Service des Archives de la Ville de Beaune, P. 42-49-50]
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u et v Site de bouchard.genealogy.free.fr, page sur "l'aventure de Michel Bouchard"
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab et ac Marc PLANTEGENÊT, La Maison Bouchard Père & Fils et ses Domaines, sous la direction de Serge Wolikow, Mémoire de D.E.A. Université de Bourgogne 1997-1998.
  6. [ Archives privées Bouchard Père & Fils "Livre de créances clients de Michel BOUCHARD 1723_1735" ]
  7. [ Archives privées Bouchard Aîné & Fils H3, "Dissolution du partage que nous avons fait ce jourd'hui [..]" ]
  8. http://www.champagne-henriot.com Site champagne-henriot.com
  9. Site des Hospices de Beaune
  10. a, b, c, d et e AGHA, Dépouillement de tables et actes d'état-civil ou de registres paroissiaux, actes de naissance/baptême - Bouchard p.1, Gaillard p.1 -
  11. a, b, c et d Archives privées Bouchard Père & Fils "Notes sur les familles Bouchard - Dechaux - Maufoux - Morelot, relatives à leurs descendances directes par les Bouchard - Morelot - Bourgeois - Toussaint" d'Antonin Bouchard, Beaune 1912
  12. Archives privées Bouchard Aîné & Fils - Procès 1760 -
  13. a, b, c et d Une Epopée bourguignonne de Frédérique Crestin-Billet & Jean-Marc Bourgeon - Bouchard Aîné & Fils 2003 -, "Michel Bouchard de la toile au vins" p.26
  14. [B.M Dijon - Antoine-Philibert-Joseph BOUCHARD, Le Centenaire, Fonds Bernard CHWARTZ]
  15. Archives : Tribunal de commerce de Beaune - Constitution d'une société entre julien et Antonin Bouchard 29 octobre 1889
  16. Selon le docteur Lavalle, Histoire et Statistiques de la vigne des Grands Vins de la Côte d'Or, 1855, page ???.
  17. http://www.williamfevre.fr Site williamfevre.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guide Hachette des vins
  • Guide Bettane & Desseauve
  • Le Vin de Bourgogne, éditions Montalba, 1976 (ISBN 2-85870-003-6)
  • Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne, éditions Albin Michel, 1997.
  • Pierre Poupon et Raymond Dumay, Le Vin de bourgogne, Paris, 1976.
  • Grands vins de Bourgogne, 1977 (ISBN 2-09-284-562-4)
  • Frédérique Crestin-Billet, Les Grands Maisons de Bourgogne, 1990 (ISBN 2-7234-1258-X)
  • M. R. Danguy et M. Ch. Aubertin, "Les Grands Vins de Bourgogne : étude et classement par ordre de mérite" Dijon, Librairie H; Armand, 1894
  • M. J. LAVALLE, "Histoire et statistique DE LA VIGNE et DES GRANDS VINS DE LA CÔTE D'OR" Paris, DUSACQ, Librairie, rue Jacob, 26, 1855

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