René Just Haüy

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René Just Haüy

Description de l'image  Rene just hauy.jpg.
Naissance
Saint-Just-en-Chaussée dans l'Oise (France)
Décès (à 79 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Champs minéralogie
Institutions Faculté des sciences de Paris Muséum d'histoire naturelle École polytechnique
Renommé pour cristallographie géométrique

L'abbé René Just Haüy, né le à Saint-Just-en-Chaussée dans l'Oise et mort le à Paris, est un minéralogiste français, fondateur, avec Jean-Baptiste Romé de L'Isle, de la cristallographie géométrique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un tisserand, il est le frère de Valentin Haüy, qui consacra sa vie aux aveugles. Après des études à Paris, il est ordonné prêtre en 1770. Il devient régent au collège du Cardinal Lemoine où il se lie d'amitié avec Charles Lhomond. Ce dernier lui ayant fait découvrir la botanique, ils fréquentent le Jardin des plantes, où Haüy suit les cours du naturaliste Daubenton. Haüy se consacre dès lors à la science et, après avoir communiqué à Daubenton certaines de ses découvertes sur la forme cristalline des minéraux, il est admis, presque à l'unanimité, à l'Académie des sciences comme associé-botaniste, en 1783. Les démonstrations qu'il donne dans son très humble logis du collège sont suivies avec un grand intérêt par Pierre-Simon de Laplace, Joseph-Louis Lagrange, Antoine Lavoisier, Claude Louis Berthollet et Antoine François, comte de Fourcroy. Il compte, parmi ses élèves, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire.

Après vingt ans d'enseignement, il prend sa retraite. Il refusera, durant la Révolution, de prêter serment à la Constitution. Privé de sa faible pension, il est arrêté comme prêtre réfractaire en août 1792. C'est grâce à l'action énergique de son élève, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, et des scientifiques de l'Académie comme du Jardin des plantes, qu'il sera extrait de sa prison, encore que R. J. Haüy refusât de la quitter au prétexte que d'autres prêtres y demeuraient prisonniers. Quelques jours plus tard, ceux-ci furent massacrés.

Redevable, il prendra, sans succès - ni suite fâcheuse à cette époque - la défense d'Antoine Lavoisier.

La Convention puis le Directoire lui confient différentes charges. Haüy devient notamment membre de la commission des poids et mesures (1793), puis professeur de physique à l'École normale de l'an III (1794), enfin conservateur des collections et professeur de cristallographie à l'École des mines (1795). Il entre à l'Institut de France la même année. Il enseigne la minéralogie au Muséum national d'histoire naturelle à partir de 1800, en remplacement de Déodat Gratet de Dolomieu, d'abord temporairement puis, à la mort de ce dernier, définitivement. En 1808, il devient enseignant à l'École normale supérieure, puis obtiendra le titre de chanoine honoraire de Notre-Dame de Paris et la chaire de minéralogie (1809), créée pour lui, à la faculté des sciences de Paris. C'est son adjoint, Alexandre Brongniart, qui assurera la plupart des cours de cette dernière fonction.

À la Restauration, la « mansuétude » révolutionnaire (il n'a toujours pas prêté serment à la religion réformée, il est sorti des geôles révolutionnaires juste avant l'exécution de ses codétenus, il ne sera pas inquiété pour sa prise de position en défendant Lavoisier…) le rend suspect. Il sera privé de la plupart de ses moyens d'existence jusqu'à sa mort, en 1822, des suites d'une chute dans sa chambre. Il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Travaux[modifier | modifier le code]

En 1793, il détermine, en collaboration avec Antoine Lavoisier, la valeur de la nouvelle unité de masse, connue sous le nom de kilogramme[1], pour la Commission des poids et mesures de l'Académie des sciences.

Haüy montra que la forme des cristaux résultait de l'empilement de petits volumes de matière qu'il nommait molécules intégrantes, et dont son élève, Gabriel Delafosse déduira la notion de maille en 1840. Grâce à ces travaux, Haüy parvient à définir l’espèce minérale.

Partant du principe, découvert en 1817 avec le spath d'Islande, et d'autres données, que tous les minéraux peuvent acquérir la propriété électrique et afin d'établir des critères de détermination de chacun d'entre eux, R.J. Haüy se pencha sur la nature de l'électricité et sa quantité, développées par plusieurs moyens : la pression, en comprimant le minéral entre deux doigts ; le frottement (phénomène de triboélectricité) et la chaleur (phénomène de pyroélectricité).

Pour ses recherches, R.J. Haüy a imaginé et décrit de petits appareils qu'il a nommés électroscopes permettant de définir l'électricité créée, vitrée ou résineuse, selon l'acception de l'époque (établie par Dufay et Nollet)[2].

Haüy enrichit considérablement les collections du Muséum grâce à des dons, des échanges et des achats. Sa collection personnelle de minéraux a été acquise par un Britannique avant d'être rachetée par le Muséum en 1848.

Espèces minérales décrites[modifier | modifier le code]

On lui doit la description de nombreuses espèces minérales :

Modèle cristallographique en bois de poirier par R. J. Haüy : Quartz hyalin rhombifère. Collection Musée Teyler (Haarlem), Pays-Bas.

Liste partielle des publications[modifier | modifier le code]

René Just Haüy: Traité de Minéralogie - Tome cinquième (1801)
  • Essai d'une théorie sur la structure des crystaux (1784) Lire en ligne sur Gallica
  • Exposition raisonné de la théorie de l'électricité et du magnétisme, d'après les principes d'Æpinus (1787) Lire en ligne sur Gallica
  • De la structure considérée comme caractère distinctif des minéraux (1793)
  • Exposition abrégé de la théorie de la structure des cristaux (1793) Lire en ligne sur Gallica
  • Extrait d'un traité élémentaire de minéralogie (1797)
  • Traité de minéralogie (5 vols, 1801) Lire en ligne sur Gallica
  • Traité élémentaire de physique (2 vol. 1803, 1806)
  • Tableau comparatif des résultats de la cristallographie, et de l'analyse chimique relativement à la classification des minéraux (1809) Lire en ligne sur Gallica
  • Traité des pierres précieuses (1817) Lire en ligne sur Gallica
  • Traité de cristallographie (2 vols, 1822)

Il écrit de nombreux articles pour divers journaux scientifiques. Il publie notamment dans le Journal de physique et les Annales du Museum d'Histoire naturelle.

Hommages[modifier | modifier le code]

Sépulture de René-Just Haüy et de son frère, Valentin Haüy, au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
  • Son nom est inscrit sur la tour Eiffel.
  • À Saint-Just-en-Chaussée, sa ville natale, on peut voir une statue qui lui est dédiée, ainsi qu'à son frère, Valentin Haüy. René-Just Haüy y est représenté en train d'étudier des minéraux. La mention « La ville de Saint-Just-en-Chaussée à ses deux illustres enfants. Monument élevé par souscription » y est apposée. La statue se trouve place René-Benoist, face à la mairie.
  • Dans cette même ville, une rue porte son nom, la rue René-Just-Haüy.
  • Le minéralogiste Danois T. C. Bruun-Neergaard en 1807 lui a dédié une espèce minérale : l'haüyne.

Il est inhumé, en compagnie de son frère, Valentin Haüy, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Mazliak, La Biologie au siècle des Lumières, Éditions Vuibert/Adapt-SNES, Paris, mars 2006, 480 p., broché, 17 x 24 cm (ISBN 2-7117-7193-8), p. 357.
  2. Minéralogie usuelle, par M. Drapiez, édition De Malher et Cie. Paris 1826

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Jaussaud & Édouard R. Brygoo (2004). Du Jardin au Muséum en 516 biographies. Muséum national d’histoire naturelle de Paris : 630 p. (ISBN 2-85653-565-8)
  • Christine Blondel, « Haüy et l'électricité : de la démonstration spectacle à la diffusion d'une science newtonienne », Revue d'histoire des sciences, vol. 50,‎ 1997, p. 265-282 (lire en ligne)
  • Bernard Maitte: «René-Just Haüy (1743-1822) et la naissance de la cristallographie», in: Travaux du Comité français d'Histoire de la Géologie, Texte intégral en ligne.
  • Baron Cuvier :«Éloge historique de M. Haüy», in: Archives de l'académie royale des sciences, 1825, Texte intégral.
  • Christine Blondel: «René-Just Haüy. D'un manuscrit de cours pour l'École normale de l'an III au "Traité élémentaire de physique" : le physicien et le charlatan», in: Genesis, 20 (2003) 185-205, Texte intégral.
  • (en) Herbert P. Whitlock: «René-Just Haüy and his influence», in: American mineralogist, Volume 3, pages 92-98, 1918, Texte intégral.
  • Marc Allégret: «L'abbé René-Just Haüy (1743-1822), minéralogiste», in: Revue du Souvenir Napoléonien, 421, Déc-Janv, 1999, p.89-90, Texte intégral.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Précédé par René Just Haüy Suivi par
premier titulaire
Chaire de minéralogie et géologie de la Faculté des sciences de Paris
(1809-1822)
François Sulpice Beudant
Déodat Gratet de Dolomieu
Chaire de minéralogie du Muséum d'histoire naturelle
(1802-1822)
Alexandre Brongniart
Étienne-Marie Barruel
Examinateur de physique à l'Ecole polytechnique (1805)
Étienne Louis Malus