Aboû Nouwâs
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2012).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
Abû Nuwâs
Abû Nuwâs
| Nom de naissance | أبو نواس الحسن بن هانئ الحكمي |
|---|---|
| Activités | Poète |
| Naissance | entre 747 et 762 Ahvaz, Perse, Califat abbasside de Bagdad |
| Décès | vers 815 Bagdad, Califat abbasside de Bagdad |
| Langue d'écriture | arabe |
Abû Nouwâs (ou ’Aboû Nouwâs ; en arabe : أبو نواس الحسن بن هانئ الحكمي, prononcé ’abuw nuwaās el-ḥasan bn haāniý el-ḥakamiyy), né entre 747 et 762 à Ahvaz (Iran) et décédé vers 815 à Bagdad (Irak actuel), est un poète arabo-persan. Considéré en son temps comme le plus grand poète arabe classique, il est aujourd'hui très populaire dans les pays de langue arabe.
Son nom, qui se prononce en arabe [ʔabuː nuwaːs], a été diversement transcrit en français selon les époques et les auteurs : Abou-Navas, Abou-Naovas (Herbelot, 1697), Abou-Noavas (Weiss, 1846), Abinaouas (Gide, 1899), Abou Nawas, Abou Nowas, Abû Nuûas, Abû-Nuwâs, Abū Nuwās, etc.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Abû Nuwâs est né d'un père arabe, Hani, qui était soldat dans l'armée de Marwan II, et d'une mère persane nommée Golban et qui a travaillé comme tisserande. D'un milieu persan mais arabisé, il passe toute sa vie à Bagdad. Ses contacts avec des mécènes, tels les vizirs barmécides, et son aura scandaleuse lui valent les foudres du calife Haroun ar-Rachid.
Abû Nuwâs est encore un jeune garçon quand sa mère le vend à un épicier de Bassorah, Al-Sa'ad Yashira. Abû Nuwâs émigre à Bagdad, peut-être en compagnie de Walibah ibn al-Hubab, et devient rapidement célèbre par sa poésie pleine d'esprit et d'humour, qui ne traite pas les thèmes traditionnels du désert, mais parle de la vie urbaine et chante les joies du vin et des boissons (khamriyyat) et l'amour des jeunes garçons (mujuniyyat) avec un humour grivois.
Pour avoir écrit un poème faisant élégiaque sur les Barmecides, la puissante famille renversée et massacrée par le calife Haroun ar-Rachid, Abû Nuwâs se voit contraint de fuir en Égypte pour un temps. Il rentre à Bagdad en 809 après la mort d'Haroun ar-Rachid. La prise de la khilafa par Muhammad al-Amin, fils de Haroun ar-Rachid, libertin et ancien élève de Abû Nuwâs, est un immense soulagement pour le poète. Le poète écrit des poèmes élogieux envers le nouveau khalife et compose une qasida en son honneur.
Néanmoins, son goût pour le vin et son esprit libre en termes de mœurs provoque une vivre réaction d'al-Amin qui le fait emprisonner pour non respect de la morale musulmane. al-Amin sera finalement renversé par son frère encore plus fondamentaliste, Al-Mamoun, qui n'a aucune indulgence pour Abû Nuwâs. Abû Nuwâs mourra en prison sans jamais en être ressorti. Certains biographes pensent qu'il aurait été empoisonné par un individu du nom de Ismail Abu bin Sehl qui en aurait été chargé par le vizir Zonbor.
Certains auteurs prétendront plus tard que la prison a conduit Abû Nuwâs au repentir et qu'il devint profondément religieux, tandis que d'autres estiment que c'était une manœuvre pour gagner le cœur du nouveau calife (avec l'aide de quelques poèmes flatteurs notamment). Le vizir d'al-Mamun, Zombor, haïssait Abû Nuwâs : on dit que pour aggraver son cas il lui aurait commandé un poème satirique à l'égard du gendre de Mahomet, Ali ; Zonbor l'aurait ensuite lu à haute voix en public, garantissant ainsi son maintien en détention.
Poésie [modifier]
Son travail comprend des poèmes sur la chasse, l'amour des garçons, et autres panégyriques de ses patrons. Il se fait connaître pour son goût de la dérision et de la satire, deux de ses thèmes de prédilection étant la passivité sexuelle des hommes et la débauche sexuelle des femmes. S'il se plaît à évoquer la liberté sexuelle des hommes, il n'a en revanche aucune sympathie pour les lesbiennes. Il aime à scandaliser la société en écrivant ouvertement des choses interdites par l'Islam. Il est probablement le premier poète arabe à avoir écrit sur le thème de la masturbation[réf. nécessaire].
Ses thèmes privilégiés versent dans une tendance hédoniste aux relents mystiques : amour du vin, des garçons et de la chasse, libertinage mais aussi angoisse de la mort et du vieillissement. Son esprit critique se tourne notamment contre les institutions religieuses[réf. nécessaire].
Selon les critiques de son temps, il était le plus grand poète en terre d'Islam (F. F. Arbuthnot). Son contemporain Abu Hatim al Mekki dit souvent qu'Abû Nuwâs creusait au plus profond de lui-même, retrouvant ainsi les pensées les plus originales et les plus difficiles d'accès[réf. nécessaire].
Ils ont dit de lui [modifier]
- L'historien Al-Massoudi : « Son talent est si grand qu'il aurait pour ainsi dire fermé les portes de la poésie bachique ».[réf. nécessaire]
- Le sociologue Ibn Khaldoun : « Un des principaux poètes arabes ».[réf. nécessaire]
- Le polygraphe Al-Jahiz : « Je n'ai jamais vu personne qui connût mieux le lexique arabe et s'exprimât avec plus de pureté et de douceur en évitant tout propos désagréable ».[réf. nécessaire]
- Ismail bin Nubakht : « Je n'ai jamais vu un homme d'une connaissance plus large que celle d'Abû Nuwâs, ni celui qui, avec une mémoire si richement meublée, possédait des livres si peu nombreux. Après sa mort nous avons fouillé sa maison, et l'on ne trouva qu'un seul livre dans lequel l'on découvrit un cahier de notes, ce cahier contenait un recueil d'expressions rares et d'observations grammaticales. »[réf. nécessaire]
Abû Nuwâs en musique [modifier]
- Un titre de l'album Mutatis mutandis de la chanteuse Juliette s'appelle L'ivresse d'Abhu Nawas. Dans un précédent album, ¿Qué tal?, une autre chanson est intitulée « La chanson d'Abhu-Newes ».
- Le musicien Dhafer Youssef lui a consacré en 2010 un album : Abu Nawas Rhapsody (Jazzland/Universal), en compagnie du pianiste Tigran Hamasyan, du batteur Mark Guiliana et du contrebassiste Chris Jennings.
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
Œuvres d'Abû Nuwâs [modifier]
- Abû-Nuwâs (préf. et trad. Vincent-Mansour Monteil), Le vin, le vent, la vie, Sindbad, coll. « La petite bibliothèque de Sindbad », Arles, 1998 (éd. précédentes 1979, 1990), 190 p. (ISBN 978-2-7427-1820-7).
Recueil de 74 poèmes traduits, avec une présentation et une biographie détaillées.
- Abû Nuwâs (préf. et trad. Omar Merzoug, calligraphies Lassaâd Métoui), Bacchus à Sodome : poèmes, Paris Méditerranée, Paris, La Croisée des chemins, Casablanca, 2004, 153 p. (ISBN 978-2-84272-213-5 et 9981-09-109-X).
Recueil bilingue arabe-français d'une trentaine de poèmes, illustré par des reproductions de miniatures anciennes.
Ouvrages critiques [modifier]
- Mary Bonnaud, La poésie bachique d'Abû-Nuwâs. Signifiance et symbolique initiatique, Presses universitaires de Bordeaux, Pessac, 2008, 518 p. (ISBN 2-978-2-86781-497-6)
Sources [modifier]
- Abu Nuwas. Poète arabe (Ahvaz v. 762 – Bagdad v. 815). sur larousse.fr.