Quatrième circonscription du Bas-Rhin

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Description géographique et démographique[modifier | modifier le code]

La quatrième circonscription du Bas-Rhin est composée de :

De 1958 à 1986 s'ajoutait à ces cantons celui de Schiltigheim, aujourd'hui partie intégrante de la troisième circonscription, et quelques communes du canton de Hochfelden ; ce dernier est aujourd'hui intégré dans la septième circonscription.

Circonscription à la fois rurale, autour du Kochersberg notamment, et périurbaine dans les cantons d'Illkirch et Mundolsheim, elle regroupe la périphérie proche de la ville de Strasbourg. Il s'agit de l'une des circonscriptions les plus peuplée d'Alsace, avec plus de 120 000 habitants. Son canton le plus peuplé est celui d'Illkirch.

La circonscription est assez largement catholique. Les anciens cantons de Truchtersheim et Geispolsheim sont très largement catholiques même si certaines communes de ces cantons sont protestantes.

La pratique du dialecte reste relativement développée dans l'ensemble des cantons de la circonscription, et notamment dans le canton rural de Truchtersheim. Historiquement la pratique du français est restée très faible jusque dans les années 1950-1960, et cela dans l'ensemble des cantons.

Description politique[modifier | modifier le code]

La quatrième circonscription du Bas-Rhin fut longtemps considérée comme celle de "Strasbourg-Campagne", rassemblant des cantons plutôt ruraux orientés vers la ville de Strasbourg. Aujourd'hui, la plupart des cantons la composant peuvent être considéré comme périurbains, le canton de Truchtersheim étant cependant nettement plus rural que les trois autres.

Le premier découpage de la circonscription, établi en 1928, permit l'élection du démocrate Charles Frey, futur maire de Strasbourg, qui fut réélu en 1932 avec le soutien du parti catholique, mais battu en 1936 par le communiste "orthodoxe" A. Daul, qui l'emporta à la surprise générale en raison des divisions internes du centre-droit alsacien. La candidature du "catholique indépendant" Jacques Fonlupt-Espéraber, maintenue au second tour, provoqua alors l'échec de Frey. La circonscription était aussi le terrain d'implantation du leader autonomiste Karl Roos, qui ne réussit cependant pas à l'emporter lors des scrutins de 1928, 1932 et 1936.

À l'instar de la plupart des circonscriptions alsaciennes, l'affrontement politique s'est par la suite longtemps résumé à une opposition entre les gaullistes et les démocrates-chrétiens, marquée par une forte domination des partisans du général de Gaulle.

Initialement détenu par le député MRP Lux, qui l'avait assez nettement emporté, avec le soutien des gaullistes, sur le maire de Schiltigheim Georges Ritter en 1958 ; la circonscription est assez rapidement passée aux mains du candidat proche des gaullistes en 1962, Georges Ritter, qui avait été exclu du CNIP pour s'être prononcé pour le "oui" au référendum de 1962. Celui-ci fut assez facilement réélu au premier tour en 1967 et 1968. Georges Ritter, bien que non membre des partis gaullistes, s'était apparenté au groupe UDR à l'assemblée, il s'appuyait tout à la fois sur le légitimisme des électeurs de la circonscription (De Gaulle y avait obtenu 73,5 % en 1965) et sur son implantation personnelle à Schiltigheim, canton le plus à gauche de la circonscription. En 1971, il fut cependant battu à la mairie par une liste centriste d'obédience démocrate-chrétienne. Cet échec le poussa à ne pas se représenter à la députation en 1973. Jean-Claude Burckel, « jeune espoir » de l'UDR, lui succéda alors en l'emportant contre le nouveau maire de Schiltigheim Paul Schwebel. Tout comme Georges Ritter, Jean-Claude Burckel renonça à se représenter à la suite de son échec à la conquête de la ville de Schiltigheim en 1977. Le maire d'Illkirch, André Durr, fut élu très largement au second tour contre le candidat socialiste en 1978. Il fut facilement réélu en 1981, 1986 (en menant la liste RPR), 1988 et 1993, et s'imposa comme le chef du RPR du Bas-Rhin au cours des années 1980, un leadership qui lui fut cependant fortement contesté.

En 1995, André Durr fut déchu de son mandat à la suite d'une accusation de concussion, qui s'avéra fondée. L'élection partielle organisée à la fin de 1995 pour pourvoir ce siège renforça encore la domination démocrate-chrétienne dans le Bas-Rhin. La primaire entre le CDS Yves Bur, maire de Lingolsheim, et André Stoeffler (RPR), maire de Holtzheim, tourna en effet nettement à l'avantage du premier, qui l'emporta au second tour contre le FN Georges-Pierre Noth. Yvon Bur fut à nouveau réélu contre Georges-Pierre Noth en 1997 avec 71 % des voix. En 2002, il remporta le siège dès le premier tour avec plus de 57 % des voix, il dépassait la majorité absolue dans l'ensemble des communes de la circonscription, à l'exception d'Ostwald.

La circonscription reste depuis sa création, et après son remaniement en 1986, largement acquise à la droite. Longtemps considérée comme un bastion du gaullisme, qui la détint pendant plus de trente ans et qui tenait la plupart des cantons, la circonscription est aussi le "berceau" politique de Daniel Hoeffel, longtemps figure majeure du centrisme alsacien et maire de Handschuheim. Aujourd'hui, d'anciens membres du RPR détiennent les cantons de Mundolsheim, Geispolsheim et Illkirch, un ancien proche de l'UDF celui de Truchtersheim. La droite réalise ses plus forts scores dans le canton rural de Truchtersheim, mais est aussi très bien implantée dans les cantons de Mundolsheim et Geispolsheim. La gauche reste très marginale dans l'ensemble de la circonscription, mais elle est assez forte dans le canton d'Illkirch. La ville d'Illkirch-Graffenstaden, tenue depuis 1995 par un maire PS, reste assez favorable à la droite lors des élections nationales. La ville d'Ostwald, longtemps bastion de la gauche, est passée à droite en 2001. Le FN reste un acteur important dans la circonscription, il a été présent au second tour en 1993, 1995 et 1997. Il réalise ses meilleurs scores à Illkirch, mais a subi, lors des élections régionales et cantonales, la concurrence du mouvement Alsace d’Abord.


En 1988, la circonscription vote majoritairement pour Jacques Chirac (52,1 %) au second tour de la présidentielle.

En 1995, elle place Jean-Marie Le Pen en tête (25,3 %) devant Édouard Balladur (24,2 %), Jacques Chirac (17,3 %) et Lionel Jospin (17,1 %). Au deuxième tour elle choisit très largement Jacques Chirac (60,7 %).

En 2002, Jean-Marie Le Pen (FN) se place à nouveau en tête (22,2 %) devant Jacques Chirac (UMP; 18,7 %), François Bayrou (UDF; 12,9 %) et Lionel Jospin (PS; 11,1 %).

En 2007, elle vote Nicolas Sarkozy (UMP; 39,9 %), devant François Bayrou (UDF; 23,48 %), Ségolène Royal (PS; 16,08 %), et Jean-Marie Le Pen (FN; 10,79 %).

Les élections présidentielle et législatives de 2007 ont largement confirmé l'ancrage à droite de la circonscription, atténuant même les différences relatives entre les cantons la composant. Nicolas Sarkozy a frôlé les 40 % au premier tour, réalisant son meilleur score départemental à Truchtersheim, mais réalisant plus de 35 % dans les trois autres cantons. François Bayrou se plaçait en seconde position, progressant de plus de 10 points par rapport à 2002, et retrouvant certains scores de la démocratie-chrétienne des années 1960-70. Il réalisait son meilleur score à Truchtersheim, mais dépassait 20 % dans l'ensemble des cantons et dépassait Ségolène Royal à Illkirch-Graffenstaden et Ostwald. Celle-ci réalisait un score inférieur à celui de Lionel Jospin en 1995, ne dépassant la barre des 20 % dans aucun canton. Enfin Jean-Marie Le Pen connaissait un effondrement de son score de 2002, principalement au profit de Nicolas Sarkozy, mais aussi partiellement de F. Bayrou. Sa baisse était particulièrement marquée à Illkirch. Au second tour, Nicolas Sarkozy réalisa un résultat très important - le plus fort depuis 1974 - dans la circonscription, frôlant les 68 %, et dépassant 70 % à Truchtersheim. Il réalisait aussi 64 % des voix à Illkirch, ville gérée par le PS, et 65 % à Lingolsheim et Ostwald. Ségolène Royal ne dépassait pas 30 % à Truchtersheim, et 40 % nulle part.

Les élections législatives de juin confirmèrent et amplifièrent le résultat de la présidentielle, le député sortant étant réélu au premier tour. Y. Bur réalisait un score comparable à celui de 2002 (56,8 %), le candidat du PS C. Froehly adjoint au maire d'Illkirch atteignait 15,7 %, la candidate Modem A. Meunier, peu connue, récoltait 11,1 % des voix, enfin l'effondrement du FN se confirmait, sa candidate ne récoltant que 5 % des voix. Le député sortant dépassait la majorité absolue dans l'ensemble des cantons, dépassant par ailleurs 60 % à Truchtersheim. Le candidat PS était nettement marginalisé dans l'ensemble des cantons, n'empêchant pas Y.Bur de dépasser 50 % à Illkirch. La candidate Modem dépassait 10 % dans l'ensemble des cantons, mais ne retrouvait pas une grande partie des électeurs Bayrou, partis principalement vers le candidat UMP et l'abstention.

De ce fait, l'orientation politique de la circonscription sort plutôt renforcée par les dernières échéances. La droite s'est renforcée dans les cantons de Geispolsheim, Mundolsheim et Illkirch, ainsi qu'à Truchtersheim. Ce dernier canton plus rural reste le fief de la droite, Nicolas Sarkozy y ayant dépassé 70 % et Yves Bur 60 %. La domination de la droite est très nette à Geispolsheim et Mundolsheim, et dans la ville tenu par le PS d'Illkirch, où la candidate PS n'a réalisé que 35 % le 6 mai. De même l'ancienne ville socialiste d'Ostwald s'est largement prononcée pour Nicolas Sarkozy (63 %). La faiblesse de la gauche reste donc généralisée ici, aussi bien dans les villes qu'en milieu rural.

Historique des élections[modifier | modifier le code]

Législature Député élu Parti politique Mandat local
1958-1962 Étienne Lux MRP Maire d'Offenheim
1962-1967 Georges Ritter CNIP puis RI Maire de Schiltigheim
1967-1968 Georges Ritter UDVe Maire de Schiltigheim
1968-1973 Georges Ritter UDR Maire de Schiltigheim
1973-1978 Jean-Claude Burckel UDR puis RPR Conseiller régional
1978-1981 André Durr RPR Maire d'Illkirch-Graffenstaden
1981-1986 André Durr RPR Maire d'Illkirch-Graffenstaden
1986-1988 André Durr RPR Maire d'Illkirch-Graffenstaden
1988-1993 André Durr RPR Maire d'Illkirch-Graffenstaden
1993-1995
1995-1997
André Durr
Yves Bur
RPR
UDF-CDS
Maire d'Illkirch-Graffenstaden
Maire de Lingolsheim
1997-2002 Yves Bur UDF-CDS Maire de Lingolsheim
2002-2007 Yves Bur UMP Maire de Lingolsheim
2007-2012 Yves Bur UMP Maire de Lingolsheim
2012-2017 Sophie Rohfritsch UMP puis LR Maire de Lampertheim
2017- Martine Wonner LREM
  • En 1995 le député André Durr fut déchu de son mandat à la suite d'une condamnation pour concussion. Yves Bur (UDF-CDS) fut élu à l'occasion de l'élection partielle successive à cette déchéance.

Élections de 2012[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 de la 4e circonscription du Bas-Rhin[1]
Candidat Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Sophie Rohfritsch UMP 21 951 43,94 29 154 65,05
Nadine Soccio PS 11 646 23,31 15 665 34,95
Pascale Elles FN 7 987 15,99
Luc Huber EELV 2 347 4,70
Julien Ratcliffe FG 1 117 2,24
Danielle Meyer-Traber AC 1 510 3,02
Frédéric Le Jehan MoDem 818 1,64
Jacques Barthel UDF 641 1,28
Agnès Hirzel Le Trèfle 591 1,18
Emmanuel Leroy PP 394 0,79
Jean-Philippe Martin AEI 340 0,68
Marie-Gabrielle Lucas PCD[2] 314 0,63
Valérie Acker NPA 171 0,34
Marc Baud-Berthier LO 131 0,26
Inscrits 89 933 100,00 89 926 100,00
Abstentions 39 346 43,75 43 784 48,69
Votants 50 587 56,25 46 142 51,31
Blancs et nuls 629 1,24 1 323 2,87
Exprimés 49 958 98,76 44 819 97,13

Résultats de 2007 : Yves Bur (UMP) 56,84 % (1er tour)

Notes et références[modifier | modifier le code]


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