Plantagenêt

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Plantagenêt est le nom d'une maison royale issue de comtes d'Anjou et du Maine. Ses membres devinrent rois de Jérusalem de 1131 à 1205, puis rois d'Angleterre de 1154 à 1485. Ils furent également ducs de Normandie, et d'Aquitaine, comtes du Poitou, et de Nantes, seigneurs d'Irlande, (très brièvement ducs de Bretagne), rois de Germanie, seigneurs de Chypre, etc.

Les maisons de Lancastre et d'York sont deux des quatre branches des Plantagenêt.

Le nom Plantagenêt est apparu au XIIe siècle avec Geoffroy V d'Anjou mais il fut donné, a posteriori, à l'ensemble de la dynastie des comtes d'Anjou de cette maison.

Origine du nom Plantagenêt[modifier | modifier le code]

Plantagenêt[Note 1] fut d'abord le surnom personnel donné à Geoffroy V, comte d'Anjou et du Maine (1128-1151). L'origine de ce surnom est inconnue et ne fait pas l'unanimité chez les historiens. Selon la théorie la plus répandue, il ferait allusion à une branche de genêt qu'avait l'habitude de porter (« planter ») à son chapeau Geoffroy V. Le nom est attesté pour la première fois chez Wace : « Gisfrei son frere Que l'on clamout Plante Genest ». Par la suite, il a été attribué rétrospectivement à tous ses descendants par les mâles (lignée agnatique). Au XVe siècle, pour faire valoir ses droits à la couronne, le duc Richard d'York reprit le nom de Plantagenêt, et son fils devint en 1461 le roi Édouard IV d'Angleterre.

Histoire des Plantagenêts[modifier | modifier le code]

Origine de la famille Plantagenêt[modifier | modifier le code]

Les Plantagenêts sont une branche de la Maison de Châteaudun ; ils ne sont pas de la lignée des Ingelgériens mais s'y rattachent en ligne féminine[Note 2] ; ils sont en effet issus du mariage d'Ermengarde d'Anjou, fille de Foulque III Nerra, comte d'Anjou, avec Geoffroy II du Gâtinais, de la Maison de Châteaudun. Geoffroy III, Foulque IV, Geoffroy IV, Foulque V poursuivirent leur œuvre. On désigne parfois ces comtes sous le nom de Plantagenêt pour signifier qu'il s'agit d'une seule et même lignée agnatique, bien que ce surnom n'apparaisse qu'avec leur descendant Geoffroy V. Les Plantagenêts, successeurs des Ingelgériens, constituent la deuxième maison des comtes d'Anjou. Les Plantagenêt étant, par les mâles, une branche de la Maison de Châteaudun, on considère généralement qu'ils sont issus de la famille franque des Rorgonides, possiblement liée aux premiers robertiens[1],[2],[3]. Par leur branche maternelle de la première maison des comtes d'Anjou, les Plantagenêts sont issus cognatiquement de la noblesse franque, les Ingelgériens.

Origine de la puissance de la famille Plantagenêt[modifier | modifier le code]

La puissance des Plantagenêts trouve son origine dans le mariage que fit Geoffroy V et qui permit à son lignage d'accéder à la royauté et d'échapper sur certains de ses territoires à la suzeraineté du roi de France. En effet, le , à l'âge de quinze ans, Geoffroy V, fils de Foulque V, épousa Mathilde l'Emperesse, fille et héritière d'Henri Ier d'Angleterre (dit Beauclerc) et veuve d'Henri V du Saint-Empire, en la cathédrale du Mans . Cette union représentait un gage de paix entre l'Anjou et la Normandie, qui avaient été en conflit à de nombreuses reprises au cours du XIe siècle. Mathilde l'Emperesse était plus âgée de onze ans, et leur mariage ne fut pas très heureux. Cette union ne créa pas immédiatement l'empire Plantagenêt. Mathilde fut évincée du trône d'Angleterre et de Normandie par Étienne de Blois à la mort d'Henri Ier, en 1135. Geoffroy dut d'abord assurer ses possessions continentales en réprimant avec énergie des révoltes en Anjou (siège de Montreuil-Bellay 1149-51) et en menant plusieurs campagnes en Normandie, dont il se proclama duc en 1144. Il soutint mollement Mathilde, qui, débarquée en Angleterre en 1139, finit par renoncer à la lutte (mais non à ses droits) en 1148. Geoffroy V Plantagenêt mourut à Château-du-Loir le 7 septembre 1151, aux confins de l'Anjou historique et du Maine. Il repose en la cathédrale Saint-Julien du Mans.

Henri II et les grands Plantagenêts[modifier | modifier le code]

C'est leur fils Henri II qui fit valoir leurs droits par un voyage en Angleterre en 1153 où il contraignit son oncle Étienne de Blois à le reconnaître pour héritier. Il fut investi du trône en 1154. Henri II Plantagenêt put devenir roi d'Angleterre. Il avait réussi en l'espace d'une dizaine d'années, à concentrer entre ses mains de nombreux territoires : en 1154, il dominait le royaume d'Angleterre, le duché de Normandie, le comté d'Anjou, le comté du Maine, le comté de Poitou et le duché d'Aquitaine. Bien que désormais roi d'Angleterre, mais décédé à Chinon, Henri II choisit (ou son épouse Aliénor d'Aquitaine choisit pour lui compte tenu des circonstances) d'être enterré dans l'abbaye de Fontevraud, aux confins de l'Anjou et de la Touraine. Richard Cœur de Lion (1189-1199), qui succède à son père Henri II, repose dans ce même monastère.

C'est à partir du règne de Jean sans Terre (1199-1216) que s’opéra un glissement du cœur de l'empire Plantagenêt vers l'Angleterre. Ce roi perdit en effet la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou en 1204-1205 et gouverna depuis l'île.

Après le règne désastreux de Jean sans Terre, l'Angleterre fut dirigée par les rois Plantagenêt :

En 1399, Richard II (1377-1399) est renversé et remplacé par un cousin germain, le duc de Lancastre, devenu Henri IV d'Angleterre, fondateur de la maison de Lancastre.

Division de la famille Plantagenêt entre maisons de Lancastre et d'York[modifier | modifier le code]

L'usurpation d'Henri IV d'Angleterre entraîna une division de la famille Plantagenêt qui conduisit finalement à une guerre civile. En effet, la Maison de Lancastre et la Maison d'York, sont deux branches de la famille des Plantagenêt. À partir du règne désastreux d'Henri VI d'Angleterre et en dépit du prestige d'Henri V d'Angleterre, la Maison d'York contesta le pouvoir de la Maison de Lancastre et de cette contestation sortit la Guerre des Deux-Roses.

Après la Guerre des Deux-Roses et l'accession au trône des Tudor en 1485 avec Henry VII, le nom de Plantagenêt disparut, la branche mâle prétendante directe au trône étant éteinte.

Postérité de la famille Plantagenêt[modifier | modifier le code]

Richard III fut le dernier roi Plantagenêt. Le lignage des Plantagenêts se perpétua en ligne naturelle jusqu'à aujourd'hui chez les Somerset, issus d'un fils illégitime de Henri Beaufort, 2e duc de Somerset, les Beaufort étant eux-mêmes issus de Jean de Gand, duc de Lancastre. Leur chef de famille actuel est David Somerset, duc de Beaufort. D'une sœur d'Édouard V et épouse d'Henri VII Tudor, Élisabeth d'York, est issue la monarchie anglaise actuelle.

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

De Geoffroy Plantagenêt à Édouard Ier[modifier | modifier le code]

D'Édouard Ier à Édouard III[modifier | modifier le code]

D'Édouard III à Richard III[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La forme exacte est Plantegenêt in Michel Pastoureau, Le roi tué par un cochon, Seuil, 2015, p. 21. C'est-à-dire « plante genêt ».
  2. Les femmes, qui, après s'être émancipées des Robertiens, avaient fondé l'autonomie et la puissance du comté d'Anjou entre 930 et 1060.

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Flori, Aliénor d'Aquitaine, la reine insoumise, éd. Payot, Paris, 2004.
  • Jean Flori, Richard Cœur de Lion, le roi-chevalier, éd. Payot, Paris, 1999.
  • Jean Favier, Les Plantagenêt. Origine et destin d'un empire, éd. Fayard, Paris, 2004.
  • Martin Aurell, L'Empire des Plantagenêt, 1154-1224, Paris, Perrin, coll. « Pour l'histoire », , 406 p. (ISBN 2-262-01985-1, présentation en ligne), [présentation en ligne].
    Réédition au format de poche : Martin Aurell, L'Empire des Plantagenêt, 1154-1224, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 81), , 406 p. (ISBN 2-262-02282-8, présentation en ligne).
  • Michel Dumontier, L'Empire des Plantagenêts. Aliénor d'Aquitaine et son temps, Éditions Copernic, 1980, 156 p. (ISBN 2-85984-055-9)
  • Olivier Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, Tome I : Études et appendices, Tome II : Catalogue d'actes et index, Paris, Éditions A. et J. Picard, 1972.
  • François Lebrun, Histoire des Pays de Loire, coll. Univers de la France, éd. Privas, 1972
  • (en) Douglas Richardson, Plantagenet ancestry : a study in colonial and medieval families, Genealogical Pub. Co., Baltimore, 2004, 945 p. (lire sur Google Livres)
  • Dan Jones, Les Plantagenêt, Flammarion, 2015, 656 p.
  • Amaury Chauou, L'idéologie Plantagenêt : royauté arthurienne et monarchie politique dans l'espace Plantagenêt (XIIe – XIIIe siècles), Rennes, Presses Universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », , IV-324 p. (ISBN 2-86847-583-3, présentation en ligne, lire en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Fanny Madeline, Les Plantagenêt et leur empire : construire un territoire politique, Rennes, Presses Universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire », , 368 p. (ISBN 978-2-7535-3494-0, présentation en ligne), [présentation en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]