Élisabeth d'York

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Ne pas confondre avec Élisabeth II, qui s'est aussi appelée Élisabeth d'York

Élisabeth d’York (en anglais Elizabeth of York) est une princesse anglaise née le et morte le .

Fille d'Édouard IV et nièce de Richard III, elle épouse le le roi Henri VII Tudor, un mariage destiné à mettre fin à la guerre des Deux-Roses en unissant l'héritière de la maison d'York à l'héritier de la maison de Lancastre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Princesse d’Angleterre[modifier | modifier le code]

Élisabeth, aînée des enfants du roi Édouard IV d'Angleterre et de sa reine consort Élisabeth Woodville, naît à Westminster. Bien qu’elle soit la première des enfants du couple, sa mère avait déjà deux fils de son premier mariage avec Sir John Grey de Groby.

Ses frères et sœurs sont Marie d'York, Cécile d'York, Édouard V d'Angleterre, Marguerite Plantagenêt (princesse d'York), Richard de Shrewsbury, duc d'York, Anne d'York, George Plantagenêt, duc de Bedford, Catherine d’York et Brigitte d'York.

Elle est nommée dame de l'ordre de la Jarretière en 1477, en même temps que sa mère et sa tante paternelle Élisabeth d’York, duchesse de Suffolk. À cinq ans, elle est brièvement fiancée à George Neville, le fils de John Neville, comte de Northumberland, soutien d’Édouard IV. Northumberland change d’allégeance, cependant, et la promesse est annulée. En 1475, elle se voit proposée en mariage à Charles, le dauphin de France. Ce plan échoue car le père de Charles, Louis XI, refuse.

La fin de la guerre civile[modifier | modifier le code]

En 1483 Édouard IV meurt, et le frère cadet d’Élisabeth, Édouard V, devient roi. Son oncle Richard, duc de Gloucester est nommé régent et protecteur de son neveu. Peu après la mort de son frère, Richard commence à isoler son neveu de ses parents Woodville. Il intercepte Édouard V, qui se rend de Ludlow (sa résidence de prince de Galles) à Londres pour y être couronné. Édouard est placé dans la résidence royale de la tour de Londres, officiellement pour sa protection. Élisabeth Woodville se rend alors avec son fils cadet, Richard, et ses filles dans le sanctuaire de l’abbaye de Westminster. Gloucester demande que le petit Richard tienne compagnie à son frère dans la tour de Londres, ce qu’Élisabeth accepte.

Deux mois plus tard, le , le mariage d’Édouard IV et d’Élisabeth est annulé pour bigamie, car l’ancien roi aurait en effet secrètement épousé Éléonore Talbot en 1461. Celle-ci, étant décédée en 1468, elle est encore vivante lors du mariage avec Élisabeth. Les enfants du couple deviennent bâtards, et donc inaptes à la succession. Le Parlement édicte un acte, Titulus Regius (le titre royal), qui confirme cette position : il rend illégitimes les enfants d’Édouard IV, et proclame Richard comme roi légitime. Richard monte sur le trône le , sous le nom de Richard III d'Angleterre, et Édouard V et son frère disparaissent peu après. Bientôt, la rumeur de leur assassinat se répand.

Élisabeth Woodville fait alors alliance avec Lady Margaret Beaufort, mère d'Henri Tudor, le parti le plus proche de la royauté que posséde le clan Lancastre. Bien qu’Henri soit l’arrière-arrière-petit-fils du roi Édouard III, il ne peut pas prétendre au trône, à cause d’une clause qui supprime de la ligne de succession toute la descendance de Jean de Gand et de sa maîtresse (qui deviendrait sa troisième épouse) Katherine Swynford. En dépit de cela, sa mère et Élisabeth Woodville décident qu’Henri réclamerait le trône, puis, quand il s’en serait emparé, épouserait Élisabeth, la fille de Woodville, unissant ainsi les deux familles rivales. En , dans la cathédrale de Rennes, Henri jure d’épouser Élisabeth, et commence aussitôt à préparer une invasion. Pendant ce temps, Richard III prévoit de la marier à un officier naval sans importance, fils de Robert Stillington. Cependant, le promis est capturé par les Français au large des côtes de Normandie, et emprisonné à Paris, où il meurt « de faim et de pauvreté »

En 1484, Élisabeth et sa famille quittent l’abbaye de Westminster et retournent à la cour de Richard. Le bruit court alors que Richard III, son oncle, a l’intention de l’épouser. Sa femme, Anne Neville, tombe gravement malade peu de temps après la mort de leur fils unique Édouard. Richard nie ces rumeurs et la Crowland Chronicle affirme qu’il a dû le faire sous la pression des ennemis des Woodville, qui craignent le retour en grâce de la famille. Il n’existe pas de preuve flagrante d’une éventuelle intention de Richard d’épouser Élisabeth, bien que Sir George Buck ait plus tard affirmé avoir été en possession d’une lettre d’Élisabeth indiquant qu’elle était au courant de ces projets, et n’y était pas opposée.

Cependant, le , Henri et son armée débarquent en Galles et entament leur marche vers Londres. Le , Richard III, trahi par un de ses capitaines, meurt lors de la bataille de Bosworth Field. Henri prend la couronne en droit de conquête et de lignage, sous le nom d’Henri VII.

Reine consort d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Henri Tudor est l’héritier de la maison des Lancastre. Élisabeth appartient à la maison d'York. Mais elle s'avère aussi et surtout la première dans l'ordre de succession, en droit donc de prétendre seule à la couronne. Ses frères et ses oncles sont morts sans descendance. Bien qu’il sache la nécessité d’épouser Élisabeth pour assurer sa stabilité, Henri ne veut pas régner comme époux d’Élisabeth, mais comme conquérant : il n’a pas l’intention de partager le pouvoir avec elle. Il fait annuler néanmoins le Titulus Regius qui concerne tous les enfants d’Édouard IV et d'Élisabeth Woodville, afin que la légitimité de son épouse et de leurs descendants ne soit pas remise en question. Il choisit d’être couronné le , sans l’avoir encore épousée. N’ayant pas reçu la dispense du pape nécessaire au mariage, il ne l’épouse pas immédiatement ensuite. Le Parlement demande alors à ce qu’il honore son vœu sacré, et que le mariage ait enfin lieu, ce qu’il fait le , après avoir reçu la dispense papale. Leur premier enfant, Arthur, naît le , et Henri fait couronner Élisabeth le .

Le mariage semble fructueux, et les deux époux paraissent avoir éprouvé de l’affection l’un pour l’autre. Élisabeth exerce peu d’influence politique, du fait de la forte personnalité de sa belle-mère Margaret Beaufort. Elle est belle, douce, aimable, et généreuse envers ses proches et ses servantes, et se montre très maternelle avec ses enfants. Elle aime la danse, la musique et les jeux de , elle s’occupe également de lévriers, et semble avoir apprécié la chasse et le tir à l’arc.

Descendance[modifier | modifier le code]

Élisabeth, d’une beauté renommée, a sept enfants d’Henri VII :

Henri VII, Élisabeth d'York, Henri VIII et Jane Seymour.

Décès[modifier | modifier le code]

Le , le fils aîné d’Élisabeth, Arthur, épouse l’infante d’Espagne, Catherine d’Aragon, fille des rois catholiques Ferdinand II d'Aragon et Isabelle Ire de Castille, et les deux adolescents sont envoyés vivre à château de Ludlow, résidence habituelle du prince de Galles. Six mois plus tard, Catherine se retrouve veuve. La mort de son fils cause beaucoup de peine à Henri VII. Élisabeth le réconforte en lui faisant valoir que la propre mère du roi n’a eu d’autres enfants que lui, et que Dieu lui a laissé un beau prince, deux belles princesses, sans compter qu’ils sont tous deux assez jeunes (pour avoir d’autres enfants).

Il semble que le fait d'avoir perdu son fils aîné et héritier du trône, Arthur qui meurt peu de temps après son mariage avec Catherine d'Aragon, ait décidé Élisabeth à être enceinte une dernière fois afin d'assurer la succession. Elle meurt le jour de son trente-septième anniversaire, d'infection puerpérale neuf jours après avoir donné naissance à Catherine Tudor. Son mari semble l’avoir sincèrement pleurée. Bien qu’Henri VII laisse l'image d'un roi économe, les obsèques d'Élisabeth sont fastueuses et elle est enterrée à l'abbaye de Westminster où son mari repose plus tard à ses côtés.

Henri envisage plus tard de se remarier afin de renouveler son alliance avec l’Espagne : Jeanne, Reine douairière de Naples (la nièce de Ferdinand II d’Aragon), Jeanne, reine de Castille (fille d’Isabelle et de Ferdinand) et Marguerite, duchesse douairière de Savoie (belle-sœur de Jeanne de Castille) sont des partis envisagés, mais Henri meurt veuf en 1509. Il est enterré auprès d’Élisabeth, où on peut les trouver aujourd’hui, reposant sous leurs effigies.

Postérité[modifier | modifier le code]

Son deuxième fils Henri succéde à son père sous le nom d’Henri VIII d’Angleterre, sa fille Marguerite épouse Jacques IV d'Écosse, et Marie épouse Louis XII de France. Marguerite est la mère de Jacques V d'Écosse, la grand-mère de Marie Ire d'Écosse et donc l’arrière-grand-mère de Jacques VI d’Écosse et Ier d’Angleterre. D'elle descendent ainsi tous les monarques britanniques.

Source[modifier | modifier le code]

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