Richard de Shrewsbury

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Richard de Shrewsbury
Représentation de Richard de Shrewsbury dans la cathédrale de Canterbury.
Représentation de Richard de Shrewsbury dans la cathédrale de Canterbury.
Fonctions
Duc d'York
Prédécesseur Édouard Plantagenêt (indirectement)
Successeur Henri Tudor (indirectement)
Comte de Nottingham
Prédécesseur John de Mowbray
Successeur William de Berkeley
Duc de Norfolk
Prédécesseur John de Mowbray
Successeur John Howard
Biographie
Dynastie Maison d'York
Date de naissance
Lieu de naissance Shrewsbury (Angleterre)
Date de décès (présumé)
Lieu de décès Tour de Londres (Angleterre)
Père Édouard IV d'Angleterre
Mère Élisabeth Woodville
Conjoint Anne de Mowbray

Richard de Shrewsbury
Héritier du trône d'Angleterre

Richard de Shrewsbury (, Shrewsbury – probablement mort en 1483, Tour de Londres), était le sixième enfant et le second fils d'Édouard IV, roi d'Angleterre et d'Élisabeth Woodville.

Il était un frère puîné d'Élisabeth d'York et du roi Édouard V.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Son père le fit duc d'York en 1474. Le , à l'âge de 4 ans, il épousa Anne de Mowbray (1472 † 1481), comtesse de Norfolk, qui avait hérité des vastes domaines des Mowbray en 1476. Parce que le titre ducal de son beau-père s'était éteint avec la mort de ce dernier et qu'Anne ne pouvait pas en hériter, il fut fait duc de Norfolk en 1481.

Règne de son frère[modifier | modifier le code]

Son père mourut le . Son frère Édouard, prince de Galles, devint roi d'Angleterre et Richard son héritier présomptif. Richard de Gloucester, frère cadet d'Édouard IV et nommé Lord Protecteur du jeune roi, fit arrêter[réf. nécessaire] Édouard V le 30 avril lors de son voyage vers Londres et le confina dans la Tour de Londres le 19 mai. Son frère Richard de Shrewsbury, réfugié avec sa mère Élisabeth Woodville et ses sœurs au sanctuaire de l'Abbaye de Westminster, l'y rejoignit le 16 juin suivant sous la promesse faite par l'archevêque de Canterbury Thomas Bourchier qu'aucun mal ne lui serait fait.

Robert Stillington, évêque de Bath et de Wells, démontra le 22 juin qu'Édouard IV avait contracté un mariage secret avec Éléonore Talbot en 1461. Celle-ci était encore vivante quand Édouard épousa Elisabeth Woodville en 1464. Le conseil de régence conclut à un cas de bigamie, invalidant le second mariage et la légitimité de tous les enfants nés de celui-ci. Édouard V et Richard furent donc déclarés illégitimes et révoqués de la succession au trône le . Le lendemain, Gloucester fut proclamé roi d'Angleterre sous le nom de Richard III.

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Princes de la Tour.

Les jeunes princes Édouard et Richard n’apparaissent plus en public après avoir été enfermés à la Tour. Leur destin reste un des grands mystères de l’histoire, et de nombreux livres ont été écrits sur le sujet. La thèse la plus probable est qu’ils ont été assassinés, et les trois principaux suspects sont leur oncle, le roi Richard, Henry Stafford, deuxième duc de Buckingham, et Henri Tudor, qui bat Richard et monte sur le trône sous le nom d'Henri VII en 1485.

Un manuscrit rédigé en 1483 par l'ecclésiastique italien Dominique Mancini, qui a assisté à sa prise de pouvoir controversée[Note 1], décrit les conditions du renversement et de l'emprisonnement du jeune roi[1],[Note 2].

En juin 1483, 6 000 des hommes en armes du futur Richard III tiennent Londres, la capitale. L'oncle du roi fait éliminer William Hastings, un ami loyal, fidèle parmi les fidèles de la Maison d'York car il sait qu'il n'acceptera jamais la destitution du jeune Edouard V. Il va donc l'éliminer en le convoquant avec d'autres à la Tour de Londres. Le sort du jeune Édouard V et de son petit frère Richard de Shrewsbury, tous deux enfermés à la Tour de Londres est scellé. « Une fois Hastings éliminé, tout le personnel qui était au service du roi eut l’interdiction de le voir », explique Dominique Mancini.

« Lui et son frère s’étaient retirés dans les appartements les plus reculés de la Tour, et jour après jour, on les vit de moins en moins derrière les fenêtres et les barreaux, jusqu’à ce qu’on ne les vit plus. Le médecin Argentine, l’une des dernières personnes dont le roi appréciait les services, rapporta que le jeune roi, telle une victime prête au sacrifice, rechercha l’expiation de ses pêchés par des confessions quotidiennes et la pénitence, parce qu’il croyait que la mort le regardait en face. J’ai vu beaucoup d’hommes éclater en sanglots et en lamentations à l’évocation de son nom après sa mise à l’écart. Il y avait des soupçons qu’il avait été éliminé. Toutefois s’il a bien été éliminé, je n’ai pas encore découvert de quelle façon il l’a été[Note 3] ».

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1502, un chevalier anglais du nom de James Tyrrell, fidèle lieutenant de Richard III, confessa les avoir étouffés sous des matelas. Mais ses aveux, obtenus sous la torture, sont sujets à caution pour les historiens.

Si les princes ont été tués, le secret a été bien gardé ; à l’inverse, on n’a aucune preuve de leur survie ou de leur exil du pays. Quand, en 1495, Perkin Warbeck affirme être le prince Richard, William Stanley (le frère cadet du beau-père du roi Henri VII, Thomas Stanley (1er comte de Derby)) qui, en dépit de ses sympathies yorkistes s’était opposé à Richard III en faveur d’Henri pendant la bataille de Bosworth, affirme que, si le jeune homme était vraiment le prince, il ne combattrait pas contre lui, démontrant ainsi que certains Yorkistes n’avaient pas abandonné tout espoir d’une hypothétique survie d’un des princes.

En 1674, des ouvriers qui travaillent à la Tour de Londres trouvent une boîte qui contient deux petits squelettes humains. Ils les jettent aux ordures, mais quelques jours ou quelques semaines après, quelqu’un s'avise qu'il peut s'agir des restes des princes, aussi les rassemble-t-on dans une urne, enterrée à Westminster sur l’ordre de Charles II.

En 1933, les os sont examinés puis replacés dans leur tombe sous l’abbaye. Les experts ne s’accordent pas sur l’âge que les enfants pouvaient avoir, ni si c’étaient des garçons ou des filles. Il apparaît en effet qu'un des squelettes est plus gros que l’autre, et beaucoup d’os manquent, y compris une partie de la mâchoire du plus petit et les dents du plus grand. L’Église d'Angleterre refuse encore aujourd'hui les analyses ADN.

Fiction[modifier | modifier le code]

La première saison de la série télévisée la Vipère noire se passe dans une uchronie où Richard, interprété par Brian Blessed, succéda à son oncle Richard III sous le nom de Richard IV, et régna de 1485 à 1498 avant d'être empoisonné par son fils Edmund. Henri Tudor lui succéda ainsi et réécrit l'Histoire en effaçant les treize années de son règne.

L'histoire de sa mort et celle de son frère sont aussi évoquées dans l'anime Black Butler où Ciel Phantomhive a pour objectif d'envoyer leurs âmes dans l'Au-Delà.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Probablement un moine dominicain envoyé en Angleterre vers la fin de l'année 1482 par l'archevêque de Vienne, Angelo Cato, un proche conseiller du roi de France, Louis XI. Il en revint l'été suivant, après avoir assisté à Londres au coup d'état mené par le duc de Gloucester monté sur le trône d'Angleterre sous le nom de Richard III.
  2. Le document est conservé à la Médiathèque municipale Jean Lévy de Lille dans des archives connues sous le nom de "Fonds Godefroy". Il s'agit d'un rapport manuscrit de 40 pages rédigé en latin et daté au 1er décembre 1483.
  3. L'ecclésiastique italien est en revanche plus évasif sur le sort de son jeune frère, Richard de Shrewsbury. Aujourd'hui encore, on ignore avec certitude ce qui est arrivé aux deux "Princes de la Tour".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Mancini, De occupatione regni Anglie per Riccardum tercium, dédié à Angelo Cato, archevêque de Vienne.

Source[modifier | modifier le code]

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