Constance de Bretagne

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Constance de Bretagne
Titre
Duchesse de Bretagne
En tandem avec Geoffroy II (1181-1186)
Arthur Ier (1196-1201)
Guy de Thouars (1199-1201)[note 1]
Prédécesseur Conan IV
Successeur Arthur Ier
Comtesse de Richmond
En tandem avec Geoffroy II (1181 - 1186)
Arthur Ier (1196-1201)
Guy de Thouars (1199-1201)
Prédécesseur Conan IV
Successeur Arthur Ier
Biographie
Dynastie Maison de Penthièvre
Date de naissance v. 1161
Date de décès
Lieu de décès Nantes
Sépulture Abbaye de Villeneuve
Père Conan IV de Bretagne
Mère Marguerite de Huntingdon
Conjoint Geoffroy II de Bretagne
Ranulph de Blondeville
Guy de Thouars
Enfants Arthur Ier de BretagneRed crown.png
Aliénor
Mathilde de Bretagne
Alix de Thouars
Catherine de Thouars
Ducs de Bretagne

Constance de Bretagne (vers 1161 – septembre 1201 à Nantes), fille de Conan IV de Bretagne et de Marguerite de Huntingdon, fut duchesse de Bretagne et comtesse de Richmond à partir de 1166[note 2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Constance est l'héritière du duché de Bretagne. Elle est l'unique enfant survivante de Conan IV de Bretagne et de Marguerite de Huntingdon, fille d'Henri de Northumberland, prince d'Écosse, comte de Northumberland et de Huntingdon, et sœur des rois d'Écosse Malcolm IV et Guillaume le Lion.

En 1166, son père abdique en sa faveur et elle devient duchesse de Bretagne à l'âge de 5 ans, alors que la réalité du pouvoir est dans les mains d'Henri II d'Angleterre le père de son futur conjoint avec lequel elle est fiancé depuis le . En 1181 elle épouse Geoffroy Plantagenêt, fils du roi Henri II. En tant qu'époux de Constance, il est proclamé duc de Bretagne sous le nom de Geoffroy II de Bretagne, mais meurt prématurément à la suite de blessures reçues au cours d'un tournoi organisé le à Paris par le roi de France, Philippe Auguste.

Après la mort de son premier mari, Constance exerce seule le pouvoir en Bretagne, même après avoir épousé le ou 1189[1] Ranulph de Blondeville, comte de Chester et vicomte d'Avranches, que Henri II d'Angleterre lui avait imposé.

En mai 1189, la duchesse Constance assiste à un office à l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys et donne une charte à l'abbaye bénédictine, avec une donation pour le salut des âmes de son père, de son premier mari et de sa fille Mathilde, très probablement décédée à cette date[2]. Les enfants des ducs morts à Suscinio sont inhumés dans l'abbaye. Mais les lacunes historiques restent nombreux, du fait de la destruction ou dispersion des archives de l'abbaye pendant la Guerre de Cent Ans.

En 1196, elle fait reconnaître son fils Arthur, seulement âgé de neuf ans, comme duc par une assemblée générale de l'aristocratie. En réaction de cet évènement qui contrecarrait ses desseins, Richard Cœur-de-Lion la fait enlever par son propre mari. La duchesse est gardée prisonnière à Pontorson ou à Teillay. Une fois libérée, elle fait casser son mariage avec Ranulph et se remarie en 1199 avec Guy de Thouars.

Le 1er juin 1199 le pape Innocent III tranche finalement en faveur de la métropole de Tours et prive définitivement l'archevêque de Dol de son titre et de son pallium[3].

Constance, affaiblie par la maladie (elle serait morte de la lèpre selon la « Chronique de Tours »), s'écarte de la politique et meurt à Nantes le 3 ou le . Le , elle est inhumée à l'Abbaye de Villeneuve, située aux Sorinières, au sud de Nantes, dont elle avait ordonné la fondation l'année de sa mort[4].

La duchesse, outre le vieux sanctuaire familial de Sainte-Croix de Quimperlé, était aussi une bienfaitrice des abbayes cisterciennes de Notre-Dame de Bon-Repos et de Notre-Dame de Carnoët[5].

Famille[modifier | modifier le code]

Guillaume, frère de Constance[modifier | modifier le code]

Étant une femme, Constance n’aurait pas pu hériter à la mort de son père si elle avait un frère. Un acte de Marguerite, la mère de Constance, semble indiquer que Conan et elle avait eu au moins deux enfants morts jeunes[6],[note 3].

Toutefois, deux actes faits par Constance et son fils Arthur vers 1200 mentionnent un frère de Constance, Guillaume « clericus ». En tant que garçon, Guillaume aurait dû hériter du duché après Conan. D’après Judith Everard, le fait que Henri II ait forcé le père de Constance à abdiquer en 1166 avait pour but d’empêcher tout fils du duc d’hériter du duché[7].[note 4]

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

De son premier mariage avec Geoffroy Plantagenêt en 1181, Constance a trois enfants :

En 1188 ou 1189, Constance est mariée à Ranulph de Blondeville, comte de Chester, vicomte d'Avranches et de Bayeux. La séparation de corps et de bien a lieu en 1198.

La duchesse épouse, en troisièmes noces en 1199, Guy de Thouars. De cette union naissent deux filles[11]:

Des sources contradictoires se réfèrent enfin à l'existence d'un autre fille putative de Constance[12]:

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bien qu'il soit considéré comme duc de Bretagne et comte de Richmond jure uxoris, et qu'il ait utilisé ces titres, Ranulph de Blondeville, deuxième mari de Constance, n'exerça pas le pouvoir en Bretagne, ni dans le comté de Richemond
  2. Bien qu'elle ait hérité du comté de Richmond en 1166 à l'abdication de son père, Constance ne gouverna qu'à partir de 1183-1184 (cf. Judith Everard et Michael Jones, The Charters of Duchess Constance of Brittany and Her Family (1171-1221), p. 38)
  3. Marguerite de Huntingdon fit une donation pour le repos de son âme et de celles du Duc Conan IV et de « nos garçons », ou « nos enfants » (pro salute anime... puerorum... nostrorum). Il semblerait que ce soit une référence à au moins un fils qui serait mort en bas âge, faisant de Constance l'unique héritière du Duché de Bretagne en 1166." (d'après Everard et Jones, The Charters of Duchess Constance and Her Family (1171-1221), p.  94)
  4. Selon Everard, le fait que le frère de Constance s’appelle Guillaume semble indiquer qu’il n’était pas un fils illégitime de Conan IV, puisque Guillaume était le prénom de l’un des frères de Marguerite de Huntingdon. (Everard, Judith (2000). Brittany and the Angevins: Province and Empire, 1158-1203. Cambridge University Press, 2000, p 43).
  5. Dom Lobineau mentionne l'existence de Mathilde, dans son Histoire de Bretagne
  6. D'après les historiens Dom Morice, Charles-Louis Taillandier Prudence-Guillaume de Roujoux et Arthur Le Moyne de La Borderie, Constance de Bretagne et Guy de Thouars avaient eu une troisième fille, nommée Marguerite.
  7. Les historiens Pierre Daru et François Manet, affirment que Constance de Bretagne et Guy de Thouars avaient trois filles, sans toutefois les nommer.
  8. Selon le site Medieval Lands [1], Marguerite serait la fille de Ranulphe de Blondeville et de Constance de Bretagne, ou de Ranulphe et de sa deuxième femme, Clémence de Fougères, mais aucun document d'époque ne permet de connaître l'identité de ses parents.
  9. Selon le site Medieval Lands [2], aucun document d'époque ne permet de confirmer ce mariage.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Judith Everard, Michael Jones, The Charters of Duchess Constance of Brittany and Her Family (1171-1221), p. 99
  2. Judith Everard et Michael Jones, The Charters of Duchess Constance of Brittany and Her Family (1171-1221), p. 55-56
  3. Auguste Dupouy, Histoire de Bretagne, Paris, Boivin & cie, coll. « Vieilles provinces de France », , 3e éd., 424 p., p. 90
  4. Joëlle Quaghebeur, La Cornouaille du IXe au XIIe siècle : mémoire, pouvoirs, noblesse, Rennes Quimper, Presses universitaires de Rennes Société archéologique du Finistère, (ISBN 2-868-47743-7), p. 367
  5. Joëlle Quaghebeur 2002, p. 363.
  6. Judith Everard et Michael Jones, The Charters of Duchess Constance and Her Family (1171-1221), p.  93-94
  7. Judith Everard (2000). Brittany and the Angevins: Province and Empire, 1158-1203. Cambridge University Press, 2000, p. 43
  8. a et b Michael Jones, « Eleanor, suo jure duchess of Brittany (1182x4–1241) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004 ; édition en ligne, janvier 2008.
  9. Guy-Alexis LobineauHistoire de Bretagne, Palais Royal, 1973, I, p. 171, CLIX).
  10. Malcolm A. Craig, « A Second Daughter of Geoffrey of Brittany », Historical Research, vol. 50, no 121 (mai 1977), p. 112-115.
  11. Frédéric Morvan, La chevalerie bretonne et la formation de l'armée ducale 1260 à1341, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-753-50827-9) « Généalogie no 3 : Les Eudonides (branche cadette de la maison de Rennes) ».
  12. Arthur de La Borderie Histoire de Bretagne Tome troisième p. 288
  13. a et b Pierre-Hyacinthe Morice, Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Tome premier, p. 129 et 150
  14. Charles Taillandier, Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Tome second, p. IX
  15. a et b Prudence Guillaume de Roujoux, Histoire des rois et des ducs de Bretagne, Tome second, p. 231
  16. Arthur Le Moyne de La Borderie, Histoire de Bretagne, Tome troisième, p. 288
  17. Pierre Daru, Histoire de Bretagne, Tome premier, p. 407
  18. François Manet, Histoire de la Petite-Bretagne, ou Bretagne Armorique, depuis ses premiers habitans connus, Tome second, p. 308

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]