Henri XII de Bavière

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Henri le Lion
Image illustrative de l’article Henri XII de Bavière
Le couronnement d'Henri et et de son épouse Mathilde, un détail de l'Évangéliaire d'Henri le Lion (XIIe siècle).

Titre duc de Saxe
(1142 - 1195)
Autre titre duc de Bavière (1156)
Prédécesseur Albert l’Ours
Successeur Bernard III
Arme chevalier
Souverains Conrad III de Hohenstaufen puis Frédéric Barberousse
Suzerains Conrad III puis Frédéric Barberousse
Faits d'armes conquête du Mecklembourg
Biographie
Dynastie Welf
Naissance 1129/1131-
Décès
Brunswick (Basse-Saxe)
Père Henri le Superbe
Mère Gertrude de Saxe
Conjoint Clémence de Zähringen (1147-1162), Mathilde d'Angleterre (1168-1189)
Enfants Gertrude de Bavière (1152), Henri (1173 † 1227), Otton IV (1174 † 1218) et Guillaume de Lunebourg (1183 † 1214)
Alliés Gosselin de Hagen

Henri le Lion (en allemand : Heinrich der Löwe), né 1129/1131, et mort le à Brunswick en Saxe, est prince de la dynastie des Welf qui fut duc de Saxe (sous le nom de Henri III) à partir de 1142 et duc de Bavière (sous le nom de Henri XII) à partir de 1156. Il était le plus riche et le plus puissant des nobles germaniques, au moins jusqu'à l'enrichissement de la dynastie rivale des Hohenstaufen pendant le règne de son cousin l'empereur Frédéric Barberousse. Il fut renversé en 1180 et a passé ensuite quelques années en exil.

Le lion est son animal héraldique.

Origine[modifier | modifier le code]

Le pedigree des Welf (XIIe siècle).

La famille d'Henri, les Welf, est une dynastie germanique remontant à l'époque carolingienne, leurs ancêtres sont déjà apparus au VIIIe siècle. En 819 la noble Judith de Bavière, fille du comte Welf Ier, est mariée à l'empereur Louis Ier le Pieux ; sa sœur Emma épousa en 827 son beau-fils Louis II de Germanie. Une branche de la dynastie régna sur le royaume de Bourgogne (Arles) jusqu'en 1032. La branche mâle des Welf s'éteignit en 1055, à la mort de Welf III, duc de Carinthie. Le fils de sa sœur Chuniza et du margrave Alberto Azzo II d'Este hérite de ses possessions allemandes et reprend le nom dynastique de Welf Ier de Bavière. La branche de la maison d'Este qu'il fonde est également appelée désormais « Maison Welf ».

Le grand-père d'Henri le Lion, le duc Henri IX de Bavière, avait épousé Wulfhilde, fille de Magnus Billung, duc de Saxe. Il acquiert ainsi, après la mort de son beau-père en 1106, des vastes domaines saxons des Billung autour de Lunebourg. En 1123, l'évêque Conrad de Constance (mort en 975), issu de la maison des Welf, fut canonisé, contribuant à renforcer la réputation de la famille. Une fille du duc Henri IX, Judith, se mari au duc Frédéric II de Souabe de la maison de Hohenstaufen, le père de Frédéric Barberousse. Toutefois, en 1125, lorsque Frédéric II s'est porté candidat au trône du roi des Romains, son beau-père Henri ne le soutenait pas. On a élu au contraire le duc saxon Lothaire de Supplinbourg qui avait donné sa seule fille Gertrude à Henri le Superbe, fils du duc Henri IX. De cette union Henri le Lion est né.

Henri le Lion obtint sa grande fortune en grande part en combinant ce qu'il reçut de ses quatre grands-parents. Sa mère, Gertrude de Saxe, fille de l'empereur Lothaire et de Richenza de Nordheim, est héritière des territoires saxons de Northeim et des Brunonides autour de Brunswick et Königslutter. Son père Henri le Superbe ètait depuis 1126 duc de Bavière ; considéré comme un successeur des Billung, il fut également inféodé avec le duché de Saxe par l'empereur Lothaire, jusqu'à la veille de sa mort en 1137. Toutefois, ses espérances de la succession au trône ont été amèrement déçus : Conrad III de Hohenstaufen, frère cadet du duc Frédéric II de Souabe a été élu par une assemblée des princes à Coblence en 1138, dirigée par l'archevêque Albéron de Trèves. Henri le Superbe s'est montré orgueilleux, il refusait de rendre hommage et est tombé en disgrâce.

Son règne[modifier | modifier le code]

Le père d'Henri le Lion mourut en 1139 quand il était lui-même encore un enfant, et le nouveau roi Conrad III ne donna pas immédiatement les deux duchés à Henri[1]. Il remit le fief bavarois au margrave Léopold IV d'Autriche, son demi-frère de la maison de Babenberg. La Saxe est donnée au margrave Albert l'Ours de la maison d'Ascanie, fils de la fille plus jeune du dernier duc Billung, Magnus. Le frère cadet de Henri le Superbe, Welf VI, prend en main la défense des intérêts du son neveu mineur, Henri le Lion, et de la famille tout entière. Ses droits sur les duchés de Bavière et de Saxe sont représentés par sa grand-mère Richenza, veuve de l'empereur Lothair, puis par sa mère Gertrude.

Les duchés de Saxe et de Bavière sous le règne d'Henri le Lion.

Albert l'Ours était confronté à des difficultés en Saxe et n'arrivait pas à s'imposer contre la résistance de la noblesse. En Bavière, l'oncle d'Henri, Welf VI, lutta contre le duc Léopold de Babenberg. Finalement, une compensation est réalisée à la diète de Francfort-sur-le-Main en 1142 : Albert renonçait à la Saxe qui est cédée à Henri le Lion ; Henri lui-même a renoncé à ses droits sur la Bavière qui passa au frère de Léopold, Henri II Jasomirgott. La mère d'Henri, Gertrude, épousa Henri II, toutefois, elle mourut peu après. La Bavière reste de faire l'objet de revendications des Welf ; néanmoins, le conflit a été ajouté pendant après le départ de Conrad III pour la deuxième croisade en 1147.

En même temps, une autre « croisade » contre les slaves occidentaux (« Wendes ») a été entreprise par Henri le Lion, conjointement avec le duc Conrad Ier de Zähringen et avec le soutien de l'abbé Bernard de Clairvaux. Leur forces ont envahie le territoire des païens Abodrites au nord-est de la Saxe, toutefois, la campagne s'arrête en raison d'un alliance militaire que le prince slave Niklot avait conclu avec le comte Adolphe II de Holstein. En 1148/1149, Henri le Lion épousait la fille de Conrad de Zähringen, Clémence ; trois enfants sont nés de leur mariage, dont seulement Gertrude a survécu, la future épouse du duc Frédéric IV de Souabe.

Seulement en 1160, avec l'aide du burgrave Gosselin de Hagen, l'ancêtre des comtes de Schwerin, il conquit les châteaux des Abodrites à Kutin, à Malchow et à Mecklenburg. Niklot est tué à sa résidence de Werle (près de Kassow), ses fils Pribislav et Vratislav ont pris la fuite. Le moine Bernon évangélisa le pays. Toutefois en 1167 la plus grande partie doit être restituée à Pribislav, le fils de Niklot, qui devient seigneur de Mecklembourg et un vassal du duc de Saxe. Henri lui-même ne conserve que le château de Schwerin qu'il fit reconstruire. Henri le Lion fut un prince colonisateur qui entre 1160 et 1170 installe des Flamands, des Hollandais, des Westphaliens et des Bas-saxons en Mecklembourg et en Holstein oriental. Cette « Saxe coloniale » était une expansion directe des domaines ducaux et non de l'Empire.

Le lion de Brunswick, bronze coulé de 1176, image du protectorat guelfe sur la Louve romaine.

Henri est le fondateur de Munich (1157/58 ; München) et Lübeck (1159) ; et de bien d'autres villes fondées ou développées comme Brunswick, Lunebourg et Stade. Henri fit de Brunswick la capitale de la principauté qui équivalait à un royaume. En 1166, un lion en bronze, la première statue de ce métal au nord des Alpes, y fut érigé dans la cour du château, près de la cathédrale de Brunswick.

Toutefois l'État que contrôlait le grand féodal du Nord et qui s'étendait de la Bavière à la mer Baltique était trop vaste pour ne pas inquiéter l'empereur. En 1175, Henri refuse d'aider son cousin l'empereur Frédéric Barberousse pour mener une expédition en Lombardie car il n'accepte pas la condition qui lui est imposée pour obtenir la riche ville de Goslar. Ce fut cette insubordination que l'empereur ne pouvait pas tolérer qui fut le prélude de sa chute. Henri fut soumis à un procès féodal et condamné à la mise au ban de l'Empire. Lors de la diète impériale de Gelnhausen le 13 avril 1180 le duché de Saxe est partagé : la partie occidentale la Westphalie est attribuée à Philippe, l'archevêque de Cologne, pendant que la partie orientale est donnée en fief à Bernard d'Anhalt, le fils d'Albert l'Ours. Le duché de Bavière est inféodée peu après à Othon de Wittelsbach. L'empereur doit intervenir pour chasser Henri le Lion de ses possessions du Nord-Est de l'Allemagne. Lübeck et la Norddalbingie sont conquises au cours de l'été 1181. Le duc déchu doit quitter ses États en 1182 pour s'exiler trois ans chez son beau-père Henri II d'Angleterre. Revenu d'exil il tente de reconquérir la Saxe sur Bernard III de Saxe en 1190 mais il échoue et il ne lègue à ses héritiers que Lunebourg et Ratzebourg[2]

Henri le Lion meurt à Brunswick le 6 aout 1195 et il est inhumé dans la cathédrale de la ville.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Statue idéalisée du tombeau d'Henri le Lion dans la cathédrale de Brunswick (entre 1230 et 1240).

En premières noces, il épousa en 1147 Clémence de Zähringen, avec qui il a trois enfants :

Il divorce d'avec elle en 1162[3].

Le 1er février 1168 il épousa en secondes noces Mathilde d'Angleterre (1156-1189), fille de Henri II (1133-1189), dit Henri Courtemanche, roi d'Angleterre, et d'Aliénor (1122-1204), duchesse d'Aquitaine. Elle donne naissance à six enfants[4] :

Par ailleurs il a une fille illégitime :

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Dans un scénario de la campagne consacrée à Barberousse dans le jeu de stratégie Age of Empires II: The Age of Kings, Henri le Lion est mis en scène comme un traître et le joueur, qui agit dans les intérêts de Barberousse, doit le vaincre. L'animation à la fin de la campagne révèle qu'Henri le Lion était le narrateur de l'épopée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Gerd Biegel, Heinrich der Löwe. Kaiserenkel, Kaiserfreund, Kaiserfeind, Braunschweig, 1996 (ISBN 3-926701-26-9).
  • (de) Joachim Ehlers, Heinrich der Löwe. Europäisches Fürstentum im Hochmittelalter, Göttingen, 1997 (ISBN 3-7881-0149-0).
  • (de) Karl Jordan, Heinrich der Löwe. Eine Biographie, 4e éd., Munich, 1996 (ISBN 3-423-04601-5).
  • Robert Slawski, Im Zeichen des Löwen, « 3. überarbeitete und erweiterte Auflage », Braunschweig, 2004 (ISBN 3-931727-00-9).
  • (de) Hahn, Die Söhne Albrechts des Bären 1170-1184, « Im Jahresbericht über die Louisenstädtische Realschule », Berlin 1869 – Le déroulement de l'affrontement entre les Ascaniens, Henri le Lion et l'empereur Frédéric Ier y est fort détaillé et appuyé sur un grand nombre de sources.
  • (de) Zum Grabmonument Heinrichs des Löwen und seiner Gemahlin Mathilde, cf. Helga Wæsz, Form und Wahrnehmung mitteldeutscher Gedächtnisskulptur im 14. Jahrhundert (2 vol.), notamment le volume 2 : Katalog ausgewählter Objekte vom Hohen Mittelalter bis zum Anfang des 15. Jahrhunderts, Bristol etc. 2006, p. 72 avec ill. (ISBN 3-86504-159-0).
  • (en) Benjamin Arnold, « Henry the Lion and His Time », dans Journal of Medieval History, vol. 22, 1996, p. 379-393.
  • (en) Karl Jordan, Henry the Lion. A Biography (ISBN 0-19-821969-5)-5.
  • Michel Parisse, « Exercice et perte du pouvoir d'un prince Henri le Lion ». Dans : Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 23e congrès, Brest, 1992. « Les princes et le pouvoir au Moyen Âge », p. 69-90.
  • Bernard Boulengier, Les félins de Brunswick. Henri le Lion, duc de Saxe et ses fils : l'empereur Otton IV, le comte palatin Henri, Publibook, 276 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Heinrich Duke of Saxony sur le site Medieval Lands.
  2. Charles Higounet, Les Allemands en Europe centrale et orientale au Moyen Âge, Aubier, Paris, 1989 (ISBN 270072223X), p. 86-88.
  3. Yves Romain, « Clémence de Zähringen (1140 - 1173) », sur http://genealogiequebec.info, Généalogie Québec, (consulté le 3 octobre 2012).
  4. Georges Minois, Richard Cœur de Lion, Perrin, , p. 103.