Réseau Obépine

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Réseau Obépine
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Le réseau Obépine est un observatoire épidémiologique français crée dans le cadre d’un plan de lutte intégrée contre la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) pour promouvoir l’utilisation des eaux usées comme indicateur quantitatif des différentes phases d'une épidémie provoquée par une bactérie ou un virus. Ce nouvel indicateur qui reflète la circulation active dans la population, permet de suivre des évolutions temporelles sans être soumis aux aléa statistiques.

Historique[modifier | modifier le code]

L'observatoire est né sous l’impulsion du Comité analyse recherche et expertise (Care) après qu'en mars 2020 une corrélation ait été montrée entre le taux de coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère dans les eaux usées et l’évolution de la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19).

L'observatoire est un complément des données épidémiologiques réalisés à grande échelle. Alors que tous les autres moyens de surveillance sont centrés sur les individus symptomatiques, qui ne représentent qu’une fraction des personnes contaminées. La surveillance environnementale des effluents urbains fournit un signal global et complémentaire pour toute la population des sujets infectés (symptomatiques, asymptomatiques, présymptomatiques ou paucisymptomatiques) drainée par le même réseau d’eaux usées[1]. Le réseau aidera à évaluer ce taux global, et à suivre et prévoir l'évolution des foyers de contagion, parfois avec plusieurs jours ou semaines d'avance. Fin 2020, « Obépine » devrait faire 300 à 600 analyses par semaine, qui renseigneront aussi d'autres maladies épidémiques telles que la gastro-entérite ou la grippe saisonnière[2],[3].

L'observatoire est lancé le 5 mars en région parisienne, par le laboratoire Eau de Paris, des universitaires (Sorbonne) et l'Institut de recherche biomédicale des armées, avec une aide financière de 500 000 euros du Comité analyse recherche et expertise, et de 3,5 millions d’euro du MESRI. Au 17 novembre 2020, sur les 158 stations d'épuration nécessaires pour établir un maillage représentatif pour surveiller le SARS-CoV-2 dans les eaux usées, 82 sites de prélèvements sont déjà recrutés et sept laboratoires agréés[4],[5] dont le laboratoire de Chimie Physique et Microbiologie pour les Matériaux et l’Environnement (LCPME) et le laboratoire d’analyse sur les coquillages Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer ( Ifremer)[6].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Les objectifs de l'observatoire sont indiqués dans la lettre de mission de la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal[7].

Une banque d'eaux usées est également prévue car « Contrairement aux Italiens qui ont pu déterminer que le virus circulait chez eux dès le mois de décembre 2019, grâce à des échantillons d’eaux usées qui avaient été conservés, il nous est impossible de remonter aussi loin. Nous ne savons pas quand le virus est arrivé. L’information a été perdue » note Vincent Maréchal (virologue à Sorbonne Université et cofondateur de cet observatoire)[2].

Études[modifier | modifier le code]

L’analyse des eaux usées permet de détecter la présence de certaines maladies, le suivi de drogues ou encore d'évaluer l’usage domestique de pesticides et différents autres produits. Le suivi des virus entériques dans les eaux usées a déjà été réalisé avec de très bonnes corrélations avec l’état épidémique des populations[8].

Des études conduites aux Pays-Bas, suggèrent que la détection du coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère dans les eaux usées pourrait précéder la détection des premiers malades, qui ne représentent qu’une fraction des personnes contaminées[9]. Pour le microbiologiste et responsable du laboratoire de recherche Eau de Paris : « en moyenne, les données Obépine ont six à sept jours d’avance sur les autres indicateurs »[10].

Réalisations[modifier | modifier le code]

Lors de la pandémie de Covid-19 en France de 2019-2021, le Gouvernement de la République française opte pour un durcissement des mesures sanitaires évitant ou repoussant un troisième confinement car « les traces de virus dans les eaux usées, signal indirect, baissent en Île-de-France. »[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]