Mars 2020

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Mars 2020
Sonde spatiale
Description de cette image, également commentée ci-après
Esquisse du rover
Données générales
Organisation Drapeau des États-Unis NASA
Constructeur Drapeau des États-Unis Jet Propulsion Laboratory
Domaine Collecte d'échantillons du sol martien
Type de mission Astromobile
Statut en cours de développement
Lancement 17 juillet-5 aout 2020
Lanceur Atlas V 541
Durée de vie 24 mois
Identifiant COSPAR [1]
Site JPL
Caractéristiques techniques
Masse au lancement ~ 3500 kg dont
~1 050 kg pour l'astromobile
Orbite
Atterrissage février 2021
Principaux instruments
MastCam-Z Caméras
SuperCam Plusieurs spectromètres associés à un laser et une caméra
RIMFAX Radar
PIXL Spectromètre de fluorescence à rayons X 2D / microscope
SHERLOC Spectromètre Raman 2D / microscope
MEDA Station météorologique
MOXIE Démonstrateur technologique ISRU
MHS Hélicoptère de reconnaissance

Mars 2020 est une mission d'exploration de la planète Mars à l'aide d'une astromobile (rover) qui est développée par le centre JPL de l'agence spatiale américaine, la NASA, et dont le lancement est planifié en 2020. Hormis son instrumentation scientifique, l'engin spatial est pratiquement une copie de la sonde spatiale Mars Science Laboratory qui s'est posée avec succès sur Mars en août 2012. Le principal objectif assignés à cette nouvelle mission est la collecte d'échantillons du sol martien qui devraient être retournés sur Terre par une mission de retour d'échantillons qui reste en 2018 à financer et réaliser. Le coût de la mission Mars 2020 est estimé à 2,5 milliards US$ en incluant le lancement et la conduite des opérations durant la mission primaire qui doit durer deux années terrestres.

Historique[modifier | modifier le code]

Lancement du projet[modifier | modifier le code]

À la suite de l'atterrissage réussi du rover Curiosity de la mission Mars Science Laboratory en août 2012, la NASA annonce le 4 décembre 2012, dans le cadre d'un congrès de l'Union américaine de géophysique à San Francisco, qu'un rover reprenant l'architecture de MSL/Curiosity, y compris le système de rentrée atmosphérique et d'atterrissage, sera lancé vers Mars en 2020. La charge utile du rover devrait être différente de celle de Curiosity. Grâce à la réutilisation des composants de MSL, le coût de cette mission devrait être abaissé de 2,5 à 1,5 milliard de dollars[1],[2].

Rapport de 2013[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, la NASA demande à une équipe (Science Definition Team ou SDT) de définir le contenu scientifique de la future mission. Le rapport, rendu début juillet 2013, fait figurer parmi les principaux objectifs la collecte d'échantillons du sol martien qui devraient être ramenés sur Terre par une future mission de retour d'échantillons[3]. Ce rapport préconise également de modifier le système de télécommunications utilisé par le rover MSL pour que celui-ci puisse transmettre directement ses données vers la Terre au cas où le relais assuré actuellement en UHF par les orbiteurs martiens ne serait plus opérationnel dans les années 2020. La modification baptisée DTE (Direct-to-Earth) consiste à remplacer l'antenne grand gain par une antenne de plus grande taille et à remplacer l'amplificateur actuel par un tube à ondes progressives plus puissant[4]. Mais cette option n'est pas retenue. Pour les instruments le rapport présente deux exemples de configuration de la charge utile de masse totale équivalente et pouvant remplir les objectifs fixés à la mission. Les trois instruments les plus complexes de MSL - SAM, ChemCam et CheMin - n'en font pas partie, pour partie remplacés par de nouveaux instruments plus performants (comme SuperCam à la place ChemCam) :

Conception et construction de la sonde spatiale[modifier | modifier le code]

Le module de descente en cours d'assemblage au centre JPL (mars 2018).

La construction du rover débute en juillet 2016[6]. Le lanceur Atlas V 541 qui avait placé en orbite la sonde spatiale jumelle Mars Science Laboratory est également retenu pour le lancement de Mars 2020[7]. La sélection des instruments embarqués est figée par la NASA en juillet 2014. En mai 2018, les responsables de la NASA, après une phase d'évaluation, décident que Mars 2020 embarquera à titre expérimental le petit hélicoptère MHS (Mars Helicopter Scout) de 1,8 kg chargé de tester le recours à des vols de reconnaissance optique dans le cadre d'une expérimentation qui doit durer une trentaine de jours. Le responsable scientifique de la mission s'est opposé en vain à cette décision car les tests prévus empiètent sur le déroulement très tendu des opérations au sol. Le cout de cette expérimentation, évalué à 55 millions US$ n'est pas pris en charge par le projet Mars 2020[8],[9].

Cout de la mission[modifier | modifier le code]

Le cout de la mission a été évalué initialement en 2012 entre 1,3 et 1,7 milliards US$. A la suite des phases de conception, il a été figé à 2,44 milliards US$ et est resté stable sur la période 2014-2016. Ce cout inclut 576 millions US$ pour les opérations de lancement et l'acquisition du lanceur Atlas V et 456 millions US$ pour la conduite des opérations durant la mission primaire de 2 ans. Ce dernier chiffre inclue les réserves dévolues aux dépassements en phase de développement[10]

Objectifs de la mission[modifier | modifier le code]

Le rapport de la Science Definition Team distingue quatre objectifs :

  • explorer un environnement susceptible d'avoir accueilli la vie en analysant son histoire et les processus géologiques qui s'y sont déroulés[11] ;
  • rechercher des indices de signatures d'origine biologiques dans une sélection de sites[12] ;
    • Déterminer l'habitabilité de l'environnement par le passé de la zone explorée
    • Si la zone a pu abriter des formes de vie, rechercher des matériaux qui ont pu préserver des signatures biologiques
    • Recherche des indices potentiels de la vie en utilisant des techniques d'observation permettant de respecter les règles de protection plantéaire
  • Collecter des échantillons de sol martien en connaissant leur contexte géologique précis pour permettre une future mission de retour d'échantillons du sol martien sur Terre[13] :
    • Collecter des échantillons sélectionnés scientifiquement avec description précise du terrain. Les échantillons devront à la fois être les plus susceptibles de permettre l'identification d'indices de vie et bien représenter la diversité de la région explorée par le rover
    • S'assurer que la collecte se fasse en respectant les règles de protection planétaire et que les échantillons pourront être effectivement utilisés par la future mission de retour d'échantillon
  • Préparer les futures missions habitées sur le sol martien en testant des technologies (ISRU, etc.), analysant les conditions régnant à la surface de Mars - rayonnement, température, poussière, ...- et améliorant les connaissances sur les conditions de rentrée atmosphérique (MEDLI+)[14],[13].
  • Déterminer la morphologie et la taille de la poussière pour comprendre son incidence sur les opérations à la surface de Mars et sur la santé des astronautes
    • Mesurer les caractéristiques du climat à la surface de Mars pour valider les modèles de circulation atmosphérique de la planète
    • Mesurer les performances du véhicule de descente avec une série de capteurs dans les bouclier thermique avant et arrière.

Sélection du site d'atterrissage[modifier | modifier le code]

Le site d'atterrissage de MARS 2020 est, comme dans le cas de Curiosity, sélectionné par consultation de la communauté internationale des spécialistes de Mars. Le site retenu doit avoir par le passé, vu circuler de l'eau et par ailleurs répondre aux critères suivants[13] :

  • Permettre de remplir les objectifs scientifiques
  • Les roches présentent des caractéristiques qui permettent de supposer que dans des conditions environnementales appropriées, des formes de vie ont pu apparaitre
  • Les roches et le régolithe remontant à l'époque ou l'environnement était favorable à la vie sont présents sur le site
  • Les roches présentes ont été altérées par des processus géologiques et environnementaux y compris ceux nécessitant la présence d'eau
  • Le type de roche présent a pu préserver les caractéristiques physiques, chimiques, minérales et moléculaires d'une vie passée
  • Le site présente un potentiel scientifique important si les échantillons de sol martien peuvent revenir sur Terre
  • Le site dispose de ressources en eau (sous forme de glace d'eau ou de minéraux comprenant une proportion d'eau) que l'astromobile peut étudier pour en comprendre le potentiel dans le cadre des futures missions avec équipage
  • Le site permet à l'astromobile d'atterrir et de circuler sans rencontrer des incidents de terrain constituant une menace importante pour la mission.

Initialement 28 sites d'atterrissage sont proposés et classés en mai 2014[15]. Dix sites sont sélectionnés au cours d'une deuxième séance de travail qui a lieu en aout 2015. Dans l'ordre de leur classement (en commençant par le mieux noté), ce sont[16] :

  • Cratère Jezero (18,50N, 77.40E),
  • Columbia Hills (cratère Gusev, 14,40S, 175,60E)
  • Syrtis Major nord-est (17,80N, 77,10E)
  • Cratère Eberswalde (23,00S, 327,00E)
  • Bassin Melas sud-ouest (12,20S, 290,00E)
  • Nili Fossae Trough nord (21,00N, 74,50E)
  • Nili Fossae Carbonate (21,90N, 74,50E)
  • Mawrth Vallis (24,00N, 341,10E)
  • Cratère Holden (26,40S, 325,10E)
  • Cratère McLaughlin (21,90N, 337,80E).

En février 2017 une deuxième séance de travail réduit le nombre de site à trois : Cratère Jezero, Syrtis Major nord-est et Columbia Hills. Les deux premiers ont des appréciations largement au-dessus du troisième[17].

Le cratère Jezero est le site d'atterrissage le mieux classé par les scientifiques.

Caractéristiques techniques de la sonde spatiale[modifier | modifier le code]

Schéma 1 : Vue éclatée de la sonde spatiale 1 - Étage de croisière 2 - Bouclier arrière 3 - Étage de descente 4 - Rover 5 - Bouclier thermique avant 6 - Logement du parachute

La sonde spatiale Mars 2020 reprend l'architecture de Curiosity. Comme celui-ci et comme les engins de sa catégorie qui l'ont précédé, il se compose de quatre éléments principaux (cf schéma 1) :

  • L'étage de croisière qui assure le transit entre la Terre et Mars,
  • Le véhicule de rentrée qui protège la sonde durant la rentrée atmosphérique et assure une première phase de freinage,
  • L'étage de descente qui accomplit la dernière phase de descente puis dépose en douceur le rover sur le sol martien,
  • Le rover proprement dit chargé de mener à bien la mission sur le sol martien.
Masse des principaux composants de la sonde Mars 2020 basés sur les valeurs de Mars Science Laboratory (sauf pour l'astromobile)
Composant principal Référence
schéma
Sous-composant Masse Commentaire
Étage de croisière 1 - 539 kg[18] dont 70 kg de carburant
Véhicule de rentrée
et étage de descente
5 Bouclier thermique avant 382 kg[19]
2 Bouclier arrière 349 kg[19]
3 Étage de descente 1 219 kg[19] dont 390 kg de carburant
- Total 2 400 kg[18] [Note 10]
Astromobile 4 - 1 050 kg
Sonde spatiale MSL - Masse totale environ 3 640 kg[18]

Modifications apportées par rapport à Mars Science Laboratory[modifier | modifier le code]

En dehors de la charge utile de l'astromobile qui est complètement modifiée pour remplir les objectifs de la mission, certains équipements ont été modifiés pour améliorer les performances générales. Des modifications permettant d'améliorer la précision et diminuer les risques de l'atterrissage ont été incorporées :

  • Range Trigger (RT) : l'ouverture du parachute de MSL était conditionné par la vitesse de l'engin spatial. La modification envisagée pour la future mission consiste à déclencher cette ouverture lorsque la distance à la zone visée devient inférieure à une certaine valeur. Cette modification qui peut être implémentée sans évolution majeure de la sonde spatiale (l'information est déjà disponible) permet d'abaisser la longueur du grand axe de l'ellipse d’atterrissage de 25 à 1318 km[20] ;
  • Terrain-Relative Navigation (TRN) : il s'agit d'utiliser les images fournies par les caméras embarquées lors de la descente vers le sol pour déterminer la position du module de descente et atterrissage par rapport à sa cible avec une précision d'environ 60 mètres au lieu d'un à deux km avec MSL. Cette précision permettrait d'éviter les zones de terrain les plus accidentées en utilisant les capacités de l'étage de descente à dévier de sa trajectoire. Cette capacité est déjà utilisée lors de la séparation de l'étage de descente avec le bouclier arrière et le parachute. L'étage de descente dispose de suffisamment de carburant pour s'écarter de sa trajectoire d'environ 300 mètres[21].

Le recours à des panneaux solaires au lieu du MMRTG utilisé par MSL a été envisagé mais écarté.

L'étage de croisière[modifier | modifier le code]

L'étage de croisière de Mars 2020 est similaire à celui de Mars Science Laboratory (ici représenté).

L'étage de croisière est similaire à celui de MSL. C'est une structure cylindrique en aluminium de 4 mètres de diamètre et de faible hauteur d'une masse de 539 kg qui coiffe le reste de la sonde et supporte sur la partie opposée à celle-ci l'adaptateur permettant de solidariser MSL et son lanceur. Son rôle est de prendre en charge le transit de la sonde spatiale entre l'orbite terrestre et la banlieue de Mars. À l'approche de Mars, l'étage de croisière, qui a achevé sa mission et constitue désormais une masse pénalisante, est largué avant que le véhicule de rentrée n'entame la rentrée atmosphérique. L'étage de croisière effectue à l'aide de son système de propulsion les 5 à 6 corrections de trajectoire nécessaires pour que la sonde se présente à proximité de la planète Mars avec la vitesse et la position lui permettant d'effectuer un atterrissage de précision ; durant le transit de 8-9 mois entre la Terre et Mars il assure la surveillance et la maintenance des équipements de l'ensemble de la sonde[22],[23].

Le véhicule de rentrée[modifier | modifier le code]

La traversée de l'atmosphère martienne à une vitesse initiale atteignant 6 km par seconde provoque un échauffement important des parties externes de la sonde qui atteignent une température de 2 100 °C. Pour protéger le rover durant cette phase, il est encapsulé dans un véhicule de rentrée. Celui-ci est composé d'un bouclier thermique avant, conçu pour résister à la forte chaleur que subit cette partie de la sonde, et d'un bouclier arrière, qui notamment contient le parachute. Le véhicule de rentrée a la forme d'une sphère-cône de demi-angle de 70° héritage du programme Viking repris sur tous les engins de la NASA envoyés à la surface de Mars par la suite. Par contre, la sonde innove avec des moteurs-fusées qui permettent de contrôler de manière active et non plus passive l'orientation du véhicule de rentrée jusqu'au déploiement du parachute afin de corriger les écarts par rapport à la trajectoire nominale et permettre un atterrissage de précision. Le bouclier encapsule l'étage de descente et le rover et est solidaire de l'étage de croisière durant le transit Terre-Mars

L'étage de descente[modifier | modifier le code]

L'étage de descente prend en charge la dernière phase de la descente et dépose en douceur le rover sur le sol martien. Une fois cette mission achevée, il reprend de la hauteur et va s'écraser à quelques centaines de mètres du rover. Pour réaliser sa mission, l'étage de descente comprend :

  • Huit moteurs-fusées (MLE Mars Lander Engines) d'une poussée unitaire modulable entre 400 et 3 060 newtons (de 13 à 100 %)
  • Huit petits moteurs-fusées chargés du contrôle de l'orientation (attitude) de la sonde ;
  • Un radar doppler en bande Ka (TDS Terminal Descent Sensor) comportant 6 antennes émettant autant de faisceaux sous différents angles développé par le JPL. Dès que le bouclier thermique est largué le radar est chargé de déterminer l'altitude de la sonde et sa vitesse par rapport au sol martien ;
  • Trois câbles reliés à un enrouleur (Bridle Umbilical Device BUD) et un cordon ombilical qui relient le rover et l'étage de descente lorsque celui-ci dépose le rover sur le sol martien.

L'astromobile (rover)[modifier | modifier le code]

L'astromobile (rover) est basé sur Curiosity mais comporte plusieurs différences qui portent sur les instruments embarqués, le bras (plus massif), la présence d'un espace de stockage des échantillons de sol prélevés, et les roues modifiées pour tenir compte des déboires rencontrés par Curiosity. Ces modications se traduisent par une masse nettement supérieure (1050 kilogrammes contre 899 kg). L'astromobile est long de 2,7 m. (en prenant pas en compte le bras), large de 2,7 mètres mètres et haut de 2,2 mètres[24].

Le système de collecte et de stockage des échantillons du sol martien[modifier | modifier le code]

Le système de collecte et de stockage des échantillons du sol martien représente plus de la moitié de la masse de la charge utile du rover. Celui-ci doit permettre de prélever deux à trois douzaines de carottes du diamètre d'un crayon et de la moitié de sa longueur[25],[26].

Les différents éléments du système de collecte et de stockage des échantillons de sol martien

Instrumentation scientifique[modifier | modifier le code]

Il est prévu que l'instrumentation scientifique soit en partie différente de celle de MSL. Plusieurs configurations sont à l'étude en 2013. Les instruments embarqués doivent permettre des mesures plus précises dans plusieurs domaines[27] :

  • les instruments des rovers existants fournissent la composition moyenne minéralogique et chimique des roches sur une surface de plusieurs cm². L'instrumentation du rover de Mars 2020 devra permettre de mettre en évidence les structures géologiques à petite échelle qui fournissent des informations importantes dans la recherche des signatures biologiques ;
  • l'instrument SAM d'analyse des composants organiques embarqué sur le rover MSL/Curiosity analyse des échantillons de sol qui doivent être au préalable broyés et tamisés ce qui fait disparaître des données importantes sur leur texture. La mission à venir devra pouvoir effectuer des observations avec une résolution spatiale suffisamment fine pour permettre de mettre en évidence des structures telles que celles que pourrait créer une vie microbienne.

Les instruments sélectionnés[modifier | modifier le code]

La communauté scientifique et la NASA ont fait le pari qu'une mission de retour d'échantillons sera finalement programmée et budgétée : ils ont choisi de retenir, non pas des instruments capables de faire les analyses les plus poussées, mais ceux capables d'identifier de la manière la plus efficace les échantillons de sol et de roche les plus intéressants pour une analyse ultérieure. Alors que Curiosity emportait deux laboratoires permettant une analyse poussée des échantillons de sol, le rover de Mars 2020 n'en emporte aucun. La moitié de la charge utile est réservée au système de prélèvement et de stockage des échantillons. Le mini-laboratoire CODEX très prometteur n'a pas été retenu. Le rover doit emporter six instruments scientifiques et une expérience technologique. Les instruments ont été sélectionnés pour permettre l'identification rapide, car contraint par la durée de vie du rover, de deux à trois douzaines d'échantillons de sol bien choisis qui seront ramenés sur Terre par une mission de retour d'échantillons de type Mars Sample Return qui reste aujourd'hui à budgéter et planifier.

  • L'astromobile emporte une vingtaine de caméras utilisés pour la navigation, l'étude scientifique et l'inspection du véhicule[28].
  • Trois instruments sont chargés de fournir une vue d'ensemble du site[25],[26] :
  • Mastcam-Z est une caméra à deux objectifs constituant une évolution de la Mastcam embarquée sur Curiosity. La principale amélioration est constituée par l'ajout d'un zoom (objectif de 28-100 mm) ;
  • SuperCam est une version améliorée de l'instrument franco-américain ChemCam auquel a été ajouté des spectromètres Raman et infrarouge ;
  • le radar RIMFAX (Radar Imager for Mars' Subsurface Exploration) développé par un institut de recherche norvégien. Il permet de compléter les analyses effectuées par Supercam qui ne peut étudier que la surface des roches. RIMFAX permet d'analyser les couches géologiques enfouies jusqu'à une profondeur d'un demi-kilomètre avec une résolution comprise entre 5 et 20 cm.
  • Deux instruments sont installés au bout du bras du rover pour venir au contact de la zone analysée et sont utilisés pour réaliser une étude plus poussée d'un échantillon de la taille approximative d'un timbre. Leurs capacités sont nettement améliorées par rapport aux instruments embarqués sur Curiosity (microscope et spectromètre à rayons X). Ces deux instruments disposent d'un microscope et, alors que le spectromètre X de Curiosity ne pouvait effectuer qu'une mesure pondérée de la surface de l'échantillon, les deux nouveaux instruments réalisent plusieurs centaines à plusieurs milliers de mesures permettant d'identifier les différences de composition à l'échelle du grain de sable. Cette capacité peut fournir un éclairage décisif sur l'histoire de la formation des roches analysées. Ces instruments sont également capables d'identifier et de cartographier la présence de matériaux organiques en fournissant des résultats plus facilement interprétables que les instruments de Curiosity. Ces deux instruments sont[25],[26] :

Caméra Mastcam-Z[modifier | modifier le code]

La tête du mat comprend plusieurs caméras dont la caméra principale Mastcam-Z.

La caméra principale est la Mastcam-Z. Il s'agit d'une version améliorée de la caméra équipant Curiosity car elle embarque le zoom permettant un agrandissement (x 3) qui avait été abandonné en cours de développement par son prédécesseur. La caméra peut effectuer des images en couleurs panoramiques, tri-dimensionnelles et grâce au zoom effectuer des photos détaillées. Elle comprend deux objectifs distincts écartés de 24,2 centimètres qui permettent des photos stéréo et sont fixés au sommet d'un mât à deux mètres de hauteur. Le capteur CCD, identique à celui de Curiosity, dispose de 2 mégapixels (1600 x 1200). L'ensemble a une masse de 4 kilogrammes et consomme 17,4 Watts[29]. Le responsable scientifique de l'instrument est Jim Bell de l'Université de l'Arizona. L'instrument est développé par Malin Space Science Systems[30].

Le zoom est un objectif 28–100 mm (grand angle à téléobjectif modéré) et la longueur focale est comprise entre f/8 et f/10 (téléobjectif). Le champ de vue est de 23°x18° (grand angle) et de 6°x5° (téléobjectif). La résolution spatiale de la caméra est d'environ 1 millimètre dans la zone accessible par le bras télécommandé de l'astromobile et 3 à centimètres à une distance de 100 mètres. Elle est équipée de 11 filtres étroits dans la bande spectrale comprise entre 400 et 1000 nanomètres qui permettent de déterminer si les matériaux photographiés ont été altérés/érodés et qui fournissent des informations importantes sur la minéralogie des roches. Une paire de filtre permet d'effectuer des images du Soleil. La caméra peut réaliser des films avec une vitesse de 4 images par seconde. Cette fréquence peut être augmentée en diminuant la résolution. Cette fonction permet d'observer des phénomènes comme les tourbillons de poussière, le déplacement des nuages, les phénomènes astronomiques mais également le déroulement des opérations réalisées par le rover telles que les déplacements, la collecte d'échantillon ou le stockage de ceux-ci[31].

Emplacement de 13 des 23 caméras installées sur Mars 2020.

Spectromètre imageur SuperCam[modifier | modifier le code]

Les trois composants de Supercam.

SuperCam est une version améliorée de l'instrument franco-américain ChemCam embarqué sur Curiosity. Il utilise un laser et trois spectromètres pour analyser à distance la composition chimique et la géologie des roches. Le laser pulsé tire sur la roche à analyser provoquant la fusion de sa couche superficielle et générant un plasma. L'optique de 110 mm utilisée pour viser la cible avec le laser permet de recueillir l'image renvoyée et de la transmettre par fibre optique aux spectromètres. L'instrument est capable d'effectuer trois types de mesure[32],[33] :

  • Spectroscopie par claquage laser (reconduction de l'instrument précédent) fourni par Los Alamos : l'instrument utilise le laser dans la longueur d'ondes 1064 nm pour identifier les éléments chimiques présents dans la roche à une distance allant jusqu'à 7 mètres. Le spectromètre analyse la lumière de désexcitation émise dans le visible et l'ultraviolet dans une bande allant de 240 à 850 nm avec une résolution de 0,09 à 0,3 nm et fournit la composition en éléments chimiques.
  • Spectroscopie Raman fourni par Los Alamos : l'instrument utilise le laser dans la longueur d'ondes 532 nm (vert) pour faire vibrer les molécules. Une faible fraction de la lumière interagit avec les molécules et change de longueur d'ondes. Ce "signal Raman" est très faible et il faut l'intensifier. Il est analysé par le spectromètre et permet d'identifier les minéraux et les molécules présentes dans la cible. L'information fournie est complémentaire de celle produite par le spectromètre infrarouge décrit ci-dessous. Pour ce type d'analyse la portée du laser est de 12 mètres.
  • Spectromètre infrarouge fourni par le LESIA : cet instrument passif (c'est à dire qu'il exploite la lumière réfléchie par la lumière sur le terrain et n'analyse pas le plasma généré par les impacts laser) fournit des spectres en lumière visible-proche infrarouge (400-900 nm) et en proche infrarouge (1,3-2,6) qui permettent d'identifier en particulier les argiles. Le spectre est obtenu à l'aide d'un filtre à dispersion acousto-optique dérivé des instruments CRISM (Mars Reconnaissance Orbiter) et OMEGA (Mars Express). La portée est de 10 kilomètres.

La caméra qui peut désormais recueillir des images en couleur à très haute définition précise le contexte de la mesure en fournissant la texture de la roche. La caméra dispose d'un autofocus et permet de prendre des images jusqu'à l'infini. Sur la tête optique se trouve également un microphone qui enregistrera les impacts laser audibles jusqu'à une distance de 4 mètres[34]. Des cibles permettent d'étalonner l'instrument.

SuperCam a une masse totale de 10,6 kg répartie entre le module optique logé dans le mât (5,6kg), les spectromètres logés dans le corps de l'astromobile (4,8 kg) et les cibles utilisées pour étalonner l'instrument (0,2 kg). L'instrument en fonctionnement consomme 17,9 Watts. Il génère un volume de données moyen de 4,2 mégabits par jour. L'instrument est développé par le Laboratoire National de Los Alamos qui fournit les spectromètres et l'IRAP en France pour la partie la partie optique et le laser (fourni par Thales) sous maitrise d'oeuvre de l'agence spatiale française (CNES). Le responsable scientifique est Roger Wiens de Los Alamos et son adjoint Sylvestre Maurice de l'IRAP[35],[36].

Radar RIMFAX[modifier | modifier le code]

le radar RIMFAX (Radar Imager for Mars' Subsurface Exploration) développé par un institut de recherche norvégien. Il permet de compléter les analyses effectuées par Supercam qui ne peut étudier que la surface des roches. RIMFAX permet d'analyser les couches géologiques enfouies jusqu'à une profondeur d'un demi-kilomètre avec une résolution verticale comprise entre 15 à 30 centimètres. Il est constitué d'un radar qui émet dans des fréquences modifiables (comprise entre 150 to 1200 megahertz) pour tenir compte de la nature du terrain. L'instrument analyse les ondes réfléchies par les couches superficielles de la surface (jusqu'à 10 mètres de profondeur) ce qui permet de détecter la présence de glace, de roche, de sable et d'eau liquide. Ces sondages sont effectués au fur et à mesure de l'avancement de l'astromobile tous les 10 centimètres. L'instrument permet de déterminer l'épaisseur du régolithe, détecter les différentes strates superficielles du terrain situées sous la surface et associées aux structures qui en émergent, associer une section stratigraphique aux échantillons qui sont prélevées[37],[38],[39].

Chaque sondage produit 5 à 10 kilooctets de données. L'instrument est composé d'une antenne fixé sous le RTG et d'un boitier électronique placé dans le corps de l'astromobile tout à l'arrière. Sa masse est de 3 kilogrammes et il consomme de 5 à 10 Watts en fonctionnement. Le responsable scientifique de RIMFAX est le chercheur norvégien Svein-Erik Hamran qui est également un deux responsables scientifiques du radar WISDOM embarqué à bord du rover ExoMars de l'Agence spatiale européenne qui doit atterrir sur Mars à la même époque que Mars 2020[37],[40].

Spectromètre PIXL[modifier | modifier le code]

PIXL (Planetary Instrument for X-ray Lithochemistry) est un spectromètre de fluorescence à rayons X qui détermine les éléments chimiques présents dans un échantillon de roche à l'échelle d'un grain de sel (0,1 millimètre ou 100 microns) et grâce à une caméra associe cette composition à la texture fine de la roche. L'instrument est monté à l'extrémité du bras du rover. Le principe de fonctionnement repose sur l'émission d'un rayonnement X qui est focalisé par une optique constituée de millions de fibres optiques de manière à frapper l'échantillon à analyser sur un rayon réduit à 100 microns (0,1 millimètre). Le spectre des photons X renvoyés par la cible (fluorescence) est fourni par un détecteur à dérive en silicium (SDD). Pour pouvoir associer l'analyse spectrale effectuée à une texture donnée et localisée de la roche, une caméra co-alignée prend une image (26 x 36 millimètres) de la cible avec une résolution spatiale de 50 microns. Un petit projecteur de type LED projette une grille visible sur les images prises pour fournir un cadre de référence. Pour réaliser l'analyse d'une roche, la t^te de l'instrument est positionné par le bras de l'astromobile à 2 centimètres de sa cible. Un spectre est obtenu en 5 à 10 secondes. En 10 à 20 minutes, l'instrument effectue l'analyse d'une centaine de particules de la taille d'un grain de sable. PIXL peut mesurer les 16 éléments chimiques couramment détectés par ce type d'instrument mais également V, Co, Cu, Ga, As, Rb, Sr, Y, Zr et Ce. Il peut détecter un élément présent à hauteur 10 parties par million[41],[42].

PIXL produit envoie environ 16 mégabits de données à chaque analyse. L'instrument a une masse totale d'environ 7 kilogrammes dont 4,3 kg pour le capteur monté au bout du bras, 2,6 kg pour l'électronique installée dans le corps de l'astromobile et 0,15 kg pour les cibles utilisées pour étalonner PIXL. L'ensemble consomme 25 Watts lorsqu'il est mis en oeuvre. La responsable scientifique de l'instrument est Abigail Allwood du Jet Propulsion Laboratory. Le développement de l'instrument est également effectué sous la maitrise d’œuvre de cet établissement de la NASA[41],[43],[44].

Spectromètre SHERLOC[modifier | modifier le code]

Le spectromètre SHERLOC (Scanning Habitable Environments with Raman and Luminescence for Organics and Chemicals) est un instrument situé à l'extrémité du bras de l'astromobile qui fournit des images à faible échelle et utilise un laser ultraviolet pour déterminer la minéralogie et la composition organique du sol martien afin de déterminer si ceux-ci ont été altérés par un environnement aqueux et s'ils contiennent des indices d'une vie microbienne passée. Il s'agit du premier spectromètre Raman œuvrant à la surface de Mars. L'instrument met en œuvre deux types d'effet. D'une part la fluorescence qui permet d'identifier les formes condensées du carbone et les composés aromatiques présents à hauteur d'une partie par million avec une résolution spatiale de 100 micron. D'autre part la diffusion Raman résonante permet l'identification et la classification des composés aromatiques et aliphatiques présents avec une concentration comprise entre 1% et 1 partie par 10000 avec une résolution spatiale de 100 microns. La résonance Raman permet également l'identification et la classification des minéraux issus d'une chimie aqueuse dans des grains dont la taille peut descendre jusqu'à 20 microns. L'instrument utilise un laser émettant un faisceau large de 50 microns dans l'ultraviolet (248,6 nanomètres) et une caméra dont la résolution spatiale est de 30 microns. Un système d'autofocus permet de positionner la tête de l'instrument à la distance adéquate de l'échantillon à analyser sans avoir à déplacer le bras. Les parois d'un forage réalisée par le rover peuvent être également étudiés. Un miroir pivotant permet de déplacer le point d'impact du laser et ainsi d'analyser de manière systématique une région de 0,7 x 0,7 centimètres. La caméra fournit le contexte avec un champ de vue de 2,3 x 1,5 centimètres[45]

L'instrument SHERLOC inclue également la caméra WATSON pouvant prendre des images à faible distance jusqu'à l'infini qui est utilisée aussi bien pour effectuer des vérifications d'ordre technique que à des fins scientifiques. WATSON dérive de la caméra MAHLI installé sur le bras du rover Curiosity[45]. La masse totale de l'instrument est de 4,7 kilogrammes répartis entre le capteur situé en bout de bras (3,11 kg) et l'électronique située dans le corps de l'astromobile (1,61 kg). Le spectromètre consomme 48,8 watts lorsqu'elle fonctionne dont 32,2 watts su niveau du détecteur. Le responsable scientifique est Luther Beegle du Jet Propulsion Laboratory[46],[47],.

Station météorologique MEDA[modifier | modifier le code]

Emplacement des différents capteurs de la station météorologique MEDA.

Comme Curiosity, Mars 2020 emporte une station météorologique développée par la même équipe espagnole baptisée MEDA (Mars Environmental Dynamics Analyzer ). Celle-ci est équipée de capteurs mesurant six paramètres atmosphériques - température au sol, température de l'air, pression, humidité, direction et vitesse des vents et rayonnement dans différentes bandes spectrales en ultraviolet, visible et infrarouge - ainsi que les propriétés optiques de la poussière. caractéristiques de la poussière. L'ensemble des capteurs et l'électronique associée a une masse de 5,5 kilogrammes et consomme jusqu'à 17 Watts. Les capteurs sont répartis sur à différents endroits de l'astromobile[48].,[49] ;

  • Les cinq capteurs de température de l'air ATS (Air Temperature Sensors) sont montés sur le mat pour trois d'entre eux et sur le corps de l'astromobile pour deux autres. Ils font fixés sur des supports non conducteurs qui les maintiennent à une distance de l'astromobile pour ne pas subir l'influence thermique de celui-ci. Ils peuvent mesurer la température dans une plage comprise entre 150 et 300 kelvins avec une précision de 5 kelvin et une résolution de 0,1 kelvin
  • Un hygromètre HS (humidity sensor) mesure le taux d'humidité. Il est fixé à l'intérieur du corps de l'astromobile pour être à l'abri de la poussière. Sa précision est de 10% lorsque la température est comprise entre 200 et 323 kelvin.
  • Un baromètre PS (pressure sensor ) fixé à l'intérieur du corps de l'astromobile et relié à l'extérieur par un tube mesure la pression extérieure. Il peut mesurer des pressions comprises entre 1 et 1150 pascals avec une précision en fin de vie de 20 pascals et une résolution de 0,5 pascals.
  • Le rayonnement et la présence de poussière sont mesurés à l'aide de plusieurs capteurs et d'une caméra formant la suite RDS (Radiation and Dust Sensor).
  • Le rayonnement thermiqe est mesuré à l'aide de 5 capteurs infrarouges TIRS (thermal infrared sensor ) fixés sur le côté droit de l'astromobile. Trois sont pointés vers le haut et deux sont pointés vers le sol.
  • Deux ensembles de capteurs WS (Wind Sensors) mesurent la direction et la vitesse du vent.

Expériences technologiques[modifier | modifier le code]

Utilisation de ressources in situ MOXIE[modifier | modifier le code]

Le rover emporte également l'expérience technologique MOXIE (Mars Oxygen ISRU Experiment). Cet équipement expérimental de type ISRU (c'est-à-dire utilisation de ressources in situ) doit tester la production d'oxygène à partir du dioxyde de carbone omniprésent dans l'atmosphère martienne. Ce type d'équipement, s'il devient opérationnel, permettra d'envisager des missions martiennes habitées ou robotiques qui reconstitueraient leurs réserves d'oxydant à partir des ressources locales avant de redécoller vers la Terre. L'oxygène récupéré pourra également servir à reconstituer les réserves utilisées par les futurs astronautes martiens L'appareil doit également permettre de définir la taille et la morphologie des grains de poussière en suspension dans l'atmosphère[50],[25],[26].

L'oxygène est produit par MOXIE en collectant le dioxyde de carbone (CO2) de l'atmosphère et en cassant cette molécule pour produire de l'oxygène d'une part (O2) et du monoxyde de carbone (CO) d'autre part. L'atmosphère martienne pénètre dans l'instrument, est filtrée et mis sous une pression de 1 bar. La molécule de CO2 est cassée dans le module SOXE (Solid OXide Electrolyzer) par électrochimie. La température est portée à 800 °C. Pour produire de l'oxygène, MOXIE doit fonctionner 2 heures en consommant 300 Watts. Il produit 10 grammes d'oxygène par heure. Le responsable scientifique de l'expérience est Michael Hecht du Massachusetts Institute of Technology[51],[52].

Hélicoptère de reconnaissance MHS[modifier | modifier le code]

Le rover emporte un petit hélicoptère expérimental MHS (Mars Helicopter Scout) pesant environ 1,8 kilogrammes qui effectuera plusieurs vols de reconnaissance. L'hélicoptère est fixé sous le rover avant son déploiement sur le sol de Mars. L'hélicoptère se déplace dans les airs grâce à deux rotors bipales tournant en sens contraire. La vitesse de rotation est comprise entre 2 400 et 2 900 tours par minute soit 10 fois celle d'un hélicoptère sur Terre, pour pouvoir être efficace dans l'air particulièrement peu dense de Mars (équivalent à l'atmosphère terrestre à une altitude de 25 kilomètres). Le corps de l'hélicoptère a le diamètre d'un ballon de basket. Le rotor a une longueur d'une extrémité à l'autre de 1,2 mètres et la hauteur totale est de 0,8 mètres. L'hélicoptère martien est propulsé par l'énergie électrique fournie par une batterie lithium-ion. Celle-ci est rechargée par des cellules solaires. Des résistances chauffantes maintiennent les systèmes à une température compatible avec les contraintes de fonctionnement. L'hélicoptère emporte une caméra de navigation et une caméra couleur à haute résolution pour effectuer des prises d'images du terrain et ainsi remplir les objectifs qui lui sont assignés. Compte tenu du délai des échanges avec la Terre (16 minutes pour un échange dans la configuration Terre-Mars la plus favorable), l'hélicoptère vole de manière autonome à partir d'instructions transmises avant le vol. Un système radio embarqué reçoit ces commandes et transmet les images et télémesures[8],[53].

Schéma présentant l'implantation des différents instruments sélectionnés en juin 2015.

Déroulement de la mission (prévisionnel)[modifier | modifier le code]

Lancement et transit vers Mars (juin-février 2021)[modifier | modifier le code]

La fenêtre de lancement vers Mars est ouverte entre le 17 juillet et le 5 aout 2020. La sonde spatiale décolle depuis la base de lancement de Cape Canaveral. Elle est placée en orbite par un lanceur Atlas V 541 qui avait déjà été mis en oeuvre pour la sonde spatiale jumelle Mars Science Laboratory[7]

Atterrissage (février 2021)[modifier | modifier le code]

Prélèvement d'un échantillon du sol (vue d'artiste)

Mars 2020 doit atterrir sur Mars vers février 2021. La sonde spatiale met en oeuvre une nouvelle technique de descendre qui permet d'effectuer un atterrissage avec une précision accrue en réduisant de 50% la taille de l'ellipse dans laquelle l'engin devrait se poser. Cette précision accrue permet d'accroitre le nombre de sites accessibles et de réduire la distance entre l'endroit où le rover est déposé et les sites présentant un intérêt scientifique. Deux techniques différentes sont utilisées pour atteindre cet objectif. La première consiste à déclencher l'ouverture du parachute en prenant en compte l'écart déjà connue à ce stade par rapport à la trajectoire idéale. La trajectoire est évaluée à partir de relevés radio effectués juste avant la pénétration dans l'atmosphère martienne, qui permettre de mesurer l'écart avec une précision de 1 à 2 kilomètres. Cette connaissance de la trajectoire passe à 2-3 kilomètres au cours de la première phase de la descente. Si la trajectoire suivie jusque là aboutit à dépasser le point d'atterrissage visé, le parachute est ouvert plus tôt et dans le cas contraire il est ouvert plus tard. Pour les missions précédentes (y compris Curiosity), l'ouverture du parachute était déclenchée lorsque la vitesse de descente était tombée au-dessous d'une certaine valeur). La deuxième technique utilisée repose sur la comparaison entre des photos du terrain situé sous l'engin spatial prises une fois le bouclier thermique avant largué. Ces images sont comparées à des photos de la même zone prises auparavant par des orbiteurs et permettent de mesurer avec une précision de 60 mètres maximum l'écart par rapport à la trajectoire idéale. L'engin spatial utilise sa propulsion pour corriger les écarts éventuels[54].

Opérations au sol durant la mission primaire (2021-2023)[modifier | modifier le code]

La mission primaire a une durée de deux années terrestres à compter de l'atterrissage dont environ la moitié est réservée aux opérations scientifiques proprement dites[55].. Pour remplir ses objectifs le rover se déplace afin de trouver des roches formées dans un milieu aqueux ou modifiées par celle-ci et d'en prélever des échantillons. Les roches susceptibles d'avoir préservées des traces chimiques de la vie durant plusieurs milliards d'années sont particulièrement visées. D'autres échantillons sont prélevées sur des roches volcaniques ou d'une nature à permettre d'identifier les changements intervenus sur l'environnement du site au cours du temps. Lorsque une roche a été sélectionnée, une carotte de celle-ci de 5 centimètres de profondeur est prélevée, broyée et un échantillon de 15 grammes est stocké dans un tube qui est scellé de manière hermétique. Le tube est stocké à bord de l'astromobile. L'équipe projet sur Terre définit le ou les sites dans lesquels les 30 tubes d'échantillons doivent être déposés. Les coordonnées des différents dépôts sont relevés par les orbiteurs martiens avec une précision d'environ 1 mètre[56].

Mise en œuvre de l'hélicoptère expérimental[modifier | modifier le code]

MHS sur Mars (vue d'artiste).

L'hélicoptère martien embarqué est fixé sous le rover. Une fois ce dernier à la surface de Mars, l'hélicoptère est déposé sur le sol et de nombreux tests statiques sont effectués. 30 jours sont consacrés à tester ses capacités. Pour le premier vol, le rover se place à une distance de sécurité (50 à 100 mètres) puis l'hélicoptère s'élève à la verticale jusqu'à une hauteur de 3 mètres avant de faire du surplace durant 30 secondes. Quatre autres vols sont prévus de quelques centaines de mètres dont la durée peut aller jusqu'à 90 secondes[8]. Une fois la phase d'expérimentation achevée, l'hélicoptère sera abandonné sur place[9].

Le retour des échantillons sur Terre[modifier | modifier le code]

Décollage de la fusée ramenant les échantillons du sol martien (vue d'artiste).

Mars 2020 est la première étape du retour d'échantillons du sol martien sur Terre puisque la moitié de sa charge utile est consacrée à leur collecte et leur stockage. Toutefois le renvoi sur Terre des échantillons constitue à la fois un défi technique et financier (environ 4 milliards $) qui ne fait pas partie de la mission Mars 2020. En 2018, aucune mission de ce type n'est planifiée ni financée. La NASA envisage que la mission qui ramènera les échantillons collectés puisse avoir lieu au plus tôt en 2025 sinon vers 2030. La planification dépend de la mise à disposition de moyens financiers très importants mais également des résultats des missions martiennes en cours (MSL, MER) et à venir (MAVEN, ExoMars, ...)[57].

La récupération des échantillons collectés doit se réaliser de la manière suivante selon le scénario prévu pour Mars Sample Return[58] :

  • un premier lanceur lourd Atlas V lance un orbiteur martien (3 tonnes dont 2 tonnes d'ergols) qui doit prendre en charge le trajet de retour de la capsule contenant les échantillons entre l'orbite martienne et l'orbite terrestre ;
  • un deuxième lanceur lourd Atlas V lance un engin spatial qui doit se poser sur le sol martien et comprend :
    • un rover de petite taille (150 kg) chargé d'aller récupérer les échantillons du rover collecteur (Mars 2020) et pouvant franchir la distance liée à l'imprécision de l'atterrissage,
    • un mini-lanceur à deux étages à propergol solide (300 kg) capable de rejoindre l'orbite basse martienne avec comme charge utile le conteneur d'échantillons (évalué à 5 kg),
    • un bras chargé de placer le conteneur au sommet du lanceur,
    • une plateforme de lancement (550 kg avec le bras) ;
  • le mini-lanceur rejoint l'orbite basse et effectue un rendez-vous automatique avec l'orbiteur qui récupère le conteneur et l'insère dans la capsule de retour d'échantillon ;
  • l'orbiteur utilise sa propulsion pour se placer sur une trajectoire de retour vers la Terre ;
  • la capsule contenant les échantillons est larguée à proximité de la Terre, effectue une rentrée atmosphérique et se pose sur le sol à grande vitesse sans parachutes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ultra-Compact Imaging Spectrometer : spectromètre visible/infrarouge. Utilisé par MSL.
  2. Mini-Thermal Emission Spectrometer : spectromètre infrarouge. Utilisé par les rovers MER.
  3. Alpha Particle X-Ray Spectrometer : spectromètre à particules alpha. Utilisé par MSL.
  4. Ultra-trace X-Ray Fluorescence : spectromètre à fluorescence X. Utilisé par MSL.
  5. Mars Hand Lens Imager : caméra microscope. Utilisé par MSL.
  6. Multispectral Microscopic Imager : Imageur multispectral associé à un microscope.
  7. Spectromètre Raman.
  8. Ground Penetrating Radar : détermine les caractéristiques du sous-sol proche.
  9. In-Situ Resource Utilization : Prototype générant de l'oxygène à partir de l'atmosphère martienne.
  10. La masse totale indiquée ici (2 400 kg) est celle fournie par le dossier de presse mais celui-ci ne fournit pas la ventilation par sous-composant ; celle-ci est par contre indiquée sur le site de la NASA moins bien actualisé, d'où une masse totale inférieure de 450 kg (1 950 kg).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jonathan Amos, « Nasa to send new rover to Mars in 2020 », sur BBC News,
  2. William Harwood, « NASA announces plans for new $1.5 billion Mars rover », sur CNET,
  3. « NASA Discusses Mars 2020 Plans In July 9 Teleconference », sur NASA,
  4. J.F. Mustard et all, op. cit. p. 135
  5. J.F. Mustard et all, op. cit. p. 80
  6. (en) « NASA's Next Mars Rover Progresses Toward 2020 Launch< », sur NASA, (consulté le 14 octobre 2016).
  7. a et b (en) Justin Ray, « NASA books nuclear-certified Atlas 5 rocket for Mars 2020 rover launch », sur spaceflightnow.com,
  8. a, b et c (en) « Mars Helicopter to Fly on NASA’s Next Red Planet Rover Mission », NASA,
  9. a et b (en) Kenneth Chang, « A Helicopter on Mars? NASA Wants to Try », New York Times,
  10. (en) Office of Inspector General et al., NASA’s MARS 2020 project, (lire en ligne), p. 7-8
  11. J.F. Mustard et all, op. cit. p.17-29
  12. J.F. Mustard et all, op. cit. p. 30-50
  13. a, b et c « Mission > Science > Objectives », sur NASA - MARS 2020, (consulté le 9 mai 2018)
  14. J.F. Mustard et all, op. cit. p. 59-73
  15. « Letter summarizing the Findings of the May 2014 Mars Landing Site Workshop », sur NASA - MARS 2020, (consulté le 9 mai 2018)
  16. « Final Workshop Letter describing the outcome of the 2nd Mars 2020 landing site workshop », sur NASA, 16 eout 2015
  17. « Picking a Landing Site for NASA's Mars 2020 Rover », sur NASA - MARS 2020, (consulté le 9 mai 2018)
  18. a, b et c NASA launch press kit, op. cit. p. 6
  19. a, b et c (en) « MSL - spacecraft - summary », sur NASA/JPL
  20. J.F. Mustard et all, op. cit. p. 115
  21. J.F. Mustard et all, op. cit. p. 69
  22. (en) « Cruise Configuration », ASA/JPL (consulté le 20 juin 2011)
  23. (en) Nancy Atkinson, « How Will MSL Navigate to Mars? Very Precisely » (consulté le 23 novembre 2011)
  24. « Mission > Rover », sur NASA - MARS 2020 (consulté le 14 mai 2018)
  25. a, b, c et d (en) « NASA Announces Mars 2020 Rover Payload to Explore the Red Planet as Never Before », NASA,
  26. a, b, c et d (en) Van Kane, « Mars 2020 Instruments – A Plan for Sample Return », Planteraty society,
  27. J.F. Mustard et all, op. cit. p. 143-145
  28. Julien Lausson, « La mission Mars 2020 s'appuiera sur un nombre record de caméras - Sciences - Numerama », Numerama,‎ (lire en ligne)
  29. « Mission > Instruments > Mastcam-Z > Overview », sur NASA - MARS 2020 (consulté le 11 mai 2018)
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  33. (en) Roger Wiens, « ‘SuperCam’ Update: Multi-purpose Instrument Coming Together for 2020 Launch to Mars », The Planetary Society,
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  53. (en) Stephen Clark, « Helicopter to accompany NASA’s next Mars rover to Red Planet », sur spaceflightnow.com,
  54. « Technology > Entry, Descent, and Landing Technologies », sur NASA - MARS 2020 (consulté le 13 mai 2018)
  55. J.F. Mustard et all, op. cit. p.107
  56. « Mission timeline > Surface operations », sur NASA - MARS 2020 (consulté le 13 mai 2018)
  57. (en) « Mars 2020 Science Definition Team Report: Frequently Asked Questions », sur NASA/JPL,
  58. (en) Firouz Naderi, « Mars Sample Return Campaign: An Overview », NASA, vers 2009

Sources[modifier | modifier le code]

NASA :

  • (en) J.F. Mustard et al., Report of the Mars 2020 Science Definition Team, (lire en ligne)
    Rapport de l'équipe chargé de la définition du contenu scientifique de la mission Mars 2020.
Articles scientifiques
  • (en) Abigail Allwood et al., « Texture-specific elemental analysis of rocks and soils with PIXL: The Planetary Instrument for X-ray Lithochemistry on Mars 2020 », 2015 IEEE Aerospace Conference,‎ , p. 1-13 (DOI 10.1109/AERO.2015.7119099, lire en ligne)
  • (en) v Perez et al., « The supercam instrument on the NASA Mars 2020 mission: optical design and performance », Proceedings of the SPIE,‎ , p. 1-9 (DOI 10.1117/12.2296230, lire en ligne)
Autres
  • (en) Office of Inspector General et al., NASA’s MARS 2020 project, (lire en ligne)
    Évaluation du projet par l'audit interne de la NASA effectué début 2017.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]