Marie Brizard

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Marie Brizard
logo de Marie Brizard
Création 1755 à Bordeaux
Dates clés Rachetée en 2006 par le groupe Belvédère, devenu MBWS
Fondateurs Marie Brizard & Jean-Baptiste Roger
Siège social Drapeau de France France
Société mère Marie Brizard Wine & Spirits
Site web

http://www.mariebrizard.com

http://fr.mbws.com/marque/marie-brizard

Marie Brizard est une marque française de liqueurs et sirops, créée à Bordeaux en 1755, propriété du groupe éponyme Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS). La gamme de produits, commercialisée sous la marque Marie Brizard, est aujourd'hui composée d'environ 80 liqueurs et essences, et d'une trentaine de sirops.

Historique[modifier | modifier le code]

La fondation[modifier | modifier le code]

Portrait imaginaire de Marie Brizard[1]

Née à Bordeaux en 1714, et décédée en 1800 dans la même ville, Marie Brizard était la fille de Pierre Brizard (1680-1743)[1], tonnelier et bouilleur de cru.

Selon la légende entretenue par les brochures publicitaires de la firme, Marie Brizard aurait appris le secret de la fabrication d'un élixir soignant toute sorte de maux, d’un malheureux esclave noir brûlant de fièvre errant sur le port qu’elle aurait secouru et soigné, et qui voulut lui témoigner sa reconnaissance[1].

Il s'agissait d'une liqueur à base d'anis vert, de 10 plantes, dont le quinquina aux vertus antipaludéenne, et d'épices. En réalité, à cette époque du milieu du XVIIIe siècle, la fabrication de l’anisette est une pratique courante à Bordeaux et cette boisson comme le rhum sont consommés abondamment par les marins[2].

Associée à son neveu par alliance, Jean-Baptiste Roger (1731-1795)[1], elle fonde la société Marie Brizard et Roger en 1755 et fabrique son anisette qui prit un essor rapide grâce aux échanges maritimes à travers le monde.

Port naturel des colonies françaises d'Amérique, Bordeaux reçoit les épices, écorces d'oranges, anis, cacao, coriandre, cannelle, vanille et sucre qui constituent les matières premières des fabriques de liqueurs et réexpédie ses produits manufacturés. À l'origine, la société produit de l'anisette, puis la fabrication s'étend à d'autres liqueurs comme le curaçao, le brandy, le cherry, les liqueurs de menthe et d'abricot.

L’arrière-petite-fille de Jean-Baptiste Roger, ayant épousé un Pierre Glotin (1828-1884)[1], huit générations de Glotin dirigeront la firme Marie Brizard et Roger par la suite. Jusqu’à la fin des années 1990, cette société, connue dans le monde entier, resta une entreprise familiale.

Le rachat par Belvédère[modifier | modifier le code]

En 2006, la société Marie Brizard et Roger est rachetée par le groupe de spiritueux Belvédère, qui en reprendra le nom en 2015[3] pour devenir Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS).

En 2008, face à d'importantes difficultés financières, le groupe Belvédère et sa filiale Marie Brizard sont placés en procédure de sauvegarde. Le plan de sauvegarde prévoit la revente de Marie Brizard en vue de désendetter le groupe, vente annoncée en 2008[4] puis démentie en 2009[5]. En 2010, une intention de cession est une nouvelle fois annoncée[6] puis de nouveau abandonnée.

Le 3 juillet 2012, le tribunal de commerce de Dijon place Marie Brizard et 6 autres filiales du Groupe Belvédère en redressement judiciaire[7]. La liquidation judiciaire est évitée en mars 2013[8].

Au printemps 2016, Marie Brizard Wine & Spirits, sa filiale MBWS France[9], et ses cinq filiales polonaises sortent de leurs plans de redressement respectifs[10], avec cinq ans d'avance sur le calendrier initial.

Le déménagement[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, le siège de la société est implanté à Ivry-sur-Seine (94).

À partir de 2008, le groupe quitte progressivement son site historique de la rue Fondaudège, dans le centre de Bordeaux, et rassemble ses activités à Lormont, en proche banlieue bordelaise, où il possède déjà un site de production. Les activités de recherche et de développement de l'ensemble du groupe MBWS sont aujourd'hui implantées à Lormont.

Fin 2015, la production des liqueurs et sirops Marie Brizard est intégralement transférée à Zizurkil, au Pays-Basque, dans le nord de l'Espagne, où la société Marie Brizard détenait une usine depuis 1968. Le site a été entièrement rénové lors du transfert de la production.

La gamme Marie Brizard[modifier | modifier le code]

A l'origine, la société Marie Brizard produit uniquement de l'anisette, mais va progressivement se diversifier et décliner la gamme de liqueurs en de nombreuses saveurs. La gamme est aujourd'hui composée de liqueurs, de crèmes, d'essences et de sirops. Elles entrent dans la composition de nombreux cocktails.

Les liqueurs les plus populaires sont regroupées sous l'appellation hero. Cette catégorie comprend la célèbre anisette, mais également Finesse Orange, Jolie Cherry, Parfait Amour et Apry. Selon une légende entretenue par la marque, la liqueur Parfait Amour était devenue très populaire à la cour de Louis XV parce qu'elle « redonnait de la vigueur aux hommes après le dîner ».

Une catégorie plus pointue, les essences, est destinée essentiellement aux barmen et créateurs de cocktails. Elle comprend notamment les saveurs Jasmin, Aneth, et Romarin. Au total, la gamme de produits Marie Brizard est composée d'environ 80 liqueurs et essences.

La gamme est également déclinée dans des versions sans alcool, avec pratiquement une cinquantaine de sirops.

Les Marie Brizard Masters[modifier | modifier le code]

Depuis 1982, le groupe organise chaque année une compétition internationale de cocktails, l'International Bartenders Seminar[11], destinée aux barmans créateurs de cocktails, les bartenders. La compétition est organisée dans une vingtaine de pays où la marque est très présente (France, Espagne[12], Grande-Bretagne, Danemark, etc.) et la finale se déroule chaque année à Bordeaux, berceau historique de la marque, vers la fin du mois de novembre.

Cette compétition est surtout une vitrine pour le groupe, et un instrument de promotion de ses produits auprès des professionnels.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert Bonin, Marie Brizard, Bordeaux, L'Horizon Chimèrique, , 157 p.
  • Hubert Bonin, Les femmes d'affaires dans l'entreprise girondine Marie Brizard : mythes et réalités (article Annales du Midi, pp. 103-120), (lire en ligne)
  • Hubert Bonin, L’enjeu de Marie Brizard : d’un fleuron patrimonial bordelais à la financiarisation européenne (1995-2014) (article 16 p.), (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (Bonin 1994)
  2. Documentation sur la distillerie Marie Brizard à l’Inventaire du patrimoine d’Aquitaine ; notice IA00135722
  3. (fr) « Un coup de théâtre approuvé par l'assemblée », Investir, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  4. Marie Brizard est à vendre Rayons Boissons, 14 août 2008
  5. Belvédère veut garder ses marques Sobieski, Marie Brizard et William Peel Rayons boissons, 24 avril 2009
  6. Belvédère devrait céder Marie Brizard à Cofepp Agra-alimentation, 22 juillet 2010
  7. « Marie Brizard en redressement judiciaire », sur Usine Nouvelle,‎ (consulté le 14 juillet 2012)
  8. La justice évite la liquidation de Belvédère, sur Le Monde
  9. « MBWS France sort de son plan de redressement »
  10. « Le TC de Dijon entérine la sortie de plan de continuation pour MBWS et ses cinq filiales polonaises »
  11. « Bienvenue », Marie Brizard Wine & Spirits, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  12. (es) Marie Brizard, « Marie Brizard Masters », sur Marie Brizard Masters (consulté le 19 octobre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]