Langues bamiléké

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Langues bamilékées)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Bamiléké
Pays Cameroun
Région Région de l'Ouest
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 bai
Étendue groupe
ISO 639-5 bai
IETF bai
Glottolog bami1239

Stricto sensu, il n'existe plus une langue bamiléké, mais des langues ou dialectes bamiléké.

Selon le linguiste Dieudonné Toukam, historiquement, le proto-bamiléké, langue unique du peuple Bamiléké, disparaît peu à peu au profit d'un « bamiléké-bafoussam » et du bamoun, au lendemain de la mort du dernier souverain bamiléké, du nom de Ndéh, qui meurt dans la région tikar (Mbankim) vers 1350-1360.

Du bamiléké-bafoussam naîtront plusieurs dialectes et sous-dialectes bamiléké, qui constitutent les groupes dialectaux connus aujourd'hui (gham'a-lah, ngomba, medumba, fè-fèè, yembaa). Le bamiléké-bafoussam reste aujourd'hui la langue principale de la grande division Mifi, Ouest Cameroun, alors que le medumba, par exemple, melting pot dialectal des variantes bamiléké du département du Ndé, fait l'unanimité en matière d'unicité linguistique[réf. nécessaire] pour le département en question.

Les Bamilékés, selon des estimations récentes, seraient plus de 7 millions (y compris les Bamoun) : près de 3 millions originaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest camerounais (régions anglophones); plus d'un million également en diaspora et près de 3 millions hors des régions originellement bamiléké du Cameroun[réf. nécessaire]

Langues et classifications[modifier | modifier le code]

Les classifications de Glottolog[1] et d'Ethnologue[2] identifient 10 ou 11 groupes de dialectes bamiléké différents :

En fait, il s'agit bien de groupes (sous-groupes) dialectaux bamiléké, les dialectes proprement dits se comptant par dizaines en pays bamiléké. Pour des besoins de recherche et d'étude, les linguistes les ont classés en groupes[réf. nécessaire].

Les travaux de Dieudonné Toukam, auteur de « Parlons bamiléké » [14] diffèrent de ceux du SIL International et ne reconnaissent que cinq sous-groupes linguistiques bamiléké : le gham'a-lah (synonyme de ghomala') dans le grand département de la Mifi; le medumba, qui englobe les 14 sous-variantes dialectales du département du Ndé; le yemba, dans la Menoua; le fè-fèè dans le Haut-Nkam; et le Ngomba'a dans les Bamboutos. Historiquement, il est admis que le bamoun est une langue bamiléké, la deuxième née (après le bamiléké-bafoussam) de la défunte langue bamiléké qui s'est disloquée à partir du XVe siècle, consécutivement à la division des Bamiléké en région tikar (région actuelle de Banyo, Mbankim…). NB : Traditionnellement les termes « Bamiléké » ou « bamiléké » restent invariables en genre et en nombre.[réf. nécessaire]

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon le linguiste Dieudonné Toukam, les Bamiléké seraient des descendants des Baladis, un peuple ayant ses origines dans l'actuel territoire de l'Égypte. Les Bamiléké sont communément qualifiés de « semi-bantous »[14],[15].

Il existe cinq sous-groupes dialectaux bamiléké: le ghom'a-lah (grande Mifi); le medumba (département du Ndé) ; le fè-fèè (Haut-Nkam) ; le yemba (Menoua) et le ngombaa (Bamboutos)[14].

Note sur la grammaire[modifier | modifier le code]

La langue bamiléké-bafoussam possède presque tous les modes de conjugaison classiques : l'indicatif, le subjonctif, le conditionnel, l'impératif et le participe. Le mode indicatif possède neuf temps, qui sont : le présent (de l'indicatif), le passé immédiat, le passé récent, le parfait, l'imparfait, le plus-que-parfait, le futur immédiat, le futur proche et le futur lointain. « O go kouong'é » (littéralement traduit : tu vas aimer, tu aimeras [à un moment très proche]) est l'un des trois futurs de l'indicatif en bafoussam. Il s'agit du futur immédiat, les deux autres étant le futur proche (« O ti kouong'é ») et le futur lointain (« O lah kouong'é »). Pour rappel, l'infinitif des verbes porte toujours la particule « né » : né kouong = aimer)[14].

Alphabet[modifier | modifier le code]

Alphabet Bamileke, sous ensemble de l'Alphabet General des Langues Camerounaises
Alphabet Bamileke, sous ensemble de l'Alphabet General des Langues Camerounaises

L'alphabet utilisé pour écrire les langues bamilekes est un sous-ensemble de l'Alphabet Géneral des Langues Camerounaises (AGLC) en vigueur au Cameroun depuis 1970.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Glottolog [bami1239].
  2. ethno.
  3. (en) Fiche langue[bbj]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  4. (en) Fiche langue[fmp]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  5. (en) Fiche langue[nnz]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  6. (en) Fiche langue[ybb]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  7. (en) Fiche langue[byv]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  8. (en) Fiche langue[bko]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  9. (en) Fiche langue[nwe]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  10. (en) Fiche langue[nnh]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  11. (en) Fiche langue[jgo]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  12. (en) Fiche langue[nla]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  13. (en) Fiche langue[xmg]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  14. a b c et d Toukam 2008.
  15. Toukam 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. B. Ngangoum, Grammèr ghë nglafi fe'fe' : éléments de grammaire bamiléké, Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire, Saint-Léger-Vauban, France, 1960, 54 p.
  • Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké : Langue et culture de Bafoussam, Paris, L'Harmattan, , 256 p.
  • Dieudonné Toukam, Peuples bamiléké et bafoussam. Des repères historiques et culturels, Paris, L'Harmattan,

Liens externes[modifier | modifier le code]

(en) Application Desktop Clafrica : clavier virtuel permettant d'écrire toutes les langues camerounaises.