Bana (Cameroun)

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Bana
Vue sur le village
Vue sur le village
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Ouest
Département Haut-Nkam
Maire Joseph Kadji Defosso (RDPC)
Démographie
Population 10 254 hab.[1]
Densité 78 hab./km2
Géographie
Coordonnées 5° 09′ 00″ nord, 10° 17′ 00″ est
Altitude Min. 1 670 m
Max. Mont Bana / Batcha 2 097 m
Superficie 13 100 ha = 131 km2
Localisation

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Bana

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Bana

Bana est une commune du Cameroun située dans la région de l'Ouest et le département du Haut-Nkam, sur la route allant de Bafang à Bangangté.

La commune de Bana est souvent appelée « Petit Paris », car on y trouve de nombreux châteaux et villas.

Le maire est, en 2017, l'homme d'affaires Joseph Kadji Defosso.

À Bana, le marché s'effectue une fois par semaine traditionnelle et on appelle cela « le jour du marché ». La semaine traditionnelle a 8 jours (Ntu'Kwa, Ntu'ntaa, Lie'nkwe', Nkaatee, Nzengoo, Ncomntee, Nzingu, Nziso), donc le jour du marché se décale chaque semaine d'un jour par rapport au calendrier grégorien.

Population[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2005, la commune comptait 10 254 habitants[1], dont 2 878 pour Bana Ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bana est un royaume coutumier fondé en 1379 par l'action de trois chasseurs venus de Mendou (l'actuel Bamedjou). C'était un trio composé de Nza Pwndji, Nza Tiayah et Nza Tchokogwé. Plus tard, Nza Pwandji deviendra Fon Tckoko et donnera en mariage sa fille Menkwé[2] à son ami Nza Tchokogwe. De cette union naîtront trois enfants : Halieu, Nsialieu et Nahgah. En 1424, Halieu fonde le royaume Bana. Le 10 février 1910, les Allemands font de Bana une chefferie supérieure de premier degré. Aujourd'hui, Bana est dirigé par le Fon Sikam Happi V, successeur en 2003 du fon Konchipe Happi IV[3]. De 1916 à 1920, Bana fut le chef-lieu de la circonscription de l’Ouest sous l’administration française.

Dans un ouvrage de Stéphane de Mégahshi[4], intitulé Bana et publié aux éditions Grassfields en juillet 2014, l'auteur note qu'au commencement, Bana s'appelait « Ndeu »(actuelle concession de la famille Zaaleu à Kap). C'est bien après, et à la faveur des croisades de Fon Halieu, que Ndeu est devenu « Nnée », c'est-à-dire « ceux qui poursuivent », « qui bousculent pour s’installer » ; c'est de Pah Nnée que vient le mot Bana.

Climat[modifier | modifier le code]

Situé en altitude, Bana bénéficie d'un climat frais. L'agriculture est essentiellement vivrière, à l'exception du café arabica (cultivé en particulier dans les quartiers Koza et So).

Topographie[modifier | modifier le code]

Les quartiers de Bana

Les rivières traversant le territoire de la commune sont :

  • Schi madeu (près de la chefferie)
  • Schi Tie´ko
  • Schi Luma
  • Schi hua doh
  • Schi Sabe entre Bana et Batcha
  • Maga´Schi
  • Pa´schi (traduire : la rivière rouge)
  • Schi gale
  • Schi apa ntoo
  • Schi ko Tcheu´

Dak (ndak) signifie « bas ». Les terres basses sont traditionnellement réservées à l'élite. La chefferie se situe dans le quartier No. Ndum signifie « au-dessus » ou en « haut ».

L'agglomération compte environ 10 000 habitants, mais la diaspora des émigrés se considérant comme appartenant au village est plus importante.

La langue parlée dans le village est le Nufi, que les habitants appellent simplement le bana.

Bana signifie « chez (Ba) les Néé ». Le nom de Néé est donc le nom des habitants (bien qu'ils se désignent le plus souvent comme étant bana en langue française). Néé signifie insister, harceler, poursuivre, ce qui semble lié aux qualités du fondateur.

Les premières chefferies, fondées au XVe siècle dans cette partie du pays bamiléké, le furent sur les hauteurs du plateau de Badoumla, déjà occupées au Néolithique, ainsi qu’en témoignent les résultats de la mission archéologique de F. Paris, en 1974, avec la découverte d’un outillage lithique.

On y trouve un lycée d’enseignement général et un lycée technique.

Galerie d'images de Bana[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Le terrain, aux origines volcaniques, est de soubassement basaltique (25 %), granitique (45 %) et de gneiss (18 %). Le sol est fertile. Le paysage de bocage résulte d'une longue interaction entre l'homme et le terrain.

Structure administrative de la commune[modifier | modifier le code]

Outre Bana proprement dit, la commune comprend les villages suivants [1] :

Ils font partie de cinq groupements : Bana, Badoumkassa, Bakassa, Badoumla et Batcha.

Batcha[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Batcha.

Batcha est un village de la commune rurale de Bana qui se situe sur l'une des anciennes routes de BafangBangangté, à l'est de Bana. Il y vit des populations locales et quelques éleveurs nomades Mbororo (Peuls) attirés par les vastes pâturages qu'offrent les versants escarpés de la chaîne de montagne qui va de Bana à Batcha et au-delà.

La communauté bénéficie d’un grand espace naturel, abrité par les collines et les monts et, surtout, par le mont Batcha près de Bana qui culmine à 2 097 m.

Batcha, en bamiléké, signifie « terre » ou « visiter ».

Bandoumkassa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bandoumkassa.

Bandoumkassa est un village de la commune de Bana qui se situe à environ 1500 mètres d'altitude. La température peut facilement atteindre les 11° C à certaines périodes de l'année. Les habitants vivent principalement de l'agriculture et du petit commerce. Ici se côtoient des villas cossues et des cases en briques. Ce groupement est dirigé depuis une trentaine d'années par Sa Majesté Victor Kamaha II qui fut un haut cadre dans la police camerounaise.

Bakassa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bakassa.

Bakassa est un village de la commune rurale de Bana qui se situe au sud de l'arrondissement. C'est un des villages les plus importants en population et en superficie de l'arrondissement de Bana. Ce village montagneux comptent entre autres villages riverains : Bana, Banfeko, Badoumkassa, Bassap, Bapoutcheu ngaleu... On peut s'y rendre par route via tous les villages cités plus haut.

Il s'agit de l'une des plus anciennes chefferies de l'arrondissement. Ce groupement est dirigé par F. Ngako depuis de longues années[Quand ?], c'est le doyen en âge et par la longévité de son règne sur l'arrondissement de Bana et le département du Haut-Nkam.

L'agriculture constitue la principale activité des populations, notamment les cultures vivrières et la culture du café grâce au climat induit par l'altitude.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Troisième recensement général de la population et de l'habitat (3e RGPH, 2005), Bureau central des recensements et des études de population du Cameroun (BUCREP), .
  2. [réf. insuffisante] L'Héritage des siècles. Le trône du pacte sacré (théâtre), L'Harmattan, coll. « Femmes & Savoirs », (ISBN 978-2-296-99041-8, présentation en ligne)
  3. « Le royaume Bana », sur guide.mboa.info (consulté le 26 février 2016).
  4. Stephane de Mégahshi, Bana, Yaoundé, Grassfields, , 205 p., p. 10

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Bana, sur le site Communes et villes unies du Cameroun (CVUC)