Forces aériennes stratégiques

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Forces aériennes stratégiques
Création
Pays Drapeau de la France France
Branche French-roundel.svg Armée de l'air
Rôle Dissuasion nucléaire
Bombardement aérien
Composée de
Garnison QG : Base aérienne 921 Taverny

Les forces aériennes stratégiques françaises sont créées le et sont chargées de l'emploi des armes nucléaires au sein de l'Armée de l'air française.

Historique[modifier | modifier le code]

Un Mirage IVP de l'escadron de bombardement 1/91 Gascogne.
Mirage 2000N

Elles sont historiquement les premières forces sur lesquelles repose la dissuasion nucléaire française. La première prise d'alerte d'un bombardier Mirage IV armé de la bombe AN-11 et d'un avion ravitailleur Boeing KC-135 est effectuée le  : cette date marque le début de la permanence opérationnelle de la Force de dissuasion nucléaire française[1]. On envisage entre 1958 et 1961 la construction du porte-avions Verdun pour déployer des bombardiers en mer.

En , est confirmée la volonté d'établir une base de lancement de missiles « sol-sol balistiques stratégiques » (SSBS), sous le commandement de la Force aérienne stratégique. C'est au plateau d'Albion qu'est placée la base aérienne 200 Apt-Saint-Christol équipée de silos souterrains de lancement de ces missiles, base opérationnelle le , jusqu'à son démantèlement le [1].

Au printemps 1966, avec 9 escadrons de Mirage IV, l'ensemble de la 1re composante de la force de dissuasion est réalisée. En 1973, elle comprend 60 Mirage IV répartis sur neuf bases du territoire métropolitain français.

Depuis les années 1990, les avions des FAS interviennent également en OPEX pour des missions de combat conventionnelles.

Organisation[modifier | modifier le code]

À partir de 1963, le commandement des forces aériennes stratégiques (CFAS) est situé sur la base de Taverny qui accueille la même année le centre d’opérations des forces aériennes stratégiques (COFAS). Le PC Gypse est alors construit à 50 mètres sous la terre, avec un abri antiatomique destiné au pouvoir exécutif en cas de guerre nucléaire ; ce PC est opérationnel en 1967[2]. Un centre d'opérations secondaire est situé au sein de la base aérienne 942 Lyon-Mont Verdun[3].

En 2008, les 60 Mirage 2000N des FAS sont stationnés sur la base aérienne 116 Luxeuil-Saint Sauveur et la base aérienne 125 Istres-Le tubé.

Rafale B de l'escadron "Gascogne" & ASMPA

En 2014, deux escadrons nucléaires équipés de 43 avions composent les FAS et servis par 1400 personnes[4] :

En 2018, les Mirage 2000N seront retirés du service et les deux escadrons équipés de Rafale regroupé à Saint-Dizier.

Les FAS comprennent en outre le groupe de ravitaillement en vol 02.091 Bretagne opérant sur C 135 FR basé à Istres.

Dépôts d'armes nucléaires[modifier | modifier le code]

Maquette à l'échelle de l'ASMPA

Lors du retrait du service, entre 1986 et 1989, des bombes AN22 équipant le bombardier Mirage IV, une nouvelle génération d'armes aéroportées appelée « missile ASMP » est mise en service. Ces armes sont maintenues en condition opérationnelle et stockées dans les Dépôts ateliers munitions spéciales (DAMS), sites très protégés sur les bases aériennes à vocation nucléaire.

À compter de 2010, le missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA) de nouvelle génération est destiné aux FAS de l'Armée de l'air et à la Force aéronavale nucléaire (FANu) de la Marine nationale. Il est porteur de la nouvelle tête nucléaire aéroportée (TNA) d'une puissance estimée à 300 kt.

À partir de fin 2008 et jusqu'en 2012, les dépôts sont réorganisés et perdent leur nom à l'occasion de l'arrivée du missile ASMPA pour être rebaptisés « Dépôts vecteurs ASMPA » (DVA). Sur les cinq DAMS alors existants, trois sont rénovés (Istres, Saint-Dizier et Avord) et les deux autres fermés. Jusqu'alors, les vecteurs et têtes nucléaires étaient stockés ensemble dans les DAMS ; désormais, seul le vecteur est stocké dans le DVA et est confié à l'escadron lors de la mise en œuvre, alors que les têtes nucléaires sont entreposées dans un bâtiment séparé, sur une zone spécialisée et très protégée.

Commandants[modifier | modifier le code]

  • Général Philippe Steininger ( - 1er juillet 2015)
  • Général Bernard Schuler (1er juillet 2015 - actuel)[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Historique - Chronologie Détaillée », sur Forces aériennes stratégiques, 2006 (consulté le 1er mars 2008)
  2. Armée de l'air, « Taverny : Interview du lieutenant-colonel Marc Longobardi », (consulté le 10 janvier 2012).
  3. Armée de l'air, « Situation géographique », sur Forces aériennes stratégiques (consulté le 5 juillet 2014).
  4. Véronique GUILLEMARD, « La France ne baisse pas la garde », LE FIGARO,‎
  5. Jean-Dominique Merchet, « Le Rafale prendra l'alerte nucléaire dès le 1er juillet », Libération, (consulté le 15 juin 2010)
  6. http://www.defense.gouv.fr/air/actus-air/passation-de-commandement-pour-les-forces-aeriennes-strategiques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Gadal, Forces Aériennes Stratégiques, préface de Nicolas Sarkozy, Président de la République, Economica, 2009 (ISBN 978-2717857580)
  • Robert Galan, Forces Aériennes Stratégiques : missions au cœur du secret défense, Privat, collection Aviation, 2014 (ISBN 978-2708992559)
    Réalisé en collaboration avec l’Association Nationale des anciens des Forces Aériennes Stratégiques (ANFAS)
  • Hervé Beaumont, Les forces aériennes stratégiques 1964-2014, Histoire et Collections, collection Aviation, 2014 (ISBN 978-2352503941)
  • Frédéric Lert & Hervé Beaumont, Les Forces Aériennes Stratégiques : 50 ans d’alerte nucléaire, Zéphyr Éditions, collection Prestige, 2015 (ISBN 978-2361181680)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]