Hao

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Hao
Photo satellite de la NASA
Photo satellite de la NASA
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 18° 04′ 31″ S, 140° 56′ 43″ O
Superficie 47 km2
Côtes 130 km
Point culminant non nommé (3 m)
Géologie Atoll
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
District Tuamotu
Démographie
Population 1 027 hab. (2017[1])
Densité 21,85 hab./km2
Plus grande ville Otepa
Autres informations
Découverte 1606
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Hao
Hao

Géolocalisation sur la carte : Archipel des Tuamotu

(Voir situation sur carte : Archipel des Tuamotu)
Hao
Hao
Atolls en France

Hao, dite « île de l’Arc » ou « île de la Harpe » est un atoll situé au centre-est de l'archipel des Tuamotu en Polynésie française. Il constitue le quatrième plus grand atoll de Polynésie, après Rangiroa, Fakarava et Makemo et son lagon couvre une surface de 720 km2.

L'atoll est le chef-lieu de la commune de Hao et est desservi par l'aérodrome de Hao, anciennement base aérienne 185, utilisée par l'Armée de l'air et l'aviation navale dans le cadre du Centre d'expérimentation du Pacifique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Vue du lagon d'Hao.

Situé à 920 km à l'est de Tahiti, Hao est un atoll de 50 km de longueur et de 14 km de largeur maximales, avec une surface totale des terres émergées de 47 km2 et une altitude maximale de 3 m. Son lagon de 720 km2 est l'un des plus grands de Polynésie, communiquant avec l'océan par une seule passe (passe Kaki), où sont générés de violents courants pouvant atteindre 20 nœuds aux mascarets[réf. nécessaire].

Géologie[modifier | modifier le code]

D'un point de vue géologique, l'atoll est l'excroissance corallienne (de quelques mètres) du sommet d'un important mont volcanique sous-marin homonyme (de 11 089 km3), qui mesure 3 190 mètres depuis le plancher océanique, formé il y a environ 41,3 à 46,3 millions d'années[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est maritime, avec une température qui oscille entre 23 et 32 °C tout au long de l'année. L'absence de relief fait que les alizés éloignent les nuages, et, par conséquent, les précipitations sont relativement modérées.

Démographie[modifier | modifier le code]

Otepa est la localité principale de la commune homonyme qui inclut les communes associées d'Amanu et d'Hereheretue, ainsi que divers atolls dispersés dépeuplés ou sans population permanente installée :

Atoll Habitants (2002) Superficie (km2)
Hao 1222 50
Amanu 163 28
Hereheretue 57 1
Tauere 0 2
Nengo Nengo 0 9
Manuhangi 0 1
Anuanuraro (îles du Duc de Gloucester) 0 18
Anuanurunga (îles du Duc de Gloucester) 0 7
Nukutepipi (îles du Duc de Gloucester) 0 1
Ahunui 0 3
Rekareka 0 2
Paraoa 0 4
Total 1836 126

En 2017, la population totale du seul atoll de Hao est de 1027 personnes[1],[3] ; son évolution est la suivante :

1983 1988 1996 2002 2007 2012 2017
1167 1156 1412 1241 1141 1066 1027
Sources ISPF[4] et Gouvernement de la Polynésie française.

Histoire[modifier | modifier le code]

Découverte par les Européens[modifier | modifier le code]

Première carte publiée en 1768 de Hao (île de la Harpe) établie par Bougainville lors de son passage les 23 et 24 mars 1768.

La première mention de l'atoll par un Européen est faite en 1606 par Pedro Fernández de Quirós[5] qui lui a donné le nom de Conversion de Saint-Paul (Conversion de San Pablo). L'explorateur français Louis Antoine de Bougainville en prend possession le 23 et et le nomme île de la Harpe[6],[7]. Le 5 avril 1769, le navigateur britannique James Cook aborde l'atoll qu'il nomme île de l'Arc (Bow Island[7]). Le 28 avril 1823, le navigateur français Louis Isidore Duperrey, à bord de son navire La Coquille, y fait relâche une journée, puis c'est au tour de Frederick William Beechey de le visiter le 16 février 1826 durant cinq jours et Edward Belcher à partir du 5 mars 1837 durant près d'un mois[6].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Hao devient un territoire français peuplé alors de près de 400 habitants autochtones vers 1850, en faisant l'un des plus peuplés des Tuamotu[8]. L'atoll est alors évangélisé avec la fondation de la paroisse Saint-Pierre en 1852 et la construction en 1870 de l'église homonyme rattachée au diocèse de Papetee engobant également (depuis 2004) l'église Saint-Paul construite en 1877 sur l'atoll d'Amanu[9].

En 1903, Hao est touché par un important cyclone[10].

Hao et le Centre d'expérimentation du Pacifique[modifier | modifier le code]

Durant les années 1960, Hao a été la base avancée du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP) pour les essais nucléaires français entrainant un fort accroissement démographique (passant de 194 habitants en 1962 à 1 582 en 1996) avec le développement de la petite ville d'Otepa. Entre 1963 et 1965, la base aérienne 185 a été construite qui servait de pont aérien et maritime pour le matériel à destination des atolls de Moruroa et de Fangataufa. Le 30 juin 2000, les forces armées se sont retirées de l'atoll, rétrocédant les infrastructures au gouvernement territorial qui souhaitait les utiliser pour développer le tourisme devant l'incertitude de l'avenir économique de l'atoll. En 2009 l'armée a entrepris un chantier de grande envergure afin de pratiquer au démantèlement de ses anciennes installations. Ce chantier devrait durer six ans et coûter sept milliards de francs CFP.

Économie[modifier | modifier le code]

Durant les années 1960, la base du Centre d'expérimentation du Pacifique génère l'essentiel de l'activité économique de l'atoll. Les infrastructures construites durant ces années furent importantes : un aérodrome important avec une piste de 3 380 m (classée par la NASA comme piste d'atterrissage d'urgence en cas de problème technique de la navette spatiale Columbia), un port de charge, une route de 15 km, des unités de désalinisation, des générateurs électriques et un hôpital. L'aérodrome accueille, en moyenne, environ 800 vols et 12-15 000 passagers par an, dont 30% en transit[11].

Depuis 2000, les activités du secteur privé de l'atoll sont principalement liées à la perliculture, la pêche (avec l'exportation vers Tahiti d'une dizaine de tonnes de produits de la mer annuellement[3]), et à la récolte du coprah. La commune accueille également un collège qui regroupe les enfants des atolls du sud des Tuamotu et des Gambier. Les professeurs viennent en majorité de métropole pour une durée de deux ou quatre ans. Une compagnie du Groupement du service militaire adapté de Polynésie française (GSMA) est encore présente jusqu'en 2010, date prévue de son retrait.

La commune s'est dotée d'une usine de désalinisation moderne en 2005. L'électricité est fournie en permanence par des groupes électrogènes (EDT-ELECTRA). En 2006, la commune s'est doté d'un éclairage public alimenté par deux éoliennes et des panneaux solaires. L'aterrage du câble sous-marin Natitua et sa mise en service en décembre 2018 permet à Hao d'être relié à Tahiti et à l'internet mondial à haut-débit[12],[3].

Le 23 août 2017, l’homme d’affaires chinois Ling Wancheng (en) – président de la société Tahiti Nui Ocean Foods – annonce à Papeete son intention d'investir 1,3 milliard d'euros (1,5 Mds$) pour la création d'une ferme aquacole à Hao pouvant produire à terme jusqu'à 50 000 tonnes annuellement de poissons de lagon (principalement des mérous et des napoléons mais aussi des holothuries) destinées à l’export. Le gouvernement de la Polynésie française soutient le projet, en gestation depuis cinq ans, qui doit permettre selon son promoteur la création de près de 300 emplois pendant les 30 mois de chantier, et de 500 emplois (devant être attribués à 90% des Polynésiens[13]) dès le début de l'exploitation permettant de diversifier l'activité économique de l'atoll qui se dépeuplent depuis le retrait de l'armée française[14]. Les travaux ont débuté en mars 2018 et devraient s'achever en 2020[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Répartition de la population de la Polynésie française par île en 2017, Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  2. (en) Hao Seamount sur le catalogue Seamount de earthref.org
  3. a b et c Atlas de Polynésie : Hao, Direction des ressources marines du Gouvernement de la Polynésie française, consulté le 27 février 2019.
  4. Population, naissances et décès entre deux recensements (RP), Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  5. Tahiti et ses archipels par Pierre-Yves Toullelan, éditions Karthala, 1991, (ISBN 2-86537-291-X), p. 61.
  6. a et b Les Atolls des Tuamotu par Jacques Bonvallot, éditions de l'IRD, 1994, (ISBN 9782709911757), pp. 275-282.
  7. a et b (en) Names of the Paumotu Islands, with the Old Names So Far As They Are Known par J.L. Young dans The Journal of the Polynesian Society, vol. 8, no 4, décembre 1899, pp. 264-8.
  8. Notices sur les colonies françaises, Étienne Avalle, éditions Challamel aîné, Paris, 1866, p. 640.
  9. Paroisse Saint-Pierre sur le site l'archidiocèse de Papeete
  10. (en) Review of the protected areas system in Oceania Arthur L. Dahl, IUCN Commission on National Parks and Protected Areas, United Nations Environment Programme, éd. IUCN, 1986, (ISBN 9782880325091), p. 207.
  11. Statistique de l'aérodrome de Hao, Union des aéroports français, consulté le 28 février 2019.
  12. « Numérique en Polynésie : Le câble domestique Natitua est entré en service », outremers360.com, 19 décembre 2018.
  13. a et b « Un centre aquacole géant en construction en Polynésie française », AFP / L'Express, 2 juin 2018.
  14. « Un homme d'affaires chinois va investir 1,5 milliard de dollars dans le poisson polynésien », Le Point,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]