Fenouil commun

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Foeniculum vulgare • Fenouil

Le fenouil ou fenouil commun (Foeniculum vulgare, syn. Foeniculum officinale) est une plante généralement vivace parfois bisannuelle de la famille des apiacées (ombellifères). Les variétés cultivées de cette espèce de fenouil sont utilisées en alimentation pour le renflement bulbeux et charnu de leurs feuilles imbriquées les unes dans les autres. Ce n'est pas un bulbe véritable (comme l'oignon). Cette plante s'est naturalisée à travers le monde principalement dans les biomes au climat méditerranéen.

Le fenouil fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La plante peut atteindre 1,50 à 2,50 m de haut, son port est léger, ses grosses racines fusiformes sont presque toujours bifides. Les feuilles basales sont 3 à 4 fois pennatiséquées, à lanières nombreuses, filiformes, très allongées ; les feuilles supérieures sont dotées d'une gaine plus longue que le limbe[1].

Les tiges sont cannelées et brillantes. Elles conservent leurs propriétés et persistent parfois dressées d'une année sur l'autre[1].

Les fleurs jaunes réunies en ombelles plates de 7 à 10 cm sont constituées de 5 pétales à lobe arrondi, enroulés, sans sépales. Elles apparaissent généralement en août / septembre[1].

Leur parfum est très anisé. Le fruit est formé de 2 akènes, il est rainuré par 5 côtes de forme ovoïde.

Plante hôte[modifier | modifier le code]

Parasites[modifier | modifier le code]

Le fenouil sauvage est sujet à la formation de galles, à la suite de la ponte d'un insecte parasite : Lasioptera carophila, un Cecidomyiidae qui pond au point d'insertion d'une ombellule sur l'ombelle. Cet insecte est très discret.

Les graines de fenouil sont parfois parasitées par une autre cécidomyiie Kieffera pericarpiicola, provoquant une galle.

Des orthoptères (sauterelles) pondent parfois dans les tiges de fenouil.

Des chenilles de lépidoptères (papillons) comme le machaon (Papilio machaon) peuvent se nourrir du feuillage sans, le plus souvent, causer de réels dégâts, cette espèce ne pondant que peu d'œufs sur la même plante.

Parasitoïdes[modifier | modifier le code]

Certains insectes parasitoïdes viennent pondre dans les galles. Ce sont[2] :

Les fenouils sont les bienvenus dans les oliveraies car leurs parasites sont victimes de parasitoïdes qui attaquent aussi la mouche de l'olive.

Le légume[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

Fenouil
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 100 kJ
(Calories) (24 kcal)
Principaux composants
Glucides ? g
- Amidon ? g
- Sucres ? g
Fibres alimentaires ? g
Protéines ? g
Lipides ? g
Eau 86 g
Minéraux et oligo-éléments
Calcium 109 mg
Magnésium 49 mg
Potassium 494 mg
Vitamines
Vitamine C 93 mg
Acides aminés
Acides gras

Source : aucune source

Le fenouil est composé de[3] :

Culture[modifier | modifier le code]

Il aime les expositions chaudes et ensoleillées, en sol bien drainé. C'est une plante vivace très rustique, qui supporte très bien la sécheresse. On le trouve fréquemment au bord des routes. Il se récolte d'août à novembre (voir tradition du fenouil du folklore marseillais).

Plantation : semez par groupe de 3 graines à 4 graines à 0,5 cm de profondeur avec un espacement de 45 cm. Ne conservez que la plantule la plus vigoureuse. Ou achetez des plants et repiquez-les au jardin espacés de 45 cm. Quand le bulbe a atteint environ la taille d'un œuf, buttez-le. Si vous aimez le fenouil bien tendre, assurez-vous qu'il soit bien arrosé au moins une fois par semaine. Empêchez-le de fleurir en éliminant les tiges florales. Refaites un semis tous les 2 ou 3 ans.

La croyance veut qu'il ne faille pas planter le fenouil près de l’aneth pour éviter toute hybridation. Cependant malgré leur ressemblance, ce sont deux genres distincts et aucun cas d'hybridation n'a jamais été recensé.

Variétés cultivées[modifier | modifier le code]

Plus de 90 variétés sont inscrites au catalogue européen des espèces et variétés et plus de 15 au catalogue officiel français.

La plupart sont des variétés hybrides améliorées telles que : Carmo, Donatello, Rafaello, etc. Quelques variétés non hybrides sont utilisées :Doux de Florence, Doux précoce d'été, Géant mammouth perfection, Latina.

Compagnonnage végétal[modifier | modifier le code]

Le fenouil ne fait pas bon ménage avec les tomates, la coriandre, les fèves ou après d'autres ombellifères[4]. Pour éviter tout retard de croissance, mieux vaut donc là aussi l’exiler à côté de plantes dont il ne perturbe pas la pousse comme le céleri à côtes, le céleri-rave ou le poireau. En association avec la menthe ou de la sauge, il protège les choux des chenilles et des papillons[réf. nécessaire].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Usage culinaire[modifier | modifier le code]

En cuisine, c'est un légume dont toutes les parties, racines, feuilles et graines, sont comestibles. Son goût est proche de celui de l'anis. Il est souvent associé aux poissons, aux mélanges de légumes, en salade ou aux soupes... On peut le consommer cru ou cuit. Les graines de fenouil (en graines ou poudre) sont utilisées comme épice ou aromate, notamment dans les cuisines juive, italienne et chinoise (où le fenouil entre dans la composition du mélange aux cinq parfums)[5].

Il entre également dans la fabrication d'apéritifs comme le Pastis ou l'absinthe, de liqueurs, conservateurs ou aromates d'usage domestique.

Usage en phytothérapie[modifier | modifier le code]

Le fenouil est utilisé en herboristerie et phytothérapie, cependant ses « vertus » médicales ne doivent pas être surestimées.

C'est une des quatre semences chaudes des anciens, répertoriée ainsi à cause de son importante action carminative et eupeptique. On l'utilise donc en cas d'aérophagie, ballonnement, digestion difficile, nausée, maux d'estomac...

Pour la mère qui allaite, l'infusion au fenouil est réputée aider les nouveau-nés ayant des maux de ventre.

Les fruits amers sont parfois utilisés comme expectorants dans des tisanes ou des sirops antitussifs, ou comme décontractants ou carminatifs dans différents médicaments.

Son huile a également la réputation d'être galactogène.

À haute dose, le fenouil entraîne convulsions et abattement.[réf. nécessaire]

De nombreuses entreprises (comme France Direct Shop) vendent des gélules d'extrait de fenouil comme « brûle-graisse » ou amincissant miracle : contrairement aux prétentions, aucun de ces produits n'a jamais fait l'objet d'une évaluation médicale, et il s'agit d'une simple arnaque commerciale[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Jadis, Foeniculum vulgare était considéré comme une plante magique associée à la magie blanche mais également aphrodisiaque.

La plante est originaire du bassin méditerranéen. Des traces en ont été retrouvées en Macédoine et en Grèce, en Égypte, en Turquie mais aussi en Chine. Son nom vient du latin « Petit foin » désignant une graminée odorante.

Découvert pendant l'Antiquité, dans la Grèce antique le fenouil sauvage était associé à la claire vision, mais aussi emblème de la force et de la jeunesse. Lors des invasions romaines, ces derniers amenèrent la plante en Grande-Bretagne où quelques graines se perdirent en chemin, et qui servait alors de rafraîchissant pour l'haleine. Dans la civilisation romaine, c'était la plante sacrée de Bacchus. Un grand pied de fenouil, représentant un symbole phallique, fut son emblème durant les bacchanales[8].

Au Moyen Âge le Fenouil était reconnu comme anti-venin faisant partie de la thériaque. Cette association du Fenouil à des bien-faits d'anti-venin vient d'observations anciennes où le serpent sortant de son hivernage, vient se débarrasser de sa vieille peau, qui le rend aveugle, par le suc du Fenouil, lui permettant de muer au printemps[9].

En Italie, toujours au Moyen Âge, il était considéré comme une plante permettant de repousser les démons et esprits : le Fenouil était alors accroché aux demeures de certains paysans et servait même à boucher les serrures.

Poésie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c A. Beloued, Plantes médicinales d'Algérie, Office des publications universitaires, , p. 92
  2. op. cit. Lecomte (2015) pp. 140-141
  3. Souci.Fachmann.Kraut 1994, Allemagne
  4. Henri Delbard, Le Delbard : Guide pratique du bon jardinier, Paris/Aix-en-Provence, Edisud, , Pages 394 p. (ISBN 2-7449-0040-0)
  5. (en) « The Top 10 Most Common Herbs and Spices Used to Flavor Chinese Food », sur chinahighlights.com (consulté le 13 juin 2020)
  6. (en) M. Albert-Puleo, « Fennel and anise as estrogenic agents », J Ethnopharmacol, vol. 2, no 4,‎ , p. 337-344 (DOI 10.1016/S0378-8741(80)81015-4)
  7. D.F., « Artichaut devant », Le Canard Enchaîné, no 5104,‎ .
  8. Guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont
  9. Patricia Gaillard-Seux, « L’automédication animale : le serpent et le fenouil, l’hirondelle et la chélidoine. Du mythe à l’indication médicale », Histoire, médecine et santé, no 8,‎ , p. 47–68 (ISSN 2263-8911, DOI 10.4000/hms.862, lire en ligne, consulté le 7 mai 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Lecomte (photogr. Jean Lecomte), Lutter naturellement contre la Mouche de l'Olive, Saint-Rémy de Provence, édisud, coll. « Le choix durable », , 216 p., 17x23 (ISBN 978-2-7449-1004-3, www.edisud.com)

Liens externes[modifier | modifier le code]