Sauge officinale

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Salvia officinalis

La sauge officinale (Salvia officinalis) est un sous-arbrisseau de la famille des Lamiacées, souvent cultivé dans les jardins comme plante condimentaire et officinale ou tout simplement pour la beauté de son feuillage et de ses fleurs. On l'appelle aussi herbe sacrée ou thé d'Europe (à ne pas confondre avec le thé effectivement cultivé en Europe ; voir Cha Gorreana).

Description[modifier | modifier le code]

C'est une plante très ramifiée, aux tiges de section carrée, à la base lignifiée. Les feuilles pétiolées sont vert pâle, veloutées, oblongues. Les fleurs, sur des hampes florales érigées, sont regroupées en petits glomérules.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La racine de la sauge est brunâtre et fibreuse. La tige mesure de 20 à 30 centimètres et est très rameuse. Les feuilles, opposées, elliptiques, inférieures pétiolées, rugueuses, à bord dentelé, réticulées, molles, à dessus blanchâtre, persistent l'hiver grâce au revêtement de poils laineux qui les protège. Les fleurs, généralement bleues mais parfois roses, sont visibles de mai à août. Elles sont plutôt grandes, groupées à la base des feuilles supérieures, l'ensemble forme de grands épis. Commune en Europe, plus spécialement dans les régions méridionales, elle est cependant rare à l'état sauvage. Elle atteint une hauteur de l'ordre d'un mètre.

Organes reproducteurs[modifier | modifier le code]

Graine[modifier | modifier le code]

Composants chimiques[modifier | modifier le code]

Essences (pinène, salvène, thuyone, cinéol, bornéol, camphène), saponine, tanins, résine, acides, mucilage, sels, vitamines, œstrogène, asparagine.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Son nom est déjà une sorte de diplôme d'efficacité puisque salvia vient du latin salvare qui signifie « sauver », « guérir » ; c'est une des plantes sacrées des anciens. Les Romains la récoltaient avec un cérémonial spécial, sans l'intervention d'outils de fer (or, on pense que les sels de fer seraient incompatibles avec la sauge), « en tunique blanche, les pieds nus et bien lavés », après avoir sacrifié au préalable avec du pain et du vin. Ses effets dus à son huile essentielle et la présence d'un œstrogène avaient déjà été observés aussi bien par les Romains que les Égyptiens. Pendant tout le Moyen Âge, elle reste une plante primordiale et entre dans de très nombreuses préparations : Eau d’arquebuse, Eau céleste, Eau impériale, etc. Elle fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle).

Ce qui est confirmé par le dicton : « qui a de la sauge dans son jardin, n'a pas besoin de médecin ». Elle est encore utilisée dans la pharmacopée moderne.

En cuisine, la feuille de sauge fraîche ou séchée est un condiment employé depuis l'antiquité ; particulièrement apprécié sur les viandes grasses et le porc.

La sauge a été utilisée par diverses cultures pour le blanchiment des dents. Une étude récente (2021) a comparé l'effet de blanchiment des dents de plusieurs végétaux à ceux de dentifrices blanchissants conventionnels (à un et six mois de temps). Les produits testés (sous forme de dentifrice lisse et non-acide ; à pH de 8,2) étaient l'huile de noix de coco (Cocos nucifera L.), un alcoolat de Sauge (Salvia officinalis) L., le rhizome de curcuma (Curcuma longa L.), la feuille du goyavier (Psidium guajava L.), le fruit du citronnier (Citrus limon L., la peau et le fruit d'une fraise de culture (Fragaria x Ananassa). C'est le dentifrice à base de sauge qui s'est montré le plus efficace sur l'émail dentaire de dents récupéré à la suite d'opérations chirurgicales, avec des résultats comparables à ceux du dentifrice conventionnel[1].

Agriculture, apiculture[modifier | modifier le code]

C'est, comme toutes les sauges, une plante mellifère.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Les feuilles sont employées comme herbes et aromates de cuisines, tout particulièrement dans les marinades et dans l'assaisonnement du gibier.

Les fleurs sont utilisées dans l'industrie alimentaire pour la confection de confitures.

Il existe une recette d'eau de sauge originaire des Alpes-de-Haute-Provence (macération des fleurs dans l'alcool).

Au Moyen Âge, on préparait un vin aromatisé à la sauge. La recette est mentionnée dans le "Tractatus de modo preparandi et condiendi omnia cibaria".

Elle donne son nom, son goût et ses marbrures vertes au fromage anglais Sage Derby.

C'est une plante quotidiennement utilisée au Moyen-Orient, elle y sert à parfumer le thé et accompagne de nombreux plats, en particulier ceux à base de viande.

Thérapeutique[modifier | modifier le code]

Elle est antiseptique, hépato-stimulante, cholérétique et cholagogue, tonique digestive et stomachique[réf. nécessaire]. Elle possède aussi à divers degrés des propriétés antispasmodiques, emménagogues (action bénéfique sur les menstruations), fébrifuges, antisudorales[2].

En Médecine traditionnelle chinoise, elle est considérée comme aromatique, amère et âcre, et liée au méridiens du Foie, du Poumon et du Cœur[3].

En usage externe (en décoction), ses propriétés sont résolutives, vulnéraires, antiseptiques et cicatrisantes.

En tisane ou en aromate elle facilite la digestion. Elle est aussi utilisée dans le traitement du diabète car hypoglycémiante[réf. nécessaire].

Durant une étude suisse menée en 2011, les effets hormonaux de la sauge ont été prouvés[4]. D’autres sources affirment aussi qu'elle possède une activité estrogénique connue[5] et peut faire aussi réapparaitre les règles[6]. Ses phytoestrogènes peuvent interagir avec des cancers hormono‐dépendants (prostate, sein)[7].

Toxicité[modifier | modifier le code]

La sauge contenant de la thuyone aux propriétés neurotoxiques[8], il ne faut pas abuser de son huile essentielle. À haute dose, l'infusion des feuilles peut également avoir un effet toxique.

À cause des phytoestrogènes qu'elle contient, elle est à éviter lors des premiers mois de la grossesse (risque de fausse couche) ou pendant l'allaitement[2].

Plante ornementale[modifier | modifier le code]

Sa floraison abondante et son feuillage lui valent une place au jardin d'ornement et quelques cultivars ornementaux ont été créés, notamment 'Berggarten' aux larges feuilles et 'purpurascens' aux feuilles pourpres.
Les cultivars condimentaires sont généralement aflores, ne convenant alors pas pour l'ornement floral.

Culture[modifier | modifier le code]

La sauge se cultive en sol léger et perméable, voire rocailleux, toujours à exposition ensoleillée. Sa zone de rusticité se situe entre 4 et 8[9]. La multiplication se fait par bouturage ou division des touffes, plus rarement par semis.

La récolte des feuilles se fait du printemps à l'automne, aussi fréquemment qu'on le désire, toujours par temps sec pour effectuer un séchage à l'ombre rapide.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mahitab H. El Bishbishy, Nermeen Kamal Hamza, Hebatallah M. Taher et Dalia A. Elaty Mostafa, « Natural Approaches to Whiten the Dental Enamel Surface Versus the Conventional Approaches », Research Journal of Pharmacy and Technology, vol. 14, no 7,‎ , p. 3639-3646 (ISSN 0974-3618, e-ISSN 0974-360X, OCLC 9137604046, DOI 10.52711/0974-360X.2021.00629, lire en ligne).
  2. a et b « Sauge »http://www.01sante.com/contenu/page/01sante-656
  3. Ross, Jeremy,, Topffër, Inken, (1973- ...)., et Viel-Robert, Chantal, (trad. de l'anglais), Matière médicale à usage clinique 120 plantes de la pharmacopée occidentale : combinaison des plantes médicinales occidentales et de la médecine chinoise, Paris, Ed. Phu Xuan, dl 2013, 430 p. (ISBN 978-2-915039-14-6, OCLC 862739599, lire en ligne)
  4. Chevalier, A., & L. (2014). Larousse des plantes médicinales - Nouvelle présentation : Identification, préparation, soins (Petit Larousse de. . . Santé, Larousse, Paris . p.131
  5. Goetz P. (2007). LA PHYTOTHERAPIE : SANTE PAR PLANTE (French Edition ), Selection Reader's Digest , Cachan, p.207
  6. Debuigne, G., Couplan, F., & Folliard, T. (2016). Petit Larousse des plantes qui guérissent (Petit Larousse de. . . Santé) (French Edition), LAROUSSE, Paris, p.794
  7. http://api.europe1.fr/podcast/mp3/itunes-331123105/3488975/podcast.mp3
  8. franceinfo et Antoine Krempf, « Le vrai du faux. Non, les huiles essentielles ne vont pas être interdites à la vente libre », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  9. « Salvia officinalis - Plant Finder », sur www.missouribotanicalgarden.org (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Couplan et Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, les guides du naturaliste, Delachaux et Niestlé (ISBN 2-603-00952-4).
  • Didier Lanterborn, Mémoires d'un herboriste, équinoxe (ISBN 2-84135-423-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]