Apiaceae

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La famille des Apiacées (Apiaceae) est constituée de plantes dicotylédones caractérisées notamment par leur inflorescence typique, l'ombelle, d'où leur appellation d’Ombellifères (Umbelliferae, nom alternatif). Cette famille relativement homogène, à répartition cosmopolite comprend près de 3 500 espèces réparties en 463 genres[1], surtout présentes dans les régions tempérées du monde. Plusieurs espèces fournissent des condiments appréciés, certaines sont toxiques comme la grande ciguë.

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Les Apiacées ont généralement les sept caractéristiques suivantes[2] :

  1. Ce sont principalement des plantes herbacées annuelles souvent odorantes, parfois bisannuelles ou vivaces. La famille compte aussi des arbres et arbustes.
  2. Leur appareil souterrain pérennant est très varié : racine pivotante, rhizome ou tubercule.
  3. Leur tige est souvent cannelée (sillons dans le sens de la longueur) et devient généralement creuse par résorption de la moelle. Des canaux sécréteurs d'essences et de résines circulent dans les racines et les tiges, faisant de la majorité des Apiaceae des plantes aromatiques à l'odeur caractéristique forte lorsqu'on les broie.
  4. Les feuilles sont alternes, sans stipules, et le plus souvent composées pennées à folioles finement découpées, mais certaines espèces ont des feuilles entières (buplèvre par exemple).
  5. Souvent les pétioles sont élargis à leur base, engainant la tige noueuse.
  6. L'inflorescence typique des Apiacées, justement appelées ombellifères, est l'ombelle qui peut être simple ou composée d'ombellules. Les ombelles sont souvent munies à leur base d'un involucre formé de 1 à 20 bractées parfois ramifiées (bractées foliacées) divisées en segments allongés.
  7. Les fleurs, généralement de petite taille due à l'inflorescence relativement condensée, à symétrie pentamère, sont le plus souvent blanches ou jaunâtres, quelquefois rougeâtres comme la fleur centrale de l'ombelle de carotte. L'ombelle est en effet souvent polygame, ce qui se traduit par un dimorphisme floral : les fleurs centrales sont bisexuées ou femelles et actinomorphes, les fleurs périphériques sont mâles ou stériles et zygomorphes, avec une corolle plus développée. Les périphériques servent essentiellement d'organes d'attraction pour les insectes pollinisateurs et les centrales sont surtout réservées à la reproduction. Les fleurs comptent 5 pétales minuscules ou absents, 5 pétales libres caduc, parfois échancrés, et 5 étamines alternipétales (androcée isostémone), et ont au centre un ovaire infère à deux carpelles. Les sépales sont absents ou très réduits du fait que le calice est presque complètement soudé à l'ovaire. Parfois, les fleurs périphériques de l'ombelle sont irrégulières, avec des pétales externes nettement plus grands, et contribuent à faire de l'ombelle une simili-fleur. L'ovaire porte deux styles qui s'élargissent à la base en un disque ou coussinet nectarifère (stylopode).
  8. Les fruits, secs, sont des schizocarpes (diakènes) qui se scindent en deux à maturité, chaque partie (souvent suspendue au bout d'une columelle bifide) appelée méricarpe contenant une graine. Les méricarpes sont toujours plus ou moins côtelés (5 côtes primaires par méricarpe). Les fruits sont très diversifiés par leurs formes externes : présence de crochets ou d'épines, de protubérances ou de poils, parfois d'ailes, qui sont importants à observer pour la détermination des espèces.

Classification[modifier | modifier le code]

Principaux genres[modifier | modifier le code]

Voir la liste des genres d'Apiaceae.

En France, cette famille regroupe  : l'anis vert, l'aneth, la berce, la carotte, le cerfeuil, le céleri, le persil, le panais, le fenouil, la coriandre, la livèche, le cumin, l'angélique, la criste marine, mais aussi  : la ciguë, les panicauts, les œnanthes, les buplèvres, les aches et les lasers.

Distribution[modifier | modifier le code]

Bupleurum sp, une apiacée chinoise

La famille des Apiaceae est présente dans tous les continents habités, mais surtout dans les régions tempérées, spécialement de l'Ancien Monde.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Plantes alimentaires[modifier | modifier le code]

Ces plantes peuvent être confondues avec des Apiaceae toxiques : Conium maculatum (grande ciguë), Aethusa cynapium (petite ciguë), Cicuta virosa (ciguë aquatique), Oenanthe crocata (œnanthe safranée). Un moyen mnémotechnique de les distinguer est : « s'il y a des poils, c'est au poil », les ombellifères toxiques n'étant pas poilues[4].

Condiments et épices[modifier | modifier le code]

Plantes médicinales[modifier | modifier le code]

Plantes ornementales[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

Anis (Pimpinella anisum)
de Medical botany par William Woodville. Londres, James Phillips, 1793

L’hyperpigmentation provoquée par l’application de certaines Rutaceae et Apiaceae riches en furanocoumarines a été mise à profit par les Égyptiens, la médecine ayurvédique et Dioscoride pour traiter le psoriasis, le vitiligo et d’autres affections dermatologiques. La médecine contemporaine a repris ces pratiques anciennes pour traiter les mêmes affections. Cette photochimiothérapie (PUVAthérapie) consiste en l’ingestion par le patient d’une dose voisine de 0,6 mg/kg de xanthotoxine et ensuite, il doit être soumis à une exposition contrôlée de rayons UV longs (320-380 nm) (Béani, 1991). Cette pratique n’est pas sans risque et peut être la cause de cancérogenèse, si l’on considère la photosensibilisation de ces furanocoumarines en cas d’exposition solaire (Lindelöf et al., 1991). La présence de ces furanocoumarines dans l’huile essentielle de Citrus aurantium L. ssp. bergamia Engler, a poussé l’Union Européenne, en juin 1995, à interdire la commercialisation des préparations destinées à accélérer le bronzage et dont la teneur en bergaptène dépassait 0,2 %. (Folléa, 1995 ; Bruneton, 2001)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Ombellifères de France, tomes I, II, III, IV, V, Jean-Pierre Reduron, édité par la Société botanique du Centre-Ouest (2007)
  • Léon Géneau de Lamarlière, Recherches morphologiques sur la famille des ombellifères, suivi de Recherches physiologiques sur les ombellifères, Le Bigot Frères, 1893, 200 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Anthony R. Magee & al., « New tribal delimitations for the early diverging lineages of Apiaceae subfamily Apioideae », Taxon, vol. 59, no 2,‎ , p. 567.
  2. Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, G. Dumé, Flore forestière française. Plaines et collines, Forêt privée française, , p. 719.
  3. Heidi Collombier, « La cuisine Sauvage », 2008-2010 (consulté le 13 janvier 2010) : « Tendres et aromatiques, les jeunes feuilles d’égopode font de très bonnes salades, de savoureux légumes cuits à la vapeur ou de succulents soufflés. »
  4. Christophe de Hody, Cueilleur urbain. À la découverte des plantes sauvages et comestibles dans la ville, Arthaud, , p. 54.