Machaon (papillon)

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Papilio machaon • Grand porte-queue

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Le Machaon ou Grand porte-queue (Papilio machaon) est une espèce de lépidoptères de la famille des Papilionidae. Présent dans la plupart des régions tempérées de l'hémisphère nord, ce grand papillon est particulièrement connu du grand public en Europe, où il est le Papilionidae le plus commun.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Imago[modifier | modifier le code]

Le Machaon est un grand papillon de forme vaguement triangulaire possédant une queue, d'une envergure de 55 à 90 mm et reconnaissable à ses grands vols planés.

Les ailes ont un fond jaune clair. Elles présentent des dessins noirs et une bordure noire ornée de macules bleues et une macule rouge à l'aile postérieure.

Chenille et chrysalide[modifier | modifier le code]

Les œufs sont pondus isolément sur les feuilles d'une plante nourricière (ombellifère). L'éclosion s'effectue environ une semaine après la ponte. Le développement larvaire dure à peu près un mois.

La chenille du Machaon a une activité diurne ; elle est visible de mai à juillet puis d'août à octobre[1]. Quand on l'inquiète, elle fait saillir son osmeterium orangé (glande odorante qui éloigne les prédateurs). La chrysalide est entourée d'une ceinture de soie. Selon les saisons, le stade nymphal dure trois semaines ou tout l'hiver. Les imagos qui hivernent, peuvent s'observer de mars à septembre.

Biologie[modifier | modifier le code]

Période de vol et hivernation[modifier | modifier le code]

Le Machaon hiverne à l’état de chrysalide. Certains imagos hiverneraient aussi[réf. souhaitée].

Il vole et se reproduit de fin mars à septembre et deux ou trois générations se succèdent pendant cette période (mais une seule en montagne et au nord de son aire de répartition).

Il a une tendance dispersive, à la limite de la migration[2].

Plantes-hôtes[modifier | modifier le code]

Une chenille se nourrissant de fenouil.
Une chenille de Machaon sur des fleurs de Seseli tortuosum.

On recense plusieurs dizaines de plantes-hôtes pour la chenille du Machaon. En Europe, elle consomme principalement diverses apiacées (ombellifères), comme le fenouil commun, la carotte, l'aneth, le persil, certains peucédans, lasers, angéliques et sésélis[2],[3], mais aussi localement certaines rutacées, comme la rue fétide et la fraxinelle en Europe[2],[3], et les agrumes en Orient[réf. souhaitée]. En Amérique du Nord, les plantes-hôtes sont principalement des armoises, notamment l'estragon[4].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition

Cette espèce possède une vaste aire de répartition couvrant pratiquement tout l'hémisphère nord tempéré : elle se rencontre en Europe, en Afrique du Nord, dans les régions tempérées de l'Asie jusqu'au Japon, ainsi que dans une partie de l'Amérique du Nord. Elle est présente dans presque toute l'Europe, mais semble se raréfier en Europe centrale. Elle est absente d'Irlande et très rare en Grande-Bretagne, où on la trouve seulement dans The Broads dans le Norfolk.

Le Machaon est présent dans tous les départements de France métropolitaine, Corse comprise[5].

Habitat

Le Machaon fréquente des habitats ouverts variés, en faible densité ; on le trouve surtout dans des sites humides en Europe du Nord, dans des lieux herbus secs ou humides en Europe médiane, et en Europe méditerranéenne dans tout habitat où poussent ses plantes-hôtes[2]. À basse altitude, il se reproduit dans les friches, prairies fleuries et aux abords des cultures, mais on le rencontre souvent entre 1 000 et 2 000 m du fait de sa tendance dispersive, et parfois jusqu'à 3 000 m[2].

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Papilio machaon a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 dans la dixième édition de Systema naturae[6]. La localité type est la Suède[7]. L'épithète spécifique fait référence à Machaon, un héros de la mythologie grecque.

Papilio machaon est l'espèce type du genre Papilio Linné, 1758.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Plus de cent sous-espèces ont été décrites, mais toutes ne sont pas reconnues par tous les auteurs. On peut notamment citer[7] :

  • Papilio machaon machaon Linné, 1758 — Europe
  • Papilio machaon aliaska Scudder, 1869 — Tchoukotka, Alaska, Canada
  • Papilio machaon annae Gistel, 1857
  • Papilio machaon archias Fruhstorfer, 1907
  • Papilio machaon asiaticus Ménétriés, 1855
  • Papilio machaon baijangenis Huang & Murayama, 1992
  • Papilio machaon bairdii Edwards, 1866 — États-Unis
  • Papilio machaon birmanicus Rothschild, 1908
  • Papilio machaon britannicus Seitz, 1907 — Grande-Bretagne
  • Papilio machaon brucei Edwards, 1893 — Canada, États-Unis
  • Papilio machaon centralis Staudinger, 1886 — Asie centrale
  • Papilio machaon chinensis Verity, 1905
  • Papilio machaon gorganus Fruhstorfer, 1922
  • Papilio machaon hippocrates C. & R. Felder, 1864 — Japon
  • Papilio machaon hudsonianus Clark, 1932
  • Papilio machaon kamtschadalus Alphéraky, 1897 — Kamchatka
  • Papilio machaon kunkalaschani Eller, 1939
  • Papilio machaon ladakensis Moore, 1884 — Asie centrale
  • Papilio machaon mauretanica Verity, 1905 — Afrique du Nord
  • Papilio machaon montanus Alphéraky, 1897 — Chine
  • Papilio machaon muetingi Seyer, 1976 — Oman, Émirats arabes unis[8]
  • Papilio machaon neochinensis Sheljuzhko, 1913
  • Papilio machaon oregonius Edwards, 1876 — États-Unis
  • Papilio machaon sikkimensis Moore, 1884 — Tibet
  • Papilio machaon suroia Tytler, 1939
  • Papilio machaon sylvina Hemming, 1933
  • Papilio machaon taliensis Eller, 1939
  • Papilio machaon verityi Fruhstorfer, 1907

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • en français : le Machaon ou le Grand porte-queue (ce dernier nom désigne aussi l'espèce américaine Papilio cresphontes)
  • en anglais : swallowtail ou common yellow swallowtail (en Europe), Old World swallowtail (en Amérique)
  • en allemand : der Schwalbenschwanz
  • en espagnol : macaón
  • en italien : macaone
  • en néerlandais : koninginnenpage

Le Machaon et l'Homme[modifier | modifier le code]

Protection[modifier | modifier le code]

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Le Machaon est protégé en Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Moldavie et dans certaines régions d'Autriche (Carinthie, Haute-Autriche, Vorarlberg) et d'Allemagne (Bade-Wurtemberg, Bavière,Saxe-Anhalt). Il est protégé en Suisse dans les cantons d'Argovie, Berne, Genève, Obwald, Soleure et Vaud. Il est déclaré vulnérable en Corée du Sud et noté sur le Red Data Book en Russie. En Inde, Papilio machaon verityi est protégé.

Symbole[modifier | modifier le code]

Le Machaon est déclaré « Animal de l’année 2003 » par Pro Natura, une organisation suisse de protection de la nature.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le Machaon figure sur une émission de la République démocratique allemande de 1964 (valeur faciale : 20 p.), de l'Allemagne de 1991, de Moldavie, de l'Union soviétique et du Luxembourg, sorti le (valeur faciale : 0,35 €).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. papillons du Poitou-Charentes
  2. a b c d et e Tolman et Lewington 2014.
  3. a et b Lafranchis 2007.
  4. Brock et Kaufman 2006.
  5. Lépi'Net
  6. Linnaeus, 1758. Syst. Nat. (Edn 10) 1 : 462.
  7. a et b (en) Funet.
  8. (en) C. Clarke et T. B. Larsen, « Speciation problems in the Papilio machaon group of butterflies (Lepidoptera: Papilionidae) », Systematic Entomology, vol. 11, no 2,‎ , p. 175–181 (DOI 10.1111/j.1365-3113.1986.tb00175.x, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Le Machaon en Europe[modifier | modifier le code]

Le Machaon en Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tristan Lafranchis, Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Biotope, coll. « Parthénope », (ISBN 9782951037922).
  • Pro Natura — Ligue Suisse pour la Protection de la Nature, Les papillons de jour et leurs biotopes : Espèces • Dangers qui les menacent • Protection. Volume 1, , 516 p. (ISBN 9783855874033).
  • Tom Tolman et Richard Lewington, Papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02045-6).
  • Tristan Lafranchis, Papillons d'Europe, Diatheo, (ISBN 9782952162012).
  • (en) Jim P. Brock et Kenn Kaufman, Kaufman Field Guide to Butterflies of North America, Houghton Mifflin Harcourt, (ISBN 978-0-618-76826-4).
  • D.J. Carter & B. Hargreaves, Guide des chenilles d'Europe, Delachaux & Niestlé, Paris 2005, 311 p. (ISBN 978-2-603-01444-8) (DL février 2005).