Déservillers

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Déservillers
Déservillers
Vue générale.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Besançon
Intercommunalité Communauté de communes Loue-Lison
Maire
Mandat
Nathalie Van de Woestyne
2020-2026
Code postal 25330
Code commune 25199
Démographie
Population
municipale
344 hab. (2018 en diminution de 0,58 % par rapport à 2013)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 00′ 13″ nord, 6° 04′ 20″ est
Altitude Min. 560 m
Max. 870 m
Superficie 13,88 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Pontarlier
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Ornans
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Déservillers

Déservillers est une commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté. Les habitants se nomment les Desevias.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Éternoz Amancey Rose des vents
N Bolandoz
O    Déservillers    E
S
Montmahoux Levier (Labergement-du-Navois)

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Déservillers est situé à une altitude comprise entre 611 mètres et 866 mètres, sur le rebord du deuxième plateau du Jura, à l'est de Besançon, dans le Doubs. Vers l'Ouest, la vue est impressionnante et dépasse le faisceau bisontin situé à 30 km. À l'Est, par beau temps, la silhouette du Mont Blanc coiffe une longue série de crêtes anticlinales allongées en fuseau (voir la photo plus bas). Le finage du village est à cheval sur plusieurs terroirs complémentaires : au centre, le village sur le pli-faille où émergent les sources ; à l'ouest le terroir de plateau calcaire (appelé plateau d'Amancey) qui fournit les céréales (blé et orge aujourd'hui, mais aussi avoine dans le passé), plateaux secs karstiques avec des avens ; à l'est du village, gouffres et grottes sur les failles, offrant les pâturages communaux (appelés les Crêtes), ainsi que des prés humides (Prés neufs, Prés de la Vieille-Folle, la Broche) sur quelques couches marneuses d'âge secondaire, plus humides et très exploités aussi dans cette région d'élevage. La commune compte, évidemment, des forêts mixtes de feuillus et résineux, propriétés communales et privées.

Cette complémentarité est celle de tous les villages du pli-faille qui court de la haute vallée de la Loue jusqu'à Salins-les-Bains (accident géologique appelé faisceau salinois). Elle explique en partie l'orientation vers des activités d'élevage depuis le Moyen Âge qui fut un âge d'or dans la région grâce aux mines de sel de Salins, avec la possibilité de nourrir de grosses communautés et la mise en place d'une culture fromagère précoce. Les "vachelins" fabriqués dans les fermes deviendront plus tard les meules de gruyère, désignées depuis les années 1950 par l'appellation Comté.

La géographie karstique du sous-sol de Déservillers est bien connue. Jadis, les paysans se servaient de ces gouffres (celui des Biefs Boussets, par exemple) pour y déposer les cadavres de leurs vieux chevaux. Ce qui explique la pollution qui fut éradiquée grâce à ces missions de spéléologie et l'installation d'une station d'épuration dans les années 1990, traitant aussi les eaux de la fromagerie. Les cinq gouffres sont les ouvertures sur le onzième réseau souterrain de France, le Verneau souterrain, dont la résurgence se trouve à Nans-sous-Sainte-Anne, à huit kilomètres de là. Plus de trente trois kilomètres de galeries ont été explorées et cartographiées (situation en 2001). Du 5 au 9 janvier 2008, six spéléologues ont été bloqués par la montée des eaux due à un redoux entre les Biefs Boussets et Nans-sous-Sainte-Anne. En raison de la dangerosité de la traversée (et des frais élevés des sauvetages), une autorisation est nécessaire pour effectuer la traversée.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est continental comme dans toute la région : étés plutôt humides avec des orages, très chauds en journée et agréables la nuit, hivers froids et secs, très froids notamment avant la période du réchauffement climatique qui a commencé dans la région au milieu des années 1990 et où le mercure descendait facilement à moins 20 °C. Dans les années 1960 et 1970, certains hivers étaient si secs que les sources tarissaient, les paysans devaient faire fondre de la neige pour abreuver les bêtes à l'étable. Ces problèmes sont désormais résolus par l'adduction des eaux depuis la Haute-Loue.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Déservillers en 1243 ; Desserviller en 1259 ; Deserviler en 1260 ; Deservelers en 1275 ; Deserviller en 1369 ; Dessertveller en 1392[1].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Déservillers est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pontarlier, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 56 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (76,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (56,9 %), forêts (21,5 %), terres arables (11 %), zones agricoles hétérogènes (7,2 %), zones urbanisées (3,5 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans le Dictionnaire des communes de l'historien Jean Courtieu (t. 3, Besançon, Cêtre, 1984), le plateau d'Amancey et Déservillers ont été peuplés à l'âge du bronze (plusieurs objets, dont des bracelets, une boucle d'oreille et un bandeau de bronze estampé datant de cette époque ayant été trouvés au XIXe siècle attestent de cette occupation. A l'époque romaine, la villa des Egliseries entre Déservillers et Bolandoz signale déjà des cultures de qualité et un défrichement.

Au coeur du Moyen-Age, Déservillers vit un âge d'or : il a déjà une église, la famille de Scey avait des droits de patronage sur l'église en 1243 et les donna cette année-là à l'abbaye de Buillon créée au XIIe siècle. En 1250, le chapitre métropolitain de Besançon acquit ce titre. En 1407, Hugonin de Scey, seigneur de Fertans, reconnut tenir en fief de l'archevêque, le droit de présentation à la cure. La paroisse de Déservillers a compté aussi Labergement du Navoy, les hameaux de l'Ermitage, Palantin, la Broche et une partie des moulins de Rochanon.

Selon J. Courtieu, plusieurs familles étaient possessionnées dans la région, notamment les Montmorot, les Andelot, les Malans, les Vaudrey, les Cléron. La grande famille des Chalon, propriétaire des mines de sel de Salins, s'implante sur les plateaux du Jura et parvient à s'emparer de la presque totalité de la paroisse, très bien située entre leur forteresse de Montmahoux et la ville de Salins. En 1259, Gaucher d'Andel reconnait tenir en fief de Jean de Chalon tout ce qu'il y avait à Myon, Eternoz et Déservillers. En 1272, Jehan de Chalon-Arlay son successeur, achète d'autres biens, tels ceux de Perrin de Malans. Quant à la famille de Scey, première implantée, Jean de Chalon lui achète une forêt sous le village en 1282 et tous les autres biens en 1286.

La cohabitation dure jusqu'au XVIe siècle lorsqu'en 1523, Marguerite d'Autriche, souveraine du comté de Bourgogne, accorde aux habitants de Déservillers le partage et la propriété de leurs communaux. L'ère des Chalon est achevée. En 1670, alors que la Franche-Comté va bientôt passer sous les fourches de Louis XIV, les habitants se reconnaissent "bons et fidèles sujets de Sa Majesté à cause de sa Seigneurie d'Ornans et qu'à icelle appartient toute justice, haute, moyenne et basse et spécialement sur leurs communaux". Réunie à la France en 1674, la seigneurie de Déservillers fut achetée en 1697 par François Simonin d'Ornans et Pierre Patouillet, un marchand de Salins dont le nom restera attaché à Déservillers où sa descendance bâtira un château au Sud du village avec un parc fermé jusqu'au XXe siècle. Le village est touché par la terrible guerre des Dix Ans, la peste en 1636 qui fauche les deux tiers des habitants. Au XVIIIe, le village dépend de la chatellenie de Fertans.

Quand les premières données statistiques apparaissent à la fin du XVIIe siècle (1688), on compte 238 bêtes à cornes, 40 chèvres, 200 moutons et 19 chevaux. En 1795, peu de changement.

On mesure depuis le XVIe siècle la grande stagnation de la population depuis les statistiques données par Jean Courtieu : 1593 : 72 feux (familles), 390 habitants. 1614 : 54 feux. 1657 : 163 habitants. 1688 : 35 feux, 184 habitants. 1783 : 80 feux. 1790 : 577 habitants. Pour avoir une idée de l'évolution des patronymes, Jean Courtieu cite un recensement des noms de famille en 1750 : Bataillard, Besson, Bulle, Carré, Chatelain, Comte, Crétin, Demontrond, Fumey, Gobe, Grey, Guion, Labé, Lamy, Méneguin, Ménétrier, Micaud, Monnerot, Nicod, Panier, Plume, Pone, Raton, Rouge, Saucet, Tournier, Vautier, Vernu. Vingt-et un noms ont disparu en trois siècles.

En 1766, un appel de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche souhaitant repeupler ses Etats dévastés par les guerres en appelant des familles "sachant travailler la terre" est entendu par des familles de Déservillers. Jean Courtieu a bien documenté cet épisode qui voit plusieurs dizaines de familles - dont les Grey et les Comte - quittèrent le village et les villages voisins du baillage d'Ornans vers l'an 1770 pour s'installer, après bien des déboires, en Moravie méridionale l'année suivante, créant la colonie de Čejč. Les Français eurent la chance de rencontrer un certain baron Bosch, francophone, directeur des métaieries impériales qui les aida à s'installer dans cette petite ville d'eau complètement ruinée. En un an, vingt-huit fermes avaient été bâties. La misère des colons ne diminua pas, les locaux leur étaient assez hostiles. Peu connu en France, cet épisode l'est fort bien en Tchéquie, à l'origine d'une visite du ministre des Affaires étrangères tchèques en 1982 à Déservillers.

A la Révolution, les villageois acceptent la révolte, mais les administrations sont tellement antireligieuses qu'on signale en 1791 Déservillers comme un nid de fanatiques, cite Jean Courtieu, et on plaint des "désordres auxquels on se livre à Déservillers". Les deux curés, l'un constitutionnel, l'autre réfractaire sont l'objet d'une querelle, le second parvenant à chasser le premier du presbytère. La municipalité est suspendue par l'administration entre la fin de 1792 et jusqu'en 1800. La première moitié du XIXe siècle est calme, la commune prospère avec une population qui gagne plus de 250 habitants en cinquante ans et atteint son maximum démographique avec 821 habitants lorsque Napoléon III prend le pouvoir. La pression démographique est telle que le moulin de Rochanon accueille une famille de 5 personnes (14 sur Bolandoz), une famille de 10 habitants à La Broche, 15 à Palantin aujourd'hui disparus.

Après 1850, Déservillers entre dans une période faste. En 1866, on compte deux tailleurs d'habits, six couturières, trois blanchisseuses, trois cordonniers, un sabotier, un meunier (à Rochanon), deux auberges, deux épiceries et trois sages-femmes. En 1852, la fruitière produit 70 tonnes de fromage. 50 ans plus tard, on compte trois ateliers qui transforment le lait de 400 vaches. Le 28 janvier 1871, une division de l'armée de Bourbaki fait halte dans le village. La communauté subit deux incendies, l'un le 14 décembre 1853, qui ruine une partie du nord du village avec 52 foyers, l'autre le 30 octobre 1905 qui est localisé au sud et détruit 11 maisons, dont certaines étaient magnifiquement peintes par un natif de Déservillers devenu chef des peintres de la Plaine Monceau à Paris, avec des scènes ruralisantes évoquant un semeur au-dessus duquel on pouvait lire : « Heureux celui qui, éloigné des affaires, cultive tranquillement le champ que son père lui a laissé ».

Déservillers devait payer un lourd tribut à la Première Guerre mondiale : 27 hommes tués et de nombreux blessés, et 1 seul soldat fut tué à la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1945, la population chute des deux tiers du fait de la mécanisation de l'agriculture qui libère des bras pour les villes. L'artisanat disparaît lentement, le dernier cordonnier et le dernier forgeron arrêtent leurs activités dans les années 1980. Mais les entreprises se développent (la filière bois avec l'entreprise Bôle-Richard, la plasturgie pendant quelques années, la brasserie en 2017 avec la boulangerie quelques années plus tôt).

Déservillers s'enorgueillit de posséder la plus ancienne coopérative fruitière connue au monde. Sa création est attestée par des chartes de commerce possédées par la famille des Chalon. 1273 est la date officielle de fondation de cette fruitière[9].Aux XIIe et XIIIe siècles, les Chalon distribuaient le sel comtois (qu'ils commercialisaient très loin jusqu'en Suisse) aux paysans du plateau pour qu'ils leur fabriquent des "vachelins", terme ancien désignant ces grosses meules de fromage. Ils vendaient ensuite une partie de ces fromages de garde dans leur réseau. Notamment dans les régions où l'on avait besoin de produits non périssables pour les voyages au long cours, en particulier chez les navigateurs rochelais, espagnols et portugais dès la fin du XIVe siècle. Mais le commerce est aussi attesté avec l'Italie au Moyen Âge. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a rendu hommage au cours d'une cérémonie au village à toute la filière fromagère organisée autour du CIGC (comité interprofessionnel du gruyère de Comté) qui fêtait ses cinquante ans à Déservillers le 12 juillet 2013, alors berceau du Comté.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 En cours Nathalie Van De Woestyne[10],[11]
Réélue pour le mandat 2020-2026
DVG Employée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[13].

En 2018, la commune comptait 344 habitants[Note 3], en diminution de 0,58 % par rapport à 2013 (Doubs : +1,53 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
605539619704700720743774821
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
802707704577601581532556531
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
530507449425432389405398370
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
338309264263288264283332341
2018 - - - - - - - -
344--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Le terroir céréalier de Déservillers : le plateau d'Amancey, côté Ouest (1983)

Jusqu'aux années 1960, l'économie de la commune a été essentiellement agricole, tournée vers l'élevage de polyculture, avec une forte orientation laitière. À cette époque encore, le village grouille de troupeaux qui pratiquent la remue pour la traite des vaches de race montbéliarde. Il existait un artisanat : forge, plusieurs menuiseries dont une PME, cordonnerie, bar tabac, café. Toutes ces activités ont périclité dans les années 1970 et la trentaine d'exploitations agricoles vivant au moment du 7e centenaire de la fruitière en 1973 allait se concentrer et ne donner, au seuil de l'an 2000 qu'une poignée de grosses fermes, d'une taille moyenne quatre à cinq fois supérieure (70 à 150 hectares) à celles de la génération précédente.

L'orientation laitière et fromagère est confirmée par le maintien d'un atelier de fromagerie qui a dû migrer sur la commune de Septfontaines à 14 km à l'est. Le finage a gardé la même répartition entre les soles, céréales et prairies naturelles sur le plateau karstique, pâturages sur les crêtes et dans les talus marneux, forêt aux extrémités de la commune, la part des résineux progressant dans des exploitations familiales cédant à l'enrésinement là où les pentes étaient trop fortes.

Les terroirs du bois et les pâturages vus de la Fly, côté Sud-Est (1983)

Les ressources communales ne sont pas négligeables, grâce à l'affouage qui se pratique toujours. Le tourisme est peu présent sur la commune, si ce n'est l'accueil de spéléologues depuis les années 1970, venus visiter le réseau du Verneau depuis les gouffres de Jérusalem, des Crêtes, des Biefs Boussets et de la Vieille Folle.

Une bonne part des résidents du village travaille désormais dans les bourgs environnants (Amancey, Ornans, Levier, Frasne, Salins) et les villes (Besançon, Pontarlier). La part des néoruraux est devenue si prépondérante que les élections municipales ont porté à la tête de la commune une maire d'origine belge témoignant de ces mutations. L'école a fermé une de ses classes, les enfants prenant le bus pour les villages environnant, le dernier commerce alimentaire a cessé à la fin des années 1990 mais le petit-fils de l'épicier a ouvert un fournil et une boulangerie bio en 2013. Une nouvelle page de l'histoire économique du village est en train de s'écrire.

Activités culturelles[modifier | modifier le code]

Un groupe de jeunes de Déservillers a développé une station de radio libre qui a émis pour la première fois avec une antenne plantée sur un mât en sapin le 5 avril 1986. Prospère et inventive, Villages FM qui a franchi les trente ans d'existence espère porter les couleurs de la ruralité locale grâce aux technologies numériques d'Internet. Elle diffuse ses programmes sur le 105.1 dans la Vallée de la Loue et le 107.4 en Franche-Comté.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Selon l'archiviste Jean Courtieu, Déservillers est une très ancienne paroisse dont les premiers signalements datent de 1243. L'église actuelle est dédiée à sainte Agathe[16]. Elle a été restaurée dans les années 1968 et 1990. Elle possède un berceau roman (avec deux bas reliefs, David tenant la tête de Goliath à gauche, un paysan frappant une chouette à droite) sur la porte d'entrée. Détruite pendant les guerres du XVIIe siècle, elle a été reconstruite à partir de 1730, sous Louis XV. Le clocher du XVe siècle a été conservé, le toit du clocher date de 1819 et il a été restauré dans les années 1970, paré de tuiles vernissées multicolores qui l'apparentent à la famille des clochers comtois à impériale.

Le retable du maître-autel a été sculpté par Augustin Fauconnet, le maître de Goux-les-Usiers en 1758. Un autre retable et le tabernacle datent de 1766. La chaire est sans doute de la même époque et du même artiste. Une peinture de sainte Agathe, patronne de la paroisse, orne la face centrale du retable principal, tandis qu'une sculpture de la sainte est située sur la chaire. Sainte Lucie à gauche et sainte Barbe à droite figurent des vierges martyres, vénérées au XVIIIe siècle. Retables et chaire ont été classés en 1916 et 1966 respectivement. Les bancs de la nef sont en bois tournés du XVIIIe siècle.

Au XIXe siècle, en plein maximum démographique, des travaux importants ont été entrepris. Une cloche a été fondue en 1836, des boiseries furent installées en 1843 et l'orgue aurait été acquis en 1867 (mais rien n'est sûr, des anciens du village ayant mentionné un certain Cahier, artisan, comme facteur d'orgue au début du XXe siècle) et restauré en 1968, inauguré par le maître Michel Chapuis. La toiture de l'église en lave a été tuilée en 1873 par un entrepreneur de Chantrans, un certain Delphin. Les tuiles vernissées du clocher datent des travaux de 1968.

Enfin, on signale des croix, plantées lors des missions d'évangélisation du XIXe siècle : notamment une croix de la Mission de 1873 au nord du village et une au sud, une statue de la Vierge encadrée de tilleuls et inaugurée le 15 août 1855, en pleine mariologie nationale après les apparitions de Lourdes et La Salette.

Autres bâtiments[modifier | modifier le code]

La mairie-école date de 1849 et a été reconstruite après un procès contre un premier bâtiment portant des malfaçons. Elle a abrité des classes publiques et des soeurs de la Charité de Besançon venues ouvrir une école de filles. Les fontaines datent de 1859, il n'en reste que deux, mais à l'époque, elles remplacèrent de vieux bassins en bois. Le pont à bascule est mis au point en 1901 et l'électrification date de 1904. Un maître d'école est attesté dans le village depuis 1676. Une gare avait été prévue en 1902 par le Conseil général du Doubs qui voulait installer un embranchement d'Amancey à Levier sur la ligne du chemin de fer reliant Amathay à Besançon, mais le projet ne fut pas réalisé, sans doute du fait de la forte pente. Les premières voitures ne tardèrent pas à arriver au village, la première, une Panhard, avait été acquise par la famille Robert Comte dans les années 1930.

Curiosités[modifier | modifier le code]

La commune est située sur le chevauchement tectonique entre deux plateaux et l'érosion karstique a donné lieu à des formes de relief en creux assez spectaculaires : de l'amont de Rochanon jusqu'à la résurgence du Verneau à Nans-sous-Sainte-Anne, ce sont pas moins de cinq gouffres qui jalonnent le réseau karstique connu pour être l'un des plus importants de la région (voir plus haut). Le gouffre de la baume des Crêtes est le plus accessible (photo) et il a été le point de départ d'expéditions spéléologiques fréquentes dès les années 1970. Un projet d'aménagement pour des visites touristiques pourrait voir le jour prochainement.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Agathe Micaud, notaire, maire de Besançon de 1835 à 1843, à l'origine de la promenade qui porte son nom au bord du Doubs.
  • Gilles Fumey, géographe, professeur à Sorbonne Université.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 3, Besançon, Cêtre, .
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 26 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 13 mai 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 13 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. « Déservillers, ses habitants, son histoire - Si le comté n'était conté » (consulté le 4 mai 2009).
  10. [PDF] Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires
  11. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le 10 septembre 2020).
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  16. « Déservillers », sur le site routedescommunes.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]