Déservillers

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Déservillers
Vue générale.
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Besançon
Canton Ornans
Intercommunalité Communauté de communes Loue-Lison
Maire
Mandat
Nathalie Van De Woestyne
2014-2020
Code postal 25330
Code commune 25199
Démographie
Population
municipale
344 hab. (2014 en augmentation de 10,26 % par rapport à 2009)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 00′ 13″ nord, 6° 04′ 20″ est
Altitude Min. 560 m
Max. 870 m
Superficie 13,88 km2
Localisation

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Déservillers est une commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Éternoz Amancey Rose des vents
N Bolandoz
O    Déservillers    E
S
Montmahoux Levier (Labergement-du-Navois)

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Déservillers est situé à une altitude comprise entre 611 mètres et 866 mètres, sur le rebord du deuxième plateau du Jura, à l'est de Besançon, dans le Doubs. Vers l'Ouest, la vue est impressionnante et dépasse le faisceau bisontin situé à 30 km. À l'Est, par beau temps, la silhouette du Mont Blanc coiffe une longue série de crêtes anticlinales allongées en fuseau (voir la photo plus bas). Le finage du village est à cheval plusieurs terroirs complémentaires : au centre, le village sur le pli-faille où émergent les sources ; à l'ouest le terroir de plateau calcaire (appelé plateau d'Amancey) qui fournit les céréales (blé et orge aujourd'hui, mais aussi avoine dans le passé), plateaux secs karstiques avec des avens ; à l'est du village, gouffres et grottes sur les failles, offrant les pâturages communaux (appelés les Crêtes), ainsi que des prés humides (Prés neufs, Prés de la Vieille-Folle, la Broche) sur quelques couches marneuses d'âge secondaire, plus humides et très exploités aussi dans cette région d'élevage. La commune compte, évidemment, des forêts mixtes de feuillus et résineux, propriétés communales et privées.

Cette complémentarité est celle de tous les villages du pli-faille qui court de la haute vallée de la Loue jusqu'à Salins-les-Bains (accident géologique appelé faisceau salinois). Elle explique en partie l'orientation vers des activités d'élevage depuis le Moyen Âge qui fut un âge d'or dans la région grâce aux mines de sel de Salins, avec la possibilité de nourrir de grosses communautés et la mise en place d'une culture fromagère précoce. Les "vachelins" fabriqués dans les fermes deviendront plus tard les meules de gruyère, désignées depuis les années 1950 par l'appellation Comté.

La géographie karstique du sous-sol de Déservillers est bien connue. Jadis, les paysans se servaient de ces gouffres (celui des Biefs Boussets, par exemple) pour y déposer les cadavres de leurs vieux chevaux. Ce qui explique la pollution qui fut éradiquée grâce à ces missions de spéléologie et l'installation d'une station d'épuration dans les années 1990, traitant aussi les eaux de la fromagerie. Les cinq gouffres sont les ouvertures sur le onzième réseau souterrain de France, le Verneau souterrain, dont la résurgence se trouve à Nans-sous-Sainte-Anne, à huit kilomètres de là. Plus de trente trois kilomètres de galeries ont été explorées et cartographiées (situation en 2001). Du 5 au 9 janvier 2008, six spéléologues ont été bloqués par la montée des eaux due à un redoux entre les Biefs Boussets et Nans-sous-Sainte-Anne. En raison de la dangerosité de la traversée (et des frais élevés des sauvetages), une autorisation est nécessaire pour effectuer la traversée.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est continental comme dans toute la région : étés plutôt humides avec des orages, très chauds en journée et agréables la nuit, hivers froids et secs, très froids notamment avant la période du réchauffement climatique qui a commencé dans la région au milieu des années 1990 et où le mercure descendait facilement à moins 20 °C. Dans les années 1960 et 1970, certains hivers étaient si secs que les sources tarissaient, les paysans devaient faire fondre de la neige pour abreuver les bêtes à l'étable. Ces problèmes sont désormais résolus par l'adduction des eaux depuis la Haute-Loue.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Déservillers en 1243 ; Desserviller en 1259 ; Deserviler en 1260 ; Deservelers en 1275 ; Deserviller en 1369 ; Dessertveller en 1392[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Déservillers s'enorgueillit de posséder la plus ancienne coopérative fruitière connue au monde. Sa création est attestée par des chartes de commerce possédées par la famille des Chalon, qui possédait les salines de Salins-les-Bains (Jura) à vingt kilomètres de là et un château à Montmahoux. Au XIIe siècle, les Chalon distribuaient le sel comtois (qu'ils commercialisaient très loin jusqu'en Suisse) aux paysans du plateau pour qu'ils leur confectionnent des fromages. Ils vendaient ensuite une partie de ces fromages de garde dans leur réseau. Notamment dans les régions où l'on avait besoin de produits non périssables pour les voyages au long cours, en particulier chez les navigateurs rochelais, espagnols et portugais dès la fin du XIVe siècle. Mais le commerce est aussi attesté avec l'Italie au Moyen Âge.

1273 est la date officielle de fondation de cette fruitière[2].

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a rendu hommage à toute la filière fromagère organisée autour du CIGC (comité interprofessionnel du gruyère de Comté) qui fêtait ses cinquante ans à Déservillers le 12 juillet 2013, alors berceau du Comté depuis 1973.

Le plateau d'Amancey a été peuplé à l'âge du bronze et des fouilles au XIXe siècle attestent d'une présence à Déservillers (bracelets de bronze, boucles d'oreille). L'archéologie fait mention d'une villa romaine à l'actuel emplacement de la ferme de la Forêt, entre Bolandoz et Déservillers.

Après 1850, Déservillers entre dans une période faste. Le 28 janvier 1871, une division de l'armée de Bourbaki fait halte dans le village. La communauté subit deux incendies, l'un le 14 décembre 1853 (qui ruine tout le nord du village avec 52 foyers), l'autre le 30 octobre 1905 qui se localise au Sud et détruit 11 maisons, dont certaines sont magnifiquement peintes, avec des scènes ruralisantes évoquant un semeur au-dessus duquel on pouvait lire : « Heureux celui qui, éloigné des affaires, cultive tranquillement le champ que son père lui a laissé ». Le village perd 27 hommes (majoritairement jeunes) au cours de la Première Guerre mondiale, ce qui est considérable. La population chute des deux tiers et l'artisanat disparaît lentement (le dernier cordonnier et le dernier forgeron arrêtent leurs activités dans les années 1980).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Nathalie Van De Woestyne[3] DVG Employée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[5].

En 2014, la commune comptait 344 habitants[Note 1], en augmentation de 10,26 % par rapport à 2009 (Doubs : +1,8 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
605 539 619 704 700 720 743 774 821
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
802 707 704 577 601 581 532 556 531
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
530 507 449 425 432 389 405 398 370
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
338 309 264 263 288 264 283 332 344
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Déservillers est une très ancienne paroisse dont les premiers signalements datent de 1243. Ce fut d'ailleurs l'abbaye de Buillon qui eut le droit de patronage sur cette église. En 1250, le chapitre métropolitain de Besançon acquit ce titre. En 1407, Hugonin de Scey, seigneur de Fertans, reconnut tenir en fief de l'archevêque, le droit de présentation à la cure. La paroisse de Déservillers a compté aussi Labergement du Navoy, les hameaux de l'Ermitage, Palantin, la Broche et une partie des moulins de Rochanon.

L'église actuelle (restaurée dans les années 1990) qui possède un berceau roman (avec deux bas reliefs, David tenant la tête de Goliath à gauche, un paysan frappant une chouette à droite) sur la porte d'entrée a été reconstruite en 1730, sous Louis XV. Le clocher du XVe siècle a été conservé, le toit du clocher date de 1819 et il a été restauré dans les années 1970, paré de belles tuiles vernissées multicolores qui font la gloire des clochers comtois.

Le retable (classé par les Monuments historiques) du maître-autel a été sculpté par Augustin Fauconnet, le maître de Goux-les-Usiers en 1758. Un autre retable et le tabernacle datent de 1766. La chaire est sans doute de la même époque et du même artiste. Une peinture de sainte Agathe, patronne de la paroisse, orne la face centrale du retable principal, tandis qu'une sculpture de la sainte est située sur la chaire. Retables et chaire ont été classés en 1916 et 1966 respectivement. Les bancs de la nef sont en bois tournés du XVIIIe siècle.

Au XIXe siècle, en plein maximum démographique, des travaux importants ont été entrepris. Une cloche a été fondue en 1836, des boiseries furent installées en 1843 et l'orgue aurait été acquis en 1867 (mais rien n'est sûr, des anciens du village ayant mentionné un certain Cahier, artisan, comme facteur d'orgue au début du XXe siècle). La toiture de l'église en lave a été tuilée en 1873 par un entrepreneur de Chantrans, un certain Delphin. Les tuiles vernissées du clocher datent des travaux de 1968.

Enfin, on signale des croix, notamment une croix de la Mission de 1873 au nord du village et au sud, une statue de la Vierge inaugurée le 15 août 1855, en pleine mariologie nationale après les apparitions de Lourdes et La Salette.

Autres bâtiments

La mairie-école date de 1849, les fontaines de 1859 (il n'en reste que deux, mais à l'époque, elles remplacèrent de vieux bassins en bois), le pont à bascule est mis au point en 1901 et l'électrification date de 1904. Un maître d'école est attesté dans le village depuis 1676. L'école de 1849 a servi à la fois aux instituteurs publics et aux sœurs de la Charité de Besançon qui ouvrirent une école de filles. Une gare avait été prévue en 1902 par le Conseil général du Doubs qui voulait installer un embranchement d'Amancey à Levier sur la ligne du chemin de fer département d'Amathay à Besançon, mais le projet ne fut pas réalisé, sans doute du fait de la forte pente. Les premières voitures ne tardèrent pas à arriver au village, la première, une Panhard, avait été acquise par la famille Robert Comte dans les années 1930.

Économie[modifier | modifier le code]

Le terroir céréalier de Déservillers : le plateau d'Amancey, côté Est (1983)

Jusqu'aux années 1960, l'économie de la commune a été essentiellement agricole, tournée vers l'élevage de polyculture, avec une forte orientation laitière. À cette époque encore, le village grouille de troupeaux qui pratiquent la remue pour la traite des vaches de race montbéliarde. Il existait un artisanat : forge, plusieurs menuiseries dont une PME, cordonnerie, bar tabac, café. Toutes ces activités ont périclité dans les années 1970 et la trentaine d'exploitations agricoles vivant au moment du 7e centenaire de la fruitière en 1973 allait se concentrer et ne donner, au seuil de l'an 2000 qu'une poignée de grosses fermes, d'une taille moyenne quatre à cinq fois supérieure (70 à 150 hectares) à celles de la génération précédente.

L'orientation laitière et fromagère est confirmée par le maintien d'un atelier de fromagerie qui a dû migrer sur la commune de Septfontaines à 14 km de là. Le finage a gardé la même répartition entre les soles, céréales et prairies naturelles sur le plateau karstique, pâturages sur les crêtes et dans les talus marneux, forêt aux extrémités de la commune, la part des résineux progressant dans des exploitations familiales cédant à l'enrésinement là où les pentes étaient trop fortes.

Les terroirs du bois et les pâturages vus de la Fly (1983)

Les ressources communales ne sont pas négligeables, grâce à l'affouage qui se pratique toujours. Le tourisme est peu présent sur la commune, si ce n'est l'accueil de spéléologues depuis les années 1970, venus visiter le réseau du Verneau depuis les gouffres de Jérusalem, des Crêtes, des Biefs Boussets et de la Vieille Folle.

Une bonne part des résidents du village travaille désormais dans les bourgs environnants (Amancey, Ornans, Levier, Frasne, Salins) et les villes (Besançon, Pontarlier). La part des néoruraux est devenue si prépondérante que les élections municipales ont porté à la tête de la commune une maire d'origine belge témoignant de ces mutations. L'école a fermé une de ses classes, les enfants pratiquant le bus pour les villages environnant, le dernier commerce alimentaire a cessé à la fin des années 1990 mais le petit-fils de l'épicier a ouvert un fournil et une boulangerie bio en 2013. Une nouvelle page de l'histoire économique du village est en train de s'écrire.

Activités culturelles[modifier | modifier le code]

Un groupe de jeunes de Déservillers a développé une station de radio libre qui a émis pour la première fois avec une antenne plantée sur un mât en sapin le 5 avril 1986. Prospère et inventive, Villages FM qui a franchi les trente ans d'existence espère porter les couleurs de la ruralité locale grâce aux technologies numériques d'Internet. Elle diffuse ses programmes sur le 105.1 dans la Vallée de la Loue et le 107.4 en Franche-Comté.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Les seigneurs de Scey (XIIe siècle), puis les seigneurs de Montmahoux (XIIIe siècle), les seigneurs d'Ornans (XVIe siècle).
  • Comte Patouillet de Déservillers, propriétaire d'un château, disparu en 1893 lors d'un incendie accidentel.
  • Jean-Agathe Micaud (1770-1860), né à Déservillers, sous-préfet de Saint-Hippolyte et de Pontarlier, maire de Besançon (1835-1843) qui fit construire le parc qui porte son nom.
  • Louise Bourgon, épouse Ménettrier, née à Flagey et ayant vécu dans la maison de Gustave Courbet, qui fut centenaire le 23 décembre 2007 et décéda en 2008. Elle fut institutrice jusqu'en 1960.
  • Gilles Fumey, géographe, professeur à l'Université Paris-Sorbonne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 3, Besançon, Cêtre,
  2. « Déservillers, ses habitants, son histoire - Si le comté n'était conté » (consulté le 4 mai 2009)
  3. [PDF] Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]