Pillage

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Des soldats américains pillent des chaussures sur Market Street à San Francisco, durant l'incendie qui a suivi le séisme de 1906.

Le pillage est un acte de guerre qui tient de la destruction et du vol massif, souvent accompagné de viols, et par extension, tout type d'actes civils semblables.

Le pillage moderne couvre désormais également des formes autres que le pillage de guerre, tel que le pillage intellectuel, technologique et archéologique. Il peut, enfin, aussi se produire, à moins grande échelle, lors de catastrophes naturelles comme l'ouragan Katrina, la tempête Xynthia ou des séismes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les plus célèbres pillards du Haut Moyen Âge sont les Vandales et les Huns, durant leurs conquêtes. Les peuples germaniques mirent à sac Rome à trois reprises durant les Grandes invasions. Les Normands ont aussi organisé des expéditions de pillage qui ont déstabilisé l'Empire carolingien. Le sac de Byzance par les Croisés en 1204 fut également un épisode de pillage majeur.

Pendant la Révolution française, plusieurs monuments historiques et cathédrales ont été pillés par les insurgés, causant la perte de reliques très anciennes.

Pendant les guerres, lorsqu'un territoire est conquis, il est généralement d'usage d'accorder aux troupes quelques jours pendant lesquels elles sont autorisées à piller et violer les populations conquises. Cette durée fut, par exemple, de trois jours pour les Turcs qui prirent Constantinople.

Le pillage est souvent un instrument de pouvoir pour un chef de guerre : en permettant à ses troupes de le pratiquer, ou en en régulant le partage (cf. l'épisode du Vase de Soissons), il s'assure leur loyauté.

Pillage archéologique[modifier | modifier le code]

Le pillage archéologique est l'acte de fouiller de manière illégale un site archéologique, ou considéré comme tel. Le pillage induit une détérioration voir une destruction des sites archéologiques, et des données y résultants. En dehors de l'aspect du matériel archéologique (pièces de monnaie, fibules, tessons ou tommettes, etc.), ce sont toutes les données relatives à l'emplacement de l'objet, son intégration dans un ensemble archéologique, sa position au sein des différentes couches stratigraphiques qui sont alors irrémédiablement perdues.

Le patrimoine culturel subaquatique est protégé par l'UNESCO dans une convention spéciale: la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique. L'héritage culturel subaquatique était jusqu'alors négligé dans les textes juridiques protégeant le patrimoine culturel. Ce manque de protection à mené à de nombreux pillages de sites archéologiques immergés. La Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique vise à permettre aux états parties de mieux protéger leur patrimoine culturel subaquatique grâce à un cadre juridique international[1].

Situation en France[modifier | modifier le code]

En France, la recherche d'objets intéressant l'archéologie effectuée sans autorisation administrative est punie par la loi.

En France, toute fouille nécessite une autorisation spéciale accordée par la Direction régionale des Affaires culturelles (Drac) depuis la promulgation de la loi de 1989. Une loi reprise en 2004 par l'article L. 542-1 du Code du patrimoine. Un « détectoriste » peut encourir une peine de sept ans de prison, et 100 000 € d'amende, et jusqu'à dix ans et 150 000 € dans le cas d'une fouille illégale en groupe.

On estime le nombre de « détectoristes » entre 10 000 et 70 000. Selon l'association Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique (HAPPAH), ce sont plus de 10 millions d'objets archéologiques qui ont été pillés depuis 1991[2]. Cela équivaut à près de 520 000 objets par an.

Le détectorisme est dénoncé par les archéologues qui subissent les méfaits des utilisateurs de détecteurs à métaux lors de la destruction de sites archéologiques dans le cadre de l'INRAP[3].

La prospection est totalement interdite dans plusieurs régions, pour cause d'abondance de munitions anciennes non explosées lors des deux guerres mondiales. Ces zones incluent notamment la Picardie, la Normandie, Verdun. L'association HAPPAH estime également que près d'un tiers des utilisateurs clandestins d'appareils de détections sont à la recherche de matériel militaire. En dix ans, 30 d'entre eux ont été tués au cours de leur recherche, par l'explosion d'une munition ancienne. En 2009, elle a recensé dix décès liés à cette pratique en Europe[4].

Situation dans le monde[modifier | modifier le code]

Le trafic d'antiquité et de pièces archéologique est souvent considéré comme le second trafic le plus lucratif au monde, après le trafic de drogue. Il génère plusieurs milliards d'euros par an[5].

Si le pillage et la destruction de sites archéologiques est présent partout dans le monde, y compris en France et en Europe, elle est particulièrement préoccupante dans les pays du Tiers-Monde dépositaires d'une histoire ancienne. L'Égypte, Israël, la Turquie et les pays du Maghreb sont les plus touché au Moyen-Orient, ainsi que l'Irak depuis l'invasion américaine en 2003. En Amérique latine, de nombreuses sépultures précolombiennes sont profanées et pillées afin de récupérer des pièces métalliques qui peuvent être revendues aux touristes comme souvenirs. En Afrique, cela concerne également les objets de l'époque préhistorique.

Pillage technologique[modifier | modifier le code]

Le développement considérable du Web, l'utilisation des sources ouvertes comme méthode de renseignement (Robert Steele), accroît la visibilité sur les ressources, notamment informatiques, des entreprises, et peut conduire à certaines formes de pillage technologique.

Les méthodes de recherche d'information à l'aide de moteurs de recherche, sur des ressources informatiques indexées, peuvent utiliser des registres de métadonnées, ce qui accroît l'efficacité des recherches. Ces méthodes, le plus souvent légales, peuvent dans certains cas transgresser la législation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. UNESCO, site de l'UNESCO, protection du patrimoine culturel subaquatique
  2. http://www.halte-au-pillage.org/compteur.html
  3. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g88ECiOOic5idnczTjAcxBtvhbQA
  4. http://halte-au-pillage.org/infolettre8.html
  5. http://www.liberation.fr/culture/010163098-antiquaire-et-trafiquant-tout-un-art

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]