Voie Appienne

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Restes de la Voie Appienne à Rome, près de Quarto Miglio.
Fontaine sur la Voie Appienne à Formia.
Les deux colonnes marquant la fin de la Voie Appienne à Brindisi.

La voie Appienne (Via Appia) est une voie romaine de près de 500 km de longueur, partant de Rome, longeant la côte tyrrhénienne, traversant les terres de la Campanie et de la Basilicate pour terminer dans les Pouilles. Elle fut construite en 312 av. J.-C.. Elle joignait à l'origine Rome à Capoue, puis fut prolongée jusqu'à Brindes (Brundisium).

À l'issue de la Troisième Guerre servile en 71 av. J.-C., les esclaves sous le commandement de Spartacus furent écrasés par Crassus, les 6 000 survivants furent crucifiés le long de la voie Appienne.

La voie Appienne est certainement la voie romaine la mieux conservée, et de nos jours de nombreux vestiges sont encore visibles. Son importance est confirmée par le surnom de « Reine des voies » (Regina Viarum) que lui donnaient les Romains, à l'origine de l'expression prendre « la voie royale »[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Les travaux de construction de la voie Appienne débutèrent en 312 av. J.-C., initiés par le censeur Appius Claudius Caecus, appartenant à la famille patricienne des Claudii. Il fit restructurer et élargir une voie préexistante qui reliait Rome à la colline d’Albano.

Le parcours original partait du sud de Rome, près des thermes de Caracalla, passait près des catacombes de Callixte, de saint Sébastien et de sainte Domitille, puis Ariccia, le forum Appio, Terracine, Fondi, Itri, Formia, Minturno (Minturnae), Mondragone (Sinuessa), et enfin Capoue qui était passée sous contrôle romain, Appius Claudius Caecus y voyant un facteur d'unité politique et économique entre les deux villes. La voie avait comme fonction principale d'envoyer le plus vite possible des troupes vers le sud de l'Italie, afin de consolider la domination de Rome sur cette partie de la péninsule[2]. En 191 av. J.-C., elle fut prolongée vers Tarente et Brindisi, plus important port de commerce avec la Grèce et l'Orient à l'époque, et d'où s'embraquaient les légions pour l'Afrique et l'Asie. D'une largeur très régulière de 4,1 m, elle était pavée de grandes dalles de basalte bombées permettant à deux chariots de se croiser, tandis qu'elle était bordée par des chemins de terre pour piéton qui pouvaient se restaurer, se rafraîchir et se reposer grâce aux tabernae et fontaines qui jalonnaient la route[3].

La voie Appienne sous le règne de Trajan aurait subi des transformations pour relier de manière plus directe la ville de Bénévent à Canosa (Canusium) et Bari (Barium), formant la Via Appia Traiana.

Parcours de la Voie Appienne (en rouge).

Sur la route de Pompéi[modifier | modifier le code]

Première borne miliaire de la Voie Appienne aujourd'hui conservée au Capitole ; une copie de la borne est placée sur le lieu original.

Après la chute de l’Empire Romain la voie Appienne tomba en désuétude mais elle fut empruntée par des pèlerins chrétiens ou des Croisés pour rejoindre la Terre sainte[4] ; au XVIIIe siècle le Pape Pie VI ordonna sa restauration et son utilisation.

De nombreux tronçons de la voie originale ont été préservés jusqu’à nos jours et certains d'entre eux qui ont été modernisés sont encore ouverts au trafic automobile, comme aux environs de la ville de Velletri.

Le long de la voie Appienne proche de Rome s’alignent de nombreuses tombes et les catacombes des premières communautés chrétiennes. C’est sur cette voie qu’apparurent les premières bornes milliaires.

La nouvelle voie Appienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Via Appia Nuova.
Nouvelle voie Appienne.
Photo de James Anderson

Une nouvelle voie fut construite parallèlement à l’originale (reprenant parfois le tracé de la voie antique) en 1784 et nommée via Appia Nuova.

Vu l’intérêt historique et les nombreux sites archéologiques présents le long de la voie, il a été proposé plusieurs fois la création d'une aire protégée pour préserver et mettre en valeur toutes ces richesses.

Actuellement le Parc Régional de L'Appia Antica, créé le 10 novembre 1988, abrite une aire d'environ 3 500 hectares autour des villes de Rome, Ciampino et Marino.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Delphine Gaston, Nos 500 expressions populaires préférées, Larousse, , p. 144
  2. Klaus Brantl, Rome la splendide, Süddeutscher Verlag, , p. 78
  3. Mediterra, Presses de Sciences Po, , p. 57
  4. Jacques de Saint Victor, Via appia, Éditions des Équateurs, , p. 77.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Rita Turchetti, Sulla Via Appia da Roma a Brindisi, L'Erma di Bretschneider,
  • (it) Attilio Stazio, Via Appia: da Roma a Brindisi attraverso Capua e Benevento, Edizioni del sole,
  • Jacques de Saint Victor, Via appia, Éditions des Équateurs, , 313 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]