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Terengganu

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Terengganu Darul Iman
ترڠڬانو دار الإيمان
Blason de Terengganu Darul Iman
Héraldique
Drapeau de Terengganu Darul Iman
Drapeau
Terengganu
Administration
Pays Drapeau de la Malaisie Malaisie
Statut État
Capitale Kuala Terengganu
Sultan Mizan Zainal Abidin
Ministre en chef Ahmad Samsuri Mokhtar
Démographie
Population 1 149 440 hab. (2020)
Densité 89 hab./km2
Géographie
Coordonnées 4° 45′ nord, 103° 00′ est
Superficie 1 295 500 ha = 12 955 km2
Divers
Hymne Selamat Sultan

Terengganu (en jawi : ترڠڬانو), officiellement Terengganu Darul Iman, est un État et un sultanat de Malaisie situé sur la côte orientale de la Malaisie péninsulaire. Il est bordé par le Kelantan au nord et au nord-ouest, par le Pahang au sud et au sud-ouest, et par la mer de Chine méridionale à l’est.

Sa capitale, sa plus grande ville et son centre royal est Kuala Terengganu, située à l’embouchure du fleuve Terengganu. L’État couvre une superficie d’environ 12 955 km² et comptait 1 149 440 habitants lors du recensement de 2020.[1]

Terengganu est une monarchie constitutionnelle dirigée par le sultan Mizan Zainal Abidin. Le chef du gouvernement de l’État porte le titre de Menteri Besar, généralement traduit en français par « ministre en chef » ; cette fonction est exercée par Ahmad Samsuri Mokhtar.[2]

Le territoire de Terengganu s’étend le long d’un littoral d’environ 240 km face à la mer de Chine méridionale. Il comprend de longues plages, des plaines côtières, des zones humides, des forêts tropicales et un arrière-pays plus accidenté. Plusieurs îles situées au large, notamment Pulau Redang, les îles Perhentian et Pulau Kapas, comptent parmi les principales destinations touristiques maritimes de Malaisie.[3]

L’économie de l’État repose notamment sur l’exploitation du pétrole et du gaz naturel, la pétrochimie, l’industrie manufacturière, la pêche, l’agriculture et le tourisme. Les activités liées aux hydrocarbures sont particulièrement concentrées dans le sud de l’État, autour de Kerteh, Paka et Kemaman. Le tourisme balnéaire et insulaire constitue également une source importante d’activité économique.

L’identité culturelle de Terengganu est fortement marquée par la culture malaise, l’islam et les traditions artisanales. L’État est notamment réputé pour le songket, le batik, la construction traditionnelle de bateaux, la sculpture sur bois et la production de cuivres ouvragés.

Terengganu occupe également une place importante dans l’histoire de l’islam et de l’écriture malaise. La pierre inscrite de Terengganu, découverte à Kuala Berang, constitue la plus ancienne preuve connue de l’usage de l’écriture jawi dans le monde malais musulman d’Asie du Sud-Est. Son inscription témoigne de l’implantation de l’islam et de l’existence de règles juridiques inspirées de la religion dans la région au début du XIVe siècle.[4]

Le titre honorifique Darul Iman signifie généralement « demeure de la foi ».

Divisions administratives

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Le sultanat de Terengganu est divisé en sept districts :

  1. Dungun (chef-lieu Kuala Dungun),
  2. Besut (Kampung Raja),
  3. Setiu (Bandar Permaisuri),
  4. Kemaman (Chukai),
  5. Marang (Bandar Marang),
  6. Hulu Terengganu (Kuala Berang),
  7. Kuala Terengganu (Kuala Terengganu),
  8. Kuala Nerus (Kuala Nerus).
Face A de la pierre inscrite de Terengganu.
Face B de la pierre inscrite de Terengganu.

Premières attestations et islamisation

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Le territoire correspondant à l’actuel Terengganu est fréquenté depuis une période ancienne en raison de sa situation sur les routes maritimes reliant la péninsule Malaise, le golfe de Thaïlande, la mer de Chine méridionale et l’archipel indonésien. Des communautés se développent notamment le long des cours d’eau et sur le littoral, où les activités reposent sur la pêche, l’agriculture et le commerce maritime.

La pierre inscrite de Terengganu, ou Batu Bersurat Terengganu, constitue l’un des principaux témoignages de cette période. Découverte en 1902 près de Kuala Berang, elle porte une inscription malaise rédigée en écriture jawi, dérivée de l’alphabet arabe. La date qui y figure correspond généralement à l’année 1303 de l’ère chrétienne.

Le texte énonce plusieurs prescriptions juridiques et religieuses inspirées de l’islam. Il constitue la plus ancienne preuve connue de l’emploi de l’écriture jawi dans le monde malais musulman d’Asie du Sud-Est et témoigne de l’implantation de l’islam à Terengganu au début du XIVe siècle.[5] La pierre a été inscrite en 2009 au Registre international Mémoire du monde.[6]

Le nom de Terengganu est attesté dans plusieurs sources médiévales sous des formes variables. Le Nagarakertagama, poème de cour rédigé en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, mentionne notamment un territoire appelé « Tringgano ». Celui-ci figure parmi les régions présentées comme relevant de la sphère d’influence du royaume.

La nature exacte de cette relation demeure toutefois incertaine. Les territoires énumérés dans le poème n’étaient pas nécessairement administrés directement depuis Java et pouvaient entretenir avec Majapahit des liens politiques, diplomatiques ou commerciaux d’intensité variable.

Formation du sultanat

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Le sultanat actuel de Terengganu se forme au début du XVIIIe siècle. Zainal Abidin, issu d’une famille de bendahara liée au sultanat de Johor, est généralement considéré comme son fondateur. Il règne sous le nom de Zainal Abidin Ier, bien que les sources divergent sur la date exacte du début de son règne, située entre 1708 et 1725.[7]

Le pouvoir du sultanat s’établit autour de Kuala Terengganu, à l’embouchure du fleuve Terengganu. Le port devient progressivement un centre d’échanges avec les autres États malais, le Siam, la Chine et les îles de l’archipel. Les souverains de Terengganu entretiennent également des liens dynastiques et politiques avec les sultanats de Johor, de Riau-Lingga, de Kelantan et de Pahang.

Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, Terengganu connaît plusieurs conflits de succession et périodes d’instabilité. Entre 1831 et 1839, des luttes opposent notamment Tengku Umar à d’autres prétendants au trône. Bukit Puteri, à Kuala Terengganu, sert alors de position défensive en raison de sa situation stratégique dominant l’embouchure du fleuve.[8]

Relations avec le Siam et domination britannique

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Pendant une partie du XIXe siècle, Terengganu reconnaît de manière variable la suzeraineté du Siam, notamment par l’envoi périodique du bunga mas. Cette relation ne correspond toutefois pas à une administration directe et laisse au sultanat une importante autonomie interne.

Le traité anglo-siamois de 1909 transfère à la Grande-Bretagne les droits que le Siam revendiquait sur plusieurs États malais du Nord, dont Terengganu. Le sultanat passe alors progressivement sous influence britannique. Un conseiller britannique est installé, tandis que le sultan conserve officiellement son autorité sur les affaires religieuses et les coutumes malaises.

Sous le règne du sultan Zainal Abidin III, Terengganu adopte le une constitution écrite, l’Itqan al-Muluk bi Ta'dil al-Suluk, également appelée Undang-Undang Bagi Diri Kerajaan Terengganu. Le texte définit l’organisation du gouvernement et les prérogatives de la monarchie. Il affirme également le caractère musulman et malais du sultanat.[9]

Les réformes administratives et foncières introduites sous l’influence britannique suscitent des résistances dans les campagnes. Celles-ci culminent lors du soulèvement de 1928, associé à l’érudit religieux Abdul Rahman Limbong. Le mouvement s’oppose notamment aux nouvelles règles concernant l’occupation des terres, la fiscalité et l’autorité de l’administration coloniale. Il est réprimé, et Abdul Rahman Limbong est ensuite exilé à La Mecque.

Seconde Guerre mondiale et indépendance

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Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Terengganu est occupé par les forces japonaises à partir de 1942. Comme le Kelantan, le Kedah et le Perlis, l’État est ensuite placé sous administration thaïlandaise pendant une partie de l’occupation, avant le retour des Britanniques en 1945.[10]

Terengganu est intégré à l’Union malaise en 1946, puis à la Fédération de Malaisie en 1948. Il devient l’un des États constitutifs de la Fédération de Malaya indépendante le , avant de rejoindre la fédération élargie de Malaisie lors de sa création le .

Depuis l’indépendance, l’histoire politique de Terengganu est marquée par la compétition entre l’Organisation nationale des Malais unis et le Parti islamique panmalais. L’exploitation du pétrole et du gaz naturel à partir de la seconde moitié du XXe siècle transforme profondément l’économie de l’État, notamment autour de Kerteh, Paka et Kemaman.

L’islam occupe une place centrale dans l’identité historique, culturelle et institutionnelle du Terengganu. La grande majorité de la population de l’État est musulmane et appartient principalement à la communauté malaise. Le titre honorifique de l’État, Darul Iman, signifie d’ailleurs « demeure de la foi ».

Le sultan de Terengganu est le chef de la religion islamique dans l’État. L’administration des affaires religieuses relève notamment du Majlis Agama Islam dan Adat Melayu Terengganu (MAIDAM, « Conseil de la religion islamique et des coutumes malaises de Terengganu »), qui exerce des fonctions relatives aux mosquées, aux biens de mainmorte religieux, à la collecte de la zakat, à l’enseignement islamique et à l’administration de certaines affaires familiales et sociales musulmanes.[11]

Parmi les principaux lieux de culte musulmans figurent la mosquée Zainal Abidin, également appelée Mosquée blanche, la mosquée Tengku Tengah Zaharah et la mosquée de Cristal, toutes situées dans la région de Kuala Terengganu. Les mosquées et les écoles religieuses jouent également un rôle important dans la vie sociale et éducative de l’État.

Comme dans le reste de la Malaisie, le système juridique applicable aux questions religieuses repose sur une répartition des compétences entre le droit fédéral et le droit des États. Les tribunaux de la charia de Terengganu ont compétence uniquement sur les musulmans et dans les matières autorisées par la Constitution et la législation fédérales. Les habitants non musulmans demeurent soumis au droit civil pour les affaires personnelles et pénales.

Des communautés bouddhistes, chrétiennes, hindoues et adeptes des religions traditionnelles chinoises vivent également dans l’État, principalement dans les centres urbains. Kuala Terengganu possède notamment plusieurs temples chinois historiques dans le quartier de Kampung Cina, dont le temple Ho Ann Kiong. La Constitution fédérale garantit la possibilité de pratiquer les autres religions dans la paix et l’harmonie.

Application du droit pénal islamique

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Terengganu est gouverné depuis 2018 par le Parti islamique pan-malaisien (PAS), qui défend une application plus stricte des normes religieuses. Les dispositions pénales de la charia adoptées par l’État ne s’appliquent qu’aux musulmans et demeurent soumises aux limites de compétence imposées aux tribunaux de la charia par le droit fédéral.

En août 2025, le gouvernement de l’État a annoncé l’application intégrale d’une disposition de l’Enactment sur les infractions pénales de la charia (Takzir) de 2016. En vertu de cette disposition, un homme musulman reconnu coupable d’avoir manqué sans motif valable une seule prière du vendredi peut être condamné à une amende maximale de 3 000 ringgits, à une peine maximale de deux ans d’emprisonnement, ou aux deux peines cumulées.[12]

Auparavant, les sanctions visaient principalement les hommes ayant manqué trois prières du vendredi consécutives. Le durcissement annoncé en 2025 a suscité des critiques de la part de défenseurs des droits humains et de juristes, qui ont notamment soulevé des interrogations concernant la proportionnalité des peines, la liberté individuelle et l’articulation entre les compétences des États et le droit fédéral.[13]

Références

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  1. (ms) « Terengganu Kawasanku », sur OpenDOSM, Département des statistiques de Malaisie (consulté le )
  2. (ms) « Ahli Exco », sur Pejabat Setiausaha Kerajaan Terengganu (consulté le )
  3. (en) « Redang Island », sur Tourism Malaysia (consulté le )
  4. (en) « Batu Bersurat Terengganu (Inscribed Stone of Terengganu) », sur UNESCO (consulté le )
  5. « Batu Bersurat Terengganu (la pierre gravée de Terengganu) », sur UNESCO (consulté le )
  6. (en) « Memory of the World: documentary heritage in Asia and the Pacific », sur UNESCO (consulté le )
  7. (ms) « Sejarah Kesultanan Terengganu », sur Majlis Bandaraya Kuala Terengganu (consulté le )
  8. (ms) « Bukit Puteri », sur Muzium Negeri Terengganu (consulté le )
  9. (ms) « Undang-Undang Bagi Diri Kerajaan Terengganu », sur Dewan Undangan Negeri Terengganu (consulté le )
  10. (ms) « Pendudukan Jepun di Tanah Melayu, 1942-1945 », sur Archives nationales de Malaisie (consulté le )
  11. (en) « Administration of the Religion of Islam (Terengganu) Enactment 2001 », sur Terengganu e-Qanun (consulté le )
  12. (en) « With ‘takzir’ law in effect, Muslim men in Terengganu face up to two years in jail for missing Friday prayer even once », sur Malay Mail, (consulté le )
  13. « Malaisie : des tensions autour de l’application de la charia par un parti islamiste », sur La Croix, (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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