Trisagion

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Le trisagion est une série de trois invocations dans la liturgie byzantine utilisée par l'Église orthodoxe, les églises des trois conciles et les églises catholiques orientales, utilisée plus rarement dans le rite romain. Le terme est issu du grec τρίς (tris) signifiant trois fois et ἅγιος (hagios), saint. Elle commence par le mot Hágios : Hágios o Theós, Hágios Ischyrós, Hágios Athánatos, eléïson himás[1] (Saint Dieu, Saint [et] Fort, Saint [et] Immortel, aie pitié de nous).

Fonction liturgique[modifier | modifier le code]

Le chant d'acclamation est répété trois fois avant les lectures des textes de l'Écriture sainte; pendant le chant du Trisagion le prêtre récite lui-même une oraison portant le même nom.

Celui-ci était en usage dans le rite gallican, jusqu'à ce que Charlemagne ordonne le remplacement de ce rite par le rite romain en 789, avec son capitulaire Admonitio generalis. Car, l'Évangélisation de la Gaule fut effectuée par les prêtres grecs tel Irénée de Lyon, et non par Rome. Comme les neumes n'existaient pas encore, la mélodie de Trisagion gallican fut perdue.

En étudiant les manuscrits des antiennes dominicaines pour le Carême, Dom Jean Claire de Solesmes découvrit vers 1995 un trope duquel le texte avait été adopté pour le Trisagion. Finalement, ce dernier était partiellement conservé dans l'antienne grégorienne Media vita in morte sumus, à la suite de la disparition après l'ordonnance de Charlemagne.

Auprès de l'Église romaine, Agios o Theós est chanté au vendredi saint, lors de l'adoration de la Croix, sommet de cet office. C'est pourquoi le chœur I exécute solennellement le texte en grec.

Au regard du rite romain, l'Église avait célébré la messe, durant les premiers trois siècles, toujours en grec. Au IVe siècle, la traduction du texte fut entièrement effectuée, à l'exception du Kyrie. Mais également, lors de la célébration du vendredi saint, un peu de textes en grec restent dans les Impropères, qui sont chantés en grec et, en alternance, en latin ou la langue locale, et normalement en double chœur qui était une tradition ancienne du rite byzantin[2]. En effet, les Impropères sont le sommet de la célébration du vendredi saint [texte en ligne (voir Improperia)] :

1. Hágios o Theós.
2. Sanctus Deus.
1. Hágios Ischyrós.
2. Sanctus Fortis,
1. Hágios Athánatos, eléison himás.
2. Sanctus Immortalis, miserere nobis.[1]

Texte[modifier | modifier le code]

Voici la version francophone du Trisagion :

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous (3 fois)
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles Amen
Trinité Très-Sainte Trinité aie pitié de nous.
Seigneur Remets-nous nos péchés.
Maitre, Pardonne-nous nos iniquités.
Saint, Visite-nous et guéris nos infirmités à cause de Ton Nom.
Kyrie eleison (3 fois)
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit Maintenant et toujours et aux siècles des siècles Amen.

Le chant du Trisagion est fidèle au symbolisme biblique, selon lequel le nombre trois appliqué à une parole ou à un geste, lui attribue une importance et une portée exceptionnelles (cf. "Saint, Saint, Saint le Seigneur"), (Is 6,3).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Dictionnaire en ligne[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Missale Romanum, édition 2002
  2. Dom Jean Claire, Saint Ambroise et le psalmodie (Études grégoriennes, tome XXXIV (2007), p. 17) ; d'ailleurs, ce double chœur fut, pour la première fois, importé en Occident par saint Ambroise de Milan au IVe siècle (même document).