Asteraceae

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la famille des Composées en botanique. Pour les autres sens du mot « composée », voir Composition.

L'importante famille des Asteraceae (Astéracées) ou Compositae (Composées[1],[2] ou, parfois, Composacées[1],[2]) est formée de nombreuses plantes dicotylédones : elle comprend près de 13 000 espèces réparties en 1 500 genres. Ce sont très majoritairement des plantes herbacées, même si cette famille comprend aussi des arbres, des arbustes ou des lianes.

Nom scientifique : Asteraceae Bercht. & J.Presl (1820) ou Compositae Giseke (1792).

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Les Astéracées ont la caractéristique commune d'avoir des fleurs minuscules, réunies en inflorescence appelée capitules, c'est-à-dire serrées les unes à côté des autres, sans pédoncules. Les fleurs sont placées sur l'extrémité d'un rameau ou d'une tige et entourées d'une structure formée par des bractées florales formant une structure en forme de coupe ou de collerette appelée involucre.

Ainsi, contrairement au terme de la langue commune, issu d'un usage très ancien[N 1], ce qu'on appelle une « fleur » de tournesol, de chardon, ou encore de pissenlit n'est en réalité pas « une » fleur mais un capitule formé d'une multitude de petites fleurs.

Dessin d'une coupe longitudinale d'un capitule de Matricaria recutita, avec gros plans sur les deux types de fleurs des Astéracées; A: deux fleurs tubulées, ou fleurons, une ouverte et une fermée; B: fleur ligulée.

La fleur des Astéracées est très particulière : les étamines sont soudées par leurs anthères déhiscentes vers l'intérieur. Sous les stigmates sont situées des « brosses à pollen ». La croissance rapide du style bifide permet un brossage du pollen et sa récupération. Une fois que le stigmate a traversé le tube formé par les anthères, les stigmates se déplient et exposent leur face gluante au pollen. Il faut penser qu'à ce moment-là, du nectar est sécrété.

Les fruits sont des akènes, souvent couronnés d'une aigrette de soies appelée pappus qui favorise la dispersion des graines par le vent.

Types de capitules des Astéracées[modifier | modifier le code]

On peut diviser les capitules des Astéracées en trois groupes :

  • les liguliflores (chicorée, pissenlit, laitue etc.), où le capitule est composé uniquement de fleurs ligulées (parfois appelées demi-fleurons). Celles-ci présentent chacune une languette, ou ligule ; les équivalents des pétales sont soudés, généralement par cinq, parfois par trois, reconnaissables seulement aux dents de la languette, et où un pétale prédomine (fleur irrégulière) ;
  • les tubuliflores (chardon, cirse, centaurée etc.), dont le capitule n'est composé que de fleurs régulières, tubulées (ou fleurs tubulaires parfois appelées fleurons). Elles présentent chacune un tube terminé par des lèvres imperceptibles ou s'ouvrant plus ou moins largement en cinq lobes ;
  • les radiés, aux fleurs périphériques ligulées entourant un disque de fleurs tubulées[3] (marguerite, aster, séneçon etc.).

Pour identifier la plupart des plantes de cette famille, il est nécessaire de récolter des capitules défleuris, portant des fruits mûrs ou, au moins, déjà bien formés. L'observation des bractées de l'involucre est également très importante.

Particularités[modifier | modifier le code]

Certaines Asteraceae sont des plantes succulentes, principalement dans les genres Senecio et Othonna.

D'autres sont connues pour le caractère allergène de leur pollen (genre Ambroisie).

On peut aussi citer une plante emblématique de la flore montagnarde : l'edelweiss.

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Il pourrait y avoir un ancêtre commun à toutes les plantes de cette famille en Amérique du Sud, datant de l'éocène[4].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Dans cette famille nombreuse, certains genres sont comestibles, on y trouve :

ainsi que des oléagineux :

Plus de 200 genres sont cultivés comme plantes ornementales (aster, chrysanthème, etc.). Certaines espèces fournissent un insecticide à base de pyréthrines. Les Grecs utilisaient l'herbe aux moucherons, sèche, étendue sous le blé pour éloigner les rongeurs et Palladius consigna ces pratiques dans son De re rustica. En compagnonnage, l'armoise est connue pour être un répulsif des rongeurs. D'autres (genre Artemisia) sont utilisés dans la fabrication de liqueurs comme l'absinthe ou le génépi.

Principaux genres[modifier | modifier le code]

Achillea, Acroptilon, Ageratina, Ambroisie, Anacyclus, Anaphalis, Andryala, Antennaria, Anthemis, Aposeris, Arctium, Arctotheca, Arctotis, Argyranthemum, Arnica, Arnoseris, Artemisia, Aster, Asteriscus, Atractylis, Baccharis, Balsamita, Bellis, Bellium, Berardia, Bidens, Blumea, Bombycilaena, Brachyscome, Buphthalmum, Cacalia, Calendula, Callistephus, Calotis, Carduncellus, Carduus, Carlina, Carpesium, Carthamus, Catananche, Cenia, Centaurea, Centipeda, Cheirolophus, Chiliadenus, Chondrilla, Chrysanthemoides, Chrysanthemum, Cicerbita, Cichorium, Cineraria, Cirsium, Cnicus, Coleostephus, Conyza, Coreopsis, Cosmos, Cotula, Crepis, Crupina, Cyclachaena, Cynara, Dahlia, Delairea, Dendrosenecio, Dimorphotheca, Dittrichia, Echinacea, Echinops, Eclipta, Encelia, Epaltes, Erigeron, Eriophyllum, Eupatorium, Euryops, Evax, Felicia, Filago, Flaveria, Gaillardia, Galactites, Galatella, Galinsoga, Gamochaeta, Gazania, Gerbera, Geropogon, Glebionis, Glossocardia, Gnaphalium, Grindelia, Guizotia, Hedypnois, Helenium, Helianthus, Helichrysum, Hemizonia, Heteranthemis, Hieracium, Homogyne, Hyoseris, Hypochaeris, Inula, Ismelia, Jasonia, Jurinea, Lactuca, Lagenophora, Lapsana, Leontodon, Leontopodium, Leucanthemopsis, Leucanthemum, Leuzea, Liatris, Ligularia, Lipochaeta, Logfia, Lonas, Madia, Mantisalca, Matricaria, Melanthera, Montanoa, Mycelis, Nananthea, Notobasis, Olearia, Omalotheca, Onobroma, Onopordum, Orminis, Osteospermum, Otanthus, Ozothamnus, Pallenis, Parasenecio, Petasites, Phagnalon, Picnomon, Picris, Plagius, Podachaemium, Prenanthes, Pseudelephantopus, Pseudognaphalium, Pterocaulon, Ptilostemon, Pulicaria, Reichardia, Rhagadiolus, Rudbeckia, Sanvitalia, Santolina, Saussurea, Scolymus, Scorzonera, Senecio, Serratula, Sigesbeckia, Silphium, Silybum, Solidago, Soliva, Sonchus, Staehelina, Stevia, Synedrella, Tagetes, Tanacetum, Taraxacum, Telekia, Tephroseris, Tolpis, Tragopogon, Tridax, Tussilago, Tyrimnus, Urospermum, Ursinia, Verbesina, Vernonia, Vittadinia, Wedelia, Willemetia, Xanthium, Xeranthemum, Zinnia.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. les botanistes eux-mêmes ont longtemps utilisé le terme de « fleur » pour désigner les capitules. Par exemple, Linné décrit en latin les « minore flore » de Chrysanthemum Spec Plant1753, ou Ramatuelle dans sa communication à l'Académie des Sciences en 1792, décrit la Camomille à grande fleur ou Anthemis grandiflora (actuellement chrysanthème des fleuristes Acad Sc). Il distingue « la fleur terminale de chaque rameau » des « fleurons » et « demi-fleurons ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Entrée « Composées » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 14 mai 2016).
  2. a et b Définitions lexicographiques et étymologiques de « Composées » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 14 mai 2016).
  3. Bernard Boulard, Dictionnaire de botanique, Ellipse, , 398 p. (ISBN 2-7298-8845-4), p. 171
  4. Barreda VD, Palazzesi L, Tellería MC, Eocene Patagonia fossils of the daisy family, Science, 2010;329:1621

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]