Apomixie

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En botanique, l'apomixie (du grec apo, « à l'écart » et mixis, « mélange ») ou apogamie (du grec apo, « à l'écart » et gamos, « union »), est un mode de multiplication asexuée, sans fécondation et avec modification de la méiose. La pollinisation ne conduit pas à la formation d'une graine contenant un embryon hybride mais stimule le développement de l'une des cellules diploïdes de l'ovule qui reproduit ainsi le génotype strictement maternel. L'apomixie est un type particulier de parthénogenèse.

La méiose modifiée crée des graines génétiquement identiques à la plante mère. Bien que les avantages évolutifs liés à la reproduction soient perdus (élimination des mutations délétères, brassage génétique augmentant le potentiel adaptatif), l'apomixie transmet des mutations somatiques, permettant ainsi une forme d'évolution. Elle favorise aussi la colonisation de nouveaux milieux assez loin de la plante mère grâce à la propagation des graines[1].

Les plantes apomictiques sont génétiquement identiques d'une génération à l'autre, certaines lignées ont les caractères d'une espèce à part entière et maintiennent des différences phénotypiques avec leurs congénères apomictes, tout en ayant entre elles des différences plus minimes que celles existantes entre les espèces de la plupart des genres. Les apomictes sont donc souvent appelés micro-espèces.

Dans certains genres, il est possible d'identifier et de nommer des centaines voire des milliers de micro-espèces, qui peuvent être regroupées sous le nom d'espèces agrégées, généralement répertoriées dans les flores sous la convention « Genre espèce agg. » (par exemple : la ronce commune, Rubus fruticosus agg.).

Exemples[modifier | modifier le code]

On peut trouver de bons exemples de plantes apomictiques dans les genres suivants : le mil, la potentille, le cotoneaster, l'aubépine, Sorbus (Sorbier des oiseleurs et Alisier blanc), Rubus (ronces ou mûres), Hieracium et les pissenlits du genre Taraxacum. Certains pommiers comme Malus hupehensis sont apomictiques.

Certains agrumes sont aussi capable d'apomixie. On peut parler aussi, dans ce cas au moins, d’automixie; et cela a des applications en agronomie, en permettant de fixer des caractères génétiques intéressant et en supprimant toute variabilité génétique de ces caractères. Sur ce genre Citrus, on fait référence aussi a de l'Agamospermie, on constate par exemple une polyembryonisation, dans laquelle on peut trouver plusieurs embryons par graine, certains sexuels, d'autres asexuels.[2]

Un exemple d'apomixie mâle a été récemment découvert chez le Cyprès du Tassili, Cupressus dupreziana, où les graines sont dérivées entièrement du pollen sans contribution génétique du « parent » femelle[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Peycru, Jean-Claude Baehr, François Cariou, Didier Grandperrin, Christiane Perrier, Jean-François Fogelgesang, Jean-Michel Dupin, Biologie, Dunod, , p. 162-164.
  2. Koltunow, Anna(Jul 2012) Apomixis. In: eLS. John Wiley & Sons Ltd, Chichester. http://www.els.net/WileyCDA/ElsArticle/refId-a0002035.html [doi: 10.1002/9780470015902.a0002035.pub2]
  3. Pichot, et al., 2000, 2001.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]