Lamiaceae

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Les Lamiaceae ou Labiatae, communément appelées Lamiacées, Labiacées ou Labiées, sont une importante famille de plantes dicotylédones qui comprend environ 6 000 espèces et près de 210 genres.

La famille des Dicrastylidiaceae (encore appelée Chloanthaceae) y est incorporée par la classification phylogénétique. Ce sont 11 genres d'arbustes des régions tropicales d'Afrique de l'Est, de Madagascar, des Mascareignes, d'Australie et des Îles du Pacifique.

Certains genres provenant de la famille des Verbenaceae y sont maintenant incorporés.

Phytonymie[modifier | modifier le code]

Les Lamiacées sont nommées d'après le genre type Lamium provenant du latin lamia. Un des premiers auteurs à mentionner cette origine est Pline l'Ancien[1] qui évoque ce Lamium comme une « ortie morte », c'est-à dire une fausse ortie car elle a perdu son pouvoir urticant[2]. Lamia est tiré du même mot grec désignant une créature monstrueuse (Lamia, ogresse croque-mitaine dans la mythologie grecque), provenant de laimos, « gorge, gosier ». La corolle bilabiée ( à deux « lèvres ») des Lamiacées peut en effet évoquer, pour un esprit imaginatif, une gueule ouverte[3].

Le nom scientifique initial (nomen conservandum) de Labiées est donné en 1789 par Antoine-Laurent de Jussieu[4] dans Genera plantarum, ouvrage considéré comme la base de la nomenclature des familles par le Code international de la nomenclature botanique[5]. Ce terme provient du latin labia, « lèvre », en référence à la corolle caractéristique[6]. La lèvre supérieure en casque (formée de 2 pétales soudés) protège les organes reproducteurs des intempéries et du soleil ; la lèvre inférieure (formée de 3 pétales soudés) sert de plate-forme à l'insecte qui vient chercher le nectar, le pollinisateur étant souvent orienté par un guide de nectar[7].

Principaux genres[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreux genres présents en Europe, on peut citer:

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Ce sont le plus souvent des plantes herbacées, des arbustes et rarement des arbres ou des lianes, producteurs d'huiles essentielles, largement répandus autour du monde et dans tous types de milieux. Pour la plupart des genres, 10 critères caractérisent cette famille :

  1. Racine pivotante ramifiée.
  2. des feuilles simples, opposées décussées (disposées en paire se croisant d’un nœud à l’autre), parfois verticillées, dépourvues de stipules, à limbe souvent lobé ou découpé, à la marge entière ou dentée.
  3. une tige à section quadrangulaire, en raison de la présence de faisceau de collenchyme aux quatre angles.
  4. la forme de la fleur : la plupart du temps zygomorphes à symétrie bilatérale, mais parfois presque radiaire, généralement hermaphrodites.
  5. Inflorescence : fleurs en cymes, souvent réunies en faux-verticilles étagés, axillaires ou terminaux, d'aspect globuleux et dense (condensation des cymes en glomérules) ; rarement fleurs isolées.
  6. Calice zygomorphe tubuleux à 5 sépales soudés (5-12 lobes égaux), parfois bilabié (deux lèvres), persistant et se terminant par des dents ou des aiguillons.
  7. Corolle généralement caduque zygomorphe, constituée de 5 pétales soudés (tube se terminant par 4 ou 5 lobes) ou parfois à 4 lobes subégaux (Mentha, Lycopus, Lavandula), bilabiée (corolle soudée bilabiée de Lamium) ou unilabiée (une lèvre inférieure, la supérieure étant très réduite : Ajuga, Teucrium). Par tube de la corolle, il faut entendre la partie basilaire, plus ou moins cylindrique, de cet organe.
  8. Androcée oligostémone composé typiquement de quatre étamines fertiles (en deux paires parfois inégales : androcée didyname) soudées au tube de la corolle, la cinquième n'apparaissant pas ; parfois aussi, deux des étamines stériles se réduisent à des staminodes ; anthères introrses dorsifixes à déhiscence longitudinale, parfois fixés par un connectif élargi. La protandrie se manifeste au niveau des fleurs d'un même étage qui fleurissent de manière synchrone[8].
  9. Gynécée composé de deux carpelles, soudés entre eux ; ovaire supère, à quatre ovules anatropes unitégumentés (carpelles à 2 ovules mais chaque loge divisée par une fausse cloison[9]) ; un style gynobasique, naissant le plus souvent entre les lobes de l’ovaire et portant un stigmate bifide ou à 4 lobes.
  10. À la fructification, une fausse-cloison divise chaque carpelle en deux, formant ainsi un tétrakène composé de quatre nucules (parfois une drupe). Le fruit est enfermé dans le calice persistant qui ne s'ouvre que par temps humide. Lorsqu'il reçoit les gouttes de pluies, ce calice se comprime vers le bas, puis se détend, propulsant les fruits comme une catapulte. Les nucules peuvent aussi être dispersés par le vent, les oiseaux frugivores ou les fourmis. La myxocarpie chez les Nepetoideae se traduit par des nucules à mucilages qui se collent aux agents disperseurs[10].

Formule florale :

  • Les Lamiacées possèdent souvent des poils glanduleux et des glandes sous-épidermiques à huiles essentielles les rendant très odorantes.
  • La forme et la position des étamines comme celles des lobes de la corolle, jouent un rôle important dans la détermination et ne s’apprécient bien qu’à l’aide de matériel frais : on notera tout particulièrement si les étamines dépassent nettement, ou non, les lobes de la corolle. La couleur de celle-ci et l’odeur de la plante au froissement doivent également être notées sur des exemplaires frais.
  • Chez diverses espèces de cette famille, existent fréquemment dans les populations naturelles, à côté d’individus hermaphrodites, des plantes dont toutes les fleurs (ou parfois seulement une partie d’entre elles) sont exclusivement femelles ; celles-ci présentent des étamines avortées ou rudimentaires.

De nombreuses espèces de cette famille sont des plantes mellifères, fréquentées par les abeilles, et produisent des iridoïdes ainsi que des glycosides phénoliques.

Intérêt économique[modifier | modifier le code]

Cette famille est une importante source d'huiles essentielles, d'infusion et antibiotiques naturels pour l'aromathérapie, la parfumerie même si les parfums de synthèse tendent à remplacer ces essences. L'industrie des cosmétiques utilise également les Lamiacées pour leurs propriétés hydratantes et souvent antiseptiques.

On y rencontre beaucoup d'espèces cultivées comme plantes condimentaires (sauge, thym, basilic, menthe etc.).

On y trouve aussi des plantes ornementales (sauge par exemple) tant en extérieur qu'en intérieur (coleus).

Liste des sous-familles[modifier | modifier le code]

Selon Cantino (1992) :


Selon Angiosperm Phylogeny Website (6 Jul 2010)[11] :


Selon NCBI (6 Jul 2010)[12] :

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon Kew Garden World Checklist (13 février 2012)[13] :


Selon Angiosperm Phylogeny Website (6 Jul 2010)[11] :


Selon NCBI (6 Jul 2010)[12] :


Selon ITIS (6 Jul 2010)[14] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Heinrich Marzell, Wilhelm Wissmann, Hein Paul, Worterbuch der deutschen Pflanzennamen, S. Hirzel, , p. 1198
  2. « [urtica] quae innoxia est, morsu carens, lamium vocatur », d'après Pline, Histoire naturelle, 21, 93
  3. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolite, Éditions Quae, (lire en ligne), p. 76.
  4. (en) Frans Antonie Stafleu, Introduction to Jussieu's Genera Plantarum, J. Cramer, , p. 25.
  5. Michel Botineau, Botanique systématique et appliquée des plantes à fleurs, Lavoisier, , p. 13.
  6. François Couplan, op. cit., p.77
  7. Pierre Crété, Précis de botanique, Masson, , p. 369
  8. Gérard Guillot, La planète fleurs, Editions Quae, , p. 149.
  9. L'observation du fond du calice permet de repérer ces quatre loges qui comportent chacune un ovule.
  10. (en) Olof Ryding, « Myxocarpy in the Nepetoideae (Lamiaceae) with Notes on Myxodiaspory in General », Systematics and Geography of Plants, vol. 71, no 2,‎ , p. 503-514.
  11. a et b Angiosperm Phylogeny Website, consulté le 6 Jul 2010
  12. a et b NCBI, consulté le 6 Jul 2010
  13. Kew Garden « World Checklist », consulté le 13 février 2012
  14. ITIS, consulté le 6 Jul 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lambinon J. et al., Nouvelle flore de la Belgique, du G.-D. de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines (Ptéridophytes et Spermatophytes), Meise, Jardin botanique national de Belgique, 6e éd., 2012, 1195 p. (ISBN 978-90-72619-88-4) ;
  • Caroline Foley, Jill Nice, Marcus A. Webb, Le grand guide des herbes, éditions First ;
  • Volkà Jan, Les plantes médicinales, éditions Gründ ;
  • Fabienne Maleysson, Les huiles glissent sur l'essentiel, Magazine Que choisir, février 2006, no 434, p. 39, 40, 41 ;
  • Le petit Larousse illustré, Éditions Larousse, 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]