Hieracium

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Hieracium est un genre de plantes appelées communément épervières, de la famille des Asteracées à capitules tous ligulés et de couleur jaune (sauf Hieracium aurantiacum qui a des fleurs orange à rouges). Ce genre rassemble plus de 6 000 espèces et sous-espèces essentiellement montagnardes dont la détermination reste délicate en raison de l'action conjointe de l'apomixie, de l'hybridation et de la polyploïdie[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Hieracium est un terme latin construit à partir du mot grec ancien Hierax qui désigne les rapaces diurnes plus petits que les aigles comme les faucons ou les éperviers. Cette plante est nommée ainsi car une légende rapportée par Pline[2] prétend que certaines espèces croissant sur des parois rocheuses accessibles à ces seuls rapaces, favorisaient l'acuité visuelle des oiseaux qui absorbaient leur suc laiteux. Cette légende est peut-être due aux pétales munies de cinq dents qui évoquent grossièrement le bout des ailes de ces rapaces, ou un héritage de la théorie des signatures, en vertu de laquelle le latex de la plante était employé contre les inflammations des yeux et pour fortifier la vue[3],[4].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Hémicryptophytes cespiteux ou à rosettes, les épervières sont des plantes herbacées, vivaces par des racines pivotantes à effet allélopathique et qui se multiplient par voie végétative grâce à des bourgeons adventifs écailleux souterrains ou des bourgeons axillaires à la base des souches (chez les Piloselles, cette reproduction est assurée par les stolons aériens). Les tiges, simples ou ramifiées, portent des feuilles caulinaires alternes, sessiles ou pédonculées. Les feuilles inférieures sont regroupées en rosette basale. Souvent poilue, cette plante est parfois glandulaires, elles avec des feuilles alternes ou toutes basales[4].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les capitules renfermant chacun un grand nombre de fleurs jaunes soufre (ce qui les distingue des pissenlits), parfois blanches ou blanc jaunâtres (plus rarement orangées), sont souvent groupées en panicule corymbiforme, plus rarement solitaires. Ils sont protégés par un involucre à bractées (généralement de 5 à 21, ovales, lancéo-linéaires) imbriquées sur un rang très irrégulier ou sur plusieurs rangs ne formant pas de calicule. Le réceptacle floral à alvéoles plates est dépourvu d'écailles. Asteracée liguliflore, les fleurs sont toutes ligulées à cinq dents (correspondant à la soudure de 5 pétales). Le calice est réduit à des écailles. Le pollen possède aussi un effet allélopathique sur des plantes hétérospécifiques de la famille des Astéracées[5]. Les fruits sont des « akènes » cylindriques comprimés, munis de 8 à 10 côtes longitudinales, nullement atténués au sommet qui est nettement tronqué[4]. Ils sont couronnés d'une aigrette sessile de 2 rangs de 20 à 80 soies simples et roussâtres[6], appelée pappus, adaptée à la zoochorie et à l'anémochorie, notamment à la dispersion transocéanique des graines par le vent, ce qui favorise la spéciation allopatrique[7].

Utilisations[modifier | modifier le code]

L'épervière est dite à bon droit, au même titre que les Ronces et les Roses, « la croix des botanistes ». Les anciens regardaient plusieurs espèces (notamment l'épervière des murs appelée « la souveraine ») comme une panacée pour guérir presque toutes les maladies. Le latex blanc qui s'écoule au moindre traumatisme fut notamment utilisé pour soigner les plaies et les blessures[8]. Les recherches actuelles confirment ces vertus[9] : ces espèces contiennent notamment de l'acide chlorogénique aux activités pharmacologiques, des flavonoïdes aux effets protecteurs et de l'ombelliférone qui a des propriétés antibiotiques, antioxydantes, anti-inflammatoires, anti-hyperglycémiques et anti-tumorales[10].

Ce latex peut se coaguler en gomme brune quand on l'expose au soleil pendant quelques heures. Cet effet fut ainsi recherché par des écoliers pour obtenir un substitut du chewing-gum[11].

Systématique[modifier | modifier le code]

Hieracium murorum (L., 1753) est désigné comme le lectotype du genre Hieracium par Britton et Brown en 1913[12].

Quelques espèces[modifier | modifier le code]

Au sein des Astéracées, les principaux genres sont Senecio (1 500 espèces), Vernonia (1 000 espèces), Cousinia et Eupatorium (600 espèces), Hieracium, Helichrysum et Artemisia (500 espèces). Les épervières sont le genre d'Astéracées le plus représenté dans la flore française, avec au moins une quarantaine d'espèces recensées[13].

Listes d'espèces[modifier | modifier le code]

Hieracium murorum (Épervière des murs) poussant à travers une fissure de la roche à Aiguèze, France.

Selon NCBI (30 déc. 2010)[14] :

Selon ITIS (30 déc. 2010)[15] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) George Wayne Douglas et Elizabeth J. Stephen, The Sunflower Family (Asteraceae) of British Columbia: Astereae, Anthemideae, Eupatorieae and Inuleae, British Columbia Provincial Museum, , p. 382.
  2. Pline, Histoire naturelle, XX, 7.
  3. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolites, Quae, , p. 133.
  4. a, b et c Hippolyte Coste, Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes, P. Klincksieck, , p. 449.
  5. (en) Stephen D. Murphy, « Field Testing for Pollen Allelopathy: A Review », Journal of Chemical Ecology, vol. 26, no 9,‎ , p. 2155–2172.
  6. Ce critère permet de les distinguer de l'aigrette blanche chez les Crépides.
  7. (en) Leendert Pijl, Principles of dispersal in higher plants, Springer-Verlag, , p. 91.
  8. Paul Fournier, Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France, Naturegraph Publishers, , p. 102.
  9. (en) Vernon Hilton Heywood, Jeffrey B. Harborne, Billie Lee Turner, The Biology and Chemistry of the Compositae, Academic Press, , p. 1087.
  10. (en) Ofentse Mazimba, « Umbelliferone: Sources, chemistry and bioactivities review », Bulletin of Faculty of Pharmacy, Cairo University, vol. 55, no 2,‎ , p. 223-232 (DOI 10.1016/j.bfopcu.2017.05.001).
  11. (en) Donald R. Kirk, Wild edible plants of Western North America, Naturegraph Publishers, , p. 152.
  12. (en) Nathaniel Lord Britton, Addison Brown, An Illustrated Flora of the Northern United States, C. Scribner's Sons, , p. 329.
  13. Michel Botineau, Botanique systématique et appliquée des plantes à fleurs, Lavoisier, , p. 1143.
  14. NCBI, consulté le 30 déc. 2010
  15. ITIS, consulté le 30 déc. 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]