Xérophyte

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les plantes vivant seulement en milieu aride, voir Xérophile.
Un pourcentage significatif d'euphorbiaceae sont succulentes, dont certaines, comme ci-dessus, ressemblent étonnamment à des cactaceae. Ces deux familles ont adopté les mêmes stratégies face au stress hydrique. On parle de convergence évolutive.
Répartition du biome déserts et broussailles xérophytes.

La définition première de xérophytes (du grec ξηϱός - xêros : sec, et φυτόν - phuton : plante) qualifiait des plantes adaptées aux milieux secs. Maintenant le terme xérophyte définit plutôt une plante vivant en milieu aride, capable de résister à de grands déficits d’eau. Ces plantes se rencontrent dans des environnements très variés, tels que les déserts rocailleux, mais aussi dans la canopée des forêts tropicales. Les cactus et d'autres plantes succulentes poussent dans les déserts, alors que certaines broméliacées peuplent la cime des arbres des forêts ombrophiles.

Les vraies xérophytes sont des plantes qui survivent tout au long de l’année, y compris les périodes de sécheresse, grâce à leurs organes souterrains qui obtiennent l’eau des précipitations locales ainsi que de l’humidité atmosphérique.

Types de xérophytes[modifier | modifier le code]

Xérophytes poikilohydriques[modifier | modifier le code]

Plusieurs lichens, algues et fougères se retrouvent dans cette catégorie de xérophytes. Certains lichens absorbent leur eau de l’humidité dans l’air durant la nuit, et assimilent le CO2 en début de journée. D’autres vivent là où le sol n’est jamais inondé. Quelques-uns forment de petits thalles et utilisent la rosée comme source d’eau. Il y a également des espèces d’algues désertiques qui survivent grâce aux légères pluies et à la rosée comme source d’hydratation ainsi que pour éviter l’évapotranspiration. Ces algues et lichens vivent dans des déserts brumeux. Aussi, il y a des ptéridophytes poikilohydriques, qui, durant les périodes de sécheresse, ont les feuilles qui s’assèchent, mais celles-ci regagnent leur turgescence ainsi que leur couleur en 15 à 30 minutes après la première pluie suivant la sécheresse. Leur potentiel osmotique est élevé pendant la période de pluie, mais tout de même bas comparé aux annuelles d’hiver. Ces plantes ptéridophytes n’ont pas un système de conduction d’eau très efficace, c’est pourquoi elles ne vivent pas dans des déserts extrêmes.

Xérophytes malacophylles[modifier | modifier le code]

Les espèces appartenant à ce groupe subissent de courtes périodes de sécheresse. Par conséquent, elles ont une période étendue où l’eau est disponible. Celle-ci s’étend du printemps jusqu’au début de l’été. Au début des sécheresses, elles retiennent peu leur transpiration, ce qui crée donc un grand déficit d’eau. Par contre, les feuilles peuvent résister à ce déficit jusqu’à un certain degré. Ces plantes sont donc euryhydriques, c’est-à-dire qu’elles acceptent de très nombreux biotopes.

Xérophytes sclérophylles et aphylles[modifier | modifier le code]

Certaines espèces de sclérophylles vivent dans un climat méditerranéen. Ils sont capables de retenir leur transpiration afin de conserver le maximum d’eau possible, contrairement aux aphylles (plantes sans feuilles). Les plantes sclérophylles entrent en dormance durant l’été, quand l’habitat est extrêmement sec. Cela a pour conséquences de réduire leur taux de photosynthèse, leur reproduction ainsi que leur croissance. Pour compenser cette réduction, elles ont un haut taux de croissance et font beaucoup de photosynthèse lorsqu’elles sont actives. Plusieurs espèces ont des racines épaisses et des tiges souterraines capables de conserver les nutriments et l’eau pendant de longues périodes. Ces structures leur permettent de survivre aux sécheresses et de produire des feuilles et des tiges quand les conditions redeviennent favorables. Les feuilles des sclérophylles ont différentes fonctions, elles ont un mécanisme capable de les protéger contre l’herbivorie, les pathogènes ainsi que des dommages liés au vent ou encore à la sécheresse (cellules bulliformes). Ces dernières, de part leur déshydratation, permettent à la feuille de changer de forme en se repliant sur elle-même ; ce qui permet de maintenir une humidité relative, au contact de la face interne du repliement, plus importante.[Lequel ?].

Xérophytes sténohydriques[modifier | modifier le code]

Les plantes de ce groupe ferment leurs stomates dès qu’il y a un léger déséquilibre hydrique, ainsi il n’y a pas de baisse de potentiel osmotique. Ces plantes sont donc hydrostables[1].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Plusieurs adaptations apparues chez les xérophytes visent principalement à limiter la perte d'eau, ainsi qu'à recueillir autant d'eau que l'environnement puisse leur fournir.

Mécanismes Adaptation Exemple
Limitation
de la perte d'eau
cuticule céreuse Opuntia
nombre réduit de stomates
stomate enchâssé Pinus
stomate ouvert la nuit Carpobrotus edulis
duvet à la surface Sempervivum arachnoideum
feuilles incurvées Ammophila
Stockage de l'eau feuille succulente Bryophyllum
tige succulente Caulanthus inflatus
tubercule charnu Raphionacme
Prise d'eau système racinaire profond Acacia
directement à la nappe phréatique Nerium oleander
système racinaire étendu peu profond
absorption de l'humidité de l'air Tillandsia

Adaptations morphologiques[2][modifier | modifier le code]

Stomates, cuticule et cellules photosynthétiques

Beaucoup de plantes désertiques sont isobilatérales, c’est-à-dire qu’elles ont des stomates des deux côtés du mésophylle. Par conséquent, le CO2 se rend plus vite aux chloroplastes, ce qui améliore l’efficacité de la photosynthèse. Les xérophytes ont un plus grand nombre de stomates par millimètre carré sur le mésophylle comparé aux mésophytes. Ceci permet un contrôle sur les pertes d’eau lorsque le sol s’assèche, en plus de minimiser la distance du CO2 à parcourir pour atteindre les cellules photosynthétiques. Chez certaines plantes, on retrouve les stomates dans les cryptes, ceci rallonge la distance que l’eau doit parcourir pour diffuser, améliorant ainsi la résistance aux pertes d’eau. Par conséquent, la transpiration est directement réduite. Une autre adaptation est une cuticule plus épaisse, donc cela augmente la résistance cuticulaire, réduisant ainsi les pertes d’eau. Aussi, cela permet le rayonnement de la lumière sur la feuille. Les cellules photosynthétiques sont profondes dans la feuille, puisque la lumière est plus intense et pénètre facilement dans la feuille.

Racines

Comme adaptation, il y a le système racinaire fibreux qui forme un réseau dense pour capter le maximum d’eau et de nutriments du sol. D'autres espèces ont une seule racine pivotante profondément enfoncée dans le sol. Celle-ci est épaisse et conserve les nutriments.

Xylème

Chez les dicotylédones vivant dans des milieux très secs, les cellules du xylème sont plus petites et plus étroites avec des parois épaisses. Ceci permet l’acheminement de l’eau lorsqu’il y a une très forte pression négative. Sans cette adaptation, les vaisseaux du xylème collapseraient vu cette forte pression.

Certaines plantes poussant dans des biotopes non arides présentent des caractéristiques xérophytiques :

  • Confrontées au froid, l'eau du sol est indisponible durant les périodes de gel.
  • En milieu saturé en sel, les halophytes développent des stratégies de lutte contre la différence de pression osmotique, ressemblant à celles des xérophytes.

Il convient de ne pas confondre xérophyte et xérophile : les xérophytes sont des organismes adaptés à la sécheresse, mais pouvant aussi, sous certaines conditions, vivre en milieu humide, alors que les xérophiles (ξηϱός - xèros : sec, et ϕιλέω - philéô : aimer) sont des organismes ne pouvant vivre que dans des milieux secs, et qui dépérissent dans des milieux plus humides. Par exemple, parmi les cactées, les opuntias sont xérophytes : ils peuvent résister longtemps, parfois plusieurs années, à une sécheresse plus ou moins poussée, mais ont besoin d'eau pour végéter vraiment, et si ce n'était en raison du froid, ils s'adapteraient parfaitement en pleine terre à un climat français moyen. Les Ariocarpus et Turbinicarpus sont xérophiles : ils ne supportent pas plus que quelques arrosages en été, et doivent être maintenus totalement au sec en hiver.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Brow Jr. G.W et al. Desert Biology special topics on the physical and biological aspects of arid regions. volume 2, Academic press. 1974
  2. (en) Gurevitch J., Scheiner. M. Samuel, Gordon A.Fox, The ecology of plants second edition, Sinauer associates, Inc, 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Un virevoltant (Salsola tragus).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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