Benzène
| Benzène | |||
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| Structure et représentations du benzène | |||
| Identification | |||
| Nom IUPAC | Benzène | ||
| No CAS | |||
| No EINECS | |||
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| InChI |
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| Apparence | liquide incolore, d'odeur caractéristique[1]. | ||
| Propriétés chimiques | |||
| Formule brute | C6H6 [Isomères] |
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| Masse molaire[5] | 78,1118 ± 0,0052 g/mol C 92,26 %, H 7,74 %, |
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| pKa | 43[2] | ||
| Susceptibilité magnétique | 54,8×10-6 cm3·mol-1[3] |
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| Diamètre moléculaire | 0,526 nm [4] | ||
| Propriétés physiques | |||
| T° fusion | 6 °C[1];5,5 °C[6] | ||
| T° ébullition | 80,08 °C [7] | ||
| Solubilité | dans l'eau à 25 °C : 1,79 g·l-1; Miscible avec l'alcool, le chloroforme, l'éther, le disulfure de carbone, l'acétone, les huiles, le tétrachlorure de carbone, l'acide acétique glacial[6] | ||
| Paramètre de solubilité δ | 18,8 MPa1/2 (25 °C)[8] | ||
| Masse volumique | 0,879 g·cm-3 [9]
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| T° d'auto-inflammation | 498 °C[1] | ||
| Point d’éclair | -11 °C (coupelle fermée)[1] | ||
| Limites d’explosivité dans l’air | 1,2–8,0 %vol[1] | ||
| Pression de vapeur saturante | à 20 °C : 10 kPa[1], 12,6 kPa à 25 °C |
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| Viscosité dynamique | 0,65 mPa·s à 20 °C | ||
| Tension superficielle | 28,9.10-3 N/m à 20 °C | ||
| Point critique | 289,01 °C [7], 49,0 bar [11] | ||
| Vitesse du son | 1 310 m·s-1 à 25 °C [12] | ||
| Thermochimie | |||
| S0gaz, 1 bar | 269 J/mol·K | ||
| S0liquide, 1 bar | 173,4 J/mol·K | ||
| ΔfH0gaz | 82,96 kJ·mol-1 [13] | ||
| ΔfH0liquide | 49,06 kJ·mol-1 [13] | ||
| Cp | 136,0 J·K-1·mol-1
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| Cristallographie | |||
| Paramètres de maille | a = 7,440 Å b = 9,550 Å |
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| Volume | 491,68 Å3 [15] | ||
| Propriétés optiques | |||
| Indice de réfraction | 1,4979 [4] |
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| Précautions | |||
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B2, D2A, D2B, |
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Danger |
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| Groupe 1 : Cancérogène pour l'homme[16] | |||
| Inhalation | confusion, tachycardie | ||
| Yeux | dangereux | ||
| Écotoxicologie | |||
| LogP | 2,13[1] | ||
| Seuil de l’odorat | bas : 34 ppm haut : 119 ppm[20] |
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Le benzène est un composé organique de formule brute C6H6, également noté Ph-H, φ-H, ou encore ϕ-H. Il appartient à la famille des hydrocarbures aromatiques monocycliques, car le cycle formé par les six atomes de carbone est plan et comporte six électrons délocalisés.
Dans les conditions usuelles, le benzène est un liquide incolore, d'odeur caractéristique, volatil, très inflammable et cancérogène.
C'est un solvant très utilisé dans l'industrie chimique, et un précurseur important pour la synthèse chimique de médicaments, de plastiques, de caoutchouc synthétique ou encore de colorants. Il est produit industriellement par l'industrie pétrochimique essentiellement par reformage catalytique, hydrodésalkylation du toluène et vapocraquage.
Sommaire |
Historique [modifier]
Découverte [modifier]
En 1825, le scientifique britannique Michael Faraday isole dans le liquide résiduel du fond des bouteilles d'éclairage un composé qu'il nomme bicarburet of hydrogen[21],[22].
En 1833, le chimiste allemand Eilhard Mitscherlich le produisit par réaction de l'acide benzoïque (composant principal de la gomme benjoin) et de la chaux. Mitscherlich baptisa ce composé benzin en référence à la gomme benjoin[23].
En 1845, le chimiste britannique Charles Mansfield, travaillant sous la direction d'August Wilhelm von Hofmann, l'isola du goudron de houille. Quatre ans plus tard, il lançait la première production de benzène à l'échelle industrielle à partir de goudron de houille.
En 1868, Marcellin Berthelot le synthétise par trimérisation de l'acétylène.
Élucidation de la structure moléculaire [modifier]
Pendant quelques années, la structure moléculaire du benzène causa un grand nombre d'interrogations[24]. Plusieurs structures furent proposées successivement sans parvenir à expliquer les propriétés chimiques du composé.
La première forme structurale fut proposée en 1861 par Johann Josef Loschmidt, qui fournit une base à la première interprétation correcte de la structure du benzène proposée par le chimiste allemand Friedrich August Kekulé von Stradonitz en 1865[25],[26]. Le français Paul Havrez propose également en 1865 une structure cyclique dans laquelle les 6 liaisons C_C sont équivalentes[27].
Cependant les mesures par diffraction des rayons X montrent que toutes les liaisons carbone-carbone de la molécule de benzène ont la même longueur, ce qui n'est pas compatible avec la représentation de Kékulé. En effet, une liaison simple est plus longue qu'une liaison double. De surcroît, la liaison dans la molécule de benzène est à la fois plus longue qu'une liaison double, et plus courte qu'une liaison simple. Tout se passe comme s'il existait une liaison et demie entre chacun des atomes de carbone. Kékulé proposa donc en 1872 une nouvelle représentation fondée sur une "oscillation" entre deux structures équivalentes, de sorte que les liaisons simple et double échangent leurs positions rapidement. Les six liaisons carbone-carbone sont alors équivalentes, chacune étant liaison simple la moitié du temps et liaison double la moitié du temps.
Il faudra attendre la théorie des orbitales hybrides (élaborée par Linus Pauling, prix Nobel de chimie et prix Nobel de la paix, dans sa publication La nature de la liaison chimique) pour expliquer ce fait avec une grande élégance, et ce définitivement. En effet les liaisons chimiques peuvent être décrites avec une approximation raisonnable comme étant formées par des recouvrements d'orbitales atomiques (en méthode CLOA, Combinaison Linéaire d'Orbitales Atomiques, n orbitales atomiques se mélangent pour former n orbitales moléculaires). Les orbitales moléculaires obtenues par cette combinaison linéaire peuvent induire des effets de délocalisation des électrons.
Caractérisation et propriétés [modifier]
Propriétés physiques [modifier]
Le benzène est un liquide incolore, dont l'indice de réfraction est 1,50 (proche de celui du verre). Sa viscosité est plus faible que celle de l'eau. Il est très soluble dans les solvants organiques polaires, mais sa solubilité dans l'eau est assez faible. Il possède une odeur caractéristique, avec un seuil de détection de 1,5 à 900 mg·m-3 d'air.
En spectroscopie d'absorption infrarouge, le benzène présente une bande d'absorption au voisinage de 1 500–1 600 cm-1 due aux vibrations des liaisons carbone-carbone, et plusieurs pics d'absorption entre 650 et 1 000 cm-1 dus aux vibrations des liaisons carbone-hydrogène. La position et l'amplitude de ces derniers pics donnent des informations sur les substitutions éventuelles d'atomes d'hydrogène.
En RMN du proton, il présente un pic de déplacement chimique δ à 7–8 ppm.
Structure chimique : aromaticité [modifier]
Le benzène possède six électrons "pi" délocalisés qui lui confèrent son caractère aromatique. Elle est responsable de nombreuses propriétés du benzène, et notamment de sa grande stabilité.
Par rapport à un système « virtuel », pour lesquels les liaisons π seraient localisées (chaque liaison localisée entre deux atomes de carbone), le système réel dans lequel les liaisons π sont délocalisées sur la totalité du cycle est stabilisé de plus de 150 kJ⋅mol-1. Les réactions chimiques auxquelles participe le benzène sont donc préférentiellement celles pour lesquelles cette stabilisation est conservée. On explique la planéité du benzène par le fait que dans cette conformation, les orbitales 2p (x ou y) pures (c’est-à-dire non hybridées) des atomes de carbone optimisent leur recouvrement latéral. Il n'y a donc pas réellement de double liaison entre deux carbones donnés, mais ce qui est appelé un système pi délocalisé (on dit aussi "résonant", mais le terme a été critiqué, parce qu'il n'y a pas de fréquence de résonance[28]) que l'on peut décrire comme un vaste nuage électronique réparti équitablement entre tous les atomes de carbone.
Les électrons pi sont donc répartis sur tous les atomes de carbone, et la molécule peut être représentée comme la superposition des deux formes suivantes, appelées formes mésomères :
En réalité, aucune des deux formes représentées ci-dessus n'existe. La délocalisation doit être représentée d'une manière différente que par la simple utilisation de liaisons simples et de liaisons doubles. Dans une molécule organique, les liaisons simples sont des liaisons σ, formées d'électrons dont la probabilité de présence est très importante entre les atomes (recouvrement axial). Les liaisons doubles sont formées à la fois d'une liaison σ et d'une liaison π, celles-ci étant construites à partir des électrons 2p (x ou y) du carbone, comme illustré sur le schéma suivant (dans la partie de gauche, les liaisons σ sont représentées en rouge, les orbitales 2p en blanc et gris) :
Les orbitales 2p (x ou y) étant en dehors du plan constitué par les atomes, elles peuvent interagir librement, ce qui conduit à la délocalisation des électrons : chaque électron n'est pas rattaché spécifiquement à un atome ou une liaison, mais est délocalisé sur tout l'anneau, renforçant chacune des liaisons de manière équivalente :
Pour représenter ce caractère délocalisé des liaisons, le benzène est généralement représenté par un cercle contenu dans un hexagone :
Une méthode plus puissante permet de mieux décrire la structure électronique du benzène : la méthode des orbitales moléculaires. Cette méthode a été mise en œuvre par Erich Hückel en 1931 et nécessite le calcul d’un déterminant à six lignes et six colonnes et permet d'obtenir le diagramme énergétique du benzène.
Production [modifier]
Le benzène est produit lorsque des composés riches en carbone subissent une combustion incomplète. Par exemple, il est produit naturellement dans les volcans ou les incendies de forêts. Il est également présent dans la fumée de cigarette.
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le benzène était en majeure partie un produit secondaire de la production de coke dans l'industrie de l'acier. Cependant au cours des années 1950, la demande croissante de benzène, notamment dans l'industrie du plastique, a entraîné la nécessité de produire du benzène à partir de pétrole. À l'heure actuelle, la majeure partie du benzène est produite par l'industrie pétrochimique, avec une part mineure issue du charbon.
La production industrielle de benzène est issue de manière à peu près égale de trois procédés chimiques : le reformage catalytique, l'hydrodésalkylation du toluène et le vapocraquage. En 1996, la production mondiale de benzène était de 33 millions de tonnes dont 7 millions aux États-Unis, 6,5 millions dans l'Union européenne, 4,2 millions au Japon, 1,4 million en Corée du Sud et 1 million en Chine[29].
Reformage catalytique [modifier]
Au cours du reformage catalytique, un mélange d'hydrocarbures de températures d'ébullition comprises entre 60 °C et 200 °C est mélangé à du dihydrogène, puis passé sur des catalyseurs (chlorure de platine ou chlorure de rhénium) à une température comprise entre 500 °C et 525 °C et une pression comprise entre 8 et 50 atm. Dans ces conditions, les hydrocarbures aliphatiques forment des cycles et perdent des atomes d'hydrogène pour devenir aromatiques. Les composés aromatiques produits au cours de la réaction sont alors séparés du mélange réactionnel par extraction en utilisant des solvants comme le sulfolane (en) ou le diéthylène glycol. Le benzène est ensuite séparé des autres composés aromatiques par distillation.
Hydrodésalkylation du toluène [modifier]
L'hydrodésalkylation du toluène permet de convertir le toluène en benzène. Dans ce procédé chimique, le toluène est mélangé à du dihydrogène, puis passé sur un catalyseur (oxyde de chrome, de molybdène ou de platine) à une température comprise entre 500 °C et 600 °C et une pression comprise entre 40 et 60 atm. Il est également possible de se passer de catalyseur en utilisant des températures plus élevées. Dans ces conditions, le toluène subit une désalkylation (perte du groupement alkyle, ici un groupement méthyle) :
Le rendement de cette réaction est supérieur à 95 %. Parfois, des composés aromatiques plus lourds comme le xylène sont utilisés à la place du toluène avec des rendements similaires.
Vapocraquage [modifier]
Le vapocraquage est un procédé utilisé pour produire de l'éthylène et d'autres alcènes à partir d'hydrocarbures aliphatiques. Suivant le composé de départ utilisé dans le procédé, le vapocraquage peut également produire un produit secondaire liquide riche en benzène. Ce liquide peut être mélangé à d'autres hydrocarbures en tant qu'additif pour l'essence, ou distillé pour le séparer en différents composés dont le benzène.
Utilisations [modifier]
Avant les années 1920, le benzène était fréquemment utilisé comme solvant industriel, particulièrement pour dégraisser les métaux. Lorsque sa toxicité devint évidente, il fut remplacé par d'autres solvants pour les applications nécessitant une exposition directe de l'utilisateur.
Le benzène est utilisé en majeure partie comme intermédiaire dans la synthèse d'autres composés chimiques. Les dérivés du benzène produits dans les plus grandes quantités sont le styrène, utilisé pour fabriquer des polymères et des plastiques, le phénol, utilisé pour fabriquer des résines et des adhésifs, et le cyclohexane, utilisé pour fabriquer le nylon. Des quantités moins importantes de benzène sont utilisées dans la fabrication de pneus, de lubrifiants, de colorants, de détergents, de médicaments, d'explosifs ou de pesticides. Dans les années 1980, les principaux composés produits à partir de benzène étaient l'éthylbenzène (intermédiaire pour la fabrication du styrène) avec 48 % de la consommation du benzène utilisé pour la synthèse, le cumène 18 %, le cyclohexane 15 % et le nitrobenzène 7 %.
En tant qu'additif à l'essence, le benzène permet d'augmenter l'indice d'octane, agissant donc comme antidétonant. De ce fait, jusque dans les années 1950 l'essence contenait fréquemment quelques pour cent de benzène, quand il fut remplacé par le tétraéthylplomb dans les additifs antidétonants les plus utilisés. Cependant, le benzène a fait son retour dans de nombreux pays suite aux réglementations concernant la teneur en plomb de l'essence. Aux États-Unis, les préoccupations concernant ses effets nocifs sur la santé et la possibilité de contamination des nappes phréatiques ont conduit à la mise en place d'une réglementation stricte concernant la teneur en benzène des carburants avec une limite voisine de 1 %[30]. En Europe, cette même limite de 1 % a été fixée.
Réactivité chimique [modifier]
La réactivité chimique du benzène est fortement dépendante de son caractère aromatique. Par exemple, la plupart des alcènes peuvent être hydrogénés (la liaison double est transformée en liaison simple par addition d'hydrogène) sous une pression de 1 atm à température ambiante dans une réaction catalysée par le nickel. Dans le cas du benzène, cette même réaction doit être réalisée à 180 °C sous une pression de 2 000 atm. En effet, l'addition d'hydrogène fait perdre le caractère aromatique, et donc la délocalisation des électrons qui contribue à stabiliser fortement le composé. Le benzène aura donc plutôt tendance à réagir par substitution de l'hydrogène, conservant ainsi son caractère aromatique.
Substitution électrophile aromatique [modifier]
La substitution électrophile aromatique est une réaction générique au cours de laquelle l'un des atomes d'hydrogène est substitué par un autre groupe fonctionnel. Au cours de cette réaction, le benzène joue le rôle de nucléophile, et réagit avec un réactif électrophile comme un carbocation. Le mécanisme simplifié de la réaction est le suivant :
La charge positive portée par l'intermédiaire réactionnel, nommé intermédiaire de Wheland, est en réalité délocalisée sur le cycle par mésomérie, ce qui tend à stabiliser le carbocation benzénique. Cette réaction nécessite généralement un catalyseur de type acide de Lewis.
Alkylation de Friedel-Crafts [modifier]
L'alkylation de Friedel et Crafts est similaire à l'acylation, à ceci près qu'elle constitue l'alkylation d'un composé aromatique, comme le benzène, par un halogénure d'alkyle. Elle est également catalysée par un acide de Lewis puissant :
Acylation de Friedel-Crafts [modifier]
L'acylation de Friedel et Crafts est un cas particulier de substitution électrophile aromatique. Cette réaction est l'acylation d'un composé aromatique, comme le benzène, par un chlorure d'acyle. Cette réaction est catalysée par un acide de Lewis puissant (comme AlCl3 ici) :
Benzène substitué [modifier]
Un grand nombre de composés chimiques très importants dans l'industrie sont obtenus en remplaçant un ou plusieurs atomes d'hydrogène du benzène par d'autres groupes fonctionnels.
Substitution par des groupements alkyles [modifier]
- le toluène C6H5-CH3
- l'éthylbenzène C6H5-CH2CH3
- le xylène C6H4(-CH3)2
- le mésitylène C6H3(-CH3)3
Substitutions par d'autres groupements [modifier]
- le phénol C6H5-OH
- l'aniline C6H5-NH2
- le chlorobenzène C6H5-Cl
- le nitrobenzène C6H5-NO2
- l'acide picrique C6H2(-OH)(-NO2)3
- le trinitrotoluène C6H2(-CH3)(-NO2)3
- l'acide benzoïque C6H5-COOH
- l'acide salicylique C6H4(-OH)(-COOH)
- l'acide acétylsalicylique C6H4(-O-C(=O)-CH3)(-COOH) (plus connu sous le nom d'aspirine)
- le paracétamol C6H4(-NH-C(=O)-CH3)-1-(-OH)-4
- la phénacétine C6H4(-NH-C(=O)-CH3)(-O-CH2-CH3)
Anneaux aromatiques soudés [modifier]
- le naphtalène
- l'anthracène
- le phénanthrène
- l'indole
- le benzofurane
- la quinoléine
- l'isoquinoléine
Toxicologie, écotoxicologie, effets sur la santé [modifier]
Intoxication aigüe [modifier]
L'ingestion provoque des troubles digestifs (douleurs abdominales, nausées, vomissements) et neurologiques (vertiges, ivresse, céphalées, somnolence, coma, convulsions).
L'inhalation provoque les mêmes symptômes neurologiques, pouvant entraîner la mort (à titre indicatif la mort intervient en 5 à 15 min d'exposition à une concentration de 2 %).
En application cutanée, le benzène est irritant[31].
Intoxication chronique [modifier]
L'intoxication chronique par le benzène et ses homologues (toluène, xylène et styrène essentiellement), appelée benzolisme ou benzénisme[32], est reconnue comme maladie professionnelle[33] depuis 1931.
Les principaux effets d'une exposition chronique concernent les cellules sanguines et la moelle osseuse. L'exposition prolongée au benzène provoque des hémopaties bénignes (thrombopénie, leucopénie, hyperleucocytose, anémie, polyglobulie, aplasie médullaire), puis des hémopathies malignes (syndromes myéloprolifératifs, myélomes, leucémies)[31].
Le CIRC a classé le benzène comme cancérogène depuis 1982, et l'a intégré en 1987 dans la liste des cancérogènes de catégorie 1 (cancérogènes avérés pour l'Homme)[34]. Il est également classé cancérogène par l'Union européenne et par l'Agence américaine de protection de l'environnement. De nombreuses études épidémiologiques ont montré depuis la responsabilité du benzène dans la survenue de différents types de leucémies et de lymphomes[34].
L'exposition chroniques à de faibles doses, telles que celles qu'on peut respirer à proximité d'une station-service ou d'un garage automobile, augmenterait significativement le risque de leucémie aigüe chez l'enfant[35].
[réf. nécessaire] Tous les composés plans ne sont toutefois pas cancérigènes. L'acide benzoïque, par exemple, très proche du benzène, et dont la base conjuguée est absolument plane, n'est pas cancérigène[36] (il est utilisé comme conservateur dans divers types de soda). De même la phénylalanine, un acide aminé qui comporte un groupement phényle (un cycle benzénique), n'est pas cancérigène.
Des études décrivent également des effets sur le système immunitaire : augmentation de la susceptibilité aux allergiex, diminution des taux d'IgA et IgG, diminution des leucocytes[37].
Le benzène n'a pas d'effets reconnus sur la reproduction et le développement[37], même si plusieurs études montrent une corrélation entre l'exposition au benzène de femmes enceintes et des facteurs tels que le risque d'avortement[38], la réduction du poids à la naissance et du périmètre crânien[39].
En France métropolitaine, le principal secteur émetteur de benzène dans l'atmosphère est le résidentiel/tertiaire (75,8 % des émissions totales en 2007), en particulier du fait de la combustion du bois, suivi du transport routier (14,1 % en 2007), d'après le Citepa, organisme chargé des inventaires de la pollution atmosphérique[40]. Selon le Plan Particules, intégré dans le deuxième Plan National Santé Environnement (PNSE 2), le chauffage au bois, du fait des émissions de benzène notamment, a également un impact sur la qualité de l'air intérieur[41].
Exposition au benzène [modifier]
Sources d'exposition [modifier]
La principale source d'exposition chronique au benzène est liée au milieu professionnel[42] :
- industrie pétrochimique (raffinage, transport).
- industrie chimique, le benzène étant le produit de départ de nombreuses synthèses
- parfumerie (solvant)
- industrie électronique (dégraissant)
- laboratoires de chimie (solvant)
- garages automobiles (dégraissant et émanations de carburant)
- station-service, postes de péage de parkings, d’autoroutes (émanations de carburants).
La population est également exposée au benzène, par la fumée de cigarette, les vapeurs d'essence, les gaz d'echappement et les émanations industrielles.
En 2008, la Commission européenne a mis en consultation[43] un projet visant à rendre obligatoire la récupération des vapeurs d’essence lors du remplissage des réservoirs des véhicules dans les stations-service. Celle-ci est obligatoire dans certains états américains comme la Californie. La récupération est déjà obligatoire dans l'UE lors du stockage et de la livraison d’essence des terminaux aux stations-service[44].
Valeurs seuil, valeurs guide [modifier]
En Europe, la valeur moyenne d'exposition professionnelle (VME) dans l'Union européenne est fixée par la réglementation à 1 ppm soit 3,5 mg⋅m-3 sur 8 heures. La teneur en benzène des eaux destinées à la consommation humaine ne doit pas dépasser 1 µg⋅l-1 (à l'exception des eaux minérales). En France, en milieu intérieur, les valeurs guides sont les suivantes (AFSSET, 2010[45])
- VGAI court terme : 30 μg·m-3 pour une exposition d’une journée à 14 jours
- VGAI intermédiaire : 20 μg·m-3 pour une exposition de plus de deux semaines à un an
- VGAI long terme :
- 10 μg·m-3 pour une exposition supérieure à un an
- 0,2 μg·m-3 pour une exposition vie entière correspondant à un excès de risque de 10-6
- 2 μg·m-3 pour une exposition vie entière correspondant à un excès de risque de 10-5
Contaminations accidentelles [modifier]
Suite à l'explosion d'une usine pétrochimique dans la ville de Jilin en République populaire de Chine le 13 novembre 2005, une quantité de benzène estimée à une centaine de tonnes s'est déversée dans la rivière Songhua, un important affluent du fleuve Amour. Cet accident a entraîné de nombreuses coupures d'eau dans les villes situées en aval, notamment Harbin (5 millions d'habitants).
Symboles Unicode [modifier]
En Unicode, les symboles sont :
- U+232C ⌬ anneau de benzène (HTML :
⌬) - U+23E3 ⏣ anneau de benzène avec cercle (HTML :
⏣)
Notes et références [modifier]
- BENZENE, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
- pkavalues.com
- (en) Hyp J. Dauben Jr., James D. Wilson et John L. Laity, « Diamagnetic susceptibility exaltation in hydrocarbons », J. Am. Chem. Soc., vol. 91, no 8, avril 1969, p. 1991-1998 (ISSN 0002-7863) [lien DOI]
- (en) Yitzhak Marcus, The Properties of Solvents, vol. 4, England, John Wiley & Sons Ltd, 1999, 239 p. (ISBN 0-471-98369-1)
- Masse molaire calculée d’après Atomic weights of the elements 2007, sur www.chem.qmul.ac.uk.
- « BENZENE » dans la base de données Hazardous Substances Data Bank, consulté le 16 juillet 2012
- (en) Iwona Owczarek et Krystyna Blazej, « Recommended Critical Temperatures. Part II. Aromatic and Cyclic Hydrocarbons », J. Phys. Chem. Ref. Data, vol. 33, no 2, 30 avril 2004, p. 541-548 (ISSN 1529-7845) [lien DOI]
- (en) James E. Mark, Physical Properties of Polymer Handbook, Springer, 2007, 2e éd., 1076 p. (ISBN 0387690026) [lire en ligne (page consultée le 1 mars 2013)], p. 294
- (en) J. G. Speight, Norbert Adolph Lange, Lange's handbook of chemistry, McGraw-Hill, 2005, 16e éd., 1623 p. (ISBN 0-07-143220-5), p. 2.808
- (en) Robert H. Perry et Donald W. Green, Perry's Chemical Engineers' Handbook, USA, McGraw-Hill, 1997, 7e éd., 2400 p. (ISBN 0-07-049841-5), p. 2-50
- Properties of Various Gases, sur flexwareinc.com. Consulté le 12 avril 2010
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- Benzene, sur www.reciprocalnet.org. Consulté le 12 décembre 2009
- IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, « Evaluations Globales de la Cancérogénicité pour l'Homme, Groupe 1 : Cancérogènes pour l'homme », sur http://monographs.iarc.fr, CIRC, 16 janvier 2009. Consulté le 22 août 2009
- « benzène » sur ESIS, consulté le 15 février 2009
- « Benzène » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 24 avril 2009
- Numéro index dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
- Benzene, sur hazmap.nlm.nih.gov. Consulté le 14 novembre 2009
- (en) Michael Faraday, « On New Compounds of Carbon and Hydrogen, and on Certain Other Products Obtained during the Decomposition of Oil by Heat », Philos. Trans. R. Soc., vol. 115, 1825, p. 440–466 [texte intégral]
- (en) R. Kaiser, « Bicarburet of Hydrogen. Reappraisal of the Discovery of Benzene in 1825 with the Analytical Methods of 1968 », Angew. Chem. Int. Ed., vol. 7, no 5, 1968, p. 345–350 (ISSN 1433-7851) [lien DOI]
- (de) E. Mitscherlich, « Ueber das Benzol und die Säuren der Oel- und Talgarten », Ann. Pharm., vol. 9, no 1, 1834, p. 39-48 (ISSN 0365-5490) [texte intégral, lien DOI (pages consultées le 19/03/2013)]
- Le Benzène, de Faraday à Thiele
- F. A. Kekulé, « Sur la constitution des substances aromatiques », Bull. Soc. Chim. Paris, vol. 3, 1865, p. 98–110 (ISSN 0037-8968) [texte intégral]
- (de) F. A. Kekulé, « Untersuchungen über aromatische Verbindungen Ueber die Constitution der aromatischen Verbindungen. I. Ueber die Constitution der aromatischen Verbindungen », Liebigs Ann. Chem., vol. 137, no 2, 1866, p. 129–196 (ISSN 0075-4617) [lien DOI]
- Edgar Heilbronner et Jean Jacques, Paul Havrez (1838-1875) et sa formule du benzène : Comptes rendus de l'Académie des sciences, vol. IIc 1.9, chimie, Elsevier, 1998 (ISBN 1387-1609) [lire en ligne], p. 587-596
- Robert C. Kerber, If it's resonance, what is resonating?, Journal of Chemical Education, vol. 83, N°2, February 2006, pp. 223-227
- Société française de chimie, Données industrielles, économiques, géographiques sur les principaux produits chimiques, métaux et matériaux
- Kolmetz, Gentry, Guidelines for BTX Revamps, AIChE 2007 Spring Conference
- Fiche toxicologique du benzène sur le site de l'INRS, édition 2011
- Définition du benzolisme, synonyme de benzénisme, d'après le 9e dictionnaire de l'Académie Française
- Tableaux de référence sur le site de l'INRS : Hémopathies provoquées par le benzène et tous les produits en renfermant, régime général et régime agricole, Affections gastro-intestinales provoquées par le benzène, le toluène, les xylènes et tous les produits en renfermant, régime général et régime agricole
- Monographie du CIRC (2012)
- (en) P. Brosselin, « Acute childhood leukaemia and residence next to petrol stations and automotive repair garages: the ESCALE study (SFCE) », Occupational and Environmental Medicine, vol. 66, no 9, septembre 2009, p. 598-606 [texte intégral (page consultée le 19/03/2013)]
- fiche internationale de sécurité de l'acide benzoïque.
- Fiche de données toxicologiques sur le benzène de l'INERIS
- X. Xu, « Association of petrochemical exposure with spontaneous abortion », Occupational and Environmental Medicine, vol. 55, no 1, janvier 1998, p. 31-6 [texte intégral (page consultée le 19/03/2013)]
- (en) Rémy Slama, « Maternal personal exposure to airborne benzene and intrauterine growth », Environmental Health Perspectives, vol. 117, no 8, août 2009, p. 1313-21 [texte intégral (page consultée le 19/03/2013)]
- Citepa
- Dossier de presse Air (format PDF) page 18.
- Benzène sur le site gouvernemental "Travailler mieux" santé et sécurité au travail
- Consultation on the mandatory introduction of Stage 2 Petrol Vapour Recovery Controls at Service Stations in the EU, A consultation launched by DG Environment of the European Commission (jusqu'au 25 avril)
- Directive du Parlement européen et du Conseil n° 94/63/CEE du 20 décembre 1994 relative à la lutte contre les émissions de composés organiques volatils (COV) résultant du stockage de l'essence et de sa distribution des terminaux aux stations-service
- AFSSET, Page sur les valeurs guides de l'air intérieur
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- (en) Archibald Scott Couper, « On a New Chemical Theory », in Philosophical Magazine, no 16, 1858, p. 104–116 ;
- Josef Loschmidt :
- (de) Chemische Studien I, Carl Gerold's Sohn, Vienne, 1861,
- (de) Chemische Studien I, Aldrich Chemical Co, Milwaukee, (catalogue no Z-18576-0, 1989, et catalogue no Z-18577-9, 1913) ;
- Kathleen Lonsdale :
- (en) « The Structure of the Benzene Ring in Hexamethylbenzene », in Proceedings of the Royal Society, 123A : 494, 1929,
- (en) « An X-Ray Analysis of the Structure of Hexachlorobenzene, Using the Fourier Method », in Proceedings of the Royal Society, 133A : 536, 1931.
Articles connexes [modifier]






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