Épicerie

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Une épicerie est un commerce de détail de proximité de denrées alimentaires mais distribue également une diversité de produits sans rapport avec l'alimentation.
L'épicerie est aussi, depuis l'avènement de la grande distribution, un secteur d'activité lié à l'achat des denrées alimentaires sèches et appertisées et à leurs ventes au sein d'un magasin ou d'une centrale d'achat de la grande distribution.

Épicerie Izraël à Paris en 2012

Histoire[modifier | modifier le code]

Son nom vient du Moyen Âge où la spécialisation des commerces était plus grande que maintenant. L'épicier vendait principalement des épices.

Gravure de 1904 représentant une épicerie du XIVe siècle.

Les épiceries sont devenues de petits commerces de détails de produits alimentaires en complément des épices. Puis, l'épicerie s'est transformée et l'offre alimentaire est devenue prédominante. Elle est devenue un commerce, également appelé « magasin d'alimentation générale », vendant des produits d'alimentation secs, appertisés et frais et accessoirement propose une gamme courte de produits de droguerie et de bazar.

Présent à l'origine sous la forme de commerce indépendant, l'épicerie est aussi apparue dès la fin du XIXe siècle organisé dans un réseau succursaliste comme le réseau de magasins à l'enseigne Félix Potin en France ou sous la forme de coopérative de consommation, mouvement initié par Robert Owen, en Écosse au Royaume-Uni et poursuivi par les Coop dans de nombreux pays européens.

Au cours du XXe siècle, avec le développement de l'industrie agroalimentaire, les produits préemballés ont progressivement remplacé les produits en vrac qui étaient conditionnés par le commerçant. Le concept avait été inauguré par les succursalistes français, dès la fin du XIXe siècle possédant leur outil industriel comme Félix Potin ou Casino qui proposaient par exemple le sucre emballé dans un paquet d'un kilogramme marqué au nom de leur enseigne.

Dans la seconde partie du XXe siècle, l'épicerie a peu à peu abandonné son « comptoir » pour se convertir au libre-service, concept né vers 1912 aux États-Unis, où les clients se servent directement sur les gondoles.

Dans les villes, parfois, l'épicerie se tourne vers une clientèle soucieuse d'une haute qualité gustative et parfois aussi socialement équitable et se spécialise dans la vente de produits alimentaires fermiers ou artisanaux. Cette épicerie adoptera alors une dénomination composée : « épicerie fine ».

Les « magasins d'alimentation généraux » ont progressivement été remplacés dans les grands centres urbains par de petits supermarchés qui sont appelés de divers noms (supérette, hard-discount). Ces établissements sont généralement regroupés sous une enseigne commune en adhérant à une centrale d'achat indépendamment sous la forme de franchise ou de coopérative, ou appartenant à une société unique (exemples, en France : Petit Casino du groupe casino, CocciMarket franchise de la centrale d'achat Francap, Slovaquie ou République tchèque : Potraviny). De commerce principal, les épiceries de quartier indépendantes, n'ayant pas évolué en surfaces de vente, se sont progressivement transformées en commerce d'appoint du fait de la concurrence de magasins plus spacieux et offrant une gamme de produits plus large avec une « politique tarifaire » plus « agressive ».

Les épiceries de quartier dans le langage populaire[modifier | modifier le code]

Petite épicerie à Hornu en Belgique en 2005.

« Arabe du coin » est une expression triviale utilisée dans quelques villes de France et de Belgique pour désigner ce type de commerce, faisant référence à l'origine supposée des propriétaires et employés de l'établissement.

« Pour tout le monde, je suis l'Arabe du coin. Arabe, ça veut dire ouvert la nuit et le dimanche, dans l'épicerie. »

— Éric-Emmanuel Schmitt, Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran

Dans l'île de La Réunion on parle de « boutique chinois » en raison du fait que ce type de commerce était autrefois tenu par des commerçants d'origine asiatique, même si ce n'est plus obligatoirement le cas aujourd'hui.

En Guyane, les provisions sont faites chez « le chinois » pour les mêmes raisons.

Au Québec, des tels établissements, souvent plus petits, sont appelés « dépanneurs ». Une enseigne connue est Couche-Tard. Le terme « dépanneur » a depuis longtemps été utilisé seulement par les francophones du Québec et du Canada. Avec le temps, le terme est devenu utilisé par les anglophones du Québec. L'auteur anglophone d'origine montréalaise Mordecai Richler a souvent, lors de ses visites à Londres, fait référence au magasin Harrods en tant que "my local dépanneur" (« mon dépanneur local »).

Forme actuelle des épiceries[modifier | modifier le code]

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, certaines petites épiceries de quartier n'ouvrent qu'à partir de 18h00. Elles sont couramment appelées « nightshop » et proposent souvent du tabac, de l'alcool et des connexions téléphoniques.

Elles se doivent de respecter certaines règles précises, mais il arrive souvent qu'un même commerçant ait un magasin de jour et un magasin de nuit pour contourner cette législation assez stricte.

En France[modifier | modifier le code]

À la campagne[modifier | modifier le code]

Les épiceries sont des commerces de proximités ou il est généralement possible de trouver tout le petit dépannage, des produits alimentaires (produits secs, conserves, produits frais - charcuterie, crémerie -, surgelés, fruits et légumes), mais aussi des aliments pour animaux, produits d'entretien et d'hygiènes...

L'épicerie peut également faire dépôt de pain, bureau de tabac (sous conditions strictes géré par les douanes), bureau de poste, gaz en bouteille, carterie, papeterie, presse, et produits locaux...

Elle offre généralement des services de livraisons à domicile notamment aux personnes à mobilités réduites, mais peuvent aussi fournir un service complet de livraison dans un rayon pouvant aller jusqu’à une dizaine de km autour du commerce. Ceci permettant de maintenir l'habitat rural dans les hameaux excentrés des bourgs.

Les épiceries souvent délaissé au profit des grandes surfaces des villes voisines jouent un rôle social important, c'est un lieu de rencontre et de discussion, souvent le dernier avec la boulangerie et le café.

À la ville[modifier | modifier le code]

Souvent ouvertes tard le soir, ces magasins alimentaires de proximité jouent un rôle social important dans le paysage urbain et sont tenus généralement par des personnes originaires d'Afrique du Nord (arabes et berbères) ou d'Extrême-Orient (chinois, vietnamiens…). La plupart offrent l'essentiel des produits de première nécessité, ainsi que des fruits et légumes frais. Service et disponibilité, amplitude des horaires, permettent au « petit » épicier « arabe » de quartier de résister à la pression de la grande distribution.

Les prix sont généralement élevés mais, dans la mesure où ils ne sont pas toujours observés, il arrive que ce type d'épicerie se révèle concurrentiel face aux grandes enseignes locales (supermarchés ou hypermarchés), tout en demeurant plus cher que le hard-discount. Les clients utilisant ces magasins pour leurs courses habituelles sont rares mais de nombreux citadins, appréciant de trouver dans leur quartier un magasin de dépannage ouvert tard le soir et les jours fériés, y font régulièrement des achats.

Au Québec[modifier | modifier le code]

Petit dépanneur à Montréal au Québec en 2010.

Au Québec, le terme « épicerie » désigne habituellement un supermarché.
Le commerce de proximité nommé épicerie en France se nomme « dépanneur » au Québec. C'est le lieu où l'on peut acheter des produits de première consommation (pain, lait, chocolat, bière, produits ménagers, tabac, etc.), et qui se situe dans les zones résidentielles, sans qu'il soit nécessaire de se rendre dans une zone commerciale. Les dépanneurs sont généralement ouverts tous les jours et en continu, de 7h à 23h, mais quelques-uns sont ouverts 24 h. Ils sont très souvent situés dans une station-service. Un stéréotype ethnique associe les dépanneurs aux Asiatiques, et effectivement, un grand nombre de dépanneurs sont détenus par des asiatiques[1]. Au Québec, les dépanneurs ont longtemps été les seuls commerces autorisés à vendre de la bière en dehors de la société d'État Société des alcools du Québec, qui détenait un quasi-monopole. La plupart des autres provinces canadiennes interdisent aux dépanneurs de vendre de l'alcool.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Seigneurie, Dictionnaire encyclopédique de l'épicerie et des industries annexes, édité par le journal "l'Épicier", 1904, 742 pages notamment les articles Épicerie (page 293), Épicier (page 297) et Épicier (L')' (page 299).
  • Les épiciers de Bétaré Oya in Carnet d'afriques par Jacques Nougier. Ed. l'Harmattan (2006), (ISBN 2-296-01569-7). Dans les années 70, un ménage d'expariés Français tient l'épicerie d'un gros bourg camerounais. Scènes locales.
  • Albert Seigneurie, Le tour du monde d'un épicier, impressions de voyage d'un épicier parisien autour du monde, illustré de 56 gravures ; 2ème édition en 1897. Publication de l'"Epicier".
  • Alexis Roux de Bézieux et Thomas Henriot L'Arabe du coin, , Éd. Dilecta, Paris, 2008
  • Judith Lussier et Dominique Lafond, Sacré dépanneur!, Éd. Héliotrope, Montréal, 2010. [présentation en ligne]


Liens externes[modifier | modifier le code]