Premier dimanche de carême

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Le premier dimanche du Carême s'appelle dimanche de la « Quadragésime » dans la tradition catholique et latine. Il porte le nom de « dimanche de l'Orthodoxie » dans l'usage orthodoxe de Byzance. Dans certaines régions, on le fête sous le nom de « dimanche des Brandons » ou aussi « dimanche des Bordes ».

Catholicisme latin[modifier | modifier le code]

Les mots Quadragésime et Carême forment un doublet lexical issu de l'adjectif latin quadragesimus, « quarantième » : le Carême dure quarante jours. Ce premier dimanche est inscrit dans une démarche globale de pénitence (prière, aumône et jeûne) qui verra son aboutissement avec la fête de Pâques. Cette journée peut être considérée comme le premier pas vers la pureté recherchée par le Carême[réf. souhaitée]; les rites qui l'accompagnent ne sont pas différents de ceux que l'on observe lors des autres dimanches de cette période. La station liturgique se fait à Saint-Jean de Latran.

L' « invocabit »[modifier | modifier le code]

Le premier dimanche de carême est aussi nommé Invocabit, reprenant les premiers mots de l'hymne de l'introït : Invocabit me, et ego exaudiam eum : eripiam eum et glorificabo eum : longitudine dierum adimplebo eum. « Il m'invoquera, et moi je l'exaucerai : je le délivrerai et le glorifierai : d'une longue suite de jours je le comblerai. » (Psaume 90.15-16)[1].

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

Le nom de dimanche de l'Orthodoxie rappelle, après 120 années d'iconoclasme, la restauration définitive des saintes icônes le dimanche 11 mars 843.

Dimanche des brandons[modifier | modifier le code]

Fête des brandons à Junglinster au Luxembourg

Dans certaines régions françaises, belges ou d'ailleurs, la tradition consistait, en ce dimanche des Brandons, à allumer des feux, danser à l'entour et parcourir les rues et les campagnes en portant des brandons ou des tisons allumés.

Belgique[modifier | modifier le code]

On trouve en Belgique à cette même période les grands feux de Bouge (Belgique).

France[modifier | modifier le code]

  • En Auvergne, Pommerol[2], qui analyse cette manifestation en 1901, y voit les restes d'un ancien culte solaire, lié à une invocation du dieu celtique Grannus.
  • À Régny, dans la Loire, les garçons de la ville chargeaient des fagots sur une charrette à laquelle ils attelaient les hommes mariés, puis rassemblaient ces fagots sur la place en une pyramide, avant d'y mettre le feu[3].
  • Dans le Berry, la fête des brandons était aussi appelée fête des bordes[4].
  • À Miribel, dans l'Ain, le dimanche des brandons ou des bordes, la dernière mariée du village allume un bûcher.
  • À Chambly (Oise), a lieu chaque premier dimanche de Carême, la Fête Légendaire du Bois-Hourdy, existant depuis 1248.

Luxembourg[modifier | modifier le code]

Au Grand-Duché de Luxembourg la fête des brandons (Buergbrennen) constitue encore aujourd'hui une fête organisée par la jeunesse des villages, qui se termine le soir par la mise en feu d'un grand bûcher, généralement garni d'une croix.

« Dimanche des brandons, le premier dimanche de carême, ainsi dit à cause de l'habitude de porter, en ce jour, des brandons allumés. Danse des brandons, sorte de danse rustique ou plutôt course dans la campagne avec des brandons, à l'occasion de certaines fêtes. »

— Littré, s.v. brandon 1

Suisse[modifier | modifier le code]

À Cartigny, au cours du Premier dimanche de carême[5] on fête les Failles, tradition consistant à brûler des perches enrobées de paille, de sarments[6] et de roseaux le soir à l'apparition de la première étoile[7]. Cette fête également observée au hameau de Certoux, sur la commune de Perly-Certoux. Les failles sont l'équivalent des fête des brandons ailleurs en Suisse[8]. La ville de Payerne organise son carnaval sous le nom de Brandons de Payerne.

Carnavals[modifier | modifier le code]

La tradition des cheminements dans la ville suivis de grands feux marquant la fin de l'hiver se retrouve aussi dans les carnavals de plusieurs régions d'Europe. C'est en particulier le cas dans les carnavals de la Région du Centre en Belgique ou des Brandons de Payerne, en Suisse. Ce feu peut se retrouver pendant les rondeaux au carnaval de Nivelles ainsi qu'au Feureu. Ces feux proviennent de la tradition gauloise dans laquelle on honorait du Dieu Grannos en raison du retour du Soleil durable.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. “Invocabit me et ego” dans Répertoire grégorien
  2. Source: Pommerol F., La fête des brandons et le dieu gaulois Grannus, in: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, V° Série. Tome 2, 1901. p. 427-431. « consultable en ligne », Portail Persée des revues en sciences humaines et sociales (consulté le 12 janvier 2010)
  3. Source: « Les fêtes baladoires du siècle dernier, 1890 (sans nom d'auteur ni d'éditeur) », France pittoresque (consulté le 12 janvier 2010)
  4. Source: « Des feux pour chasser le vieil hiver », blog PériBerry (consulté le 12 janvier 2010)
  5. http://www.jussy.ch/uploads/file/Presse/2012/Ces%20petites%20communes%20qui%20osent%20construire_TDG%2020_02_2012.pdf Tribune de Genève, Failles brûlées, par C.Z.B, 20 février 2012, p. 20
  6. Informations cartiginoises
  7. http://www.grhc.info/publications/livrecartigny/annotations%20GRHC.pdf
  8. Éric Eigenmann, Jeux profanes genevois: les Alouilles, les Failles, le Feuillu, in: Kotte, Andreas (Ed.): Dictionnaire du théâtre en Suisse, Chronos Verlag Zurich 2005, vol. 2, p. 931.

Voir aussi[modifier | modifier le code]