Karpathos

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Karpathos
Κάρπαθος (el)
Pigadia, la ville principale de Karpathos
Pigadia, la ville principale de Karpathos
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Dodécanèse
Localisation Mer Égée et mer Méditerranée
Coordonnées 35° 35′ 00″ N 27° 08′ 00″ E / 35.583333, 27.13333335° 35′ 00″ N 27° 08′ 00″ E / 35.583333, 27.133333  
Superficie 301,2 km2
Point culminant Kali-Limni (1 215 m)
Géologie Île continentale
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
District régional Karpathos
Démographie
Population 6 565 hab. (2001)
Densité 21,8 hab./km2
Plus grande ville Pigadia
Autres informations
Fuseau horaire UTC+2

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Karpathos
Karpathos
Îles de Grèce

Karpathos est une île grecque, située entre la Crète et Rhodes, faisant partie de l'archipel du Dodécanèse et bordée au nord-ouest par la mer Égée et au sud-est par la mer Méditerranée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Karpathos est située au sud-ouest de Rhodes. Longue de cinquante kilomètres, elle a entre six et dix kilomètres de large. Par sa superficie, c'est la deuxième plus étendue du Dodécanèse. C'est une île montagneuse, comme la plupart des îles de la Méditerranée. Le massif escarpé du Kali-Limni (1 215 mètres) est, selon la mythologie, le lieu de naissance des Titans. Ce massif divise l'île en deux zones, l'une assez désertique et peu peuplée au nord et l'autre bien irriguée et à plus forte densité de population, au sud.

Karpathos forme un petit archipel avec deux îles proches : Saria séparée au nord par un détroit d'à peine 100 m et rattachée à la communauté d'Olympos et Kassos au sud-ouest située à environ 7 km.

La ville principale de Karpathos (également appelée Pigadia), sert également de port principal à l'île. Son nom antique est Potideo ou Posidio. Elle est construite sur le bord d'une plage sablonneuse de quatre kilomètres.

Climat[modifier | modifier le code]

Karpathos bénéficie d'un climat méditerranéen sec avec des hivers très doux, la moyenne des températures minimales en janvier entre 2000 et 2006 était de 11,2 degrés Celsius[1]contre 9,2 degrés à Héraklion en Crète sur la même période[2], 9,0 °C à Paphos à Chypre[3]et il n'y a pas de gelée[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans la protohistoire, Karpathos s'est trouvée dans l'aire d'influence des civilisations minoenne et mycénienne ; l'étymologie suggérée est l'indo-européen karpa ou krapa ("roche") et dans son Iliade, Homère la cite comme peuplée de Lélèges et nommée Krapatho (οἳ δ' ἄρα Νίσυρόν τ' εἶχον Κράπαθόν τε Κάσον τε). Elle est aussi citée par Apollonios de Rhodes, dans ses Argonautiques, comme escale entre la Libye et la Crète[5], par Virgile, Pline l'Ancien et Strabon.

Dans la guerre du Péloponnèse, en 431 avant notre ère, Karpathos a été une alliée de Sparte. Trente ans plus tard, l'île est unie à Rhodes dont elle partage par la suite l'histoire antique, devenant romaine en 42 avant notre ère puis entrant, par la christianisation, dans la civilisation byzantine.

Parmi ses évêques, Olympios prit parti pour Nestorius, mais les autres restèrent orthodoxes, tels Zotikos (en 518), Mennas (en 553), Ioannis, Léon (en 787) ou Philippos (en 879). L'île subit les invasions sarrasines au VIIIe siècle et se dépeupla partiellement. En 1206 elle fut prise par les vénitiens, qui eux aussi persécutèrent les autochtones et en convertirent une partie au catholicisme. Au XIVe siècle, Karpathos avait un évêque catholique nommé Niccolo[6] et figure toujours comme archevêché de l'église catholique romaine de nos jours[7].

In 1304, Karpathos passa de Venise à sa rivale Gênes suite à sa prise par les corsaires génois André et Ludovic Morisco. Mais ceux-ci ne surent pas la garder et deux ans plus tard, elle échut au vénitien André Cornaro, marquis de Bodonitsa dont la descendance contrôla l'île jusqu'en 1538, lorsqu'elle en fut chassée par les Ottomans[8].

L'île se souleva pendant la Guerre d'indépendance grecque mais retomba sous la domination turque et une partie des habitants fut déportée[9] mais en 1835 le sultan Mehmet II accorda aux survivants de payer l'impôt collectivement sous forme forfaitaire à la place du haraç (double capitation sur les non-musulmans)[9].

Le 12 avril 1912, la marine italienne occupe Karpathos, qui devient ensuite possession italienne jusqu'en 1946 avec le Dodécanèse[9]. Elle fut occupée durant un an par le Royal Navy britannique, puis rejoignit enfin la Grèce en 1947.

Pauvre et sèche, l'île a toujours été un foyer d'émigration et de nombreux Karpathiotes ont de la famille aux États-Unis ; une partie sont revenus passer leurs retraites dans l'île et y ont investi dans le tourisme.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Karpathos est citée dans Iliade d'Homère dans le Catalogue des vaisseaux du deuxième chant (676-680) comme apportant avec Kos, Kalymnos, Nissiros, et Kassos, trente vaisseaux sous le commandement de Phidippe et Antiphos à l'armée des Argiens menée par Agamemnon et Achille. Homère mentionnant Karpathos l'appelait « l'île des vents ».

Administration[modifier | modifier le code]

L'île est divisée entre la municipalité de Karpathos au sud et la communauté d'Olympos au nord, qui comprend aussi l'île de Saria.

Économie[modifier | modifier le code]

Karpathos possède un aéroport (code AITA : AOK).

Culture[modifier | modifier le code]

À Pigadia se trouvent des vestiges de la basilique chrétienne d'Agia Fotini. Il existe environ 280 chapelles[réf. nécessaire] à Karpathos, dédicacées à différents saints.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après weatheronline
  2. D'après weatheronline
  3. D'après weatheronline
  4. D'après weatheronline
  5. Argonautique 4.1635-36
  6. Pius Bonifacius Gams, Series episcoporum Ecclesiae Catholicae, Leipzig 1931, p. 449 et Konrad Eubel, Hierarchia Catholica Medii Aevi, vol. 1, p. 439
  7. Annuario Pontificio 2013 (Libreria Editrice Vaticana 2013 ISBN 978-88-209-9070-1), p. 859.
  8. L.V. Bertarelli, Guida d'Italia, Vol. XVII. Consociazione Turistica Italiana, Milano 1929, p. 137.
  9. a, b et c Bertarelli, 137