Hippodamos

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Hippodamos de Milet (en grec ancien Ἱππόδαμος) (né en 498 av. J.-C. et mort en 408 av. J.-C.) est un architecte grec du Ve siècle av. J.-C., qui fut aussi planificateur urbain, physicien, mathématicien, météorologiste et philosophe pythagoricien. Aristote le dit fils d'Euryphon[1] et le mentionne comme l'auteur d'une constitution politique dans La Politique, Livre II, chapitre VIII.

La tradition a retenu de lui ses grands travaux de planification urbaine. Bien que ces travaux se caractérisent par l'utilisation systématique du plan en damier, il n'en est pas l'inventeur, de très anciennes colonies grecques comme Megara Hyblaea nous fournissant déjà des exemples de cette structure urbaine[2]. Il apprit sans doute ses méthodes d'urbanisme à Milet, sa ville natale qui fut rebâtie peu après 480 av. J.-C. d'après un plan géométrique. Il est l'auteur d'un ouvrage sur l'urbanisme auquel se réfère Aristote dans La Politique. La passion d'Hippodamos pour la division tripartite semble être la marque de l'influence d'Ion de Chios qui était lui-même teinté de pythagorisme. Issu de cette génération ardente ouverte aux innovations qui suivit les guerres médiques, Hippodamos portait les cheveux longs : « L'ampleur et le soin luxueux de sa chevelure, de ses vêtements aussi, faits d'une étoffe simple mais chaude qu'il portait non seulement en hiver mais même en saison d'été[3] » marquait, aux yeux des Athéniens, son origine ionienne et l'influence perse.

Réalisations[modifier | modifier le code]

La première réalisation qui lui soit attribuée[4] est l'aménagement du port d'Athènes, Le Pirée, réalisé à la demande de Périclès au milieu du Ve siècle av. J.-C.
À la fondation de Thourioi (en Italie) par les Athéniens, il les accompagne et dessine l'aménagement de la future colonie. En 408 av. J.-C., Hippodamos supervise la construction de la nouvelle cité de Rhodes. Il a également conçu la reconstruction de sa cité natale, Milet[5].

Il jouit encore d'une réputation de père de l'urbanisme pour avoir introduit des règles d'alignement et d'organisation dans des villes où régnait précédemment une forme d'anarchie urbanistique, source de complexité et de confusion.

Le plan hippodaméen[modifier | modifier le code]

Ses plans d'aménagement étaient caractérisés par des rues rectilignes et larges qui se croisaient à angle droit, tant et si bien que l'on désigne aujourd'hui par plan hippodamien ce type de trame urbaine, également appelée plan en damier.

Toutefois, si cette appellation de « plan hippodaméen » en l'honneur d'Hippodamos fut un avis partagé par la majorité des savants du XIXe siècle et du début du XXe siècle, cette opinion semble avoir fait long feu puisque des fouilles archéologiques ont révélé que le plan orthogonal était déjà en vigueur dans les colonies fondées au VIIe siècle av. J.-C. Son nom reste toutefois lié au plan en damier, en raison d'un passage de la Politique d'Aristote[6], qui constitue la principale source à son sujet[7], mais que d'autres spécialistes considèrent comme un faux-sens de traduction, la division de la cité s'adressant à la classification des citoyens et non la division de l'espace par des rues en damier[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aristote, Politique [lire en ligne] (Livre II, 8)
  2. Roland Étienne, Christel Müller, Francis Prost, Archéologie historique de la Grèce antique, Ellipses,‎ 2000 (ISBN 2-7298-4975-0), p.74
  3. Aristote, Politique, Livre II, chap. VIII, 1267 b.
  4. Selon cette étude, il convient d'être prudent en attribuant à Hippodamos des réalisations qui ne sont pas forcément de lui, parce qu'il n'a laissé aucun écrit : Hippodamos de Milet, Évolution ou révolution des structures spatiales urbaines, Gabriela Cursaru.
  5. Roland Étienne, Christel Müller, Francis Prost, Archéologie historique de la Grèce antique, Ellipses, 2006, p. 190.
  6. Aristote, Politique, Livre II, 1267 b - 1268 a. En ligne sur Wikisource.
  7. De L.-A. Dorion, in Dictionnaire de l'Antiquité, PUF, octobre 2005.
  8. Gabriela Cursaru, « Hippodamos de Milet : évolution ou révolution des structures spatiales urbaines ? », dans Studia Humaniora Tartuensia 7.A.3, 2008, 1–12.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) F. Castognoli, Ippodamo di Mileto e l'urbanistica a pianta ortogonale, Rome, 1956.
  • Roland Martin, L'Urbanisme dans la Grèce antique, Éditions A. et J. Picard, 1956