Antigone III Doson

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Antigone III Doson
Titre
Roi de Macédoine
-229-221
Prédécesseur Démétrios II
Successeur Philippe V
Biographie
Date de décès -221
Père Démétrios Kallos
Mère Olympias de Larissa
Conjoint Phthia

Antigone III Dôsôn est le roi de Macédoine de 229 à 221. Il est l'artisan du redressement militaire et diplomatique de la Macédoine après la période difficile qui durait depuis la fin du règne d'Antigone II Gonatas.

Surnom[modifier | modifier le code]

Il reçut plusieurs surnoms de la part des auteurs antiques, le seul dont le sens soit clair étant Épitropos (« le Tuteur »). Le surnom « Dôsôn », d'étymologie inconnue, est parfois interprété comme le participe futur (« δώσων ») du verbe donner en grec, qui signifierait « celui qui restituera [le pouvoir] », mais il s'agit probablement d'une étymologie populaire[1].

Les débuts du règne[modifier | modifier le code]

La crise dynastique à la mort de Démétrios II de Macédoine au combat est évitée : les Macédoniens élisent un autre petit-fils du Poliorcète, Antigone, fils de Démétrios Kallos (le Beau), demi-frère d'Antigone II Gonatas. Il est d'abord désigné comme stratège et tuteur (épitropos) du jeune roi mineur (9 ans) Philippe V de Macédoine, qu'il adopte après avoir épousé la reine mère, et veuve de Démétrios II, Phthia. La procédure (nomination d’un régent du jeune héritier lui-même élu roi, puis titre de roi pour le régent) rappelle ce qui s’est passé en 360 pour Philippe II et Amyntas IV .

Antigone Doson doit d’abord intervenir en Thessalie pour prévenir la sécession de cités du côté des Étoliens. Mais plus au sud la Ligue de Béotie et la ligue de Phocide s’allient avec la Ligue achéenne tandis qu’Athènes négociait la remise des garnisons du Pirée, de Mounichie, de Salamine, et du Sounion. En 227, Antigone développe une offensive en Carie, dans le golfe de Iasos, et étend son influence sur Priène et Samos, avec l’aide du dynaste Olympichos d’Alinda. Il s’agissait sans doute de contester la puissance maritime lagide et ensuite éventuellement de prendre le contrôle des Détroits.

L’intervention dans le Péloponnèse et la création de la Coalition des Alliés (224)[modifier | modifier le code]

Mais parallèlement la situation se dégrade pour la Ligue achéenne en raison des succès de Sparte soutenue financièrement par Ptolémée III : Aratos de Sicyone fait donc des avances diplomatiques à Antigone dès 226 qui aboutissent en 224, alors que Sparte a déjà pris le contrôle de Corinthe, Argos, Phlionte et menace Sicyone. La ligue achéenne élit Antigone hégémon, envoie des otages à Pella, accepte de nourrir et payer l’armée macédonienne la première année de l’alliance, s’interdit d’approcher tout autre royaume sans la permission d’Antigone. Le prix de l’alliance macédonienne est donc très élevé et indique à quel point la situation est difficile pour les Achéens.

De son côté la Ligue étolienne reste neutre mais refuse le passage des Thermopyles à Antigone qui doit donc transférer ses troupes par mer via l’Eubée. L’armée macédonienne ne parvient pas à forcer le passage de Corinthe contre les Spartiates. Mais le déclenchement d’une révolte antispartiate à Corinthe contraint Cléomène à se retirer de la cité, que prend Antigone. Ce dernier marche ensuite sur Argos, qu’abandonne Cléomène. L’armée macédonienne pille Orchomène et Mantinée et hiverne à Sicyone et Corinthe.

Cette offensive macédonienne de 224 est particulièrement significative : c’est la première campagne d’une armée composée de Macédoniens depuis le règne du Poliorcète, et ses effectifs sont comparables à celle de 334.

Antigone réunit ses alliés dans une symmachia (alliance) comprenant les Achéens, Béotiens, Phocidiens, Acarnaniens et Thessaliens : chaque peuple élit des représentants à un Conseil de l’alliance qui lui même désigne Antigone comme hégémon à vie : il est ainsi commandant en chef des troupes et peut en réclamer à n’importe quel allié. Le Conseil a compétence sur l’admission de nouveaux membres et sur d’autres questions, mais chaque allié garde la décision de la guerre et de la paix. Cette création du Conseil des Alliés rompt avec la politique précédente de domination directe pratiquée depuis le début du IIIe siècle av. J.-C. : pas de garnison, de tribut, maintien de l’intégrité territoriale, et de l’indépendance politique. Nouveauté même par rapport aux coalitions alliées de 337, 318 et 302, la Macédoine est cette fois un État membre au même titre que les autres. Le but de cette alliance est la lutte contre Sparte et la réaffirmation des coutumes traditionnelles, mises à mal par la politique révolutionnaire de Cléomène.

La guerre contre Sparte[modifier | modifier le code]

Cléomène, toujours soutenu par Ptolémée III et profitant de l’absence de l’armée macédonienne partie hiverner, attaque et rase Mégalopolis en 223, et ravage l’Argolide.

Antigone revient à la tête d’une armée macédonienne en 222 et affronte Cléomène à Sellasia : la déroute est complète pour les Spartiates. Cléomène s’enfuit en Égypte. Antigone traite Sparte avec magnanimité et la fait entrer dans le Conseil des Alliés. Une dédicace à Délos vient commémorer cette victoire : « le Roi Antigone fils du Roi Démétrios, et les Macédoniens et les Alliés de la bataille de Sellasia à Apollon.»

Mantinée est refondée sous le nom d’Antigoneia, avec Antigone comme héros fondateur.

Antigone doit cependant rentrer précipitamment en Macédoine pour combattre et défaire une invasion illyrienne. Il meurt après la victoire, d’épuisement lié à une longue maladie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. É. Will, Histoire politique du monde hellénistique, T1 p 360

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • N. G. L. Hammond, The Macedonian State, Oxford, 1989.
  • (en) N. G. L. Hammond et F. Walbank, A History of Macedonia, vol. 3 : 336-167 B.C., Oxford, Clarendon Press,‎ 1988 (ISBN 0198148151)
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 202060387X)