Char Renault FT-17

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Char Renault FT
Char Renault FT.
Char Renault FT.
Caractéristiques de service
Type Char de combat
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Production
Année de conception 1917
Constructeur Renault
Production 1917-1918
Unités produites 3 700
Caractéristiques générales
Équipage 2 hommes (1 chef de char et 1 conducteur)
Longueur 4,95 m
Largeur 1,73 m
Hauteur 2,13 m
Masse au combat 6,7 tonnes
Armement
Armement principal Canon de 37 mm SA18 ou mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm
Mobilité
Moteur Moteur Renault à 4 cylindres essence de 4,48 litres
Carburateur Zénith sous pression
Allumage par magnéto
Graissage mécanique par pompe à huile.
Transmission 3 vitesses avant
Une vitesse arrière.
Vitesse sur route 7 km/h en 3e vitesse.
Puissance massique 5,8 cv/tonne
Autonomie 35 km

Le Char Renault FT (souvent improprement nommé FT17 ou FT-17) a été le véhicule de combat blindé et chenillé le plus efficace de la Première Guerre mondiale. Environ 3 700 chars FT sortirent d'usine en dix-huit mois, la plupart fabriqués chez Renault mais aussi chez Berliet, SOMUA et Delaunay-Belleville. Le Renault FT allait définir le type même du char de combat moderne : armement en tourelle pivotante tout azimut, groupe moteur situé à l'arrière et chenilles débordantes à l'avant. Le char Renault FT a été fabriqué sous licence aux États-Unis (950 chars) à partir de 1918, puis utilisé par l'armée américaine pendant les années 1920-30 sous le nom de « 6 Ton Tank ». Enfin il fut coopté et utilisé à la même époque par l'URSS sous le nom de « Russki Reno ». Le Renault FT était resté en service réduit dans l'armée française jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale. Il fut utilisé en petit nombre par la Wehrmacht, après 1940, à des tâches de maintien de l'ordre et d'entraînement.

Présentation[modifier | modifier le code]

Pour compléter la gamme des chars Schneider ou Saint-Chamond expérimentés en 1916, le colonel Estienne, pionnier de l'aviation militaire mais aussi père du char de combat français, préconisa un blindé léger construit en très grand nombre afin de saturer les défenses ennemies. Le but, en tout terrain, était de franchir les réseaux de fils de fer barbelés puis de supprimer les nids de mitrailleuses ennemies.

Description[modifier | modifier le code]

L'automitrailleuse à chenilles Renault FT, qui fut le premier char à être équipé d'une tourelle pivotante à 360°, constituait une révolution dans l'armée blindée naissante. Par la suite, les tourelles de char pivotantes sont devenues quasiment universelles depuis la création du Renault FT. L'armement du Renault FT était constitué soit par un canon de 37 mm Puteaux SA 18 à culasse semi-automatique et lunette de visée soit par une mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914. Les deux poulies de renvoi étaient en bois « mosaïque », c'est-à-dire formé de plusieurs pièces assemblées par des coins et cerclée de fer, disposition qui lui permettait de continuer son service même lorsqu'elle a été frappée à un point par un projectile et qui la préservait en même temps du gauchissement. Il existait également une poulie à sept rayons venue de fonte directement et munie d'un carter en tôle (poulie Berliet). Les chenilles à 32 patins sont constamment et automatiquement maintenues en état de tension.

Production[modifier | modifier le code]

Char FT en démonstration en 2012 au musée des blindés de Saumur.

Les caractéristiques détaillées du char Renault FT furent proposées à l'armée par Renault dès novembre 1916. Un premier prototype fonctionnel fut essayé par Louis Renault devant une commission militaire en mars 1917. Cette démonstration fut suivie par deux commandes fermes : la première en avril 1917 et l'autre en juin 1917. Plus de 3 700 exemplaires furent produits au plus, mais au moins 3 177. Ces chars de combat étaient équipés au tout début, en 1917, avec une tourelle moulée qui fut remplacée par une tourelle octogonale et rivetée appelée « tourelle Berliet ». Enfin une nouvelle tourelle arrondie et moulée (tourelle Girod) suivit en 1918. Aux États-Unis, 950 exemplaires furent construits sous licence, la plupart après la guerre. Louis Renault et un de ses ingénieurs, Rodolphe Ernst-Metzmaier, prirent une part décisive dans la création de ce qui fut le premier char de combat à dispositions modernes : tourelle rotative à 360 degrés, groupe moteur/boîte de vitesses à l'arrière du char, enfin chenilles débordant largement à l'avant.

Les lettres « FT » firent l'objet d'interprétations diverses : « Faible Tonnage », « Faible Taille », voire « Franchisseur de Tranchées ». Si ces noms peuvent représenter des moyens mnémotechniques, ils ne traduisent cependant pas la réalité qui est plus banale : il s'agit d'un code chronologique de la production Renault à l'époque. Le modèle précédent était « FS » et le suivant « FU ». Ce dernier étant un camion destiné au transport du Renault FT.

Équipage et inconvénients techniques[modifier | modifier le code]

Char d’assaut Renault FT.

Très rustique en comparaison avec les chars des années 1930 qu'il a côtoyés durant la Seconde Guerre mondiale, le Renault FT était manœuvré par un équipage de deux personnes, un chef de char/tireur et un conducteur. Le chef de char était situé, soit debout soit assis sur une sangle, juste derrière le conducteur. En raison de l'absence de système de communication interne - et grâce à l'absence de cloison entre le poste de conduite et la tourelle - le chef de char donnait ses ordres au conducteur en appuyant l'un ou l'autre de ses genoux contre son dos pour changer de direction, et en tapant sur son casque pour démarrer ou s'arrêter.

L'air de refroidissement du radiateur était aspiré par le ventilateur du moteur à travers le compartiment avant et le sommet de la tourelle, renouvelant donc sans arrêt l'air intérieur pour l’équipage. Néanmoins le char Renault FT se caractérisait par la dureté, voire la quasi-absence, de sa suspension. Lors des franchissements, le conducteur devait jouer avec l'embrayage et le frein pour éviter de faire retomber brutalement le char en avant, ce qui aurait risqué de lui entraîner des dommages à la colonne vertébrale. De même le conducteur devait être prudent en tout-terrain à cause de l'étroitesse de la caisse qui, associée à un centre de gravité relativement élevé, pouvait entraîner un basculement latéral et même un retournement. Également, les premiers chars Renault FT furent affectés par des problèmes de refroidissement du moteur dus aux défaillances des courroies de ventilateur qui étaient en cuir à l'origine.

Engagements[modifier | modifier le code]

Chars Renault FT et soldats américains en Argonne (septembre 1918).

Le char Renault FT fut engagé pour la première fois le 31 mai 1918 à partir de Saint-Pierre-Aigle en direction de Ploisy-Chazelle, pendant la seconde bataille de la Marne. Puis il fut employé en attaques de plus en plus nombreuses et de plus en plus efficaces, en compagnie des chars restant Schneider CA1 et char Saint-Chamond, jusqu'à l'armistice du 11 novembre 1918 ou il équipe 21 bataillons. Le char Renault FT fut le char de combat le mieux conçu de toute la guerre, à la fois efficace, économique et adapté à la production industrielle de masse. Adopté par l'armée américaine, il fut fabriqué sous licence à 950 exemplaires aux États-Unis à partir d'octobre 1918 sous le nom de 6 Ton Tank.

Après la guerre, il fut exporté dans de nombreux pays (Finlande, Estonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Yougoslavie, Tchécoslovaquie, Suisse, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Brésil, République de Chine, empire du Japon, et Iran) et construit sous licence aux États-Unis. Ainsi les chars FT furent utilisés par la plupart des pays possédant une force blindée, en tant que char principal. Ils prirent part à de nombreux conflits ultérieurs tels que la guerre civile russe, la guerre polono-soviétique, la guerre civile chinoise, la guerre du Rif et la guerre civile espagnole. L’Italie produisit un char presque identique, le Fiat 3000. Les chars FT furent aussi utilisés au début de la Seconde Guerre mondiale, entre autres par la France et la Pologne, bien qu'ils fussent complètement obsolètes. Il en existait encore 2 850 au 1er septembre 1939, dans l'armée française, et la Wehrmacht en récupéra 1 704 exemplaires à l'armistice de 1940. L'armée d'occupation l'utilisa encore pour des opérations de répression notamment pendant le soulèvement de Paris en août 1944.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • FT femelle avec une mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914 8 mm (4 800 coups) - environ 3/5 des chars produits.
  • FT mâle avec un canon court de 37 mm Puteaux SA-18 - environ 1/3 des chars produits.
  • FT 75BS - canon autotracté avec un 75 mm BS (Blockhaus Schneider) - au moins 39 chars.
  • TSF - char de commandement équipé d'une radio, pas d'armement, 3 hommes d'équipage, au moins 188 produits.
  • FT avec une mitrailleuse Reibel Châtellerault MAC31 de 7,5 mm - 1 580 modifiés avant la Seconde Guerre mondiale à partir de 1931.
  • Six Ton Tank Model 1917 - Copie semblable, produite aux États-Unis à 950 exemplaires. Utilisé par l'armée américaine et le Canada.
  • Fiat 3000 : variante italienne utilisée dans les années 1920. Nombre produit : 100.
  • Renault russe (Russki Reno) - Produit par Renault puis modifié en URSS. Nombre utilisé : 116.
Renault FT aux Invalides.
Constructeurs : chars Renault FT livres au 11 novembre 1918 (la commande totale est entre parenthèses) : Renault 1 850 (3 940) exemplaires, Berliet 800 (1 995), Somua 600 (1 135), Delaunay-Belleville 280 (750).
Élévation armement tourelle : + 35° à - 20°
Consommation : 30 litres aux 100 km
Largeur chenilles : 0,34 m
Garde au sol : 0,43 m
Obstacle vertical : 0,60 m
Pente : 10°
Passage à gué : 0,70 m
Franchissement : 1,35 m

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Gougaud, Les automitrailleuses et les chars français pendant la Grande Guerre : histoire technique et militaire, Ocebur, coll. « Guides Muller »,‎ 1987 (ISBN 2-904255-02-8).
  • Jean-Paul Perré, Maurice-Jean Suire (coll.) et Louis-Simon Aussenac (coll.) (préf. Pol-Maurice Velpry), Batailles et combats des chars français, vol. 2 : La Bataille défensive : Avril-juillet 1918, Charles-Lavauzelle et Cie,‎ 1940, 258 p. (lien OCLC?).
  • (en) Steven J. Zaloga, French Tanks of World War I, Osprey Publishing,‎ 2010 (ISBN 978-1-84603-513-5).
  • Bruno Jurkiewicz, Les Chars français au combat : 1917-1918, ECPAD/YSEC Éditions,‎ 2008 (ISBN 9-782846-730860).
  • P. Malmassari, « Les Chars de la Grande Guerre », 14-18 magazine, no 3 (hors-série),‎ 2009 (ISSN 1627-6612).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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