Saint-Chamond (char)

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Saint-Chamond
Le dernier char Saint-Chamond,au Musée des blindés de Saumur.
Le dernier char Saint-Chamond,
au Musée des blindés de Saumur.
Caractéristiques générales
Équipage 9
Longueur 8,7 m, canon compris.
Largeur 2,7 m
Hauteur 2,4 m
Masse au combat 23 tonnes.
Blindage et armement
Blindage 11 à 19 mm.
Armement principal Canon 75 mm Saint-Chamond L12CTR,
puis 75 mm Mle 1897.
Armement secondaire 4 mitrailleuses Hotchkiss 8 mm.
Mobilité
Moteur 4 cylindres, essence, Panhard et Levassor.
Transmission électrique "Crochat-Colardeau".
Puissance 90 ch à 1 450 tr/min.
Vitesse sur route 10 km/h sur route.
3 km/h en terrain moyennement accidenté.
Puissance massique 4,1 ch/tonne.
Autonomie 250 litres d'essence,
7 à 8 heures de fonctionnement

Le Saint-Chamond est le deuxième char d'assaut produit pour l’Armée Française au cours de la Première Guerre mondiale. Il est beaucoup plus lourd et plus long, mais aussi mieux armé que le premier, le char Schneider CA1. Quatre cents exemplaires sont fabriqués par la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d’Homécourt (FAMH), à Saint-Chamond. Né de la rivalité entre la firme de Saint-Chamond, d'une part et, d'autre part, de la société Schneider, il se révèle assez peu efficace sur des terrains bouleversés par les tranchées et les impacts de l'artillerie. Cependant en 1918, lors de la reprise de la guerre de mouvement en rase campagne, son canon de 75 mm est utilisé pour attaquer à distance l’artillerie de campagne adverse. La principale faiblesse du char Saint-Chamond était son train de chenilles beaucoup trop court et sujet à de fréquents déraillements. La guerre prend fin avant que les chars Saint-Chamond ne soient entièrement remplacés par des chars lourds britanniques.

Développement[modifier | modifier le code]

À l’origine, les sociétés Saint-Chamond et Schneider reçoivent, chacune, une commande de l'Armée Française de quatre cents exemplaires d'un même char. Au début de 1916, alors que leur prototype commun, le tracteur A, est en cours de finition dans un atelier de l’armée, le soldat Pierre Lescure conçoit le compartiment de combat, et le lieutenant Fouché fait rallonger la suspension pour améliorer le comportement en tout terrain. Le train de chenilles est directement inspiré par les tracteurs Holt-Caterpillar, déjà utilisés par l'armée pour le halage des pièces d'artillerie lourde.

Cependant, l’ingénieur en chef de Schneider, Eugène Brillié, rejette ce premier prototype. Il choisit un nouveau dessin intégrant son invention, une queue permettant de franchir les tranchées, avec une longueur de caisse bien inférieure, rendant possible la création d’un véhicule plus léger.

La société Schneider refuse de partager l’invention brevetée de Brillié avec la société Saint-Chamond qui, de son côté, ne veut pas verser des royalties à Schneider. Dès lors, les deux compagnies travaillent sur deux véhicules très différents, bien que dérivant tous deux du tracteur A initial. La Société SOMUA, filiale de Schneider, usine donc le Char Schneider CA1, alors que Saint-Chamond présente au Ministère de la Guerre un projet de char qui se veut plus compétitif, car mieux armé (un canon de 75 mm normal et quatre mitrailleuses Hotchkiss).

Saint Chamond utilise les relations au ministère de la Guerre d’un de ses directeurs techniques, le colonel Émile Rimailho, un des deux coïnventeurs du fameux canon de 75 mm Mle 1897, pour faire accepter les spécifications de leur propre projet. Notamment, le ministère approuve le montage d’un canon de 75 mm normal, à tube long, sur le char Saint-Chamond. Le résultat de cette validation est de rendre le char Saint-Chamond plus long et plus lourd que le char Schneider, avec un compartiment de combat allongé, dépassant largement le train chenilles, tant à l’avant qu'à l’arrière. Le premier prototype du char Saint-Chamond est présenté à l’Armée et approuvé en septembre 1916. Les premières sorties d’usine datent d’avril 1917.

Description[modifier | modifier le code]

Issu du tracteur A, le char Saint-Chamond est un véhicule imposant, plus grand et plus lourd que son rival, le char Schneider CA1. Il dépasse, en effet, le char Schneider de plus de deux mètres, et est plus lourd d’environ huit tonnes.

Cependant, malgré son handicap de masse, il est capable d’une meilleure vitesse de pointe sur terrain plat, grâce à son moteur Panhard et Levassor, sans soupape, plus puissant et, surtout, grâce à l’utilisation d’une transmission électrique « Crochat-Colardeau ». Cette dernière, utilisée avant guerre sur les automotrices de chemin de fer, rend possible une conduite sur terrain plat relativement souple et rapide.

Malheureusement ces avantages techniques ne sont valables que sur route. Une fois engagé dans la boue du no man's land, le long nez du Saint-Chamond a tendance à se ficher dans le moindre accident de terrain. Enfin, sur les premiers chars Saint-Chamond, les chenilles résistent mal à l’usure et les patins de chenilles donnent des pressions au sol excessives.

Fin 1917, et surtout pendant l’année 1918, un certain nombre d’améliorations furent apportées au char Saint-Chamond :

  1. toit à deux pentes, pour laisser rouler les grenades ennemies ;
  2. une seule tourelle, devenue quadrangulaire, pour le poste de conduite ;
  3. patins de chenilles en meilleur acier et, de surcroît, élargis d’environ 30 % ;
  4. rouleaux cylindriques, placés sous les extrémités avant et arrière du char, pour faciliter la progression en terrain difficile ;
  5. le canon Saint-Chamond d’origine, de 75 mm, est remplacé par le classique canon de 75 mm Mle 1897.

Le char Saint-Chamond est utilisé jusqu’en septembre 1918, soient deux mois avant l’armistice du 11 novembre. Il trouve son rôle le plus efficace pendant les mois d'été 1918, après la reprise de la guerre de mouvement, en tant que canon de 75 mm sur affût chenilles, capable d’engager directement l’artillerie de campagne adverse. Il peut donc être considéré comme un précurseur, certes très imparfait, des canons d'assaut utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale. Le char Saint-Chamond exposé au Musée des blindés de Saumur est unique au monde et provient d’un don de l’« US Army Ordnance Museum », situé à « Aberdeen Proving Grounds » au Maryland, USA. La remise en état d’origine de la dynamo et des moteurs électriques n’a pas pu être réalisée, à cause de leur état de dégradation trop avancé et devenu irréversible.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Alain Gougaud, 1987, « L’Aube de la Gloire, Les Auto mitrailleuses et les Chars Français pendant la Grande Guerre ». Ocebur Guides Muller. (ISBN 2-904255-02-8).
  • Lieut-colonel J. Perre, 1937 et 1940, « Batailles et Combats des Chars Français ». Charles-Lavauzelle et Cie., Paris. 2 tomes.
  • Bruno Jurkiewicz, 2008, « Les Chars Francais au Combat-1917-1918 ». Coédition ECPA/Ysec, BP 405. 27405 Louviers Cedex (avec un DVD de films d'époque).
  • Lieutenant-colonel P.Malmassari, 2009, « Les Chars de la Grande Guerre », 14-18 Éditions, (ISSN 1627-6612).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]