Pol Aurélien

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Pol Aurélien
Image illustrative de l'article Pol Aurélien
L'icône de saint Pol Aurélien peinte pour l'Association orthodoxe Sainte-Anne (Bretagne).
Saint
Naissance 490
Pays de Galles
Décès 12 mars 594 
Batz (Armorique)
Autres noms Paulinus Aurelianus, Paol Aorelian
Fête 12 mars

Pol Aurélien, ou Pol de Léon, en latin Paulinus Aurelianus, en breton Paol Aorelian, est un saint breton et le premier évêque de la ville de Saint-Pol-de-Léon et du pays du Léon au VIe siècle. Il est fêté le 12 mars.

C'est un des Sept saints fondateurs de la Bretagne continentale. La ville de Saint-Pol-de-Léon est une étape du pèlerinage médiéval des sept saints de Bretagne continentale appelé aujourd'hui « Tro Breizh » (Tour de Bretagne).

Présentation[modifier | modifier le code]

Étole de saint Pol Aurélien dans l'église de l'île de Batz. Il l'aurait mise autour du cou du monstre de l'île de Batz pour le frapper avec son bâton.

Le patronyme de Paul (Pol) Aurélien, et l'origine bretonne insulaire suggèrent qu'il a pu appartenir à une famille patricienne également connue pour avoir produit Ambrosius Aurelianus qui semble avoir conduit les opérations de défense des Bretons de l'île de Bretagne contre les Saxons entre 470 et 485. Cela confirmerait qu'une migration vers l'Armorique d'un grand nombre de Bretons a eu lieu de manière organisée, sous la conduite des princes et du clergé, à partir du VIe siècle en raison de l'invasion saxonne de l'île de Bretagne.

Pour ce qui concerne le clergé, on a parlé de "saints organisateurs" et Pol Aurélien apparaît être l'un d'eux. Sa vie en latin a été composée en 884 par Gurmonoc, moine de Landévennec, bien que le manuscrit le plus ancien date du Xe, et est l'un des plus beaux fleurons de la Renaissance Carolingienne en Bretagne. C'est en 1882 que « Dom Plaine » découvre à la bibliothèque nationale le manuscrit du moine de Landevennec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul, surnommé Aurélien, nait en 490 à Pen Ohen (tête de bœuf), aujourd'hui Boverton, dans la province de Glamorgan du Dyved (Pays de Galles). Il a neuf frères et trois sœurs, dont l'une, Sicofolla, deviendra abbesse. Leur père, Porphino, était un chevalier qui destinait Pol au métier des armes. Face à l'obstination de l'enfant, Porphino le met, à l'âge de neuf ans, en pension dans le monastère de Saint-Hiltud en l'île de Pyrus, aujourd'hui Caldey. Il fit son éducation auprès d'Ildut, avec d'illustres condisciples tels que Samson, Brieuc, Malo ou Gildas. Il fut très vite attiré par la solitude.

Dès l'âge de quinze ans, il obtient de son abbé de se faire ermite à Pen Ohen. Devenu abbé d'un groupe de douze prêtres, il est ordonné prêtre à son tour à l'âge de vingt deux ans, par l’évêque de Winchester, d'après Albert le Grand. Il séjourne cinq ans dans l'abbaye de sa sœur Sicofolla, à la cour du roi Mark pour y enseigner les évangiles. Après avoir accompli sa mission il eut une vision divine demandant d'aller prêcher en terre d'Armorique. Il se prépara donc à rejoindre sur le continent son cousin Gwithur, vraisemblablement pour introduire en Armorique la réforme de saint Germain, dont Hiltud était le disciple, contre le pélagianisme. Le roi Mark consentit à le laisser partir, mais refusa de lui donner une de ses cloches qui aurait permis à Pol de tenir les démons éloignés.

C'est ainsi qu'en 517, il débarque, accompagné de douze prêtres et de douze cousins ou parents, à Porz an Ejen en Ouessant (l'île d'Ossa à Heussa) et s'établit quelque temps à Lampaul (ermitage de Pol). Il aboutit ensuite vers l'île de Batz ou il fut reçu par le comte Withur, un de ses cousins. Lors du diner un énorme poisson fut servi dans le ventre duquel l'on avait retrouvé la cloche que le roi Mark lui avait refusée (cette cloche nommée "Hir-glaz" est aujourd'hui exposée à la cathédrale).
À la demande de son cousin, le comte Withur, Paul débarrasse l’île de Batz d’un dragon avec l'aide de Nuz, gentilhomme de Cléder. Withur lui fait alors don de son palais et de l'île de Batz où il fonda un monastère. Le roi franc Childebert Ier (511-558) le fait ordonner évêque et le place à la tête de l’évêché de Léon à Castel-Paol (Saint-Pol-de-Léon). Suite à son retrait, vers l'an 553, sur l’île de Batz, trois évêques lui succèdent de son vivant : Jaoua, Ternvael (ou Tiernomallus) et Keveren (ou Cetomerinus).

Il meurt selon le chanoine Aubert, le 12 mars 594 à l'île de Batz. Lors des invasions nordiques, ses reliques ont été transférées à Fleury-sur-Loire en 954 (monastère de S. Florent), où elles ont été détruites par les Huguenots au XVIe siècle (vers l'an 1567). Seul un ossement de son bras est conservé à Saint-Pol-de-Léon.

Voir un Extrait de la Vie des saints de la Bretagne armoricaine d'Albert Le Grand, dominicain de Morlaix, publié en 1636 sur wikisource : s:Vie des saints de la Bretagne armoricaine.

Sa fête est le 12 mars.

Ses traces dans la Bretagne actuelle[modifier | modifier le code]

Pol Aurélien est particulièrement honoré dans sa ville éponyme (Saint-Pol-de-Léon) dont la cathédrale porte son nom.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Leroux, Cantate en l’honneur de ST-POL AURELIEN, éd. Oberthur, Rennes, 1897

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]