Nissan-lez-Enserune

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Nissan-lez-Enserune
Mairie de Nissan-lez-Enserune depuis le beffroi.
Mairie de Nissan-lez-Enserune depuis le beffroi.
Blason de Nissan-lez-Enserune
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Arrondissement Béziers
Canton Capestang
Intercommunalité Communauté de communes la Domitienne
Maire
Mandat
Pierre Cros
2014-2020
Code postal 34440
Code commune 34183
Démographie
Population
municipale
3 779 hab. (2011)
Densité 127 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 17′ 21″ N 3° 07′ 46″ E / 43.2892, 3.1294 ()43° 17′ 21″ Nord 3° 07′ 46″ Est / 43.2892, 3.1294 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 122 m
Superficie 29,74 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.nissan-lez-enserune.net

Nissan-lez-Enserune (Nissa d'Ausseruna en occitan) est une commune française située dans le département de l'Hérault en région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Nissanais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Le village de Nissan est niché dans un terroir de collines tertiaires entre les vallées de l'Orb à l'est et de l'Aude à l'ouest. Il fait partie du canton de Capestang dans l'Hérault et se situe à la limite du département de l'Aude.

Les collines qui l'entourent sont constituées au nord de buttes témoins miocènes (dont la colline d'Ensérune) alors que l'accès vers le sud est barré par une longue ligne de collines oligocènes dont une partie forme les argiles rouges de Nissan. Ces bancs d'argiles ont été exploités au XIXe siècle par des potiers et des tuiliers. Les collines souvent incultes aujourd'hui, sont propices à la culture de la vigne qui les colonise à nouveau. La diminution de l'élevage du mouton a permis le reboisement d'une partie des collines, offrant ainsi de vastes espaces de promenade.

La culture de la vigne a fortement marqué le territoire. Dès l'époque romaine, la vigne s'étend à la fois en plaine et sur les coteaux. Toutefois, le développement massif de cette monoculture date de la fin du XIXe siècle, les cartes antérieures et la toponymie attestent l'extension des autres cultures, en particulier des céréales dans les zones de plaines aux périodes plus anciennes. La viticulture a également marqué l'habitat. Les anciennes maisons du centre du village, comme dans tous les villages languedociens, ont souvent leur cave et leur remise abritant autrefois les foudres en bois et le cheval.

Pendant la première moitié du XXe siècle, le mouvement des coopératives viticoles a contribué à maintenir en activité un grand nombre de petits propriétaires de vignes. La coopérative de Nissan fait désormais partie de l'un des groupements de caves les plus vastes et les plus actifs du département, les Vignerons du Pays d'Ensérune.

Nissan a bénéficié dès l'installation du chemin de fer d'une gare située à quelque distance du village autour de laquelle s'est développée une petite zone d'activité, en particulier une usine de conditionnement et d'expédition de jus de fruits qui a travaillé sur l'ensemble de l'Europe. La présence de la route royale, grand axe développé à l'époque de Louis XIV afin de faciliter les communications entre Béziers et Narbonne, et le percement du canal du Midi ont contribué à faire vivre le village, bien qu'actuellement ce soient les villages situés en bordure immédiate du canal (Colombiers, Poilhes, Capestang, Sallèles) qui profitent de son attrait touristique.

Depuis 1970, le village s'est fortement développé vers le sud avec l'apparition de nouveaux lotissements et l'installation d'une population de travailleurs urbains (Béziers est à 10 km, Narbonne à 15). Le nombre d'habitants directement concernés par la viticulture a fortement diminué. Cependant quelques domaines relèvent le défi de la production de vins de qualité et participent au nouvel essor de la viticulture méridionale.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Nissan-lez-Enserune

Les armes de Nissan-lez-Enserune se blasonnent ainsi : d'azur à un chien passant d'or surmonté d'un croissant d'argent[1].

Économie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

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Nissan-lez-Enserune s'est développé progressivement à partir du dépeuplement de l'oppidum d'Enserune, principal lieu d'habitations jusqu'au Ier siècle avant notre ère. À l'origine du village se trouve très probablement une grande villa romaine dont le propriétaire aurait pu porter un nom tel que « Anisius ». L'origine, gallo-romaine, du nom du village pourrait être : (Villa d') Anisius face aux collines escarpées. De telles villas sont fréquentes dans les environs et forment un habitat dispersé caractéristique des débuts de l'Empire romain. On a par exemple mis en évidence sur le territoire de la commune une grande villa au sud en bordure de l'étang de Vendres (restes de murs en grand appareil, stucs peints) ainsi qu'un petit établissement thermal dans la campagne environnante.

Église de Nissan-lès-Ensérune

Des vestiges dispersés de l'époque wisigothique ont été également retrouvés dans les environs. Les chapelles et oratoires construits à l'écart du village témoignent de l'essor du christianisme à partir du Ve siècle. La période troublée du haut Moyen Âge a probablement conduit les habitants à se réfugier dans le village naissant à l'abri d'une enceinte fortifiée.

Ce nouveau village est attesté au XIe siècle. Imbert et Bernard de Nissan plaident en 1105 pour la possession d'une partie du château de Montady. Bernard de Nissan engage pour 2 000 sols le château de Nissan et son fief de Lespignan à Bernard Pons de Colombiers. Le 7 août 1178, Bérenger, et ses frères, Pierre et Bernard de Nissan, vendent des terres lors de la profession religieuse de Bérenger à l'abbaye de Fontcaude. Un autre Bernard de Nissan participera activement à la défense des terres du Midi contre les Croisés de Simon de Montfort lors de la croisade contre les Albigeois. Après la prise de Béziers par les Croisés, les seigneurs de ces villages de plaine difficilement défendables se retrouvent parmi les défenseurs de Minerve. Bernard de Nissan trouve la mort en combattant près du château de Ventenac en ne laissant qu'une fille, Adalays.

Les templiers possédaient des biens au hameau de Périès[2].

Lors des guerres de religion, Henri de Montmorency, nommé gouverneur du Languedoc en 1563 fera de fréquents séjours à Béziers à partir de 1576, tentant de négocier avec les ligueurs du duc de Joyeuse. Plusieurs trêves, en 1584, 1586, 1592 et 1595 seront conclues, le plus souvent à Nissan.

Nissan est mentionnée lors de l'un des épisodes de peste de la fin du XVIIIe siècle, pour relater que les autorités du village prennent la décision d'en interdire l'accès aux étrangers pendant toute la durée de l'épidémie.

Lors de la Révolution française, les citoyens de la commune se réunissent au sein de la société révolutionnaire, créée en prairial an II[3].

Plus récemment, par décret du 22 août 1950, Nissan prend le nom de Nissan-lez-Enserune[4],[5]. Un odonyme local (Rue du 22-Août) rappelle cet évènement.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 Mars 2008 Jean-Claude Galan DVG  
Mars 2008 en cours Pierre Cros PRG[6]  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 779 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 100 1 077 1 248 1 415 1 537 1 639 1 644 1 658 1 740
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 651 1 862 2 019 1 901 2 216 2 572 2 296 2 540 2 764
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 855 2 608 2 547 2 705 2 541 2 649 2 569 2 507 2 525
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 570 2 450 2 251 2 519 2 835 2 907 3 278 3 779 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Moulin

Situé à proximité et dominant la voie domitienne, a été occupé du VIe siècle au Ier siècle avant Jésus Christ. Fondé par des populations celtibères, il est le témoin d'une activité d'échanges intenses avec l'ensemble du bassin méditerranéen. Cela explique la richesse des céramiques retrouvées dans les habitations et la nécropole, en particulier des céramiques étrusques et d'exceptionnelles céramiques attiques que l'on pourra admirer dans le musée créé sur le site.
Depuis l'oppidum, la vue s'étend dans toutes les directions (on y trouve une table d'orientation) jusqu'à la mer, aux contreforts de la Montagne Noire et les Pyrénées. On pourra admirer au nord les vestiges de l'étang de Montady asséché au XIIe siècle par un curieux système de canaux rayonnants.
On remarquera au pied de la colline le complexe du Malpas où le canal du Midi, le canal d'atterrissement de l'étang de Montady, le tunnel du chemin de fer et la route se superposent.

  • La chapelle Notre-Dame de Miséricorde.

Petit oratoire isolé dans un vallon à l'écart du village, elle date probablement du Ve siècle.

  • La chapelle Saint-Christol.

Récemment restaurée, elle est le témoin d'un petit établissement monastique actif jusqu'au XVIIe siècle. Des fouilles ont permis de dégager le bâtiment dont les parties les plus anciennes datent du Ve siècle, et de rendre visible le portail orné de colonnes que l'on peut dater du XVIe siècle. Une construction adossée en appareil soigné, prise pour les ruines d'un édifice plus ancien, est en réalité une extension probablement commanditée ou financée par l'archevêque de Narbonne.

Ancienne église d'un prieuré relevant de l'abbaye de Psalmodie, dont l'édification qui aboutit à son aspect actuel s'étale sur plusieurs siècles, elle est classée monument historique.
Le tombeau des Prieurs est situé dans le chœur de l'édifice, vers le nord, sous une pierre du dallage gravée d'une croix. Quelques vestiges du Prieuré sont encore visibles dans la cour du presbytère et à l'ouest de l'édifice.
Grâce au chanoine Joseph Giry, elle abrite des œuvres d'art, parmi lesquelles les fonts baptismaux, réutilisés dans une reconstitution de baptistère, à l'ouest, une table d'autel wisigothique et une table d'autel carolingienne à lobes, caractéristique de la production de la Narbonnaise et de Catalogne.
Sur le mur sud-est du transept, est préservée la fresque du Couronnement de la Vierge avec des anges musiciens (XIVe siècle). La voûte qui précède cette chapelle porte la trace des symboles des quatre Évangélistes, en partie effacés.
Les grandes orgues, construites en 1834 par Prosper-Antoine Moitessier, sont classées MH depuis 1984. Elles proviennent de la chapelle des Visitandines de Montpellier et constituent l'un des premiers ouvrages du facteur dans la région. Détériorées et vidées d'une partie de leur tuyauterie, elles ont été transférées à Nissan et partiellement complétées en 1965. Leur double buffet - grand corps et positif dorsal, sa réplique en réduction - est réalisé dans les tons acajou et or. Le grand corps est doté de joues ornementales monumentales. Sa structure est encore classique, mais sa décoration utilise des éléments empire (palmettes), Louis-Philippe et déjà néo-gothique (clochetons couronnant les tourelles).

  • Le Plo.

Situé au centre du village, cet ensemble de maisons, traversé par un réseau de rues étroites, est le témoin de la cité au Moyen Âge. Il est ceinturé par des rues plus larges qui dessinent le contour des fortifications et sont édifiées sur les anciens fossés. De ces fortifications, ne reste que la tour de l'horloge en face de la mairie. À noter en bordure de cet ensemble, un ancien puits couvert, le Pouzet.

  • Les moulins.

Sur les collines au sud du village se trouvent les ruines de trois anciens moulins, dont un a été récemment restauré. Ces moulins ont été habités jusqu'au début du XXe siècle par des familles pauvres. De leur plateforme, on pourra découvrir un vaste panorama au nord vers le saint-chinianais et la montagne Noire, au sud sur les étangs de Vendres, la plaine de l'Aude et la mer. L'association culturelle « Les Amis de Nissan » a restauré Tiquet et Balayé, deux des trois moulins, de 1986 à 1996. Balayé est fonctionnel et lors de grandes occasions y est moulu le blé.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Émile Barthe (1874-1939) : écrivain, auteur de plus de 40 pièces de théâtre en occitan (Paure Miètjorn, Lo Perdon de la Terro, Lous Proufitaires…) qui ont connu un grand succès au début du XXe siècle. Il est également l'auteur d’un roman, La Nissanenco.
  • Pierre Cros et René Dez : résistants contre l'occupation allemande, membres du Maquis de Fontjun, arrêtés, torturés puis fusillés le 7 juin 1944 au Champ de Mars à Béziers.
  • Raymond Busquet (1926-1979) : poète français et occitan, inhumé dans la commune.
  • Michel Galabru
  • René Soulet né le 19 avril 1930 à Nissan. Joueur de rugby à XV. Finaliste du championnat de rugby à XV en 1951 avec Tarbes. Deuxième ligne

Sports[modifier | modifier le code]

Rugby[modifier | modifier le code]

En 1995, l'US Nissan a été finaliste du championnat de France Honneur de rugby à XV.

Football[modifier | modifier le code]

La ville de Nissan-lez-Enserune dispose d'une équipe de football amateur, l'Union Sportive Colombiers Nissan Méditerranée fondée en 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  • Rémy Pech, "Entreprise viticole et capitalisme en Languedoc-Roussillon", Publication de l'Université de Toulouse-Le Mirail, 1975.
  1. Didier Catarina et Jean-Paul Fernon, Armorial des communes de l'Hérault, Artistes en Languedoc, (ISSN 1264-5354), p 53.
  2. Damien Carraz (préf. Demurger), L'Ordre du Temple dans la basse vallée du Rhône (1124-1312) : Ordres militaires, croisades et sociétés méridionales, Lyon, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales / 17 »,‎ 2005 (ISBN 978-2-7297-0781-1, lire en ligne), p. 310. Voir aussi E.G Léonard, « Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs », dans Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, E. Champion,‎ 1930, xv-259 p., chap. 5 et Émile Bonnet, « Les maisons de l'ordre du Temple dans le Languedoc méditerranéen », Cahiers d'histoire et d'archéologie, no 30,‎ 1935, p. 170-171, disponible sur Gallica
  3. Jean-François Dubost, « Le réseau des Sociétés Politiques dans le département de l'Hérault pendant la Révolution Française (1789-1795) », Annales historiques de la Révolution française, no 278, 1989. p. 415.
  4. /archives-pierresvives.herault.fr Archives communales déposées de Nissan-lez-Enserune.
  5. Journal Officiel, 1950, no 203, p. 9177.
  6. Journal Radical 605, PRG, consulté le 22 avril 2014
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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