Bataille de Majorque

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Bataille de Majorque
Informations générales
Date 16 août 1936 au 12 septembre 1936
Lieu Iles de Majorque, Ibiza et Formentera, Baléares (Espagne)
Issue Victoire nationaliste décisive
Belligérants
Flag of Spain (1931 - 1939).svg République espagnole
CNT/FAI
UGT
Flag of Spain (1931 - 1939).svg[1] Bandera del bando nacional 1936-1938.svg Camp nationaliste
Bandera FE JONS.svg Phalangistes
Bandera Tradicionalista.png Requetés carlistes
Flag of Italy (1861-1946).svg Corpo Truppe Voluntarie
Commandants
Alberto Bayo
Manuel Uribarri
García Ruiz
Forces en présence
8 000 miliciens 3 500 soldats et miliciens
Pertes
inconnues inconnues
Guerre d'Espagne

La bataille de Majorque, également connue comme le débarquement de Majorque ou, dans le camp républicain comme la reconquête de Majorque, fut une opération qui se déroula dans les premières semaines de la guerre d'Espagne, sur l'île de Majorque, mais qui concerna également les îles d'Ibiza et de Formentera, dans les Baléares. Elle opposa, entre le 16 août 1936 et le 12 septembre 1936 les forces nationalistes et les troupes républicaines. Elle se solda par un échec patent des républicains à prendre durablement pied sur l'île.

Contexte[modifier | modifier le code]

Carte des îles Baléares en août 1936

Le 2 août 1936, une colonne de miliciens barcelonais, dirigée par Alberto Bayo, débarqua à Minorque en prévision du débarquement. Quelques jours plus tard, le 6 août, les préparatifs logistiques pour le débarquement étaient achevés à Barcelone, soutenus par le Comité Central des Milices Antifascistes de Catalogne (Comitè Central de Milícies Antifeixistes de Catalunya) et le gouvernement catalan, tandis que le gouvernement central de la République préférait se contenter d'observer le déroulement des événements. Le quartier général des opérations s'installa à Mahón, capitale de Minorque.

Le 7 août, l'île de Formentera se rendit à la colonne de Manuel Uribarri, venue de Valence. Le jour suivant, la colonne barcelonaise « Baleares » d'Alberto Bayo débarqua à Ibiza et s'en empara complètement en quelques jours avec l'aide d'Uribarri. Ils formèrent immédiatement le Comité antifasciste d'Ibiza (Comité Antifascista de Ibiza), placé sous la responsabilité du communiste Antonio Martínez. Dans l'attente du débarquement, les forces de Bayo et Uribarri furent renforcées par une centurie de volontaires étrangers, principalement français et argentins.

Mais le 13 août, environ 400 miliciens catalans de la FAI, qui n'avaient pas été prévus par le plan Bayo-Uribarri arrivent à Cabrera, une petite île au sud de Majorque. Le 15 août, le capitaine Bayo rencontra, à Cabrera, les groupes anarchistes et leur proposa de participer aux opérations en débarquant sur l'île Dragonera, une petite île à l'ouest de Majorque, afin de mener une opération de diversion, mais le comité anarchiste refusa. Finalement, ils décident sans en prévenir Bayo, de débarquer à Cala Mandia et Cala Anguila. Quant aux Valenciens d'Uribarri, ils rentrèrent finalement sur la péninsule, n'ayant pas réussi à obtenir un accord sur les opérations à mener.

Combats[modifier | modifier le code]

Offensive républicaine[modifier | modifier le code]

Avancée maximale des républicains sur les îles de Majorque et d'Ibiza.

À l'aube de la journée du 16 août, les troupes de miliciens de Bayo, renforcées par une importante partie de la garnison de Minorque, formant une force de 6 000 à 10 000 hommes, débarque sur la côte orientale de l'île de Majorque, à Punta Amer et Porto Cristo (rebaptisée « Porto Rojo » par les républicains). L'opération est appuyée par un important déploiement naval.

De l'autre côté, les nationalistes reçurent un soutien croissant de la part des Italiens. Le 27 août arriva sur l'île une importante aide matérielle italienne. Le 1er septembre, plusieurs dignitaires fascistes italiens assistèrent aux opérations, tels que le vice-consul d'Italie Arconovaldo Bonaccorsi (surnommé le « Comte Rossi » ou le « Lion de Son Servera » et créateur du groupe des Dragones de la Muerte, qui se rendirent particulièrement célèbres dans la répression qui suivit sur l'île) ou Facchi (chef de l'aviation italienne à Majorque). Trois jours plus tard arrivèrent trois trimoteurs et trois avions de chasse italiens.

À la fin du mois d'août, les républicains avaient finalement peu avancé vers l'intérieur. Ils avaient établi une petite position sur la côte orientale, autour de Porto Rojo, mais ils rencontraient une résistance croissante. Ils décidèrent alors de changer leurs plans et de donner l'assaut à la ville de Manacor, deuxième ville de l'île et chef-lieu de la comarque du Levant, le 31 août.

Contre-offensive nationaliste[modifier | modifier le code]

La contre-offensive nationaliste, menée par quelque 3 500 hommes, força les miliciens catalans à reculer. Pris sous un feu continu et des attaques menées à la fois sur terre et dans les airs, ils furent poussés à reculer rapidement, abandonnant hommes et matériel.

L'aide qu'espéraient les républicains majorquins, qui venait de Barcelone, fut de plus soumise aux sollicitations croissantes du Comité antifasciste d'Ibiza, formé par Justo Tur, Angel Palerm, Juan Morales, Ramón Medina et García Rovira. Prévoyant le retrait des miliciens de Bayo et constatant que leur situation était bien précaire, ils demandaient de l'aide en prévision d'une future attaque des nationalistes de Majorque.

Dans la nuit du 4 au 5 septembre, le gouvernement de Francisco Largo Caballero ordonna aux républicains d'abandonner l'île de Majorque. La colonne de Bayo commença alors à se retirer, tandis que les nationalistes poursuivaient leur offensive. Cette retraite obligea les républicains à abandonner sur place une partie importante de leur matériel, mais aussi des groupes d'hommes, et ils rentrèrent à Mahón et Barcelone. Une semaine plus tard, les nationalistes reprirent possession de l'île de Cabrera, également abandonnée par les anarchistes, mettant fin, le 12 septembre aux opérations du débarquement de Majorque.

Conséquences[modifier | modifier le code]

De retour à Barcelone, les miliciens furent envoyés sur d'autres fronts : une centaine d'entre eux fut intégrée au Régiment pyrénéen n° 1 (Regiment Pirinenc Núm. 1), à la frontière française ; d'autres partirent défendre Madrid, tandis que d'autres étaient engagés sur le front d'Aragon dans la Columna Volant Catalana.

L'île d'Ibiza, pendant ce temps, reçut le soutien de deux groupes de miliciens de 200 et 300 hommes, venant de Barcelone, à bord des navires Ciudad de Barcelona et Ciudad de Tarragona. Ces miliciens formèrent ensemble la colonne « Cultura y Acción ». Le 19 septembre, les nationalistes débarquèrent sur l'île d'Ibiza et s'en emparèrent. Le lendemain, les îles d'Ibiza et de Formentera étaient définitivement occupées, mettant fin aux opérations de la bataille de Majorque, qui concernait finalement l'ensemble des îles Baléares.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jusqu'au 29 août 1936, les forces insurgées utilisèrent les couleurs de la République. C'est alors que la Junta de Defensa Nacional décida de rétablir le drapeau bicolore, rouge et or. Il est cependant intéressant de remarquer que le 12 septembre, le défilé de la victoire nationaliste à Majorque se fit encore sous les couleurs tricolores de la République.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hugh Thomas, La guerre d'Espagne. Juillet 1936-mars 1939, Robert Laffont, Paris, 2009 (ISBN 2-221-08559-0)
  • (es) José Luis Gordillo Courcières, La Columna de Bayo, éd. Dyrsa, Madrid, 1987 (ISBN 84-86169-42-9)