Maison d'Estampes

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Famille d'Estampes
Armes de la famille.
Armes de la famille : Famille d'Estampes
Blasonnement D'azur, à deux girons d'or, posés en chevron, au chef d'argent chargé de trois couronnes de gueules.
Devise Virtus non prima coronat

La maison d'Estampes est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction chevaleresque. Elle ne doit pas être confondue avec la famille des seigneurs d'Etampes, en Hurepoix. Elle occupe un rang particulièrement brillant au sein de la noblesse à partir du XVe siècle[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La filiation remonte à Jean de Bas, dit d'Estampes, garde des joyaux d'or et d'argent de Jean de France, duc de Berry, dans la seconde moitié du XIVe siècle[1]. Son fils, Robert d'Estampes, seigneur de Salbris, capitaine de la Grosse Tour de Bourges, est anobli en 1392. Trois des ses enfants seront respectivement évêque de Carcassone, de Nevers et de Montauban au milieu du XVe siècle[2].

XIVe ‑ XVe siècles : une rapide agrégation à la noblesse de cour[modifier | modifier le code]

Robert d’Estampes (vers 1360 † vers 1420), seigneur de Salbris, élevé auprès du duc de Berry, devient le Favori de ce prince et le demeure sa vie durant. Il est à son tour nommé garde des joyaux du duc de Berry en 1402 et capitaine de la Grosse Tour de Bourges. Il est anobli en mai 1404 par Charles VI. En 1416, il est exécuteur testamentaire du duc de Berry. Il épousa Jacquette Rolland, fille d’Imbault, médecin du duc, d'une famille de Bourges[1].

Les enfants de Robert se trouvent bientôt agrégés à la haute et ancienne noblesse de cour, par l’importance de leurs charges, de leurs fiefs et de leurs alliances. Son fils aîné, Jean d’Estampes (vers 1395 † 1455), conseiller au Parlement de Paris en 1436, est nommé évêque de Carcassonne en 1445. Son cadet, Robert II († 1456), chevalier, seigneur de Salbris, chambellan de Charles VII, devient maréchal et sénéchal du Bourbonnais et participe à la reconquête de la Normandie. Il acquiert en 1451 le vaste fief de Valençay, en Berry. Les deux frères suivants sont prélats, le premier, Jean, (vers 1400 † 1461), évêque de Nevers, et Guillaume, évêque de Montauban en 1452, puis de Condom en 1455. Un cinquième fils, Jean, fut maître d’hôtel de Louis XI[1].

XVe ‑ XVIe siècles : puissance territoriale et fidélité à la couronne[modifier | modifier le code]

Robert III d’Estampes (vers 1440 † 1487), fils de Robert II, devint à son tour maréchal et sénéchal de Bourbonnais. Il laissa trois fils, Jean, Louis et Robert, dont la descendance fut maintenue dans sa noblesse en 1669, et s'éteignit en la personne de Blanche d'Estampes à la fin du XVIIe siècle[1].

Louis (vers 1480 + 1530), seigneur de Valençay, gouverneur et bailli de Blois (1519), chevalier de l'ordre de Saint-Michel (ou ordre du roi), marié à une fille du seigneur de Cheverny (1512), débute en 1520 la transformation du manoir féodal de Valençay en château moderne. Ces travaux d’embellissement et d’agrandissement se poursuivront, de génération en génération, jusqu’en 1650. Son fils Jacques, seigneur de Valençay, est député de la noblesse de Berry aux États-généraux de 1560, à Orléans[réf. nécessaire].

Jean (né vers 1500), seigneur d’Autry (fils de Robert), puis son fils Louis (né vers 1535), seigneur d'Autry, capitaine d’une compagnie d’ordonnance, sont tous deux chevaliers de l’ordre de Saint-Michel.

Claude d’Estampes (1526 + 1591), seigneur de la Ferté-Imbault (petit-fils de Jean, seigneur du même fief), réside habituellement au Mont Saint-Sulpice, près d’Auxerre, forteresse héritée de sa mère, son château de la Ferté-Imbault ayant été détruit en 1562 par un parti de protestants. Capitaine des gardes du corps du duc d’Alençon, plus jeune des Valois, il épouse en 1579 la fille de Guillaume de Hautemer de Grancey, futur maréchal de Fervaques, et sera tué à Avallon dans un combat face à des partisans de la « Sainte Ligue ».

XVIIe siècle : un apogée au Grand siècle[modifier | modifier le code]

Les trois branches de la Maison d’Estampes, fidèles soutiens du Roi Henri IV, bénéficient grandement de sa victoire et de l’élévation de leurs proches, tel le maréchal de Fervacques, fait duc et pair (1611).

Jean (mai 1548 + 1620), seigneur de Valençay et d'Estiau, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances du Roi (1586), marié en février 1578 à Sara d’Happlaincourt, héritière de ce fief en Picardie, est ainsi fait conseiller d’État en 1594, puis nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1619, ou ordres du roi). Il obtient de faire recevoir son fils aîné à sa place dans cet ordre, étant alors en campagne en Navarre, aux côtés du duc de Mayenne, et meurt peu après d'une blessure d'arquebuse.

Avec la génération aux affaires sous Louis XIII puis le jeune Louis XIV, les d’Estampes, jouissant de la confiance du Cardinal de Richelieu, atteignent leur apogée, par leurs emplois (militaires, ecclésiastiques et civils), leurs alliances et leur fortune.

La branche de Valençay produit alors des frères remarquablement distingués : - Jacques d'Estampes de Valençay (novembre 1579 + novembre 1639), 1er marquis de Valençay, lieutenant-colonel de la cavalerie légère de France, grand maréchal des logis de la maison du Roi (1618), chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (décembre 1619) reçu à la place de son père, maréchal de camp (1622), gouverneur de Montpellier (1622-1626) puis de Calais (1626-1632), conseiller d'État ; - Mgr Léonor de Valençay (1589 + 1651), abbé de Bourgueil, député du clergé aux États-Généraux (1614), évêque de Chartres (1620), puis archevêque-duc de Reims et pair de France (1641), chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, - Louis (1592 + 1632), marquis d'Estiaux, tué devant Maestricht, au service de la Hollande, sans avoir été marié, - Achille (1593 + 1646), maréchal de camp (1628), grand-croix et général des galères de Malte (1629), puis général des armées du Saint Siège et cardinal de Valençay pour ses services militaires (1643), - Jean d'Estampes de Valençay (1593 + 1671), abbé, puis marquis d'Estampes, conseiller au Parlement de Paris, Maître des Requêtes, Président au Grand Conseil, conseiller d’État, ambassadeur en Suisse (1637) puis en Hollande (1638), et - Claude (vers 1595 + 1621), seigneur d'Estiaux, lieutenant-colonel du régiment du duc de Candale, tué au siège de Montauban.

La branche aînée n’est pas en reste avec Jacques (1590 + 1668), 1er marquis de la Ferté-Imbault et de Mauny, maréchal de camp (1628), ambassadeur en Angleterre (1641-1643), lieutenant-général des armées du Roi (1645), Maréchal de France en 1651, lieutenant-général de l'Orléanais, du Vendômois et du Dunois, puis chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1661), ami de Gaston de France, duc d'Orléans. Son frère cadet Louis est chevalier de Malte.

Enfin, Jean-Baptiste (vers 1565 + vers 1640), 1er marquis d'Autry, baron d’Ardreloup et du Theillay, est mestre de camp du régiment de Condé, frère aîné d'un chevalier de Malte tué au combat en 1625 et d'un capitaine de vaisseau, mort religieux missionnaire en Afrique en 1645. Son plus jeune fils, lui aussi prénommé Jean-Baptiste (1638 + 1684), est évêque de Perpignan (1675) puis de Marseille (1682).

Les alliances sont à la hauteur de leur distinction et de leur fortune. Le Maréchal de la Ferté-Imbault a épousé une Choiseul-Praslin (1610), elle-même fille du Maréchal ; son jeune cousin Dominique (1601 + mai 1691), marquis d'Happlaincourt puis 2e marquis de Valençay, une Montmorency (1641), sœur aînée du Maréchal duc de Luxembourg et de la duchesse de Châtillon puis de Mecklembourg-Schwerin ; leurs sœurs d’autres Maréchaux de France (La Châtre, Monchy d'Hocquincourt...) ou Secrétaires d’État (Puysieux…), leur cousine un Rochechouart (1611), leurs nièces un bâtard de Valois (1622) puis un duc d’Uzès (1625) ou Marie (+ décembre 1697) un Béthune (Philippe, 1630 + 1658, comte de Selles) puis un duc d'Épernon (Jean-Baptiste Goth, Marquis de Rouillac, Duc d'Epernon).

Le 2e marquis agrandit follement son château de Valençay, de 1640 à 1650, le maréchal relève, dès 1627, celui de La Ferté-Imbault, victime des guerres de religion, et modernise celui de Mauny, près de Rouen.

Frère cadet du 2e marquis, Henri (1603 + 1678), Grand-Prieur de Valençay, est successivement général en chef de l’armée navale française (1632), grand-croix et général des galères de Malte, ambassadeur de France à Rome (1652-1655), puis à Venise. Grand-Prieur de France (1670), il meurt à Malte, où il était destiné à devenir grand-maître de l’Ordre. Un frère aîné, Jean de Valençay, baron de Bellebrune, lieutenant-colonel de la cavalerie légère de France, avait été tué au siège de Privas.

À la génération suivante, Henri Dominique (vers 1645 + 1680), marquis de Fiennes, appelé aussi "le jeune marquis de Valençay" (fils aîné du 2e marquis de Valençay), enseigne des gendarmes du Roi, multiplie les procès, y compris contre ses plus proches parents. Madame de Sévigné le qualifie de "malhonnête homme", et écrit "sa mort réjouit tout le monde" (lettre du 1er mars 1680). Il a deux frères cadets, François Henri, comte de Valençay (vers 1650 + 1711), chevalier de l'ordre de Saint-Lazare (mai 1675), exempt des Gardes-du-Corps du Roi, puis colonel d’un régiment de dragons, et Jean Hippolyte, marquis de Bellebrune (vers 1652 + mars 1697), page de la Grande Écurie du Roi (1667), puis capitaine au régiment du Roi, infanterie. Deux de leurs sœurs sont mariées, l'aînée en 1679 à Gaspard, comte de Chavagnac (+ 1695), général des armées de l’Empereur, sans postérité, la cadette, Marie (+ décembre 1705), en février 1685 à Pierre Gorge d'Antraigues (+ 1701), baron de Roise, conseiller au parlement de Metz (juillet 1681), d'où une fille duchesse de Béthune-Charost et un fils fait duc palatin de Phalaris en 1718, "en considération de la maison de Valençay, qui était chère au Saint-Siége". Deux autres sont religieuses, en particulier Angélique-Isabelle (+ 1707), Abbesse de Clérets, qui réforme cette maison en 1690, sur le modèle de la Trappe et meurt en odeur de sainteté. En mai 1676 Madame de Sévigné rend visite aux deux jeunes filles à la Visitation de Moulins. Elle s’émerveille de leur beauté et de leur renoncement au monde, où elles auraient pu jouir non seulement de la fortune mais du succès. Elle écrira plus tard "L'abbaye des Clérets, (…) est devenue toute sainte, depuis qu'une Mme de Valençay, sortie de la Visitation de Moulins, et vagabonde depuis trois ans d'abbaye en abbaye, l'a réformée, et est devenue sainte elle-même." (Lettre de Mme de Sévigné, 22 novembre 1692)

Parallèlement, le fils aîné du Maréchal, François (1618 + 1667), marquis de Mauny, Premier écuyer de Gaston, duc d’Orléans, et lieutenant de sa compagnie de gendarmes, d’un tempérament sanguin, brutal, irréfléchi et médisant, s’attire de nombreuses inimitiés. En 1658 il compromet sa maison, se trouvant excommunié plusieurs mois pour avoir manqué d’assassiner l’archevêque de Sens, oncle de son épouse, à la suite d’un différend. Il gâche ainsi la position solide de sa Maison, confortée par la notoriété de son père et par son propre mariage en 1641 avec une fille du marquis de Sillery, secrétaire d’État, et de Charlotte d’Estampes-Valençay. Cet épisode, davantage que leur proximité avec les ducs d’Orléans successifs ou que leurs liens étroits avec le Grand Condé, semble avoir coûté aux d'Estampes la consécration qu'ils pouvaient espérer de Louis XIV, être honorés d'un titre ducal. Les fils cadets du Maréchal sont Roger, abbé de Beaugency, comte et chanoine de Saint-Jean de Lyon, et Louis (vers 1620 + vers 1642), seigneur de Salbris, commandant un régiment de cavalerie en Lorraine, mort jeune.

Fils de François, Charles (vers 1642 + 1716), marquis de la Ferté-Imbault et de Mauny, appelé le marquis d’Estampes, est un personnage plus solide et recommandable, très en cour à Versailles sa vie durant. Mestre de camp d’un régiment de cavalerie, il est chevalier d’honneur de Madame (1681), puis Premier capitaine des gardes du corps du duc d’Orléans (Monsieur, puis son fils le Régent) et fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit en 1688. Saint Simon écrit de lui qu’« Il était riche, honnête homme et fort brave ». Ce marquis d’Estampes était connu pour avoir 50 000 écus de rente (soit 150 000 £ivres), sans compter un bel hôtel parisien (rue de Varenne), Mauny, La Ferté-Imbault et Le Mont Saint-Sulpice (vendu vers 1715). Son frère cadet, François (vers 1645 + vers 1710), chevalier de Malte, puis capitaine d'infanterie, est appelé le comte d'Estampes.

Enfin, François (vers 1627 + avant 1682), 2e marquis d’Autry, meurt sans postérité masculine. Avec lui et ses frères cadets, Robert, chevalier de Malte (1660), capitaine de vaisseau, et Jean-Baptiste (1638 + 1684), évêque de Marseille cité plus haut, s'éteint la branche d'Autry. Sa fille unique et héritière, Blanche d’Estampes (née vers 1660), dame d’Autry, épouse en 1682 Alexandre Germain de Courtin, écuyer, seigneur de Saunoy et de Thierville, dont Alexandre de Courtin, marquis d'Autry.

Première moitié du XVIIIe siècle : déclin familial et extinction des Valençay[modifier | modifier le code]

Amorcé dès les années 1680 chez les Valençay par la dilapidation d’une fortune séculaire, des querelles intestines, mesquineries, procès de succession et décès précoces, le relatif déclin de la fastueuse Maison d'Estampes se propage vingt ans plus tard à la branche aînée. Ces générations sont marquées par la fatalité, comme de précédentes l’avaient été par la conjonction des succès.

Au mois de février 1700, les deux jeunes fils du défunt marquis de Fiennes, Jacques-Dominique, 3e marquis de Valençay (novembre 1673 + février 1700), capitaine de cavalerie, et son frère cadet, chevalier de Malte, meurent tous deux à quelques jours d’intervalle, le premier "pour s'être trop échauffé à une chasse de loup que fit Monseigneur" (Dangeau), le second au cours d'un combat naval en Méditerranée. Leur oncle, François-Henri (vers 1650 + 1711), comte puis 4e marquis de Valençay, terre qui ne lui rapporte alors que 10 000 £ivres de rente, meurt laissant une fille unique (Angélique, 1709 + 1728, dame de Valençay, mariée en 1728 au marquis de Mauny, aîné des d'Estampes). Leur cousin, Henry-Hubert (décembre 1684 + juin 1734), marquis du Gué-Péan puis 5e marquis de Valençay (fils du marquis de Bellebrune), se marie en septembre 1715, à Philiberte Amelot du Chaillou (1692 + 17..), qui lui donne Dominique Jacques Henry (novembre 1718 + juin 1742), 6e marquis de Valençay, mousquetaire (janvier 1735), puis lieutenant au régiment du Roi, Infanterie, mais ce dernier meurt pendant la campagne de Bohême, à 23 ans, d’une fluxion de poitrine. Avec ce jeune officier s’éteint ainsi, en juin 1742, la branche de Valençay.

Trois ans plus tard, en 1745, le magnifique château de Valençay, avec 20 000 hectares de terres et bois, est vendu par la marquise douairière pour la somme de 400 000 Livres. Ce prix est le même que celui prévu en 1719 (vente au financier John Law et au Prince Philippe de Vendôme, finalement annulée par arrêt du Conseil du Roi en 1722), mais l’état du château s’était probablement dégradé au cours des 25 années écoulées. Les marquisats d’Applaincourt et de Fiennes ont déjà été cédés, respectivement en 1713 et 1731.

Charles (vers 1642 + 1716), marquis d’Estampes, aîné de sa Maison, a eu pour sa part trois fils : - Roger (1679 + 1718), marquis de Mauny, guidon (1704) puis capitaine-lieutenant des gendarmes du duc d’Orléans (charge qu'il cède en 1715 pour 40 000 écus, soit 120 000 £ivres), fait prisonnier à la bataille d’Audenarde, en Flandres (1708), partiellement déshérité par son père, ayant peu d'esprit et s'étant "mésallié" en captivité avec une flamande d'Huisen, - Jean Baptiste (1682 + 1704), abbé d’Estampes puis marquis de Sallebris (1704), le plus doué, guidon des gendarmes d’Orléans (1704), tué à la bataille de Blenheim après avoir eu trois chevaux tués, et - Philippe Charles (1684 + 1737), chevalier puis comte d'Estampes, chevalier de Malte et garde de la marine, puis capitaine des gardes du corps du duc d’Orléans en survivance de son père (1707), colonel propriétaire du régiment de Chartres-Infanterie, brigadier des armées du roi (1719), marié en 1709 à Jeanne-Marie du Plessis-Châtillon (+ 1738), fille du comte de Nonant. Philippe-Charles s'employa à détourner emplois, honneurs et biens familiaux à son profit, au détriment de son frère aîné puis de son neveu, dont il était le tuteur.

Ce dernier, Louis-Roger, marquis de Mauny (1711 + 1754), mousquetaire du roi (1727), épouse en 1728 Angélique d’Estampes-Valençay (1709 + 1728), fille unique et héritière du 4e marquis de Valençay, morte sans postérité, puis, en 1734, Marguerite Lydie de Bec de Lièvre de Cany (1714 + 1741).

Le comte d'Estampes a pour sa part deux fils, l'aîné prénommé comme lui Philippe-Charles, et Louis-Auguste, chevalier puis comte d’Estampes (1714 + 1742), colonel-lieutenant du régiment de Chartres (1737), mort sans alliance.

Philippe-Charles (1712 + 1737, le même mois que son père), appelé le marquis de la Ferté-Imbault, âgé de 20 ans, colonel propriétaire du régiment de Chartres, Infanterie (1731), épouse en 1733 Marie-Thérèse Geoffrin (1715 + 1791), dotée de 400 000 Livres, fille unique et héritière de François Geoffrin, actionnaire majeur de la compagnie des Glaces, conseiller secrétaire du Roi, et de la fameuse Madame Geoffrin (1699 + 1777), née Marie-Thérèse Rodet. La jeune femme, pourtant charitable, a décrit son beau-père comme tout à la fois « tyran, ignorant, bête à manger du foin », méchant et brutal. Le ménage La Ferté-Imbault n'a qu'une fille, Charlotte-Thérèse (1736 + 1749), morte enfant.

En 1748 la marquise de la Ferté-Imbault abandonne ce château historique des d'Estampes (estimé à plus de 1 100 000 Livres en 1741), à sa belle-sœur Sophie d’Estampes pour qu’elle puisse épouser le marquis de Pierrecourt, président au Parlement de Normandie.

Seconde moitié du XVIIIe siècle : sursaut familial et Révolution[modifier | modifier le code]

Veuve à vingt et un ans, et ayant perdu sa seule enfant, Madame de la Ferté va reporter toute son affection sur les deux fils de Louis-Roger, marquis de Mauny, qui lui a confié leur avenir, Louis-Dominique (1734 + 1815), aîné de la Maison d'Estampes, et Hector (septembre 1736 + septembre 1788), appelé le comte puis le marquis de Valençay, officier au régiment du roi, infanterie, puis sous-lieutenant aux gendarmes de la garde. À la réprobation de leur tante, les deux jeunes gens sont influençables et se laissent entraîner à la débauche, jusqu'à ce que leur bienfaitrice y mette un terme en leur fermant temporairement la porte de son hôtel et sa bourse.

Le courant s’inverse alors : Madame de la Ferté-Imbault permet à son neveu Louis-Dominique, marquis de Mauny, puis d'Estampes, de retrouver une position de fortune et de cour conforme à son rang, puis d'embellir son château de Mauny. Sous les auspices de sa tante ce marquis d’Estampes épouse en 1755 la belle Adélaïde Julie de Fouilleuse (+ 1758), fille du marquis de Flavacourt et de la seule des cinq sœurs Mailly-Nesle qui se soit refusée à Louis XV, puis, en 1762, Françoise Geneviève Joly de Fleury (1742 + 1817), fille d'Omer (1715 + 1810), procureur général du Parlement de Paris (1746). Colonel aux grenadiers de France (1757), le marquis d'Estampes participe à la guerre de Sept Ans, principalement en Allemagne, avant d'être nommé brigadier d'infanterie (1768), pourvu d'un régiment (1771), puis promu maréchal de camp (1780). Son frère, le marquis de Valençay, capitaine de cavalerie au régiment Commissaire-général, est nommé brigadier de cavalerie (juin 1768) n'ayant pas 32 ans, capitaine des gardes du duc de Chartres, puis chambellan du duc d’Orléans, chevalier de Saint-Louis, commandeur de l’ordre de Saint-Lazare (décembre 1769).

Le marquis d'Estampes a de son premier lit Adélaïde Thérèse (1758 + 1783), mariée en 1773 au vicomte de Bourdeilles, et du second lit Louis-Omer (1763 + 1833), comte, puis marquis d'Estampes (1815), officier, chevalier de Saint Louis, marié en 1787 à Christine Rouillé du Coudray (vers 1765 ou 55 ? + 1832), fille d’Hilaire (1716 + 1805), marquis du Coudray et de Boissy, lieutenant général des armées du roi, grand croix de Saint Louis, et de la richissime Marie d'Abbadie d'Ithorrots (1738 + 1786).

L’effondrement de la Monarchie et la Terreur emportent les rêves de renaissance de la vieille Maison d’Estampes, sa fortune (la « Manufacture royale des Glaces », actuel Groupe Saint-Gobain) et celle de ses belles alliances. À la Révolution le marquis d'Estampes n'émigre pas, à la demande de Madame Elisabeth, pour rester près du Roi, puis, en 1791, hérite de sa tante la marquise de la Ferté-Imbault, dont il était le légataire universel.

À la première Restauration, chant du cygne, le marquis d’Estampes, est nommé lieutenant-général honoraire à 80 ans et fait grand-croix de Saint-Louis. Il meurt durant les 100 jours, peu avant Waterloo. La suite est tout à fait honorable (son fils aîné est promu maréchal de camp, etc.) mais une page de grandeur est tournée.

Titres[modifier | modifier le code]

Seigneurs de Salbris (1380) ;

Barons de La Ferté-Imbault (1448) ;

Comte d'

« Marquis de La Ferté-Imbault » et « de Mauny » (vers 1620, titres de courtoisie confirmés en 1651), « comte » puis « marquis d’Estampes » (vers 1672, titre de courtoisie porté par un cadet puis l'aîné du nom), « marquis de Sallebris » (1708, titre du fils cadet) ; branche aînée, qui subsiste ;

« Marquis de Valençay » et d’Happlaincourt (vers 1620, titres de courtoisie), marquis d’Estiaux et de Bellebrune (vers 1620, fils cadets), marquis d'Estampes (vers 1637-1671, titre de courtoisie porté par un fils cadet, ambassadeur, sa vie durant), marquis de Fiennes (Lettre patente de 1643), marquis du Gué-Péan (vers 1710) ; branche de Valençay, éteinte en 1742 ;

« Marquis d’Autry » (vers 1620, titre de cour), barons d’Ardreloup et du Theillay ; branche d'Autry, éteinte à la fin du XVIIe siècle.

« Marquis de Bellebrune » titre de courtoisie vers 1715 pour un cadet de la branche de Valencay [3]..

Sources[modifier | modifier le code]

  • Père Anselme de Sainte-Marie, Généalogie de la Maison d'Estampes, Paris, 1733.
  • Étienne Boislandry Dubern, Gentry (tome 4 : Ascendance de Guillemette de Ginestous, 1902 + 1993, comtesse Baguenault de Puchesse), 2000.
  • Gilberte Espouy, Jacques d'Estampes, Marquis de La Ferté-Imbault, maréchal de France ou l'honneur de servir, 2000.
  • Maurice Hamon, Madame Geoffrin : femme d’influence, femme d’affaires au temps des Lumières, Fayard, Paris, 2011.
  • La Chesnaye des Bois, Paris, 1773.
  • Mercure de France, Paris, décembre 1754.
  • Saint-Simon : Mémoires du duc de Saint-Simon. (Sur Charlotte d'Estampes-Valençay, 1597 + 1677, tome IV 4 : "Madame de Puysieux, veuve dès 1640, ne mourut qu'en 1677, à quatre-vingts ans, avec toute sa tête et sa santé. C'etoit une femme souverainement glorieuse, que la disgrâce n'avoit pu abattre (...). On ne peut avoir plus d'esprit qu'elle en avoit, et, quoique impérieux, plus tourné à l'intrigue."
  • Tallemant des Réaux, Historiettes, 1834. (Sur l'archevêque duc de Reims : "Il avait l'esprit agréable, était bien fait de sa personne mais il n'y a jamais eu un homme si né à la bonne chère et à l'escroquerie; bon courtisan, c'est-à-dire lâche et flatteur." Sur le Cardinal de Valençay, homme de guerre : "C'était un original (...) d'ailleurs, il était aussi fier que brave.")

Les papiers personnels de la famille d'Estampes sont conservés aux Archives nationales sous la cote 508AP [4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 16, pages 239 à 243.
  2. Jougla, Grand armorial de France, volume 3, page 303, no 14325
  3. Jougla, Grand armorial de France, 3, 304, no 14325
  4. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales