Rue de Varenne

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7e arrt
Rue de Varenne
Rue de Varenne vue en direction du boulevard des Invalides
Rue de Varenne vue en direction du boulevard des Invalides
Situation
Arrondissement 7e
Quartier Invalides
Début 14, rue de la Chaise
Fin 17, boulevard des Invalides
Morphologie
Longueur 930 m
Largeur 10 m
Historique
Création début XVIIe siècle
Dénomination 8 janvier 1850
Ancien(s) nom(s) Rue du Plessis ; rue de Garenne
Géocodification
Ville de Paris 9653
DGI 9597

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de Varenne
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

48° 51′ 16″ N 2° 19′ 19″ E / 48.85442, 2.322053 ()

La rue de Varenne est une voie située dans le quartier des Invalides du 7e arrondissement de Paris.

Longue de 930 mètres, elle commence rue de la Chaise, près du boulevard Raspail et se termine boulevard des Invalides.

C'est dans cette rue que se trouvent plusieurs bâtiments gouvernementaux, comme l'hôtel Matignon (résidence et bureau du Premier ministre), l'hôtel de Villeroy (ministère de l'Agriculture) ou encore l'hôtel de Castries (ministère de l'Égalité des Territoires et du Logement), l'ambassade d'Italie en France ainsi que le musée Rodin à l'angle du boulevard des Invalides.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Hôtels des Castries, Mazarin and Villeroi dans la rue de Varenne en Paris par Turgot circa 1737

Ouverte au commencement du XVIIe siècle, la rue de Varenne s'est appelée successivement rue du Plessis, rue de la Garenne ou rue de la Varenne.

Avant 1850, seule la portion comprise entre la rue du Bac et le boulevard des Invalides était dénommée rue de Varenne tandis que la portion entre les rues du Bac et de la Chaise s'appelait, depuis 1640, rue de la Planche. La rue de la Planche fut réunie à la rue de Varenne par décret du 8 janvier 1850.

L'origine du nom Varenne est controversée :

  • Une varenne est un terrain inculte et fertile en gibier, ou une réserve de chasse (voir la rue de Bellechasse).
  • Le nom pourrait venir d'un abbé de Varennes, comme Mathieu Perrot, chancelier de l'académie et de l'église de Bourges sous Charles IX ou Jacob de Nuchez, coadjuteur de l'évêque de Chalon-sur-Saône sous Louis XIV, d'un seigneur de Varennes, comme François Perron, écuyer, sieur de Varennes au XVIIe siècle, ou encore de Florent de Varennes, amiral de France.

Il existe une famille chevaleresque dans le Beaujolais dont les membres ont participé à plusieurs croisades: les Varennes seigneurs du château de Rapetour à Theizé.(rapetour.fr)

  • Le bailliage et le greffe de la Varenne était une juridiction forestière qui se tenait au Louvre où était également le siège de la capitainerie des chasses de la Varenne du Louvre.

En aucun cas, elle ne commémore donc le lieu où le roi Louis XVI fut arrêté au moment de sa fuite à Varennes (le « s » final différencie l'orthographe des deux noms).

Bâtiments et lieux remarquables[modifier | modifier le code]

La rue de Varenne est l'une des plus riches en hôtels particuliers du XVIIIe siècle. La plupart ont été gravés dans les recueils de Mariette ou de Blondel.

  • no  45 : Hôtel de Jaucourt appelé aussi hôtel de Narbonne : Construit en 1777 par Jacques Denis Antoine pour Élisabeth de La Châtre. Celle-ci épousa en secondes noces le comte Louis Pierre de Jaucourt, qui a donné son nom à l'hôtel. Hôtel désigné aussi sous le nom de maison des Huguenots.
  • no  54 : la navigatrice Virginie Hériot a vécu dans cet immeuble. Pierre Janet, philosophe, psychologue et médecin français, a vécu dans cet immeuble de 1907 à sa mort en 1947.
  • no  56 : hôtel Gouffier de Thoix : hôtel construit entre 1719 et 1727 par un nommé Baudoin pour Henriette de Penancoët de Kéroual sur un terrain acquis par elle en 1719. Son mari, Thimoléon François Louis Gouffier, marquis de Thoix, a laissé son nom à l'hôtel. La marquise de Thoix était la sœur de Louise Renée de Penancoët de Keroual, duchesse de Portsmouth, maîtresse de Charles II d'Angleterre. Son petit-fils vendit l'immeuble en 1768 à Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, beau-frère de Philibert Orry et ex-chancelier du roi Stanislas Leszczyński. À sa mort en 1783, l'hôtel passa à son fils puis fut saisi sous la Révolution française comme bien d'émigré. Après être passé en de nombreuses mains au XIXe siècle, l'hôtel abrite aujourd'hui des services du Premier ministre. Ensemble de boiseries rocailles de premier ordre dans les salons du rez-de-chaussée. La salle à manger est ornée d'une fontaine et d'un poêle en terre cuite d'un magnifique style rocaille. Louis Aragon a habité un appartement dans cet hôtel.
  • no  57 : hôtel Matignon Résidence officielle du Premier ministre français.
  • no  58 : hôtel de Montalivet (dit aussi hôtel de Feuquières ou d'Orrouer), construit par Pierre Boscry.
  • no  60 : hôtel du Prat dit aussi de Tingry : agrandi par Pierre Boscry, assisté pour la décoration par Nicolas Pineau (1732-1750) ; monument inscrit (PA00088711).

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

Le percement du boulevard Raspail a entraîné la destruction de plusieurs vieilles maisons de la rue de Varenne, notamment une maison où ont vécu l'écrivain Remy de Gourmont et sa maîtresse Berthe de Courrière.

  • no 26-28 : hôtel Saint-Celais (détruit) : Emplacement d'un hôtel particulier qui a été habité, sous le règne de Louis XVI, par la duchesse de Lauzun et qui a notamment appartenu (avant 1881) au politicien Daniel Wilson, gendre de Jules Grévy, qui l'avait hérité de son père.
  • no 32 : à l'angle avec la rue du Bac, couvent des Récolettes. Le plan de Turgot témoigne de sa présence au XVIIIe siècle.
  • no 51 : hôtel de Maisons (détruit).
  • no 59 : hôtel de La Tour-Maubourg (détruit au moment du percement de la rue Vaneau).
  • no 63 : hôtel de Rohan-Chabot, construit par Jean-Baptiste Leroux vers 1736. Appartient sous l'Empire au maréchal Lannes. Acheté par Rougevin en 1827, il permet le lotissement de la rue Mademoiselle comprise entre la rue de Varenne et la rue de Babylone. Cette dernière prendra le nom de rue Vaneau après les journées de 1830.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La base Mérimée indique hôtel de Rohan-Chabot ou hôtel de Tessé-Vendome cf. ici
  2. Michel Gallet (Les architectes parisiens du XVIIIe siècle) mentionne également une intervention de Jean-François-Thérèse Chalgrin.
  3. Le projet de Le Boursier fut déposé devant la chambre des Bâtiments le 22 mai 1782. Un jeu des plans, profils et élévations se trouve aux Archives nationales (N III Seine 90) avec le journal de la construction
  4. Yvan Christ, Le Faubourg Saint-Germain, Paris, Henri Veyrier,‎ 1976, p. 309
  5. Stendhal, Le Rouge et le Noir - tome II - chap. 1er
  6. http://www.journaldunet.com/economie/immobilier/biens-des-chefs-d-etat/mohammed-vi.shtml