Lycaon (mammifère)

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Le lycaon (Lycaon pictus)[1],[2],[3] est un mammifère carnivore de la famille des canidés. Il vit exclusivement en Afrique subsaharienne australe et centrale, dans les steppes et les savanes. Il est aussi appelé «  loup peint » ou « chien sauvage africain ».

Autres noms vernaculaires : chien sauvage d'Afrique[1],[3], chien-hyène[1], cynhyène[1],[2],[3], loup peint[1],[2],[3], chien chasseur[3] ou encore chien viverrin[3] comme l'espèce Nyctereutes procyonoides[4].

Description[modifier | modifier le code]

Le lycaon est le seul canidé qui ne possède que 4 doigts à chaque patte (les autres en possèdent 5). Aussi, le lycaon ne possède que 40 dents (la plupart des canidés en possèdent 42). Son crâne qui rappelle celui de la hyène est pourvu d'une large mâchoire pour satisfaire son besoin alimentaire particulièrement carnassier. Son poids se situe entre 20 et 30 kg et sa taille, entre 70 et 80 cm au garrot. La longueur de ce mammifère est entre 60 cm et 1 m sans la queue qui mesure entre 30 et 40 cm.
Les mâles sont plus grands que les femelles.
Ce canidé possède de grandes oreilles rondes munies de poils qui empêchent les parasites et insectes d'y entrer.

Les lycaons possèdent des glandes odorantes qui répandent dans l’air des effluves persistants et assez désagréables, probablement pour garder le contact et s’identifier.

Bien que le lycaon soit un canidé, il ne jappe pas comme le chien et ne hurle pas comme le loup. Il pousse de petits cris et des gémissements qui ressemblent à ceux poussés par un chien content de retrouver son maître

Son autre originalité se trouve dans l'asymétrie des dessins de son pelage. Celui-ci est constitué de brun, noir, jaune et blanc. Il semblerait que les individus se reconnaissent grâce à leur robe qui est différente pour chacun.
Son espérance de vie est de 12 ans en moyenne.

Mode de vie et reproduction[modifier | modifier le code]

Le lycaon est un animal très sociable. Il vit en meute constituée de 5 à 20 individus, il a parfois même été constaté des meutes pouvant atteindre jusqu'à 45 lycaons… Et c'est un couple, le couple alpha, qui domine.
Son territoire est immense car c'est un nomade (généralement entre 500 et 1 500 km2, jusqu'à 2 500 km2). Il ne reste pas plus de 2 ou 3 mois dans la même zone. C'est lors de la reproduction qu'il se fixe. Il vit alors dans un terrier pouvant contenir toute la meute.
C'est le couple alpha qui se reproduit. Il arrive très rarement que d'autres femelles mettent bas. C'est alors le couple dominant qui "décide" de tuer ou non les petits qui ne sont pas d'eux. L'éducation et les soins sont apportés par l'entièreté du groupe. Le petit est d'abord allaité jusqu'à un mois puis nourri jusqu'à 1 an par régurgitation.
La gestation a une durée moyenne de 72 à 80 jours et la portée est de 6 à 12 petits. La femelle alpha qui a mis bas est nourrie par chaque individu, à tour de rôle. On notera qu'une femelle lycaon peut mettre bas une fois par an.
C'est seulement lorsque les petits ont deux ou trois mois que la meute repart pour un nouveau territoire.

Chez les lycaons, des particularités sont notables quant au comportement social :

  • il existe une hiérarchie distincte chez les mâles et les femelles;
  • les lycaons handicapés ou vieux ne sont nullement écartés de la meute, mais sont nourris par régurgitation, faute de pouvoir chasser avec les autres;
  • si un conflit est occasionné par un problème de nourriture, les lycaons adoptent des postures d'apaisement qui leur permettent d'éviter le combat ;
  • même s'il existe une hiérarchie, chaque individu peut se charger de n'importe quelle fonction, excepté l'allaitement.

Chasse[modifier | modifier le code]

La chasse est partie essentielle de la vie du lycaon. Il chasse souvent en meute, très bien organisée, qui s'approche en silence et très lentement de la proie, bien qu'il ait du mal à se camoufler à cause de son pelage qui le lui permet peu. Il arrive cependant de le voir chasser seul puis, par la suite, une fois rassasié, d'appeler ses congénères. C'est le mâle dominant qui donne le signal d'assaut, la chasse démarre quand la proie est en vue (étonnamment les lycaons ne se servent que peu des autres sens pour lancer l'assaut). Les lycaons se lancent alors dans une course poursuite. Les lycaons sont très endurants à la course, ils peuvent tenir une vitesse de 25 km/h pendant près de 6 a 8 km et atteindre sur 1 ou 2 kilomètres, la vitesse maximum de 50 km/h[5],[6]. Les lycaons sont rapides et endurants. Cependant, ils ont une musculature spécifique adaptée aux courses longues et non au sprint. Ils ne dépassent pas les 45 à 50 km/h en vitesse maximale et sont moins rapides que les lions, les hyènes tachetées, les lévriers et les guépards car ils n'ont pas de puissance pour pouvoir courir très rapidement[7]. La proie peut ainsi mourir d'une crise cardiaque, d'épuisement ou de stress. Les lycaons la consomment alors. Cependant il leur arrive de dévorer leurs proies encore vivantes, en déchirant en premier lieu la peau du ventre afin d'accéder puis de consommer leurs viscères encore frais. La priorité est donnée aux plus jeunes qui ne sont pas en âge de manger de la nourriture solide. De plus, la nourriture est partagée avec toute la meute, même avec ceux qui n'ont pas participé à la chasse. Pour nourrir les membres du groupe restés à la tanière pour garder les jeunes ou les animaux blessés, les chiens sauvages qui ont participé avec succès à la chasse collective, vont leur régurgiter de la viande prédigérée.

La grosseur de la proie varie généralement de 20 à 90 kg. Parmi ses proies favorites, on retrouve le zèbre, le gnou, le phacochère, les antilopes: le cobe de Lechwe, le cobe à croissant, l'impala, la gazelle de Thomson, le koudou, le bubale, le topi, l'eland, l'oryx, les antilopes naines: le dik-dik, le steenbok, l'ourébi et des lapins. Il arrive parfois que la proie pèse près de 300 kg. La consommation quotidienne, proportionnelle à son poids, est d'environ 150 g. Les zoologistes et autres spécialistes n'ont jamais observé un lycaon boire, même lorsqu'il se baigne. Il semblerait que ses besoins en eau soient minimes et qu'il trouve l'eau dont il a le besoin naturel dans le corps des victimes qu'il ingère.

Des lions, des crocodiles, des hyènes, voire des léopards (si le groupe de lycaons est petit) volent parfois les proies tuées par le lycaon.

Mais en meute plus nombreuse, une dizaine suffit, parfois il arrive que les lycaons aient le dessus avec le lion : pour ce faire, un groupe de lycaons attire le regard et l'attention du lion en esquivant ses charges, pendant que deux autres groupes attaquent le fauve aux flancs, de part et d'autre, en lui déchirant les entrailles : ainsi attaqué, un lion ne peut se défendre de cet encerclement stratégique et doit absolument rugir très fort, en espérant l'aide de plusieurs de ses semblables. Si les deux espèces vivent sur le même territoire de chasse, alors il n'est pas rare que les lions attaquent et tuent les lycaons, éliminant ainsi la concurrence.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Les classification MSW et ITIS distingue cinq sous-espèces :

Menace d’extinction[modifier | modifier le code]

Considéré comme un animal cruel, impitoyable et nuisible, il a été, jusqu'à une période récente, exterminé. Empoisonné par les fermiers, abattu par les éleveurs, il a même été massacré par les rangers qui pensaient que sa prolifération mettrait en péril l'équilibre des parcs. En Tanzanie, 4 femelles ont fait des ravages dans les troupeaux de chèvres des Masaï, faute d'antilopes. Les lycaons ont été contaminés par le virus de Carré. Seule une vingtaine d'individus a subsisté… Les animaux affectés présentent des diarrhées, des convulsions, des vomissements, des atteintes oculaires, des troubles respiratoires et de la paralysie. Ce virus provient des chiens domestiques des Masaï. Il s'est propagé par le biais des chacals et des hyènes. Les lions ont aussi été affectés mais l'espèce n'a pas été mise en danger. Source : Guide des animaux Tanzaniens et Kényans.

Le lycaon est une espèce en voie de disparition, on en comptait de 300 000 à 500 000 au début du XXe siècle[9] en Afrique subsaharienne alors qu'il en reste moins de 3 000 aujourd'hui, concentrés dans de petites étendues isolées les unes des autres. La taille des meutes a elle aussi diminué et est passée d'une centaine d'individus à moins d'une trentaine.

Les causes de cette diminution sont nombreuses :

  • accusé de répandre des maladies et de tuer pour le plaisir, il a été traqué ;
  • le réseau routier qui s'étend toujours plus, rend les déplacements du lycaon dangereux : il est souvent percuté par les véhicules ;
  • l'augmentation des prairies diminue son espace vital ;
  • le lycaon est très sensible aux maladies infectieuses.

D'autre part, les clôtures à l'entour des enclos d'élevage de bétails et les champs cultivés, fragmentent leur territoire et scindent les meutes posant ainsi à terme, un grave problème de consanguinité.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Le lycaon dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Lycaons est une bande dessinée d'Alex Barbier. Il s'agit en fait d'un recueil d'histoires publiées entre mai 1975 et novembre 1978 dans Charlie Hebdo, publié aux éditions du Square en 1979, réédité en 2003 chez FRMK.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  2. a, b et c Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  3. a, b, c, d, e et f (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. ISBN 0-444-51877-0, 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé
  4. à revoir, même si la source est fiable, le chien viverrin constitue une espèce à part entière, il se peut cependant qu'il s'agisse d'une dénomination locale, dans ce cas, une indication est nécessaire
  5. « Lycaon », Réserve Africaine de Sigean
  6. (en) « Lycaon », sur thewebsiteofeverything.com, The Web Site Of Everything (consulté le 26 juin 2012)
  7. « Lycaon », sur larousse.fr, Larousse Encyclopédie (consulté le 26 juin 2012)
  8. Le Lycaon pictus sharicus de MSW ou ITIS semble être une faute de frappe.
  9. « Le lycaon », sur Tand'Afrika (consulté le 7 janvier 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Genre Lycaon[modifier | modifier le code]

Espèce Lycaon pictus[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]