Gazelle de Thomson

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La Gazelle de Thomson (Gazella thomsonii), Swala tomi en Swahili, est une espèce de gazelle de la famille des bovidés.

La gazelle de Thomson est une petite gazelle, et elle se trouve uniquement en Afrique de l'Est : au Kenya, en Tanzanie au sud du Soudan et au sud de l'Éthiopie.

La gazelle de Thomson est un animal populaire et facilement reconnaissable par sa petite taille, sa finesse, son élégance et ses couleurs vives.

Elle tire son nom de l'explorateur écossais Joseph Thomson. Elle est également appelée Thommie.

Physiologie[modifier | modifier le code]

  • Hauteur au garrot : 55 à 82 cm[1], avec une moyenne de 70 cm pour l'espèce, les mâles sont plus grands que les femelles.
  • Longueur du corps : 80 cm à 120 cm (100 cm en moyenne).
  • Poids : 20 à 35 kg (27 kg en moyenne) pour les mâles contre 13 à 25 kg (18 kg en moyenne) pour les femelles.
  • Gestation : environ 5 mois et demi.
  • Nombre de jeunes par portée : généralement un seul, mais parfois deux.
  • Longévité : 10 ans dans la nature et jusqu'à 18 ans en captivité.
  • Vitesse de pointe : La vitesse des gazelles de Thomson, va à 70 km/h en moyenne et plus de 90 km/h en pointe. Elle a la particularité de courir extrêmement vite en ligne droite ou en zigzaguant lorsqu'elle est poursuivi par le guépard (le plus rapide des carnivores), elle sait prendre des virages très serrées et tenir la distance, tel qu'elle arrive souvent grâce à ses techniques à lui échapper.
  • Sauts : jusqu'à 2 mètres en hauteur et jusqu'à 7 mètres en longueur. Très énergique, « Thommie » s'amuse quotidiennement au jeu de saute-mouton et fait des séries de sauts (appelé « Pronking ») à des hauteurs variables de 1 à 2 mètres à la verticale tout en courant à vive allure.

Morphologie[modifier | modifier le code]

De forme élancée, la gazelle de Thomson a un organisme idéal pour la course.

Elle a de longues pattes fines et légères avec des sabots frêles et très pointus. Son corps est mince, compact et court avec une petite tête. Les os fins sont légers, la colonne vertébrale est très flexible. Ses poumons et son cœur sont très développés. Enfin la gazelle est dotée d'un grand VO2 (volume d'oxygène inspiré à l'effort).

La gazelle de Thomson a un pelage fauve, blanc sur le ventre avec une bande noire oblique caractéristique sur le flanc. Ces couleurs claires ont une utilité : vivant dans les régions chaudes et sèches, elles lui permettent de réfléchir un maximum les rayons du soleil, éviter de transpirer, et donc économiser l'eau de son corps.

Le mâle a des cornes droites et annelées de 30 cm de long, la femelle possède de petites cornes fines et droites de 10 cm.

Le faon[modifier | modifier le code]

Le faon naît souvent vers midi, quand dorment les fauves, et à l'écart du troupeau. L'accouchement dure à peine dix minutes. La mère, qui s'était allongée pour mettre bas, se relève en plein travail. Sitôt que sa mère l'a léché, le nouveau-né finit de sécher. En s'éloignant de lui, elle détourne l'attention des fauves. Dix minutes après la naissance, il tente déjà de se lever.

Mais ses longues jambes tremblent, et il s'affale plusieurs fois avant de pouvoir rejoindre sa mère. Ses premiers pas titubants sont épiés par les prédateurs. La première tétée a lieu un quart d'heure après la mise à bas. C'est le bébé qui prend l'initiative. La mère toujours sur le qui-vive, évite de se coucher pour l'aider et lui laisse prendre à peu près tous les risques.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Elle a une technique de fuite efficace pour décourager ses prédateurs, qui se résume à courir extrêmement vite en zigzaguant

En cas de danger, les gazelles de Thomson courent extrêmement vite (plus de 80 km/h), elles sont suffisamment rapides et agiles pour échapper aux lions, aux hyènes tachetées, aux lycaons et aux léopards. Agiles, elles peuvent bondir jusqu'à 1,80 mètres de hauteur et 7 mètres de longueur pour avertir leurs prédateurs. Les gazelles malades, âgées, blessées ou les faons constituent les proies idéales des lions, hyènes tachetées, léopards, guépards et lycaons et même de prédateurs plus petits comme les chacals et les caracals.

Près d'une rivière, les gazelles de Thomson peuvent être surprises et devenir la proie des lionnes et des léopards, mais ses prédateurs chassent à l'affût et ne peuvent pas la poursuivre très longtemps. Les gazelles de Thomson vivent seulement en terrain découvert (savane), là ou les lionnes et les léopards n'ont aucune chance de rattraper une gazelle de Thomson en bonne condition physique. Le problème avec les bords de rivière glissants et escarpés, c'est qu'ils sont dangereux et inadaptés à ses pattes fines et fragiles ainsi qu'à ses petits sabots, de ce fait une lionne ou une panthère qui elle possède des pattes plus larges et robustes, peuvent la rattraper sur ce type de terrain meuble. La gazelle peut se jeter à l'eau, même à fort courant, elle est plutôt bonne nageuse, mais elle craint néanmoins le crocodile qui est plus rapide qu'elle à la nage, dans l'eau elle n'a aucune défense contre lui.

Parmi les grands félins, il y a principalement les guépards, les seuls prédateurs à pouvoir rivaliser en vitesse[2],[3], mais aussi leurs jeunes. Sous la surveillance de sa mère, un jeune guépard poursuit un faon qu'elle lui a « confié ». Le félin adolescent reste hésitant et gauche. Imbattable à la course en ligne droite, le guépard a pourtant du mal à suivre les zigzags de cette gazelle ; sur une distance plus longue que 400 mètres, il est largement dépassé par la gazelle de Thomson qui peut courir à sa vitesse maximale pendant 1 à 2 kilomètres puis ralentit à une vitesse inférieure (40 km/h) et s'épuise finalement après 4 à 5 kilomètres de course. Sa course est supérieure à la majorité des félins et carnivores (sauf guépard pour la pointe) ainsi qu'aux antilopes de forêts (guibs, bongos) et s'explique par sa taille et son environnement[4]. À noter aussi qu'avec le guépard, elle laisse une distance de sécurité plus grande qu'avec les autres prédateurs.

Le guépard finit par la renverser d'un coup de patte. Il n'est pas rare que leur mère aille elle-même chercher un faon et le rapporte vivant dans sa gueule pour que ses petits s'exercent à le capturer et à l'étrangler.

La gazelle de Thomson peut se défendre et aussi protéger son petit contre les attaques de babouins, aigles, caracals, servals et chacals, elle est très agressive et ne craint que les grands prédateurs face auxquels elle est obligée de prendre la fuite.

La gazelle de Thomson a une très bonne vue, une bonne ouïe, un bonne odorat et peut repérer un prédateur à 300 mètres de distance. Très nerveuse, elle est souvent sur le qui-vive. A la moindre alarme d'une d'entre elles, c'est la fuite précipités de toutes les gazelles.

Chaque année, lors de la grande migration entre le Kenya et la Tanzanie, les crocodiles du Nil et les autres prédateurs sont une menace pour les gazelles de Thomson et les autres herbivores de la savane.

Le serpent python peut également tuer et dévorer une gazelle de Thomson adulte.

Si une d'entre elles se fait poursuivre, rattraper et dévorer vivante par des hyène tachetées ou des lycaons (prédateurs très endurants à la course), la douleur qu'elle éprouve serait alors diminuée par le stress important qu'elle développe au moment de l'attaque et de la poursuite.

Habitat et alimentation[modifier | modifier le code]

Gazelles de Thomson

Du nord de la Tanzanie au sud du Kenya, les troupes de gazelles de Thomson résidentes ou erratiques se déplacent au gré des pluies et des pâtures, mais ne migrent jamais si vite que leurs voisins les gnous et les zèbres. Car elles n'ont pas besoin de hautes herbes pour brouter. Leur menu est plus varié, des herbes courtes, du feuillage, des fruits.

En mars-avril, quand la saison des pluies fait croître les hautes herbes, elles ne peuvent plus accéder seules à leur mets préféré : les jeunes pousses de graminées succulentes et riches en protéines. Elles suivent alors les troupeaux de zèbres et de gnous qui leur ouvrent la savane : ils se bourrent de tiges en négligeant les pousses au raz du sol. Bien après qu'ils sont repartis vers le nord, à l'approche de la saison sèche, les gazelles restent derrière, broutant les restes.

Elles se rafraîchissent par la transpiration et l'évaporation. Tant que les plantes restent juteuses, elles se passent de boire. Quand tous les végétaux sont grillés, il leur faut enfin s'abreuver. De juin à octobre, femelles et petits dérivent en hardes pour cueillir des baies et des ramilles encore vives dans le "corridor", au nord-ouest, où les rivières de la plaine du Serengeti s'écoulent vers le lac Victoria.

Plus solitaires, plus sédentaires, les mâles reproducteurs traînent la patte. Chacun reste attaché à son territoire, un domaine de 100 à 200 mètres de diamètre.

C'est une espèce vivant principalement en savane tropicale, les gazelles de Thomson supportent moins bien la sécheresse que d'autres gazelles.

Rut[modifier | modifier le code]

Combat entre deux mâles gazelles de Thomson

Dès que le rut revient avec les pluies, en avril-mai, les mâles en marquent les lisières en urinant et déféquant sur le sol nu. Ils frottent les herbes avec les sécrétions odorantes de leur glande préorbitale (au coin de l'œil). Malgré son apparence fragile, cette antilope est assez querelleuse, les combats entre mâles peuvent être violents.

Tout l'espace est ainsi découpé en une mosaïque de domaines où circulent les bandes de jeunes et de femelles. Chaque mâle s'évertue à retenir une femelle de passage. La saison des amours revient deux fois par an. La grossesse dure à peine cinq ou six mois. Puis les femelles reviennent en chaleur deux ou trois semaines après la mise à bas.

Statut[modifier | modifier le code]

L'estimation de la population totale est d'environ 550.000 individus. Il y a eu un déclin de population de 60-70 % de 1978-2005, en plusieurs endroits, y compris dans les zones principales pour l'espèce : Serengeti, Masai Mara et Ngorongoro. La Gazelle de Thomson arrive à être protégé dans un certain nombre de secteurs principaux de la population; Serengeti-Mara, où le tourisme de la faune et de la flore est la seule utilisation de terre permise. La plus grande menace pour les gazelles de Thomson, sont les impacts touristiques, la modification de leur habitat en raison de l'invasion d'usine de plantes exotiques, de la chasse et du développement des routes.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]