Effet Flynn

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James R. Flynn en juin 2007

On appelle effet Flynn (du nom du chercheur James R. Flynn qui en fit l'observation, terme inventé par Richard Herrnstein (en) et Charles Murray (en), auteurs de The Bell Curve) l'accroissement lent - et que l'on a quelque temps cru inexorable - du rendement moyen à des tests de type QI observé depuis 100 ans dans les pays industrialisés grâce à la standardisation des tests de QI et mieux objectivable depuis la mise au points des matrices progressives de Raven. Ce qui se traduit dans la pratique par une meilleure mise en valeur du potentiel intellectuel des habitants de ces pays.

Les origines de la théorie[modifier | modifier le code]

Les tests d'intelligence tentent d'inférer la compétence (l'intelligence) à partir de la performance d'un sujet à un certain nombre d'épreuves. Ces performances recueillies sur des grands échantillons après des traitements statistiques peuvent servir à comparer les sujets entre eux. En faisant passer à des sujets deux version d'un même test dont les étalonnages réalisés à plusieurs années d'écart J.R Flynn « constate que les résultats de ces individus à la version la plus récemment étalonnée sont systématiquement inférieurs à ceux qu'ils obtiennent à la version la plus ancienne. Comme le résultat à un test d'intelligence représente la position d'un individu au sein de la distribution de l'échantillon d'étalonnage de ce test J.R Flynn en conclut que le niveau moyen de l'échantillon d'étalonnage s'est élevé lors de chaque ré-étalonnage d'un même test »[1],[2]. Neisser effectua une démarche similaire mais en étudiant plus les facteurs de développement et observa les mêmes résultats[3].

Il est en revanche assez ironique que Flynn ait fait cette découverte grâce à l'ouvrage The bell curve de Richard Herrnstein et Charles Murray, dans des parties traitant des travaux de Richard Lynn.

Le gain moyen de points de QI semble compris entre 3 et 7 points par décennie selon les études. Mais comme les gains semblent se centrer sur l'intelligence générale, les évaluations sont donc logiquement fluctuantes. Tout ceci peut être expliqué par un allongement de la durée des études, l'égalité d'éducation homme/femme, la pédagogie, la meilleure compréhension par les parents du monde scolaire mais aussi une plus grande attention parentale. Ironiquement, sur les matières scolaires, peu de gains sont observés, on y enregistre même des pertes. Le test ayant vu son résultat le plus augmenter étant celui des matrices progressives de Raven. Ce sont les Pays-Bas qui vont amener la plus grande source de données avec des tests de QI effectués par les appelés au service militaire. Ces tests vont démontrer une progression du QI au test de l'ordre de 21 points entre 1952 et 1982[3].

Possible projection de l'effet Flynn au travers des Âges, Hugues Crepin[4],[5]

Certaines études qui se concentrent sur la distribution des scores au sein des résultats de QI ont déterminé que l'effet Flynn influait majoritairement sur la moitié inférieure des gens, extrêmes exclus. Pour la moitié supérieure, l'effet est nettement moindre et quasi nul chez les surdoués et les génies. Teasdale et Owen ont déterminé lors d'une étude en 1987 sur les populations hispaniques que ce phénomène se marquait essentiellement sur les plus mauvais résultats, les transformant en résultats moyens[6]. Cependant, comme dans d'autres études, les améliorations ont essentiellement été observées sur les test portant sur les matrices de Raven. Sur la plupart des tests, on observe une nette progression des tests. Deux larges groupes d'enfants hispaniques ont ainsi été testé sur une différence de 30 ans. La comparaison de QI a montré[7],[8]:

  1. le QI de compréhension avait augmenté de 9,7 points
  2. les gains se concentraient essentiellement pour la moitié inférieure de l'échantillon et de manière négligeable pour la moitié supérieure
  3. il existe une corrélation entre la proportion du gain et le QI de base, le gain étant quasi nul pour les hauts QI

Face à ces différences fort importantes, certains décidèrent de prendre ce phénomène au sérieux. Ainsi, Ulric Neisser, qui fut à la tête de l'Association des Psychologues d'Amérique réussit, à faire consensus sur ceci : il fut déterminé qu'un enfant de 1932 passant un test du niveau de 1997, s'il obtenait 100 en 1932 serait probablement considéré comme débile léger en passant le test de 1997[3]. Se basant sur les chiffres de Raven, Neisser estima que l'on pouvait l'extrapoler et que 21 à 35 points de progression pouvaient être démontrés entre 1952 et 1982. Cependant Arthur Jensen critiqua à juste titre la méthode en démontrant que le QI d'Aristote serait alors de -1000 même s'il scorifiait réellement à ses 200 évalués de nos jours.

Cependant, une approche inspirée du nexialisme a permis, en rassemblant les résultats de Dickens & Neisser, tenant compte de la théorie des cycles et crises historiques d'Oscar Spengler et en recyclant la formule bancaire des intérêts, de passer outre l'objection de Jensen. En effet, le gain de QI n'est pas un gain absolu, c'est un gain proportionnel à son époque de référence, il ne s'agit donc pas d'un gain linéaire.

La majorité de l'effet Flynn se concentrerait dans les aptitudes sémantiques et mémorielles bien qu'il soit possible que cette observation actuelle soit due au fait que nous avons déjà majoritairement rempli les autres niches de compétence. Cela étant, les variations d'aptitudes à la communication écrite et orale de 1960 à nos jours ne semblent pas aller dans le sens de cet optimisme.

Causes possibles[modifier | modifier le code]

Il semble que ce soit une conjonction de facteurs :

  • On pense à l'amélioration de la qualité de la nutrition. On a pu constater des gains de quelques points.
  • L'allongement et la généralisation de la scolarité jouent un rôle certain, mais on ignore dans quelle mesure.
  • Le fait que les parents accordent plus précocement de l'attention à leur(s) enfant(s).
  • Le travail fait sur la pédagogie peut jouer, y compris par une diminution de la violence familiale longtemps considérée comme « éducative »
  • La sécurité et l'hygiène publique peuvent également jouer un rôle important en diminuant le temps consacré à sa sécurité personnelle et sa santé
  • Philippe Dumas[9] défend l'idée que l'exposition intensive des tout jeunes aux objets des Tic (Technologie de l'Information et de la Communication) est un des facteurs-clés de l'effet Flynn (l'augmentation générale du Q.I. et de la demande de stimulation intellectuelle).
  • Pour Francis Heylighen : « Un facteur plus général est que cette société dans l'ensemble fonctionne à un niveau intellectuel plus élevé, proposant à l'enfant curieux plus d'informations, de défis plus intellectuels, de problèmes plus complexes, plus d'exemples à suivre, et plus de méthodes de raisonnement à appliquer. Juste en utilisant les appareils quotidiens, tels que les fours à micro-ondes, et les thermostats, exige un type plus abstrait de raisonnement dont la génération plus ancienne est souvent incapable. La plus grande complexité de la vie est susceptible de stimuler une plus grande complexité d'esprit. L'utilisation croissante des ordinateurs pour l'éducation ou les jeux précoces est susceptible d'augmenter la connaissance générale, le raisonnement abstrait et l'agilité intellectuelle. »[réf. nécessaire]

Ne pas oublier que cet effet n'a pas pu être constaté en dehors des quelques pays industrialisés qui utilisent régulièrement les tests de Q.I. . L'évolution de ces pays dans les domaines sanitaires, éducatifs et autres doit donc forcément être pris en compte.

Facteurs possibles[modifier | modifier le code]

Une nuance sera ici faite entre les stimulations passives qui sont moins fortes et essentiellement de milieu (enrichissement environnemental (système neural) et les stimulations actives nécessitant donc une participation des individus, beaucoup sont aussi actives que passives.

Médias[modifier | modifier le code]

  • Invention de la radiophonie : informations (passif)
  • Invention de la télévision : informations, stimulation des aptitudes visuelles (passif)
  • Invention du jeu vidéo[10]
  • Invention d'Internet : informations, communications, recherches, stimulations diverses
  • Mise au point du Multimédia : stimulation multidimensionnelle (majoritairement passif)[11].

Technologiques[modifier | modifier le code]

  • voir "médias"
  • Sédentarisation : santé, sécurité, accumulation de biens, recherches
  • Salubrité des habitations : santé et perceptions (passif)[12]
  • Sciences et Mathématiques : recherches, compréhension, raisonnements
  • Imprimerie : informations, partage, communications, préservation du savoir[13]
  • Industrialisation : diffusion à grande échelle de biens matériels, théories de Malthus
  • Électricité : ampoules électriques permettant de lire en tout temps, machines
  • Véhicule automobile : déplacement, communication, sécurité, influe sur les aptitudes manuelles, visuelles mais aussi sur les réflexes

Physiques[modifier | modifier le code]

  • Médecine : longévité & santé
  • Hygiène : santé
  • Alimentaire : croissance, productions enzymatiques, santé, lutte contre les carences (parfois négatifs dans les cas d'excès ou de déséquilibre)
  • confort : libération de l'esprit, sentiment de bien être (passive et parfois à effets négatifs aussi)
  • sécurité : baisse des angoisses, libération de l'esprit, diminution des traumatismes (passive et parfois à effets négatifs aussi).

Pédagogiques[modifier | modifier le code]

  • Philosophie : raisonnement, recherches, évolutions (active)
  • Attention parentale : sécurité, meilleure construction de soi, suivi scolaire (actif pour les parents, passif essentiellement pour l'enfant)
  • Baisse de l'inceste : diminution des traumatismes et augmentation de la confiance et de l'image du monde[14]
  • Augmentation de l'alphabétisation primaire et secondaire : informations, communications, recherches, vocabulaire
  • Éducation féminine : C'est l'un des effets les plus importants car jusqu'à il y a moins d'un siècle, l'état intellectuel dans lequel était maintenu les femmes suffit à lui tout seul à expliquer le niveau intellectuel moyen très bas des populations puisque la moitié de cette population n'avait droit qu'à une éducation limitée mais aussi une considération très relative (actif jadis, plus passif aujourd'hui, faute de combats). Il n'y a plus guère que chez les surdouées que se rencontre encore dans les pays industrialisés la personnalité en "faux self" consistant pour les femmes à créer une personnalité de façade conforme aux règles sociales et donc à sacrifier son intelligence pour être acceptée[15],[16].
  • Longueur des études : connaissances, raisonnements, sociabilité, informations
  • Formations : connaissances, stimulation d'aptitudes pas ou peu utilisées (actif)
  • Linguistiques : évolution de l'usage des patois vers celui de langues de plus en plus complexes puis de parfois des situations de polyglottes de plus en plus courantes[17].

Génétiques[modifier | modifier le code]

  • Darwinisme social : peut être positif, négatif ou neutre, inconsciemment toute société valorise certains critères, ceux qui les possèdent ont plus de facilité à se marier et/ou à avoir des enfants et la société a donc tendances à sélectionner, inconsciemment ou non, certaines valeurs mais l'effet Flynn n'a sinon rien à voir avec aucun facteur génétique, seulement avec l'expression de son potentiel, donc une sélection génétique et non une manipulation mais avec ses risques d'eugénisme (passif). Le darwinisme social est ici abordé dans le sens de Charles Darwin lui-même et non dans celui de Francis Galton.

Sociaux[modifier | modifier le code]

  • Longueur du travail : moins les gens sont épuisés, plus ils pensent mais à un stade, certains tombent dans l'oisiveté et la tendance peut alors s'inverser (actif) voir aussi burnout et les délices de Capoue
  • Congés : idem
  • Loisirs : stimulations diverses et lutte contre les névroses mais favorise aussi la kinesthésie voir aussi Enrichissement environnemental (système neural)
  • Enseignement gratuit : suppression d'une grosse partie des barrières financières, un axe majeur du saut de QI observé dès la Révolution Industrielle mais ce stimulus semble avoir désormais disparu car la progression n'est pas infinie et une société d'universitaire n'est pas encore socialement possible[18],[19]
  • Bourses : suppression de la fatalité sociale voir aussi Quotient_intellectuel#Historique /Jean Frêne
  • Égalité Homme/Femme : longtemps la moitié de l'Humanité a été intellectuellement sacrifiée, c'est l'un de biais des tests de QI, ils doivent porter sur l'ensemble de la population or jusqu'au 20e siècle, la grande majorité des femmes n'avaient pas droit à l'enseignement d'où un effet important sur le progrès, en ces époques, les tests de QI auraient d'ailleurs été différents pour les hommes et les femmes afin d'équilibrer le résultat ce qui n'est absolument plus nécessaire de nos jours. Voir aussi Féminisme

Ceci explique aussi que cet effet soit aussi complexe à observer mais explique aussi pourquoi l'évolution de l'intelligence au travers des Âges a été exponentielle. En réalité, les civilisations de l'Antiquité disposaient déjà des moyens nécessaires à créer une Révolution industrielle mais c'est la volonté politique de ne prendre aucun risque social et la crainte de perte d'identité par refus des mixités sociales et ethniques qui bloquait tout. C'est ce qu'exprime la réponse que fait, aux alentours des années 300 de notre ère l'empereur Romain Dioclétien, à un inventeur qui lui présentait les plans d'un nouvelle machine, sans doute un appareil de levage : « Si je construis cette machine, je priverai mes hommes de travail. Alors, comment les nourrirais-je ? »[20]

Proposition d'explications[modifier | modifier le code]

Les essais d'explication incluent la nutrition, la diminution de la taille des familles, une meilleure éducation, l'égalité homme/femme, une plus grand complexité d'environnement ainsi qu'une forme d'eugénisme. Une autre proposition serait tout simplement que nous sommes de plus en plus familiarisés avec les types de test[21].

Éducation[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'études montrent que les enfants n'ayant pas une scolarité régulière ou pas de scolarité du tout obtiennent de moins bons résultats aux tests, même si les parties "scolaires" des tests sont celles dont les résultats stagnent le plus voire régressent. Dans les années '60, aux États-Unis, certains comtés de Virginie avaient fermé leurs écoles afin de lutter contre la mixité ethniques, des écoles privées avaient été organisées mais uniquement accessibles aux blancs (Mouvement des droits civiques aux États-Unis). Au total, il fut observé une chute de 6 points de QI par an chez les enfants afro-américains à niveau d'âge comparé. Le problème avec cette explication est qu'elle mélange des sujets à la fois plus récents et plus anciens. En effet, durant la ségrégation, les enfants noirs n'allaient pas dans les mêmes écoles que les enfants blancs et leur niveau n'était donc pas comparable, le programme n'étant pas suivi de la même manière d'une part mais les enfants noirs étaient également beaucoup plus perturbés par un climat de violence permanente. Cependant, finalement, les impacts semblent finalement avoir été nuls, seulement temporaires. Les mathématiques semblent ici avoir été l'impact le plus important[22].

Pour ce qui est de l'explication concernant une vulgarisation de plus en plus importante de la population envers les tests eux-mêmes, ils sont aisément démontrés. Par exemple, des enfants qui passent un test une première fois puis le repassent gagnent facilement 5 à 6 points. Néanmoins, un plafond se révèle rapidement surtout vu la sophistication des test actuels et si l'on fait repasser strictement le même test (avantageant ainsi la mémoire) ou s'il ne s'agit que d'un test de même type mais avec des questions différentes. Ce qui est troublant par contre, c'est que comme mentionné plus haut, les bénéfices observés sont moindres sur les matières scolaires alors que ce phénomène fait justement appel aux compétences scolaires.

Une autre théorie est que beaucoup de parents s'investissent désormais dans le développement intellectuel de leurs enfants et les encouragent nettement plus que dans le passé (avant guerre). Des programmes de développement précoce ont démontré des résultats mitigés. Certains programmes pré-scolaires (3-4 ans) tels Head Start n'ont pas produit de changement significatif sur les QI mais plus sur d'autres compétences. Le projet d'alphabétisation précoce, qui est un programme journalier fournissant une variété importante de stimulations environnementales dans la vie des enfants, a par contre démontré un gain de QI qui persistera durant toute la scolarité primaire. Cette intervention très intensive a permis un gain moyen de 5 points de QI mais tous ces types de projet n'ont pas rencontré autant de réussite. Bien des gains se sont avérés s'évaporer jusqu'à l'âge de 18 ans et certains autres projets, s'ils n'ont pas démontré de gains sur le QI, ont eu un impact sur des aptitudes cognitives significatif[23].

Modernisation de la société[modifier | modifier le code]

On dit également que l'environnement général est de plus en plus stimulant et complexe. L'une des conséquences les plus frappantes est bien entendu la modification de l'environnement intellectuel durant le 20e siècle avec l'exposition grandissante à différents types de médias et surtout la création de nouveaux médias et donc la stimulation de capacités autrefois non sollicitées. Depuis la projection d'images simples vers le cinéma, la télévision, les jeux vidéo puis les applications multimédia de l'informatique actuelle, chaque génération a été exposée à une expérience visuelle plus riche que la précédente, pratiquant de plus en plus une analyse visuelle soumise à une variété grandissante de stimuli. Ceci pourrait expliquer pourquoi les tests tels les matrices progressives de Raven obtiennent de tels gains, car ils requièrent justement un haut niveau d'analyse visuelle. Cette explication impliquerait également que les test de QI ne portent pas sur un niveau d'intelligence générale (dit aussi "g-factor") mais bien sur différentes formes d'intelligences développées par différents types d'expériences. Un gain observé uniquement sur une forme particulière de test, donc sur un registre limité de l'intelligence, expliquerait pourquoi l'effet Flynn n'a pas causé une telle révolution intellectuelle, au point qu'elle soit impossible à occulter.

Si l'on se réfère aux travaux du professeur James Flynn, il se pourrait que ces gains soient dus à la modernisation qui demande de jongler en permanence avec des concepts plus intellectuels et plus abstraits mais aussi à la diminution de la taille des familles depuis un siècle. Une portion importante des test de QI porte en effet sur des aptitudes qui n'étaient jadis quasiment pas utilisées. Il donne un exemple avec la question suivante : « Qu'est-ce qu'un chien et un lapin ont en commun ? » Un contemporain répondrait qu'ils sont tous les deux des mammifères (réponse abstraite) alors qu'il y a un siècle, la réponse la plus commune aurait été que l'on chasse les lapins avec les chiens (réponse concrète). Cependant, chez les enfants actuels, on pourrait avoir la réponse que ce sont deux animaux de compagnie (réponse concrète), preuve que ce genre de sujet est assez complexe surtout quand plusieurs réponses sont possibles et exactes.

Nutrition[modifier | modifier le code]

Une amélioration de la nutrition apporte encore une autre explication. Les citoyens des pays industrialisés sont aujourd'hui nettement plus grands que leurs ancêtres, même sur un siècle. L'évolution de la taille est largement attribuable à une amélioration de la nutrition, le développement cérébral durant la grossesse, et son impact sur l'enfance en serait donc une conséquence logique. Le gain en taille est de près d'un centimètre par décade et avec un gain en volume cérébral appréciable, le problème de cette piste étant que les résultats de QI des personnes de petite taille et plus globalement des femmes ou des asiatiques ne montre pas de baisse de QI significative à âges, scolarité et milieux comparés. Une étude de 2005 revient à nouveau sur le fait que les gains observés par nutrition ont essentiellement un effet sur les parties inférieures des échantillons, où les carences alimentaires sont les plus sévères. Cependant l'interprétation de cet effet, largement validé, est délicate : les gains les plus importants étant observés pendant l'enfance, la population adulte peu concernée par ce bénéfice, hormis les personnes souffrant de malnutrition, qui développent des problèmes intellectuels liés à leur état général physique dégradé.

On a également observé une légère modification de la taille et de la forme de la boîte crânienne aux États-Unis ces 150 dernières années. Ces changements doivent avoir lieu durant les premières années de la vie pour avoir une influence[24].

Définition de l'intelligence[modifier | modifier le code]

Flynn prétendait à l'origine que l'augmentation la plus large ne traduisait pas une augmentation de l'intelligence globale mais plutôt une augmentation des aptitudes d'abstraction, avec relativement peu d'applications concrètes. Ceci nous fait revenir sur la validité des test de QI mais aussi sur la définition que chacun se fait du terme "intelligence". Certains auteurs prétendent également qu'un tel gain de QI aurait du se traduire par une révolution de nos sociétés, qui n'ont en fait pas tant changé que ça. Sur ce point, on observe que de nombreuses valeurs autrefois inculquées par la contrainte, car non-acceptées ou incomprises par la population, sont désormais mieux intégrées. Les gains se portent essentiellement sur les courbes basses et moyennes de la population. Les courbes hautes de la population ont, elles, fort peu évolué, - mais les dirigeants doivent faire moins d'efforts pour se faire comprendre. Le gain de QI est socialement relatif.

Dickens et Flynn ont présenté en 2001 un modèle afin de résoudre une série de contradictions sur ces études. Ils parlent désormais d'effets bilatéraux avec des mesures d'héritabilité ayant des effets sur le génotype, qui vont influencer l'environnement général, qui va lui-même indirectement encore influencer le génotype et donc affecter le QI. Le QI "crée" le QI en quelque sorte. Cependant ce type d'effet de "mise en résonance" finit forcément par "s'étouffer", tout en pouvant présenter une phase d'accélération fulgurante à certains moments. Ainsi l'effet se constate sur une certaine durée car les tests sont effectués sur 3 voire 4 générations coexistantes, avec chacune leurs expériences et leur niveau, l'emballement ayant lieu quand toutes les générations coexistences bénéficient pleinement d'un gain positif. Cependant, inévitablement, quand toutes les conditions requises sont réunies sans que de nouvelles conditions apparaissent, le gain se stabilise voire régresse légèrement, faute de "carburant" [25],[26],[27]". Actuellement, la piste génétique est encore recherchée tandis que l'on s'interroge aussi sur l'impact des polluants sur le système nerveux central, - leur influence pouvant en effet avoir à terme un impact sur la courbe de l'effet Flynn. L'on étudie désormais la combinaison de tous ces effets, le professeur Jensen émet des doutes sur leur réalité, arguant que les anciens auraient alors du avoir un QI négatif, le professeur Flynn penchant plutôt vers la piste génétique.

Des chercheurs tels le professeur J.P. Rushton[28] argumentent que l'effet Flynn ne traduit pas une modification de l'intelligence générale mais porte seulement sur quelques aptitudes. Cependant des études récentes confirment encore l'augmentation importante de l'intelligence générale de la population [29],[30].

Des études croisées entre plusieurs groupes cibles, afin de calculer une possible variabilité, effectués avec des tests excluant les biais culturels, démontrent clairement un accroissement significatif que l'éveil d'un potentiel ne suffit pas à expliquer sur au moins 5 familles d'aptitudes mesurables. En d'autres termes, selon cette recherche, certains gains de QI entre générations sont attribuables à une modification du mode de fonctionnement ou à d'autres méthodes de mesure mais ne traduirait pas un gain d'intelligence générale[31].

Explications multiples[modifier | modifier le code]

En 2003, les conclusions d'une étude effectuée au Kenya entre 1984 et 1998 ont démontré que l'effet Flynn y était essentiellement lié à l'instruction des parents, la structure familiale ainsi que l'alimentation et la santé des enfants[32].

En 2006, une étude effectuée au Brésil sur la différence entre des données de 1930 et celles de 2002-2004 montre le plus grand écart jamais observé. Ces résultats corrèlent essentiellement la stimulation cognitive et l'hypothèse de l'amélioration de la nutrition[33].

En définitive, c'est la piste nexialiste qui pourrait bien résoudre l'hypothèse de l'effet Flynn. En effet, la pédagogie a largement démontré l'influence de tous ces facteurs mais les chercheurs travaillent souvent sur des secteurs trop réduits. Or ce phénomène est multidimensionnel. Donc, globalement, des femmes enceintes qui se nourrissent bien et ont des enfants volontairement, dans un milieu en paix et avec peu de violence mettront au monde des enfants plus sains et plus éveillés. Ces enfants, correctement nourris, ayant accès à de multiples expériences et suivant une bonne scolarité auront forcément un meilleur niveau. Il est logique également que l'amélioration substantielle du niveau intellectuel des femmes et l'égalité homme/femme donne dans un couple un meilleur niveau intellectuel mais aussi de meilleurs soins et choix pour les enfants. Cependant, l'atmosphère actuelle de pollution, divorce/séparation, guerre des sexes, virtualisation à outrance, stress, malbouffe, abandon moral, ... génère forcément des effets négatifs expliquant le plafonnement voire la régression de l'effet Flynn.

L'effet Flynn, est-ce fini?[modifier | modifier le code]

William T. Dickens et James R. Flynn écrivent que les noirs américains gagnent 5 ou 6 points de QI par période sur les blancs non-hispaniques entre 1972 et 2002. Ce graphique montre des gains sur différents tests[34].

Stagnation et régression[modifier | modifier le code]

L'effet Flynn semble désormais stagner voire légèrement régresser dans les pays industrialisés, c'est l'Angleterre qui rencontra cette situation la première dès la fin des années '80. Beaucoup de raisons sont avancées tant une immigration intense de personnes n'ayant pas encore bénéficié de l'effet Flynn, des changements dans la pédagogie et la politique, la pollution, un manque d'innovations, ... Il est également possible que le phénomène ait besoin d'une crise grave afin de rebondir, c'est assez courant dans les domaines historiques que de constater que des évolutions sont bloquées par une inertie sociale ou dogmatique que seule une crise grave et parfois sans aucun rapport permettra de résoudre[35]. L'effet Flynn a également été très brutal en un siècle dû entre autres au fait que l'évolution potentielle de l'Humanité avait été contrariée pendant près de deux millénaires par des considérations sociales et des errements d'autoritarisme.

L'effet Flynn peut s'être arrêté dans certains pays industrialisé depuis le milieu des années 1990. Au Royaume-Uni, en ce qui concerne les adolescents, il pourrait même avoir stagné depuis les années 1980. Teasdale & Owen déclarent : « les analyses de tests d'intelligence de près de 500.000 jeunes Danois entre 1959 et 2004 montrent que l'augmentation a connu son apogée fin des années 1990 et aurait légèrement régressé jusqu'à un niveau d'avant 1991 ». Ils estiment qu'« un facteur lié à cette récente chute pourrait être un déclin simultané du nombre d'étudiants en avance de 3 ans pour les 16-18 ans »[36],[37].

En 2004, Jon Martin de l'Université d'Oslo et ses collègues ont publié un article décrivant les résultats aux tests de QI des conscrits norvégiens entre 1950 et 2002 démontrant que l'amélioration des scores en intelligence générale s'est arrêtée après le milieu des années 1990 mais a régressé légèrement dans nombres d'autres tests[37],[38].

Le Conservatoire national des arts et métiers s'est également fait écho d'un début d'inversion de l'effet Flynn[39].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Il est possible que cette "panne" de l'effet Flynn soit due à une crise des systèmes, un manque d'idéal, la liberté étant quasiment atteinte, peu de gens ont encore des buts idéalistes, ceux qui restent sont majoritairement dans des systèmes idéologiques ou religieux ce qui signifie que leur développement est autant bridé, cadré que surveillé. Il existe aussi une crise des systèmes éducatifs qui à force de ne voir que l'élévation de la moyenne a oublié de soigner l'excellence qui est étouffée. Or sans excellence, la moyenne manque de modèle et de "lièvres" à suivre, sa progression est donc fatalement réduite à elle-même. il règne également une sorte d'autosatisfaction actuelle comme si le niveau actuel était déjà considéré comme bien suffisant. Philippe Dumas parle plutôt lui d'une sorte d'incompréhension, un fossé des générations mais d'un nouveau genre, plus absolu, pas exclusivement rebelle mais plutôt parce que basé sur des expériences du monde qui deviennent totalement différentes entre autres les influences omniprésentes des TIC[11].

Certains comme R. Lynn prétendent que l'effet Flynn a masqué un effet dysgénique[40] dans la reproduction humaine au sein des nations industrialisées et que désormais le QI ne peut que continuer à descendre. De toute manière, si déclin il y a, il y aura d'autres causes que dysgéniques. En effet, les modifications génétiques chez les organismes complexes prennent énormément de temps, des siècles voire des millénaires[41],[42]. Ce qui signifie que l'effet Flynn est beaucoup trop rapide que pour être explicable de manière génétique (plus de 50 % de l'effet Flynn est observable sur une soixantaine d'années). Des chercheurs ont prévenu que des expositions continues aux industries chimiques amènent à des attaques du système nerveux, spécialement chez les enfants, ce qui pourrait amener à une pandémie silencieuse de l'intelligence dans les nations industrialisées avec des désordres mentaux grandissants[43].

Prédictions[modifier | modifier le code]

Si l'effet Flynn est terminé pour la majorité, il va continuer pour les minorités, spécialement avec les immigrés ou les communautés mal intégrées qui n'ont pas encore bénéficié de ses bienfaits et qui plombent donc nos résultats actuels alors qu'ils vont les magnifier demain (voir aussi hétérosis). Par exemple, William T. Dickens et James R. Flynn ont écrit dans leur article de 2006 "Les afro-américains réduisent leur retard de QI: des preuves par échantillons standardisés[34]" que les noirs américains continuent de gagner 5 à 6 points de QI envers les blancs non-hispaniques entre 1972 et 2002. Ces gains sont d'ailleurs cette fois largement homogène pour toutes les aptitudes. J. Philippe Rushton et Arthur R. Jensen se sont attelés à démonter cette théorie mais ont du concéder 3.44 points de QI en questionnant l'exclusion de 4 tests indépendants qui démontraient une évolution basse voire négative du QI des noirs américains. J. Philippe Rushton et Arthur R. Jensen ont remis en cause les éléments de cette recherche et ont calculé un gain de nul à 3.44 points en réfutant l'exclusion de 4 tests indépendants de l'étude qui démontraient des gains nuls voire négatifs[44].

Mesure d'intelligence ou mesure de potentiel ?[modifier | modifier le code]

C'est la première question à se poser, l'effet Flynn démontre-t-il une hausse de l'intelligence générale ou bien démontre-t-il une meilleure utilisation de notre intelligence et donc de notre potentiel intellectuel? Le fait est que théorie des intelligences multiples entre ici en conflit avec les Matrices progressives de Raven, soit l'on considère les matrices comme une branche de l'intelligence, soit l'on voit les matrices comme une forme de synthèse. Les test de Q.I. étant une science jeune, imaginés par Francis Galton et mis au point par Alfred Binet, ils ont déjà énormément évolué et le feront probablement encore beaucoup même si les outils multimédias actuels permettent d'appréhender une complexité plus grande que ne le permettaient les tests papier d'origine.

Critiques[modifier | modifier le code]

Une limite sévère à l'idée d'Effet Flynn a été démontrée en 2005 par une étude de Philip Adey et Michael Shayer (King's College), portant sur 25000 élèves et montrant au contraire un retard mental de trois ans des collégiens britanniques de 2005 âgés de 11 ans par rapport à leurs homologues de 1975, sur le même test. L'affirmation est grave : 3 ans sur 11 représentent une chute de quotient intellectuel de 27 points en 30 ans. Cependant comme cette situation allait à l'encontre des résultats des recherches menées jusqu'alors, des recherches plus poussées furent effectuées dans d'autres nations industrialisées et démontra que si l'exemple anglais était bien un signe avant-coureur d'une fin de l'effet Flynn qui n'étant pas génétique n'est pas extensible à l'infini, il reflétait surtout une modification de la réalité scolaire, sociale mais surtout aussi en vertu d'une immigration massive de populations ayant encore assez peu bénéficié de l'effet Flynn[3],[45].

Affirmation éloignée de celle du professeur James R. Flynn, pour qui dans les pays où on a pris l’habitude d’utiliser ces tests, le QI progressait en moyenne de trois points par décennie. Si on gardait le même étalonnage, les mêmes enfants, sur-efficients il y a 100 ans, seraient juste dans la moyenne de nos jours (écart de 35 points) mais ceci serait sans tenir compte des lois de la statistiques qui pondèrent évidemment les gains en regard de leur niveau de référence. Cependant, si l'on se réfère à Neisser et Dickens, l'effet Flynn n'aurait que peu d'effets sur les hauts QI donc un établissement de haut niveau ne devrait donc pas à priori s'en trouver influé.

Effet Flynn ou non, il faut réactualiser régulièrement les tests. On le fait en moyenne tous les dix ans, en ré-étalonnant. Une personne passant donc les deux versions d'un même test aura par exemple 105 à l'ancienne version et 102 à la nouvelle, pour autant que l'on n'aie pas évolué avec son époque ou bien que le mode de vie n'ait pas entre-temps permis à cette personne d'avoir mieux réalisé son potentiel.

Et les gains, quand gains il y a, apparaissent là où on s’y attendrait le moins : dans les tests qui minimisent l’apport culturel. L’écart de rendement cité plus haut a été démontré avec l’outil que d’aucuns considèrent comme étant le moins chargé culturellement : les matrices progressives de Raven. Ce sont les tests les plus liés aux matières scolaires qui connaissent les plus faibles progressions mais ceci pose un souci de rétrécissement de la base d'évaluation de l'intelligence.

On a cru longtemps que les capacités intellectuelles baissaient avec l'âge... La prise en compte de l'effet Flynn a ensuite fait croire que nos capacités baissent moins qu'on le croyait de prime abord. L'étude d'Adey et Shayer montre que la réalité n'est sans doute pas aussi simple, les générations actuelles des 60 à 90 ans ayant démontré une adaptation admirable à la modernité, sans commune mesure d'avec leurs propres parents.

Effet artificiel : la fidélité de tests n'est jamais parfaite. On peut étudier la stabilité de niveau et la stabilité de classement. L'étude de la stabilité de niveau nous montre qu'il y a d'une application à une autre une différence significative ou non, selon les tests et selon les effets d'apprentissage. La stabilité de classement, étudiée à travers la corrélation n'est jamais parfaite. Prenons un test dont la moyenne est de 14 et l'écart-type de 3. À la deuxième application la moyenne est de 16 est l'écart-type de 3 aussi. Lorsqu'on transforme ces notes en QI standard avec une moyenne de 100 et un écart-type de 15 on amplifie artificiellement des différences qui sont parfois minimes et sans signification. Celui qui a obtenu à la deuxième passation une note de 16, autrement dit il est moyen, son score ramené, à la première passation, est à 2/3 d'écart-type de la moyenne de 14 et aura un QI standard de 110. Bien sûr cela paraît impressionnant et...on n'a fait qu'amplifier un écart faible de 2 points[46]. Ce qui est remarquable dans cette vision, c'est que cela rapproche les performances de QI des performances sportives démontrant bien là un lien très physique aux limites.

Exemples pratiques[modifier | modifier le code]

Influence de la lecture sur le developpement de l'intelligence[modifier | modifier le code]

Des recherches ont démontré grâce à des analyses IRM fines que l'alphabétisation provoquait non seulement des modifications de l'utilisation des zones cérébrales mais également une extension des aires du langage parlé. Il peut y avoir une migration de certaines fonctions d'analyse du cortex gauche vers le cortex droit mais également l'apparition de nouvelles connexions cognitives. Ces tests ayant eu lieu sur des adultes, l'on ne sait pas encore si cet effet est uniquement observable si l'alphabétisation a lieu durant l'enfance ni s'il est systématique. Ces études relancent également les questions sur l'usage de chaque zone cérébrale et si certaines sont en friches ou s'il s'agit d'une lutte entre fonctions. Le fait que l'aptitude à la lecture influence d'autres zones y compris les zones auditives souligne bien l'ampleur que l'alphabétisation maximale de la société a eu depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'à son extension maximale en occident dans les années 1950 où elle atteint enfin le fond des campagnes (mais avec un pic d'efficacité avant la Première Guerre mondiale[47])[48].

Enrichissement environnemental[modifier | modifier le code]

Des tests sur les animaux couplés à des analyses sur les populations humaines tendent à démontrer que l'intelligence dépend également du nombre et de la qualité des stimulations que nous recevons, même à l'âge adulte. À nouveau, ce sont des IRM fines qui permettent d'analyser de manière quantitative et qualitative les différences et de nous montrer que même à l'âge adulte, les connexions neuronales peuvent être améliorées par des stimulations adaptées. Donc, notre monde actuel étant plus riche en stimulus et plus pauvre en traumatismes enrichit notre cerveau ce qui crée un effet de second tour permettant parfois de lui-même apporter de nouveaux stimuli et/ou une amélioration de la société.

L'influence du saturnisme sur l'évolution au Japon[modifier | modifier le code]

Cet exemple est très symptomatique des facteurs de milieu ou de coutume qui peuvent influer sur l'intelligence d'une nation. Le Japon de l'époque Edo est une nation élitiste avec une hiérarchie de type médiéval donc à organisation essentiellement héréditaire et guerrière. L'introduction de la culture chinoise va permettre l'épanouissement de la civilisation japonaise mais, dans le même temps, une simple pratique cosmétique va freiner voire détruire ce développement. De ce temps, les jeunes femmes de haut lignage se devaient d'avoir le teint le plus pâle possible ; même dans les bordels de haut rang, les prostituées se devaient d'être les plus pâles possibles afin d'être désirables. Cette coutume n'était pas strictement japonaise, elle avait lieu également en France où elle s'éteignit cependant au milieu du XVIIIe siècle ; en revanche, au Japon, elle durera essentiellement jusqu'à la seconde guerre mondiale.

Ce détail cosmétique, qui va ruiner en bonne partie l'intelligence de la haute société japonaise, est la céruse, un carbonate de plomb qui sera en plus utilisé au Japon sur l'ensemble du corps, les seins compris. Cela provoquera des cas de saturnisme chez les femmes de manière grave mais aussi chez les hommes, par contact ou simplement parce que les femmes allaitantes s'en enduisaient également les seins d'où un ingestion permanente chez les bébés.

Or, le saturnisme en plus de ses effets physiques, entraîne également des retards cognitifs et des troubles mentaux ce qui, quand il se concentre dans l'organisation d'un état de type médiéval, bloque toute une nation et explique les problèmes de gestion du Japon isolationniste avec l'extérieur mais aussi les instabilités politiques ainsi que des descriptions nombreuses de cas de folie chez les dirigeants japonais dans la littérature classique japonaise.

Une régression de la tradition mais aussi le remplacement de la céruse par d'autres fonds de teint blanchissant moins toxique vont alors permettre une amélioration fulgurante de la situation. Nous avons donc ici un exemple où l'évolution d'une nation est figée par une combinaison de deux facteurs : un isolationnisme qui empêche l'échange des idées mais aussi des apports extérieurs d'où une longue stagnation qui va se combiner avec un détail culturel qui permettra de débloquer la situation et de rattraper brutalement le retard enregistré simplement par assimilation de tous les progrès effectués par le reste de l'humanité entretemps. Ce qui est ironique vu de nos jours où le saturnisme est considéré comme une maladie de la pauvreté[49].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J.Grégoire « Devenons-nous plus intelligents ? » Le journal des psychologues no 234, février 2008, p. 38-42
  2. Flynn, J. R. (1984) « The mean IQ of Americans: Massive gains 1932 to 1978 » Psychological Bulletin no 95:29-51.
  3. a, b, c et d (en) Ulric Neisser, « Rising Scores on Intelligence Tests », American Scientist, no 85,‎ 1997, p. 440-447 (ISSN 0003-0996, lire en ligne)
  4. Hugues Crepin, « La problématique sociale de l’évolution intellectuelle de nos sociétés «occidentales» », ComMensal (Mensa Belgique branch), vol. 8/2009,‎ 2009, p. 9-12 (lire en ligne)
  5. Op zoek naar slim DNA
  6. (en) Teasdale, Thomas W., and David R. Owen. (1987) « National secular trends in intelligence and education: a twenty year cross-sectional study » Nature, 325, 119-21.
  7. (en) Raven, J. (2000) « The Raven's Progressive Matrices: Change and stability over culture and time » Cognitive Psychology, 41, 1-48.
  8. Hugues Crepin, « L'effet Flynn », ComMensal (Mensa Belgique branch), vol. 10/2009,‎ 2009, p. 5-7 (lire en ligne)
  9. Philippe Dumas, Professeur émérite, Directeur honoraire du laboratoire I3m, Université du Sud, Toulon-Var
  10. [1] Le jeu vidéo pour rééduquer, Julie Gillet, La Libre Belgique 24/08/2009
  11. a et b [PDF] Nouveaux dispositifs pédagogiques et crise des systèmes éducatifs.
  12. Cours de Psychologie de la Perception par Marc Crunelle, ULB
  13. Johannes Gutenberg
  14. La dimension cachée, Edward T. Hall, Points collection essais 1966, p. 30-51
  15. [2] Faux self
  16. L'enfant surdoué, Jeanne Siaud-Facchin, Odile Jacob 2002, pp54-58, pp 204
  17. « Des cerveaux très actifs » La Dernière Heure, 18 août 2009, étude de l'Université libre néerlandophone de Bruxelles.
  18. C'est au tour des catégories intermédiaires de se porter plus mal Louis Chavel, Le Monde, 7 octobre 2009
  19. Eric Maurin, La Peur du déclassement (Le Seuil, "La République des idées", 94 p., 2009)
  20. Histoire et techniques, Capitalisme et nouvelle technologie… Par Éric Lemel
  21. (en) Mingroni, M.A., « The secular rise in IQ: Giving heterosis a closer look », Intelligence, vol. 32,‎ 2004, p. 65–83 (DOI 10.1016/S0160-2896(03)00058-8)
  22. (en)[PDF]« Rising mean IQ: Cognitive demand of mathematics education for young children, population exposure to formal schooling, and the neurobiology of the prefrontal cortex » Clancy Blair, David Gamson, Steven Thorne, David Baker. Intelligence 33 (2005) 93-106
  23. (en)[PDF]« « Contributions of early childhood education to age-14 performance » » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30 Cathy Wylie, Edith Hodgen, Hilary Ferral, and Jean Thompson. New Zealand Council for educational research / Te Rûnanga O Aotearoa Mö Te Rangahau I Te Mätauranga, Wellington 2006
  24. "Changes in vault dimensions must occur by early childhood because of the early development of the vault." Secular change in craniofacial morphology "During the 125 years under consideration, cranial vaults have become markedly higher, somewhat narrower, with narrower faces. The changes in cranial morphology are probably in large part due to changes in growth at the cranial base due to improved environmental conditions. The changes are likely a combination of phenotypic plasticity and genetic changes over this period." Cranial change in Americans: 1850-1975.
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  26. William T. Dickens and James R. Flynn, "The IQ Paradox: Still Resolved," Psychological Review 109, no. 4 (2002).
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  40. The Fall of Man: Richard Lynn’s Dysgenics par Richard Hoste
  41. http://www.unige.ch/presse/Campus/campus95/dossier2.html
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  45. Black Americans reduce the racial IQ gap: Evidence from standardization samples William T. Dickens and James R. Flynn. Oct. 2006
  46. A. Christoudoulou, Docteur en psychologie, professeur de Psychométrie
  47. REFLECTIONS SUR LES PROGRES DE L'ALPHABETISATION DANS LA FRANCE DU XIXe SIECLE par Gabriel Désert
  48. L’emprise de la lecture sur le cerveau
  49. Enfants empoisonnés au pays des samouraïs par Pierre Barthélémy

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Horgan, in Get Smart, Take a Test, Scientific American, novembre, p. 12-13 - 1995
  • Flynn, J. R. (1984). The mean IQ of Americans: Massive gains 1932 to 1978. Psychological Bulletin, 95, 29-51.
  • Flynn, J. R. (1987). Massive IQ gains in 14 nations: What IQ tests really measure. Psychological Bulletin, 101, 171-191.
  • Flynn, J. R., What is Intelligence?: Beyond the Flynn Effect, Cambridge University Press (2007).
  • Ulric Neisser et al.: The Rising Curve: Long-Term Gains in IQ and Related Measures. American Psychological Association (APA), 1998, (ISBN 1-55798-503-0).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]