Îles Ryūkyū

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

26° 19′ 58″ N 127° 44′ 56″ E / 26.33278, 127.74889

L'archipel Ryūkyū au sein de l'archipel Nansei
Composition (manque l'archipel Daitō à l'est)

Les îles ou archipel Ryūkyū constituent un archipel japonais entre les îles Kyūshū au nord et Taïwan au sud. Jusqu'au début du XXe siècle, l'appellation « îles Luchu » était également usitée. La principale île est Okinawa Hontō. L'archipel fait partie de l'archipel Nansei avec l'archipel Satsunan, formé le long de la plaque d'Okinawa entre la fosse de Ryukyu et la fosse d'Okinawa. L'archipel est bordé à l'ouest par la mer de Chine orientale et à l'est par la mer des Philippines.

Composition[modifier | modifier le code]

Au sens strict, l'archipel Ryūkyū (琉球諸島, Ryūkyū shotō?) est composé des îles habitées suivantes :

L'archipel coïncide alors avec la préfecture d'Okinawa.

Au sens large, les îles Ryūkyū comprennent les îles de l'ancien royaume de Ryūkyū, soit les îles Amami (奄美群島, Amami guntō?, littéralement « groupe d'îles Amami ») et l'archipel Ryūkyū. Lorsque l'on insère dans l'appellation l'ensemble de l'archipel Satsunan (薩南諸島, Satsunan shotō?, préfecture de Kagoshima), on utilise en japonais le terme « chaîne d'îles Ryūkyū » (琉球列島, Ryūkyū rettō?), plus vague, qui correspond alors à l'archipel Nansei.

Dans tous les cas, on peut ajouter à ces îles les Senkaku (尖閣諸島, Senkaku shotō?), situées au nord des îles Yaeyama et Miyako et faisant partie de l'archipel Sakishima, qui est composé de quatre îles et trois rochers inhabités et est revendiqué par la République populaire de Chine et la République de Chine (Taïwan).

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas vraiment l'origine des habitants des Ryūkyū. Les premiers habitants sont probablement venus de Chine à une époque où une bande de terre joignait la Chine et l'archipel. Plus tard, des peuples malais, micronésiens et japonais se mêlèrent aux autochtones. Certains pensent que des Sibériens et des Coréens se sont ajoutés à cette population. Cependant les langues ryukyu sont les seules à avoir des racines communes avec le japonais, ce qui fait remonter les liens loin dans le passé de l'île.

Le royaume de Ryūkyū[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume de Ryūkyū.

Le royaume de Ryūkyū a été quasi indépendant du XIVe au XIXe siècle. D’une indépendance opportuniste où le roi reconnaissait à la fois les Chinois et les Japonais, ce qui permettait de favoriser le commerce. Des visas étaient nécessaires pour commercer avec la Chine, ce que donnait la reconnaissance formelle de la vassalité du royaume, renouvelée par une simple visite d'une délégation chinoise apportant les sceaux à chaque changement de roi à Okinawa.

En 1623, le royaume tomba devant la force expéditionnaire de Kagoshima et la famille Shimazu. L'Empire des Ming ayant prohibé le commerce avec les Japonais, le seigneur de Satsuma utilisait alors Ryūkyū comme couverture pour établir des relations commerciales profitables avec la Chine.

Sous le Japon et les États-Unis[modifier | modifier le code]

Il semble que durant le XIXe siècle l'emprise du Japon augmenta aux dépens de la Chine. En 1879, le gouvernement Meiji de l'Empire du Japon l’annexa définitivement avec l’arbitrage de l’ex-président des États-Unis Ulysses S. Grant.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ryūkyū est le théâtre de combats acharnés entre les forces armées américaines et japonaises. À la fin de la guerre, les îles situées en dessous de la latitude 30°N sont placées sous l'autorité du gouverneur militaire américain de Naha. Lors de la Guerre froide l'archipel est source de frictions entre le Japon et les États-Unis pendant plus de vingt ans. En 1972, l'archipel revient sous contrôle japonais, lesquels accordent aux Américains le droit de conserver leurs bases militaires, les plus importantes d'Asie de l’Est, sous certaines conditions. Okinawa reste une zone aux règles militaires complexes (espace aérien contrôlé par les autorités militaires américaines).

De nos jours, des problèmes politiques liés à ce passé sont toujours présents. Certains habitants des îles ne s’estiment pas être de « vrais » Japonais, d’autres se plaignent de la discrimination du gouvernement central (la région est une des plus pauvres du Japon). Durant la phase d'expansion du Japon, une obligation de passer à la langue japonaise fut imposée à la population locale, s'accompagnant d'un refus de la part du gouvernement japonais de considérer les langues Ryukyu comme des langues en soi et non comme des divers dialectes du japonais, situation qui perdure aujourd'hui.

Langues[modifier | modifier le code]

L’archipel est le terroir des langues ryukyu, une langue proche du japonais qui s'en distingue tant par sa grammaire que par son vocabulaire.

Transport[modifier | modifier le code]

Les transports aériens entre les îles sont essentiellement effectués par Japan Transocean Air du groupe Japan Airlines.

Environnement[modifier | modifier le code]

Certaines de ces îles, par leur isolement, présentent un endémisme important quant à la faune et la flore, et hébergent encore des espèces uniques au monde comme le pic d'Okinawa (Sapheopipo noguchii), le râle d'Okinawa (Gallirallus okinawae), ou le chat dit iriomote yamaneko (chat sauvage d'Iriomote, Felis iriomotensis). Les espèces de cheval miyako et yonaguni sont originaires de ces îles. Certaines espèces, comme le pigeon à col d'argent, ont déjà disparu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Hervé, Visite historique de la marine française dans le petit royaume des îles Ryükyü en mai 1877 article paru dans la revue Neptunia n° 260, décembre 2010.

Sur les autres projets Wikimedia :