Résistance en Macédoine yougoslave pendant la Seconde Guerre mondiale

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Résistance en Macédoine yougoslave
Monument à la résistance, à Bitola.
Monument à la résistance, à Bitola.
Informations générales
Date du
au
Lieu Régions de Macédoine
Casus belli Occupation de la banovine du Vardar par les forces de l'Axe
Issue Formation de la République populaire de Macédoine
Belligérants
Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Partisans
People's Liberation Army of Macedonia Armée populaire de libération de Macédoine
Drapeau du Royaume de Bulgarie Royaume de Bulgarie[Notes 1]
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Drapeau du Royaume de Bulgarie Royaume de Bulgarie[Notes 2]
Drapeau de l'Albanie Royaume albanais
Drapeau de l'Albanie Balli Kombëtar
Drapeau des Tchetniks Tchetniks[1]
Commandants
Josip Broz Tito
Svetozar Vukmanović-Tempo
Mihajlo Apostoloski
Metodija Andonov-Čento
Adolf Hitler
Benito Mussolini
Bogdan Filov
Xhem Hasa
Mefail Shehu
Kosta Pećanac
Draža Mihailović
Stojan Krstić
Forces en présence
66 000 hommes 60 000 hommes
Pertes
6 724 morts
Notes
Pertes totales : 24 000 morts
Batailles
Batailles et opérations des campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée

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Front d'Europe de l'Ouest


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Théâtre américain

La Résistance en Macédoine yougoslave, durant la Seconde Guerre mondiale, se développe d'octobre 1941 à la fin de 1944, dans le cadre de la guerre de résistance menée par les Partisans pour libérer la Yougoslavie et y instaurer un régime communiste fédéral. Elle fut menée par l'Armée populaire de libération de Macédoine contre les occupants de l'Axe.

Après l'invasion de la Yougoslavie et son démembrement, la Macédoine est un théâtre d'opérations secondaire de la guerre de résistance, qui y est compliquée par l'identité nationale incertaine de la région macédonienne - incluant la Macédoine grecque et la Macédoine yougoslave. Le conflit en Macédoine eut des incidences à la fois sur l'identité nationale de la Macédoine et sur les influences des partis communistes de la région : certains des Partisans firent en effet initialement allégeance au Parti communiste bulgare. Tito réussit néanmoins à imposer progressivement ses vues et les Partisans locaux parvinrent ensuite, à partir de 1943, à développer la résistance en Macédoine, tout en lui donnant un caractère de « libération nationale ». En 1945, la Macédoine devint la République populaire de Macédoine et réintégra la Yougoslavie en tant que république fédérée.

Les actions de résistance en Macédoine étaient désignées par les Partisans du nom de guerre de libération nationale de Macédoine (macédonien : Народноослободителна Борба на Македонија, Narodnoosloboditelna Borba na Makedonija abrégé en НОБ ou NOB).

Occupation de la Macédoine[modifier | modifier le code]

En 1941, le Royaume de Yougoslavie est envahi sur toutes ses frontières, sauf celles de la Grèce. l'armée royale ne résiste que onze jours. Le 17 avril 1941, une capitulation est signée. Le roi Pierre II et le gouvernement s'exilent à Londres, le pays est aussitôt démantelé et la banovine du Vardar, qui correspond à l'actuelle République de Macédoine, est occupée dans ses deux-tiers par la Bulgarie. Des régions occidentales majoritairement, peuplées d'Albanais, sont rattachées par l'Italie à son protectorat albanais.

Les Bulgares ne rencontrent pas de résistance sérieuse et les Macédoniens offrent souvent un bon accueil[2]. La majorité d'entre eux ne savent rien ou presque des idéologies nazies et fascistes et cette invasion est vue comme une libération[3], bien que la collaboration macédonienne soit faible[4]. Les Bulgares lancent une politique d'intégration de la région, en construisant notamment 800 écoles et en ouvrant une université à Skopje ; la centralisation est rapide et, en 1942, la région est sous le contrôle total de Sofia[5]. L'enseignement en bulgare est obligatoire et ce sont des officiers bulgares qui sont installés dans les administrations[6]. Les Bulgares prennent rapidement des mesures vis-à-vis des Juifs de Macédoine, qui sont entre 7 800 et 8 000 et sont concentrés à Skopje et Bitola. En 1941, les Juifs n'ont plus le droit de travailler dans le commerce et l'industrie et en 1942 ceux de Bitola sont concentrés dans un ghetto. Ils sont tous déportés en 1943 à Treblinka, où plus de 7 000 d'entre-eux sont assassinés[7],[8]. Les régions sous contrôle albanais sont soumises à des politiques d'albanisation, les écoles n'enseignent qu'en albanais, qui est l'unique langue administrative. Les conversations téléphoniques dans une autre langue que l'albanais ou l'italien sont interdites[9].

Début de la Résistance[modifier | modifier le code]

La domination bulgare trop importante réveille les sentiments autonomistes. Cette situation profite aux communistes, qui reconnaissent et défendent le peuple macédonien. Les Macédoniens sont alors divisés entre deux partis, le parti communiste yougoslave et le parti communiste bulgare. Ces deux partis soutiennent le droit d'auto-détermination pour les Macédoniens et envisagent une grande fédération balkanique au sein de laquelle la grande Macédoine réunifiée serait autonome[10]. Le Comintern assigne finalement la Macédoine du Vardar au parti yougoslave[11]. Les Communistes macédoniens, appelés « Partisans », commencent à lutter dès 1941 en créant des unités de sabotage et des détachements basés à Skopje, Koumanovo et Prilep[12].

Intensification du mouvement[modifier | modifier le code]

En 1942, la lutte s'intensifie et des soulèvements libèrent pour quelque temps certaines petites régions. Le Deuxième Congrès du Conseil antifasciste de libération nationale de la Yougoslavie (AVNOJ) du 29 novembre 1943 constitue le parti communiste macédonien et prévoit pour la Macédoine le même statut d'entité fédérale que pour la Serbie, la Croatie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine. L'Assemblée anti-fasciste pour la libération du peuple macédonien (ASNOM) est constituée et tient sa première session dans le monastère de Prohor Pčinjski le 2 août 1944, date anniversaire de l'Insurrection d'Ilinden. Lors de cette session, la « République populaire de Macédoine » est proclamée indépendante. Le même mois, les premières divisions macédoniennes de l'Armée populaire de Libération sont formées. En septembre, elles comptent 60 000 Partisans, répartis en sept divisions et trois corps[13]. Au début du mois d'octobre, les Partisans contrôlent la plupart des zones rurales[14]. En septembre 1944, la Bulgarie change de camp après son invasion par l'Armée rouge et la prise du pouvoir du Front patriotique dominé par les communistes bulgares. Hitler tente alors de sauver la situation en créant en Macédoine un régime fantoche, l'État indépendant de Macédoine, dont le gouvernement serait confié à Vancho Mihailov, ancien chef du VMRO lié aux Oustachis croates. Mihailov, qui se trouvait à Zagreb, est envoyé en Macédoine mais il renonce au bout de quelques jours au projet tant la situation lui apparaît désespérée[15].

Libération[modifier | modifier le code]

Prilep, première ville libérée, est prise par les Partisans le 2 novembre et, avant le 12 novembre, ces derniers ont libéré Koumanovo, Chtip, Skopje, Resen, Bitola et Ohrid. Ils rencontrent une opposition sérieuse à Vélès, située dans la vallée stratégique du Vardar et ils leur faut deux jours de combats acharnés avant d'entrer dans la ville le 11 novembre. Tetovo, qui tombe le 19 novembre, est la dernière grande ville libérée[14]. À la mi-novembre, les forces de l'Axe sont totalement expulsées et des représentants communistes sont placés dans les administrations[13]. Les Partisans macédoniens poursuivent le combat au nord, par exemple au Kosovo, où ils appuient les autres soldats yougoslaves[14]. La guerre a fait en Macédoine du Vardar 17 000 morts, dont 14 000 résistants communistes. C'est de loin la république yougoslave qui a eu le moins de pertes humaines pendant le conflit ; la Slovénie, qui possède un nombre d'habitants similaire, a dénombré par exemple 33 000 morts, soit presque le double[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À partir de septembre 1944.
  2. Jusqu'à septembre 1944.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) David Martin, Ally Betrayed` : The Uncensored Story of Tito and Mihailovich, New York, Prentice Hall,‎ 2012, p.34.
  2. Lampe 2000, p. 207.
  3. Rossos 2008, p. 186.
  4. Rossos 2008, p. 187.
  5. Lampe 2000, p. 101.
  6. [réf. incomplète]Point de vue communiste, « Occupation bulgare », dans Op. cit., p. 18.
  7. (en) Mark Cohen, « The Holocaust in Macedonia: Deportation of Monastir Jewry », United States Holocaust Memorial Museum (consulté le 15 avril 2011).
  8. (en) Carl K. Savich, « The Holocaust in Macedonia, 1941-1945 », Macedonia News (consulté le 15 avril 2011).
  9. Rossos 2008, p. 185.
  10. [réf. incomplète]Point de vue communiste, « ASNOM et Armée nationale de Libération », dans Op. cit., p. 18.
  11. Lampe 2000, p. 102.
  12. (en) « The Vardar Part of Macedonia during the War of National Liberation », Foundation Open Society Institute Skopje (consulté le 15 avril 2011).
  13. a et b Georgieva et Konechni 1998, p. 19.
  14. a, b et c Rossos 2008, p. 203.
  15. (en) Stevan K. Pavlowitch, Hitler's new disorder: the Second World War in Yugoslavia, Columbia University Press,‎ 2008, 332 p. [détail de l’édition] (ISBN 978-1850658955), p. 239-240.
  16. (en) Vladimir Zerjavic, « Yugoslavia manipulations with the number of Second World War victims », Centre d'information croate (consulté le 15 avril 2011).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Historical Dictionnary of the Republic of Macedonia, Scarecrow Press,‎ (ISBN 0810833360).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John R. Lampe, Yugoslavia as History: Twice there was a Country, Cambridge, Cambridge University Press,‎ , 487 p. [détail de l’édition] (ISBN 0521774012) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Hugh Poulton, Who are the Macedonians ?, C. Hurst & Co. Publishers Ltd,‎ (ISBN 1850655340).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Andrew Rossos, Macedonia and the Macedonians: A History, Hoover Press,‎ (ISBN 978-0-8179-4882-5).Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]