Guerre de libération nationale de Macédoine

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Guerre de libération nationale de Macédoine
Informations générales
Date du 11 octobre 1941
au 23 novembre 1944
Lieu Régions de Macédoine
Casus belli Occupation de la banovine du Vardar par les forces de l'Axe
Issue Formation de la République populaire de Macédoine
Belligérants
Alliés :
Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Armée populaire yougoslave
People's Liberation Army of Macedonia Armée populaire de libération de Macédoine
Drapeau bulgare Royaume de Bulgarie[1]
Axe :
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Drapeau bulgare Royaume de Bulgarie[2]
Drapeau de l'Albanie Royaume d'Albanie
Balli Kombëtar
Chetniks Flag.svg Tchetniks[3]
Commandants
Josip Broz Tito
Svetozar Vukmanović-Tempo
Mihajlo Apostoloski
Metodija Andonov-Čento
Adolf Hitler
Benito Mussolini
Bogdan Filov
Xhem Hasa
Mefail Shehu
Draža Mihailović
Stojan Krstić
Kosta Pećanac
Forces en présence
66 000 hommes 60 000 hommes
Pertes
6 724 morts
Notes
Pertes totales : 24 000 morts

La Guerre de libération nationale de Macédoine (macédonien : Народноослободителна Борба на Македонија, abrégé en НОБ ou NOB) est une campagne politique et militaire faisant partie de la Seconde Guerre mondiale et ayant eu lieu en Macédoine du 11 octobre 1941 jusqu'à la fin de 1944. Elle fut menée par l'Armée populaire de libération de Macédoine contre les occupants de l'Axe et elle s'est achevée avec la proclamation de la République populaire de Macédoine. Cette guerre fait partie de la Campagne de Yougoslavie visant à libérer la Yougoslavie puis à y instaurer un régime communiste fédéral. Toutefois, les combattants macédoniens développèrent de leur côté d'autres aspirations concernant la Macédoine géographique.

Occupation de la Macédoine[modifier | modifier le code]

En 1941, le Royaume de Yougoslavie est envahi sur toutes ses frontières, sauf celles de la Grèce. l'armée royale ne résiste que onze jours. Le 17 avril 1941, une capitulation est signée. Le roi Pierre II et le gouvernement s'exilent à Londres, le pays est aussitôt démantelé et la banovine du Vardar, qui correspond à l'actuelle République de Macédoine, est occupée dans ses deux-tiers par la Bulgarie, l'Albanie occupant des régions occidentales majoritairement peuplées d'Albanais.

Les Bulgares ne rencontrent pas de résistance sérieuse et les Macédoniens offrent souvent un bon accueil[4]. La majorité d'entre eux ne savent rien ou presque des idéologies nazies et fascistes et cette invasion est vue comme une libération[5], bien que la collaboration macédonienne soit faible[6]. Les Bulgares lancent une politique d'intégration de la région, en construisant notamment 800 écoles et en ouvrant une université à Skopje ; la centralisation est rapide et, en 1942, la région est sous le contrôle total de Sofia[7]. L'enseignement en bulgare est obligatoire et ce sont des officiers bulgares qui sont installés dans les administrations[8]. Les Bulgares prennent rapidement des mesures vis-à-vis des Juifs de Macédoine, qui sont entre 7 800 et 8 000 et sont concentrés à Skopje et Bitola. En 1941, les Juifs n'ont plus le droit de travailler dans le commerce et l'industrie et en 1942 ceux de Bitola sont concentrés dans un ghetto. Ils sont tous déportés en 1943 à Treblinka, où plus de 7 000 d'entre-eux sont assassinés[9],[10]. Les régions sous contrôle albanais sont soumises à des politiques d'albanisation, les écoles n'enseignent qu'en albanais, qui est l'unique langue administrative. Les conversations téléphoniques dans une autre langue que l'albanais ou l'italien sont interdites[11].

Début de la Résistance[modifier | modifier le code]

La domination bulgare trop importante réveille les sentiments autonomistes. Cette situation profite aux communistes, qui reconnaissent et défendent le peuple macédonien. Les Macédoniens sont alors divisés entre deux partis, le parti communiste yougoslave et le parti communiste bulgare. Ces deux partis soutiennent le droit d'auto-détermination pour les Macédoniens et envisagent une grande fédération balkanique au sein de laquelle la grande Macédoine réunifiée serait autonome[12]. Le Comintern assigne finalement la Macédoine du Vardar au parti yougoslave[13]. Les Communistes macédoniens, appelés « Partisans », commencent à lutter dès 1941 en créant des unités de sabotage et des détachements basés à Skopje, Koumanovo et Prilep[14].

Intensification du mouvement[modifier | modifier le code]

En 1942, la lutte s'intensifie et des soulèvements libèrent pour quelque temps certaines petites régions. Le Deuxième Congrès du Conseil antifasciste de libération nationale de la Yougoslavie (AVNOJ) du 29 novembre 1943 constitue le parti communiste macédonien et prévoit pour la Macédoine le même statut d'entité fédérale que pour la Serbie, la Croatie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine. L'Assemblée anti-fasciste pour la Libération du Peuple macédonien (ASNOM) est constituée et tient sa première session dans le monastère de Prohor Pčinjski le 2 août 1944, date anniversaire de l'Insurrection d'Ilinden. Lors de cette session, la « République populaire de Macédoine » est proclamée indépendante. Le même mois, les premières divisions macédoniennes de l'Armée populaire de Libération sont formées. En septembre, elles comptent 60 000 Partisans, répartis en sept divisions et trois corps[15]. Au début du mois d'octobre, les Partisans contrôlent la plupart des zones rurales[16]. Les Bulgares perdent rapidement du terrain, et ils tentent de ranimer les sentiments d'extrême-droite autrefois diffusés par les extrémistes du VMRO en créant l'éphémère « État indépendant de Macédoine ». Cet État est confié à Vantcho Mihailov, ancien membre du VMRO aux opinions d'extrême-droite, qui se rend rapidement aux Alliés[17].

Libération[modifier | modifier le code]

Prilep, première ville libérée, est prise par les Partisans le 2 novembre et, avant le 12 novembre, ces derniers ont libéré Koumanovo, Chtip, Skopje, Resen, Bitola et Ohrid. Ils rencontrent une opposition sérieuse à Vélès, située dans la vallée stratégique du Vardar et ils leur faut deux jours de combats acharnés avant d'entrer dans la ville le 11 novembre. Tetovo, qui tombe le 19 novembre, est la dernière grande ville libérée[16]. À la mi-novembre, les forces de l'Axe sont totalement expulsées et des représentants communistes sont placés dans les administrations[15]. Les Partisans macédoniens poursuivent le combat au nord, par exemple au Kosovo, où ils appuient les autres soldats yougoslaves[16]. La guerre a fait en Macédoine du Vardar 17 000 morts, dont 14 000 résistants communistes. C'est de loin la république yougoslave qui a eu le moins de pertes humaines pendant le conflit ; la Slovénie, qui possède un nombre d'habitants similaire, a dénombré par exemple 33 000 morts, soit presque le double[18].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. À partir de septembre 1944
  2. Jusqu'à septembre 1944
  3. Martin, David (1946). Ally Betrayed: The Uncensored Story of Tito and Mihailovich, page 34. New York: Prentice Hall
  4. Lampe 2000, p. 207
  5. Rossos 2008, p. 186
  6. Rossos 2008, p. 187
  7. Lampe 2000, p. 101
  8. Point de vue communiste, « Occupation bulgare », dans Op. cit., p. 18
  9. (en) Mark Cohen, « The Holocaust in Macedonia: Deportation of Monastir Jewry », United States Holocaust Memorial Museum (consulté le 15 avril 2011)
  10. (en) Carl K. Savich, « The Holocaust in Macedonia, 1941-1945 », Macedonia News (consulté le 15 avril 2011)
  11. Rossos 2008, p. 185
  12. Point de vue communiste, « ASNOM et Armée nationale de Libération », dans Op. cit., p. 18
  13. Lampe 2000, p. 102
  14. (en) « The Vardar Part of Macedonia during the War of National Liberation », Foundation Open Society Institute Skopje (consulté le 15 avril 2011)
  15. a et b Georgieva et Konechni 1998, p. 19
  16. a, b et c Rossos 2008, p. 203
  17. Rossos 2008, p. 189
  18. (en) Vladimir Zerjavic, « Yugoslavia manipulations with the number of Second World War victims », Centre d'information croate (consulté le 15 avril 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew Rossos, Macedonia and the Macedonians: A History, Hoover Press,‎ 2008 (ISBN 978-0-8179-4882-5)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Hugh Poulton, Who are the Macedonians ?, C. Hurst & Co. Publishers Ltd,‎ 2000 (ISBN 1850655340)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Historical Dictionnary of the Republic of Macedonia, Scarecrow Press,‎ 1998 (ISBN 0810833360)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) John R. Lampe, Yugoslavia as History: Twice there was a Country, Cambridge University Press,‎ 2000 (ISBN 0521773571)Document utilisé pour la rédaction de l’article